jeudi 31 janvier 2008

Economie - Trader, deux doigts coupent fin...

Il aura donc suffit d'un homme, d'une souris et de deux doigts habiles (ou malhabiles) pour mettre sens dessus-dessous la place financière de Paris et d'ailleurs. Drôle d'époque et de système qui glorifie l'argent, ceux qui en gagnent mais excècrent les pertes comme s'il voulait oublier que pour que quelqu'un gagne, un autre perd forcément...

Moi, quand je serai grand je serai Trader. Pour l'instant je suis en pré-formation, dans l'antichambre de la Bourse si vous voulez. Je mise un peu sur e-bay des objets défraîchis qui prennent rarement preneurs, je parie, un peu sur unibet ou bet clic sur d'improbables victoires de clubs à la dérive. je m'y met quoi, je perd un peu tous les jours. Sur Hattrick, j'essaye de sauver ma peau en VII° division (www.hattrick.org), rude. Pas assez pour être recruté encore par les magnats de la City, je sais, mais enfin je suis sur la bonne voie. D'ailleurs, j'ai quelques pistes pour frapper les esprits mais bon, chut, la finance est un monde discret, secret, juste partagé par les initiés. Les initiés, ce n'est d'ailleurs pas ce qui manque généralement dans ce milieu. Pratique pour protéger ses arriéres avant de jouer avec l'argent des autres. Car finalement voilà ce qu'il me manque pour jouer mieux et plus,... l'argent des autres.
Le blog est donc ouvert aux dons, je lance donc l'opération "Votre pognon a yttymaison" pour me lancer. A vous les bénéfices records, à moi la gloire, "Ensemble conjuguons nos talents" comme on disait à la... Société Générale.
Puis honnêtement qu'avez vous donc à perdre, un peu d'argent et alors ? Vous seriez pas un peu trop matérialiste là ? Vous croyez peut être que ça suffirait à votre bonheur ? mais à quel bonheur pouvez-vous postuler dans ce monde qui incite à toujours plus ?
Vous pensez pas plus raisonnable de laisser les banques s'occuper de tout. Consommer on s'occupe du reste. Ah oui, pas trop quand même, s'agirait pas d'être à découvert non plus, banque d'accord mais pas bénévole.
Je crois que j'ai trouvé ma voie, trader, déjà le nom ça assure, et puis le modèle social qu'il y a derrière : je travaille à enrichir l'entreprise qui enrichira le monde. L'adrénaline enfin de manipuler quotidiennement des sommes que le français moyen ne générera pas en toute une vie de travail. Quelle puissance !
Je suis du côté clair de la force, pas celui obscur qui refuse des prêts aux particuliers, pompe des aggios ou opère des saisies.
Il y a une certaine noblesse, c'est cela, me voilà aristocrate de l'argent. Pour un petit fils de mineur d'Houdain, pas sûr que cela ne se termine pas sur un quelconque plateau de TF1.
Enfin tout ça grâce à vous donateurs, je ne l'oublie pas, pas encore. Un jour peut être. Ce jour là ce sera la chute, .... pour vous !
Moi je suis sauvé, c'est le meilleur aspect du Trader, il est toujours du bon côté.

"Il faut prendre l'argent là où il se trouve, c'est à dire chez les pauvres. Bon d'accord, ils n'ont pas beaucoup d'argent, mais il y a beaucoup de pauvres." Alphonse Allais.

lundi 28 janvier 2008

Médias - une députée, deux messages bien différents

J'ai déjà évoqué en ces lieux la fermeture prochaine du site Kleber de Toul. Une fermeture qui fait quelques bruits et ne peut que susciter l'agitation de la trés agitée Nadine Morano, député locale.

La preuve ? l'Usine Nouvelle nous relate dans son dernier numéro (n°3085 page 39) l'action de l'égérie UMP sous la rubrique "Sous les projecteurs". Une photo de la député devant le cortège des manifestants, bravant micros et caméras avec cette légende "Nadine Marano, candidate UMP à la mairie de Toul lors de la manifestation des salariés des Kleber le 18 janvier." S'ensuit une tribune de l'intéressée sur le thème « Fermer propre Kléber », thème que nous évoquerons plus après.
Remarque du lecteur moyen que je suis, voilà une députée qui va sur le terrain, s'implique, prend les problèmes à bras-le-corps. Comme elle est candidate à la Mairie, en plus l'article tombe plutôt bien mais c'est normal, elle se bouge.


Remarquez qu'après enquête, la maire actuelle de Toul participait également au défilé mais il n'en était pas fait écho.
Pire, Nadine Morano n'y a pas participé.
Et pour cause comme nous le raconte l'Est Républicain du 19 janvier.

"1.500 manifestants dans les rues de Toul, hier après-midi, pour exiger à nouveau le maintien de l'usine. La députée a été priée de quitter le cortège.
Dans les premières minutes, l'atmosphère est bon enfant. Pancartes et banderoles fleurissent. Les paroles du "Chiffon rouge", de Michel Fugain, s'échappent de la sono.
Le cortège s'apprête à quitter le parking de la gare SNCF quand soudain, des huées et sifflets stridents changent le ton de la manifestation. La députée Nadine Morano vient d'arriver et, visiblement, sa présence n'est pas souhaitée. Les quolibets fleurissent, les noms d'oiseaux volent dans un climat soudainement très tendu. "Elle n'a rien à faire là, elle vient nous provoquer", lâchent, excédés, des manifestants. Entourée de militants devenus soudainement gardes du corps, l'élue tente de s'imposer. En vain. Quelques secondes plus tard, elle doit quitter les lieux." Est Républicain - 19 janvier
Du coup la rubrique de l'Usine Nouvelle parait bien orientée et peu représentative de ce qui se passe réellement sur ce territoire...

Un mot sur ce positionnement de plus en plus répandu chez les élus politiques de tous bords : le fermer propre ; la fermeture d'entreprise ne se discute pas surtout si elle s'accompagne de plans sociaux particulièrement "attrayants".
"Il n'y aura pas de licenciements secs" entend-on ce qui doit signifier qu'il existe des licenciements mouillés mais je peine à les définir. "Les indemnités sont équivalentes à deux ans de salaires", "une cellule de reclassement est en place" autant de propos presque joyeux, presque ambitieux comme si la disparition d'un site de 850 personnes n'a aucune incidence sur le travail intérimaire local (remplacés par les reclassés ne deviennent ils pas chomeurs ?), les sous-traitants, les services publics, le bassin de vie entier ?
Notre économie peut elle ainsi se satisfaire d'aller de plans sociaux en plans sociaux. parce que des inaugurations célébrant des implantations, ça reste anecdotique...
Non car l'heure est venue d'un nouvelle formule magique, la revitalisation. Formule dont on sait qu'elle coûtera trés cher en argent public mais dont les objectifs et encore moins les résultats ne sont fixés.
Pas grave l'important était de se montrer devant micros et caméras.

dimanche 27 janvier 2008

"Les Caractères" de La Bruyère aujourd'hui

Il y a des textes qui passent les siècles avec une telle modernité qu'on les croirait sortis d'une analyse de la veille. Ecrit en 1688, "Les Caractères" de la Bruyère entrent dans cette fameuse catégorie. Egalement intitulés "Les moeurs de ce siècle", cette oeuvre satirique semble bien pouvoir s'appliquer au XXI°...

"La prévention du peuple en faveur des grands est si aveugle, et l'entêtement pour leur geste, leur visage, leur ton de voix et leurs manières si général, que, s’ils s’avisaient d’être bons, cela irait à l’ idolâtrie."

"Il coûte si peu aux grands à ne donner que des paroles, et leur condition les dispense si fort de tenir les belles promesses qu’ils vous ont faites, que c’est modestie à eux de ne promettre pas encore plus largement."

"Les grands se gouvernent par sentiment, âmes oisives sur lesquelles tout fait d'abord une vive impression. Une chose arrive, ils en parlent trop ; bientôt ils en parlent peu ; ensuite ils n’en parlent plus, et ils n’en parleront plus. Action, conduite, ouvrage, événement, tout est oublié; ne leur demandez ni correction, ni prévoyance, ni réflexion, ni reconnaissance, ni récompense."

"L’on doit se taire sur les puissants : il y a presque toujours de la flatterie à en dire du bien ; il y a du péril à en dire du mal pendant qu’ils vivent, et de la lâcheté quand ils sont morts."

"Cette affectation que quelques-uns ont de plaire à tout le monde."

"Il y a bien autant de paresse que de faiblesse à se laisser gouverner."

"C'est le rôle d'un sot d'être importun : un homme habile sent s'il convient ou s'il ennuie ; il sait disparaître le moment qui précède celui il serait de trop quelque part."

à méditer et garder à l'esprit en cette époque où la satire peine à s'exprimer...

vendredi 25 janvier 2008

Avec Christophe Barbier, leçon d'idolâtrie "Express"

Né en 1967, ce jeune ancien élève de l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm est aujourd'hui un journaliste politique qui compte et c'est tout de même ce qui fait un peu peur tant l'homme brilant est terriblement suffisant, limite méprisant et parfaitement partisan.

Formé au Point puis Europe 1, il rejoint ensuite le service politique de l'Express (en 1996) pour prendre le poste de directeur adjoint de la rédaction (en 2001). Parcours météorique dans les traces de Denis Jeambar, son mentor. L'apothéose survient en 2006 lorqu'il lui succéde.
La rupture est alors de mise puisque pour s’assurer du renouvellement des équipes et de leur discipline, il demande aux rédacteurs en chef de l'hebdo de... tous démissionner !
Côté ligne éditoriale, le journal trés anti-chiraquien/Villepin finalement ne bouge guère basculant juste peu à peu ouvertement en pro-Sarkozy. Difficile de l'affirmer cependant puisque l'intéressé clame haut et fort que le journalisme doit être engagé mais non partisan. Bon je veux bien même si en lecteur régulier (comme de l'ensemble des hebdos français, d'une partie de la presse quotidienne nationale et la PQR de l'Est) je ne peux que relever qu'un numéro sur deux de l'Express est consacré au nouveau Président, son ex-femme, sa future. S'il avait des animaux de compagnie, nul doute que nous aurions eu droit à une jolie couverture dans les jardins de l'Elysée...
Ces derniers mois outre cette idolâtrie croissante, il s'est distingué en soutenant la réforme des tribunaux d'instance mise en oeuvre par Rachida Dati (tout en éreintant cette dernière sur ses vrai-faux diplômes) selon un motif original : ce sont les tribunaux qui créent la demande judiciaire. Moins il y a de tribunaux, moins les français seront tentés d'engager une procédure. Pour la Patrie des Droits de l'homme que nous fûmes, c'est une nouvelle révolution qui fera bien des émules dans les dictatures du monde entier...
"Mais il faut éviter de tomber dans le travers inverse, c'est-à-dire de surdoter le pays en institutions judiciaires, qui incitent tout un chacun à judiciariser son comportement, à entraîner notre collectivité vers la pratique systématique du conflit judiciaire pour juger tel ou tel différend."
Il faut dire que l'ami Barbier n'a pas une trés haute considération du bas peuple que nous sommes. Ce passionné de théâtre a fondé une troupe, certes, mais uniquement composée de normalien comme lui. On ne va pas se mélanger non plus car le gailllard a une certaine opinion de sa petite personne, il n'hésite d'ailleurs pas quelques comparaisons hardies : "La marque, c’est L’Express. Moi je suis l’ambassadeur de la marque, un peu comme Claudia Schiffer a pu l’être avec Loréal !".
Elitiste, parisien, il ne peut que dresser un portrait particulier et catégorique de notre pays en 2007 : "Enfin les gens ne se réjouissent pas parce que travailler ne plait plus. Pour une part croissante de la population, le travail est un mal nécessaire, et la passion du boulot ne touche plus qu’une minorité. Fierté de l’ouvrier, dévouement du fonctionnaire, zèle de l’artisan : ces vertus sont rares, et l’on adore plutôt, au magasin, à l’échoppe ou au bureau, la déesse des RTT et ses vestales : pause-cigarette, arrêt-maladie, récup, etc.
Les Français ne sont pas aussi contents qu'ils devraient l'être de voir que le chômage baisse parce que les Français n’aiment pas beaucoup travailler. "
La population active française composée de quelques 28 millions de personnes appréciera... avec une productivité par heure travaillée en France parmi les plus élevées au monde.
Peu importe après tout puisqu'il nous éclaire indépendamment, lui et pas les autres : "Le Point est de droite, l’Obs de gauche, c’est leur droit. Nous, nous sommes indépendants. Ni à gauche, ni à droite, on ne roule pour personne."
C'est vrai qu'il multiplia cet automne les accrochages avec Frantz Olivier Giesbert (Le Point) notamment au sujet de Rachida Dati, accusant FOG de se soumettre alors que lui résistait aux pressions.
Le même directeur de la rédaction de L’Express déclarait un beau dimanche sur LCI que Carla Bruni, « une amie », lui avait confirmé en personne sa relation avec le président de la République. Drôle de conception de la résistance et bascule du journal "Tous les jours, toute l'info" dans un people digne de Voici, Gala et autres Paris-Match. L'annonce du divorce ? dans l'Express. L'annonce de la nouvelle relation présidentielle ? dans l'Express. Le portrait de la nouvelle favorite ? dans l'Express bien sûr mais pas seulement car Barbier est partout, sur le net (blog Sarkozy an I, ça positionne...) I-télé, LCI...
Mais là honnêtement, trop c'est trop. Le dernier numéro de l'Express est une aberration basée sur une couverture "Carla Bruni - Enquête sur une femme qui dérange" avec en tout petit en haut à droite, un encart de 3cm2 intitulé "Bourse les raisons du Krach". La répartition révèle le choix éditorial, celui d'une peopolisation inventée. Inventée car l'annonce d'une enquête est pour le moins racoleur, et présenter Carla Bruni comme une femme qui dérange reste pour moi un mystère.
Mais que dire du contenu... ça commence comme ça (accrochez-vous parce que ça arrache un peu) : "Telle une étoile dans le microcosme, elle a surgi au cœur de l'actualité un dimanche de décembre. Les Français avaient la tête aux cadeaux et aux festins, mais soudain ils se sont mis à ne plus parler que d'elle, que d'eux: le couple Carla-Nicolas a chassé des commentaires de table, pour la Noël 2007, le sempiternel duo dinde- foie gras. Disneyland, Louxor, Charm-el-Cheikh, Pétra... Le tourisme élyséo-amoureux a focalisé l'attention, comme si Lapin voyeur avait supplanté Bison futé pour les retours de vacances."
Pauvres de nous, nous voilà réduits à ne penser que futilités (car bien sûr dans la société théâtralisée de Monsieur Barbier tous les français ont les moyens de faire des cadeaux et des festins...) et à ne plus parler que d'elle. Curieux je dois faire partie de l'élite barbierriste pour n'avoir pas été frappé par le phénomène ? à être taxé de Lapin Voyeur quand 93% des français estiment que la vie du président est surmédiatisée !
Mais n'est ce pas vous Monsieur Barbier qui vous enfermez dans un épiphénomène qui n'intéresse que vous ? pire ne créez-vous pas vous-même ce phénomène à des fins peu éthiques ? ami de Carla Bruni, vous êtes surtout le rédacteur en chef d'un journal racheté par le groupe belge Roularta, dont l'unique ambition est de ... doubler la rentabilité du titre. Alors il faut vendre plutôt que penser, céder au marketing politique. Mais comment une telle conversion est elle possible vous qui en 2006 preniez un recul nécessaire : « Il est un moment où le silence est le seul témoignage possible de la lassitude et du scepticisme. Or, au lendemain de l'affaire Clearstream et en pleine Ségomania, tels sont les deux sentiments qui dominaient mon esprit. Toute explication, brève ou bavarde, m'aurait semblé une caution pour cette phase d'intense marketing politicien. » confessiez-vous alors.
Et aujourd'hui ? comment interpréter une de vos affirmations profondes comme "L'Express se doit d'analyser la «révolution carliste»" ?
Le meilleur de l'idolâtrie Express est pour la fin : "Dans une époque qui craque de mille changements, Carla Bruni est la femme too much qui bouscule la France trop sage, la femme qui dérange parce qu'elle est différente. Ange ou démon, Carla est la nouvelle icône de la modernité."
N'en jetez plus la dérive frise le naufrage !
"Quand on a la chance d’être à la tête d’un grand journal, il faut savoir garder ses nerfs", écrit le chef de la rédaction du Point à celui de L'Express".
Je dirais plutôt que quand on a la chance d'être à la tête d'un grand journal on a le devoir d'assurer un traitement de l'information digne et juste, l'obligation d'oeuvrer à l'expresion des vrais sujets de notre temps, l'interdiction de dilapider plus de 50 ans d'histoire.
Sartre, Camus, Malraux, Mauriac, Aron ont écrit dans le journal de Françoise Giroud et Jean-Jacques Servan-Schreiber !
Anticolonial, opposé à la torture en Algérie, ce journal fut un témoin des années 60 à il n'y a pas longtemps, tantôt à droite, tantôt à gauche mais toujours avec conviction.
"Carla Bruni - Enquête sur une femme qui dérange", voilà où il en est aujourd'hui...
Un espoir subsiste, le bon sens, le bon sens proverbial qui dit qu'"un barbier rase l'autre"...

jeudi 24 janvier 2008

Le créateur, Gérard Depardieu et la télévision de masse

« La télévision a-t-elle changé le cinéma ? », a t'on demandé à l’acteur français qui répond :
« Par son financement oui! Les chaînes produisent et, comme c’est leur argent, il faut que ça soit plat. Il n’y a plus de créateurs. Et regardez la télé! Cet abruti de Nikos (NDLR : Aliagas)... Les mecs chantent tous pareil, il n’y a plus aucune invention. C’est nul à chier! » … « Plus il y a d’audience, plus c’est con! Selon les chaînes, c’est ce que veut la masse. Et couper la pub aux chaines publiques françaises, c’est déjà prévoir leur vente à son copain Bolloré ».
Notons que l'Obelix du cinéma français n'a pas sa langue dans sa poche et profite de son intervention pour écorcher la vénérée star académy et dénoncer tout de même un peu les connivences du pouvoir. Il faut s'appeler Depardieu cependant aujourd'hui pour faire entendre ce genre de propos ; nous lui en sommes reconnaissants donc de véhiculer une autre opinion que celle, uniforme, des troupeaux de béni-oui oui à carte de presse...
Moi qui m'intéressait aux écrans plats, je m'aperçois que c'est la programmation elle-même qui peut être plate ce qui doit assurément renforcer la qualité de l'image...
Le propos le plus saisissant me parait être relatif à la création : "Il n’y a plus de créateurs."
C'est vrai de notre petit écran qui se complait en séries marketées, récurrentes de saison en saison, testées pour répondre exactement au besoin, mais surtout pas conçues pour surprendre, trop dangereux. Des chaînes qui srutent désespéremment l'étranger pour y trouver les concepts nouveaux qu'ils revendront ensuite à prix d'or à la mode française. Des émissions de commémorations, de rediffusions de ce qui s'est passé mais incapable de se tourner et d'envisager l'avenir.
Au-delà, c'est toute une société que l'on imprègne de modèles référents, de comportements, de modes de consommation médians et répétés à l'infini. La place du créateur est au pire celle du gentil fou au mieux celle du couturier branché.
En dehors guère de salut.
Appliqué à l'économie, il n'est pas si étonnant d'un point de vue pratique que la France peine en matière de dépôt de brevets même s'il y a du mieux. Les dépôts de demandes ont eu principalement pour origine les États-Unis d’Amérique, le Japon, l’Allemagne et la République de Corée (le nombre de dépôts de brevets par les entreprises connaît cependant en France une croissance continue depuis 10 ans, jusqu'à atteindre 3,5% en 2007).
La France ne figure toujours pas dans le peloton de tête, même en Europe et seules 33% des entreprises nationales ont des activités innovantes (65% en Allemagne). C'est surtout la propriété intellectuelle et les efforts des entreprises en matière d'innovation qui posent problème.
Sur le plan culturel, la création française n'a plus le rayonnement de jadis, c'est une évidence dans le cinéma et la musique, dans les arts en général. A l'échelle mondiale, nous ne représentons plus, non plus, grand chose.
Sur le plan sportif qui d'un point de vue professionnel est étroitement lié à l'économie, nous peinons logiquement dans la compétition mondiale à quelques exceptions près comme aujourd'hui Tsonga, pur produit de la fédération française de tennis (et non co-produit par un team mousquetaire).
L'esprit surtout de la création est absent. Pour se propager, il lui faut de l'air, de la tolérance, de l'initiative, du temps. Pas facile à trouver dans notre quotidien.
Ce n'est pas la politique qui montre l'exemple, les vieilles idéologies se partagent le pouvoir parfois au nom de la nouveauté ou de l'ouverture. La désolante commission Attali devenue
base de notre devenir n'échappe pas à la règle.
A Jean-Pierre Raffarin le mot de la fin, «J'attendais de la créativité des idées nouvelles», a-t-il confié. Au lieu de cela, on ressort, «des vieilles lunes : la suppression des départements, la TVA sociale, toute cette forme de tendresse des grandes surfaces". Ce à quoi Attali a répondu : "Tout le monde sait bien que Jean-Pierre Raffarin est le symbole du conservatisme de ce pays et que la gestion de la France lorsqu'il était Premier ministre a été un désastre".
Puisqu'on vous dit que rien ne change ...

mardi 22 janvier 2008

Foot - Rio Mavuba au chevet du LOSC

Le milieu international français Rio Mavuba rejoint le Losc pour un prêt de 6 mois non assorti d'une option d'achat. Une recrue de choix pour le club nordiste en grande difficulté à l'approche du sprint final.

Kluivert, Frau, Mavuba, les supporters lillois doivent se pincer avant d'analyser les nouvelles recrues qui arrivent après cet été les inconnus Tahirovic, Yanes, Béria, Maric. Un changement de stratégie étonnant qui augure peut être d'une réelle prise de conscience du risque de relégation.
Cireur de banc à Villaréal après une saison difficile à Bordeaux, le jeune Mavuba a raté la pari de l'expatriation. Aux côtés de Robert Pires et Pascal Cygan il ne sera pas parvenu à s'imposer au sein d'une équipe espagnole jeune, brillante et trés fournie en milieu de terrain. A quelques mois de l'euro et alors qu'il a disparu des tablettes du sélectionneur Raymond Domenech, il revient en France pour jouer et se faire remarquer. L'ancien milieu défensif monégasque Claude Puel aura donc su convaincre son jeune émule de rejoindre la capitale des Flandres pour s'y imposer rapidement. Ayant satisfait à la visite médicale le mardi, il devrait être aligné dès le lendemain face au Mans en l'absence du métronome habituel, Jean II Makoun. Ce dernier à la Coupe d'Afrique des Nations a confirmé sa mauvaise passe actuelle en se faisant sortir dés la demi-heure de jeu d'un match outrageusement perdu par le Cameroun...
L'énigme à l'instar des deux autres recrues prestigieuses réside dans le niveau physique d'un joueur sous utilisé depuis le début de la saison. Manque de rythme, difficulté d'adaptation commme Kluivert, blessures comme Frau, les risques ne sont pas minces mais le Losc a t'il les moyens de ne rien tenter alors que le voisin lensois vient de les rejoindre au classement en étrillant Lyon ?
Assurément pas. Pour autant l'arrivée de Mavuba ne résout guère la fragilité de notre défense centrale et le lancinant échec de notre attaque. C'est aujourd'hui Fauvergue (après Moussilou, Odemwenguie, Audel...) et à un degré moindre Mirallas (rentré à la mi-temps à Sochaux, il est invité à rejoindre le banc dès la 84°) qui subissent le coaching exigeant et peu compréhensible de Puel. Le premier nommé pourrait rapidement rejoindre les îles brittaniques et nous laisser dans la plus grande perplexité...
Mais le temps n'est pas trop aux états d'âmes Lille recevant Le Mans revanchard après sa défaite face à Bordeaux puis PSG en regain de forme. Autant dire que toute stratégie mise à part l'essentiel sera de prendre des points ce qui signifie ne pas prendre trop de buts et en marquer, deux défis pour un Lille mal en point qui aura bien besoin de l'activité et de la vista de Mavuba pour s'éviter quelques cauchemards... mais attention, en ces temps d'âpres combats de fin de saison, pas sûr que les joueurs prétés ou en fin de carrière soient les meilleurs garants des valeurs d'un club...

lundi 21 janvier 2008

Christine Ockrent - Pour 120 000 euros t'as plus rien

C'est l'histoire belge du moment pour la journaliste de la même nationalité, Christine Ockrent. Son travail extrêmement prenant sur France 24 lui rapporte depuis 2006 chaque année... 120 000 euros. A l'heure de la suppression de la publicité du secteur public, on peut craindre pour les taxes amenées à les remplacer... infinitésimales qu'il dit, va en falloir de l'infinitésimal !
De 1981 à 1985, elle fut la première femme à présenter dans la durée un journal télévisé sur Antenne 2. En 1988, elle revenait à l'antenne mais devait faire face, déjà, à quelques polémiques sur... son salaire.
Pour cette diplomée de l'IEP Paris, journalisme a souvent rimé avec égocentrisme et solide rémunération. Directrice adjointe de TF1, collaboratrice de l'Express, elle a toujours su rebondir pour agoniser tranquillement sur France 3 (France Europe Express puis désormais l'hebdomadaire Duel) tout en assurant ses trés vieux jours sur France 24.
120 000 euros par an pour quarante chroniques de 3 minutes certes en deux langues, cela fait tout de même 500 euros de la minute. Voilà qui fait un peu tâche d'autant qu'avec le titre de rédacteur en chef chez France 3, elle n'est pas censée oeuvrer ailleurs.
«Les frontières entre information et divertissement deviennent de plus en plus floues non seulement pour les téléspectateurs mais aussi pour les professionnelles» aime t'elle à dire. Sûr qu'à ce tarif là, le travail est un authentique divertissement !
Le plus drôle est à venir puisque dans les petits cartons de Nicolas Sarkozy, une réforme des médias publics pourrait voir TV5 Monde, RFI et France 24 se retrouver sous une même bannière, l'international, celle du Ministère des Affaires Etrangères.
L'ami Bernard Kouchner, compagnon de Christine Ockrent, veillerait donc sur le solide patrimoine familial. Pour cet ancien communiste à la vocation humanitaire, il a aujourd'hui de quoi lui permettre assurément sereinement d'aller sauver le monde.
Lui, si favorable au droit d'ingérence, ne nous en voudra pas de nous intéresser et de nous scandaliser du train de vie majestueux de ce couple trés people et trés gauche caviar.
Le french doctor a l'image si lisse ne manque pourtant pas d'accroc dans une carrière politique plutôt cahotique : intégrant le parti radical à la suite de... Bernard Tapie, il connaîtra des débuts électifs compliqués avec trois défaites consécutives sous l'étiquette PS.
L'humanitaire lui-même s'est parfois fourvoyé, en témoigne son rapport pour le groupe Total qu'il réalise en 2003 pour la modique somme de .... 25 000 euros. A ce prix là, normal qu'il justifie quelques menues pratiques comme "le recours au travail forcé est une coutume ancienne..." qui fit scandale en Birmanie et bien du tort aux victimes de la junte qu'aujourd'hui il dénonce si bien devant les caméras.
«La France vaut mieux que nos certitudes vieillies et nos crampes partisanes" rappelle-t'il volontiers. J'ajoute que la France vaut mieux que ces élites vieillies et leurs moeurs de courtisanes. Et que devant tant d'indécence, l'une devrait quitter les antennes du monde entier et l'autre se cacher sur une autre planète. Mais ils n'en feront rien car "L'orgueil n'a pour se montrer d'autre miroir que l'orgueil" (Shakespeare), c'est dire le beau couple que voilà !

samedi 19 janvier 2008

Sarkozy, libéralisme populaire et vieille chimère

Avec la médiatisation des errements de la commission Attali, commission non dotée d'économistes faut-il le rappeler, l'économie vient enfin se repositionner dans le débat, c'est déjà ça !

Cet inventaire à la Prévert propose tout et n'importe quoi, depuis supprimer l'échelon départemental dans les dix ans à venir, faciliter l'immigration, l'ouverture à la concurrence des professions réglementées, la réduction des délais de paiement des PME par l'Etat et les grandes entreprises à un mois, TVA sociale, liberté totale des prix et d'installation de tous les secteurs de la distribution, de l'hôtellerie et du cinéma... j'en passe, il y en a 314. Promettre le pire et dans tous les domaines c'est pratique puisque finalement cela n'engage à rien et permet toutes les négociations, toutes les concessions.
Mais pour quel résultat ?
On a vu l'imbroglio de la réforme judiciaire voulue par la majorité mais revue et corrigée en sous-main par nombre de députés pour que soient épargnées leurs circonscriptions... Le syndrôme nimby (pour not in my back yard- pas dans mon jardin, tout le monde est d'accord pour un aménagement, une réforme mais si elle ne la concerne pas) a de beaux jours devant lui et consiste peut être le plus consistant frein à la croissance...
L'annonce de la remise de cette liste constitue pour le moins un non évènement économique qui laisse perplexe. Qui laisse même à penser que le pouvoir rame en la matière au point d'annoncer tout et son contraire, de promettre puis de reconnaître que ce n'est pas possible...
L'acte majeur, il existe depuis 6 mois, c'est cette "loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat", une réponse aux affirmations de campagne électorale qui martelaient "Notre stratégie économique porte un nom et un seul : le travail".
Au menu, des exonérations fiscales (pour certains), crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunts immobiliers (ceux à venir), bouclier fiscal (pour peu), abattement sur les donations (pour ceux qui ont quelque chose a donné)...
Gràce à ce travail décuplé, libéralisé, rallongé, c'est la consommation et la croissance qui devraient être boostées.
Un shéma pas trés clair ce que l'intéressé reconnaît volontiers puisque Nicolas Sarkozy a répété à plusieurs reprises qu'il "était inutile de réinventer le fil à couper le beurre. Toutes ces théories économiques... moi-même, parfois je suis un peu perdu. Ce que je veux c'est que les choses marchent".
"Ce que nous voulons, c'est qu'en travaillant davantage on puisse augmenter son pouvoir d'achat". C'est déjà plus clair.
"Ma vérité, c’est que la France a besoin d’être réconciliée avec un libéralisme populaire."
C'est là où j'ai un petit peu de mal. Je ne suis d'ailleurs pas le seul tant il est vrai que la vie quotidienne de notre Président, ses comportements, modes de vie sont tout sauf populaires. Ensuite parce que cette relance de l'économie par la consommation venu d'un meilleur pouvoir d'achat issu d'un travail mieux rémunéré, c'est un raisonnement éculé, fort simpliste, idéaliste, jamais abouti.
Difficile de ne pas évoquer par exemple que plus de pouvoir d'achat ce sera effectivement plus de consommation des plus modestes mais majoritairement sur des produits peu chers donc importés... dès lors quel bénéfice ? plutôt la mort de notre production nationale, non ?
La réponse pourrait venir d'une TVA sociale appliquée aux produits venant de l'étranger. Je demande à voir comment mettre en place une mesure protectionniste de ce type surtout avec la diplomatie de complaisance actuellement en vogue.
Après 6 mois de sarkozysme ce que je crois est un peu différent que le beau volontarisme affiché. La terminologie de libéralisme populaire me semble être un mensonge éhonté car le peuple dont il est question a à mon avis qu'un rôle de figuration dans le vrai programme engagé. Seulement ce n'est pas... populaire de le dire alors...
La droite américaine développe une théorie assumée selon laquelle il suffit d’enrichir les plus riches pour renouer avec la croissance car indirectement ils en feront forcément profiter les plus pauvres.
Je pense que nous sommes aujourd'hui clairement dans cette lignée. Une étude circulant à l'UMP explique que si les français travaillaient autant que les américains cela générerait 8000 euros de ressources supplémentaires par français. Traduction : si on travaillait plus, on pourrait gagner jusqu'à 8000 euros de plus.
Bien sûr cette analyse basique ne veut rien dire tandis que sa conclusion est bien entendu une moyenne. Cher lecteur, si demain grâce à mon surcroit d'activité je gagne 15000 euros de plus et vous 1000, cela fera bien 8000 euros de moyenne...
Cette théorie économique en vaut sûrement une autre mais on ne gagne jamais à mentir à l'opinion, à lui faire croire en des bénéfices qu'elle ne verra jamais, en lui indiquant surtout un modèle de "société plus" riche, développée... alors que nous allons vers plus d'inégalités et de précarité sauf pour ceux qui sont tout la haut. La France d'en bas chère à Raffarin n'est pas concernée par les ambitions sarkoziennes, si ce n'est pour grapiller quelques miettes. Il faudra bien le lui faire comprendre un jour.

"Il faut bonne mémoire après qu'on a menti" disait Corneille.

jeudi 17 janvier 2008

Séguéla - le retournement de veste tranquille

Le publicitaire Jacques Séguéla, celui qui fit fortune en vendant des slogans Citroën et plus sûrement fit la gloire de Mitterand au travers de "La force tranquille" et de la "Génération Mitterrand" vit une fin de carrière publique bien agitée et contrastée.

L'heureux et riche fondateur de RSCG puis d'Eurocom ne pouvait rester indifférent à la Présidentielle à venir. On ne se refait pas et avec un spécialiste de la communication politique, Thierry Saussez, il sortait un remarqué La Prise de l'Elysée.
Deux experts de la vie politique française et même au-delà si l'on veut bien se souvenir de leur attrait pour le continent africain. Saussez n'a jamais fait mystère de ses engagements au Congo, Togo ou Côte d'Ivoire. Des régimes contestables d'accord mais oh combien rémunérateurs... pour peu que l'on sache les accueillir en France et leur faire partager certains carnets d'affaires...
Bon en même temps Monsieur Saussez est un éminent membre de l'UMP qui n'a jamais caché son goût pour la réussite...
Conseiller de Nicolas Sarkozy, il disait d'ailleurs dès 2004 « La démocratie n'est plus représentative, elle est cathodique » ce qui explique bien des choses....
Forts de leur ouvrage rétrospectif sur les élections présidentielles sous la V° République, les deux compères n'en demeuraient pas moins partagés puisque Jacques Séguéla affirmait son soutien sans faille à la candidate socialiste. Son vote au premier tour fut donc sans surprise et son engagement alla crescendo. C'est peu dire qu'il n'apprécia pas le changement de bord du camarade Besson. L'occasion d'une sortie vive et sans équivoque :
« Besson si tu étais là je te foutrais ma main dans la figure. Je ne sais pas quelle aigreur t'a pris, je ne sais pas qui t'a fait du mal dans la vie, je ne sais pas si c'est une course à la gloriole, comment peut-on trahir à ce niveau là, avec autant de vilenie ? ».
15 jours s'écoulèrent alors avant qu'il ne déclare voter... Sarkozy au deuxième tour... tout en précisant «Je pense que le moment est venu de voter non pas pour un parti, mais pour un homme».
Pas trés rassurant si l'on veut bien se souvenir qu'en 1990, ce visionnaire de la com prédisait
"La société de consommation qui se meurt fut celle de l'argent. La société de consommation qui s'annonce sera celle du talent. Attention danger ! l'argent se contrôle, le talent pas. Désormais, le pouvoir est à portée de main du premier incontrrôlable venu."
A cette époque il confessait : «Faire une élection, c'est raconter une histoire de telle façon que l'enfant qui sommeille en tout électeur croie que le candidat est le seul héros crédible de cette histoire.»
A rapprocher de la stratégie affichée désormais par le pouvoir "Nous sommes là pendant cinq ans pour écrire une histoire avec les Français. Ce récit est jalonné par les discours et les actes du président".
Aujourd'hui il résume l'action du président Sarkozy d'un prometteur et rassurant "Il invente un mode de démocratie non pas «directe», mais «en direct»". Le sens de la formule cela ne se perd pas. L'influence si. Séguéla n'est plus un conseiller écouté. Son dernier rôle public ? entremetteur de Nicolas et Carla, bonjour le second rôle ou la triste confirmation de ce que pressentait Pierre Desproges :

« Jacques Séguéla est-il un con ? De deux choses l'une : ou bien Jacques Séguéla est un con, et ça m'étonnerait quand même un peu ; ou bien Jacques Séguéla n'est pas un con, et ça m'étonnerait quand même beaucoup ! »

Vice Président d'Havas, il a au moins plein de choses à raconter à un autre vice-président d'Havas, Vincent Bolloré...

mardi 15 janvier 2008

Dopage - Marion Jones, grandeur et décadence du sport américain

Ainsi donc Marion Jones passera par la case prison. Triste épilogue d'une étoile du sport mondial rattrapée, dépassée, happée par un système plus fort qu'elle. Coupable de parjure plus que d'avoir triché, elle paye cash les timides investigations de l'affaire Balco. Timides car l'ampleur du phénomène semblait plutôt concerner des centaines d'athlètes...


On la dit aujourd'hui ruinée, Marion, déjà déchue de ses 5 médailles olympiques, bannie des stades, elle connut un destin extraordinaire tant par ses débuts de basketteuses (championne NCAA avec la Caroline du Nord et aux portes de l'équipe américaine) puis en athlétisme (sur le 100m, 200 m et à la longueur).
Acculée, soupçonnée, elle avouera finalement la prise de stéroides dès 1999, seule chose que l'on peut finalement lui reprocher puisqu'elle ne fut jamais détectée positive complètement...
Paradoxe tout de même que d'envoyer une athlète en prison alors qu'elle a avoué, disons que ce n'est guère incitatif pour les autres...
Les autres à commencer par l'entourage de la Carl Lewis au féminin ; ses maris CJ Hunter et Tim Montgommery (tous deux convaincus de dopage), ses entraîneurs Trevor Graham et Charlie Francis (ex entraîneur de Ben Jonhson...), son nutritionniste Victor Conte (impliqué par Balco)... pas un n'échappe aux pratiques illégales généralisées à des camps d'entraînement complets.
Les autres, ce sont ses partenaires d'entraînements comme ses adversaires les plus proches dont on devine bien qu'elles n'ont guère pu rivaliser avec de l'eau même pétillante...
Les autres, ce sont tous ceux qui forcément ont gravité aussi dans ce milieu quasi clinique ou performance rimait avec science. Ceux-là également qui pour s'imposer dans un monde sportif professionnel implacable sont prêts à tout.
La guerre froide a vécu mais tout le sport américain semble être resté fixé sur cet objectif viscéral de dominer le monde pour mieux assoir sa supériorité quelqu'en soit le prix...
A quelques mois des jeux de Pékin dans une Chine qui n'aspire qu'à la même chose, nul doute que le dopage sera un peu oublié au profit de l'émerveillement faussement naîf devant des performances exceptionnelles...
Dominer le monde lors des rencontres internationales d'abord, dominer le monde par la profusion et la sur-médiatisation de certains sports ensuite comme le basket, le football américain, le hockey sur glace et le base-ball. 4 axes cardinaux du sport US qui attirent les meilleurs du monde entier dans une concurrence exacerbée et à un rythme d'enfer. Mais sans dommages. Oh bien sûr, de temps à autre une star du base-ball exagère sur les doses, un linebacker prend un peu trop de volume ou est victime d'un malaise suspect mais les fédérations passent vite l'éponge. Show must go on. Et pendant ce temps, nos basketteurs NBA virevoltent 80 matchs durant sans sourciller.
Oui Marion il y a de l'injustice dans ce traitement médiatique orienté, il y a de l'hypocrisie dans cette individualisation de la peine, il y a de l'inquiétude sur l'avenir de ces organismes surexploités. La même injustice, la même hypocrisie, la même inqiuétude que vous avait généré tout au long de votre carrière en trichant, en sacrifiant ainsi des athlètes propres battus par plus chargés qu'eux, en salissant surtout l'image du vainqueur, du bonheur, de la réussite et du travail nécessaire à celle-ci.
Cette image aujourd'hui est entre vos mains. Il ne vous reste plus rien dit on. C'est l'occasion rêvée finalement pour une vraie championne de se révéler, c'est l'instant pour vous de construire autre chose que du mensonge. Si vous y parvenez je serai là pour vous applaudir car là sera peut-être votre plus belle performance.

lundi 14 janvier 2008

A voir - Billy Elliot the musical

Depuis mars 2005, le Victoria Palace héberge la comédie musicale "Billy Elliot the musical", comédie musicale inspirée de l'excellent film du même nom qui fit plus de 2,5 millions d'entrées rien qu'en France.
Et cela ne désemplit pas, deux ans et demi après, pas facile de se procurer des places !
Mais ne reculant devant aucun stratagème, bon plan et autres tuyaux, nous voilà avec les précieux sésames entrant par la grande porte s'il vout plaît le drenier jour de l'année.


Vaste salle rouge et or bien sûr, plus de 2 ooo places assises, nous y voilà donc là où bât le coeur de la capitale mondiale de la comédie musicale.
Quand les lumières s'éteignent, le rideau se lève (c'est bien foutu hein ?) et le spectacle commence. 2 h 30 plus tard on est ko assis, tout simplement.
Que dire de l'orchestre et des mélodies signées Elton John ? superbes de justesse, d'entrain, de colère ou d'émotions.
Les décors qui sortent à vitesse grand V de la scène ultramoderne confortent la vitesse, le dynamisme de la mise en scène (au risque et péril des acteurs d'ailleurs).
Le scénario, adapté bien sûr, mais fidèle dans ses grandes lignes à l'histoire originale, offre des scènes fortes et prétextes à de grands numéros de chants, de danse ou d'acteurs.
Ah les acteurs, des artistes, des vrais quoi. Qui savent tout faire, des enfants aux plus âgés ; quel ecclectisme et quelle maîtrise !
Et l'histoire fait le reste qui nous emmène de par tous les sentiments : la surprise, le rire, l'inquiétude, la colère, la peur, la tendresse...
Quelle qualité pour ce cinéma anglais ici transposé que de parvenir à exprimer la vraie vie, à véhiculer un lien social, une humanité quand le cinéma français se complaît dans les histoires de flics ou de la haute bourgeoisie.
Billy Elliot, c'est le choc de deux histoires, celle de la grève des mineurs dans le nord de l'Angleterre sous Thatcher (singée en Guignol, elle ramasse !) et celle d'une enfant de mineur orphelin de mère découvrant la danse dans un contexte ou cela n'existe pas. Et les deux histoires ne vont cesser de se croiser, de se télescoper, de s'affronter, d'évoluer pour s'unir.
Avec le chant et la danse, la dimension émotionnelle est encore plus importante, plus marquée que dans le film.
Dans un contexte économique et social plutôt désespérant, l'enfant a finalement une chance de s'échapper via l'académie de danse. Et pour que lui puisse au moins s'en sortir, c'est toute la communauté qui va se mobiliser pour lui en donner les moyens.
La sensibilité des tableaux proposés est particulièrement soignée, il est donc difficile de rester insensible. Il y en a des terribles et comiques à la fois, comme l'affrontement gréviste-policiers ou grévistes-non-grévistes. Il y en a des angoissantes et euphorisantes comme l'attente de la lettre de l'Académie. Des étonnantes et décalées comme les premiers pas de Billy au cours de danse et les relations avec sa professeur.
J'en retiendrais trois : le duo de Billy avec sa maman décédée / l'adieu des mineurs redescendant au fond pour le départ de Billy / le duo Billy enfant-Billy danseur étoile.
Applaudissements, bonus façon west side story et fin en apothéose.
Ouf ! humilité, respect, solidarité, travail, performance, amitié, amour... que de belles valeurs ressortent d'une telle soirée.
Le lendemain, retour en France, ouverture machinale de la télévision pour un face à face avec une autre académie, la star académie. Quel choc des cultures ! quel spectacle affligeant. Quelle indécence à placer sur scène de tels amateurs dénués du moindre talent et incapables de transmettre la moindre émotion.
Cela ne donne qu'une envie, retourner au Victoria Palace voir de vrais artistes !

dimanche 13 janvier 2008

Disparition - 5 ans sans Estelle Mouzin

Voilà 5 ans que la petite Estelle Mouzin a disparu à Guermantes. Depuis, rien.
Des milliers de démarches, d'hommes mobilisés, de paperasses entassées pour rien.
Et l'on apprend que l'avocat de la famille patiente depuis... un an et demi pour obtenir le dossier non numérisé de... 88 tomes.
Jean-Marc Bloch, qui a dirigé l'enquête à l'époque, est lui aujourd'hui contrôleur général de la police nationale à la retraite...

Nous voilà bien loin de la télé réalité à la mode policière qui sur-occupe les écrans à longueur de soirée : experts, unités spéciales, brigades criminelles ... cette représentation policière exacerbée et simpliste fausse notre perception de la réalité et nous fait prendre des vessies pour des lanternes.
Une petite fille peut encore disparaître au coin d'une rue sans que l'on en sache plus rien.
Un peu d'humilité et de vrais moyens seraient sûrement préférables à cette réputation de carton pâte.

samedi 12 janvier 2008

Football - Le LOSC arrache le nul face... au dernier

Au bout du temps réglementaire, Yohann Cabaye marque sur coup franc. Mais le stade s'est déjà en partie vidé et sa réussite permet tout juste à Lille d'égaliser face à ... 9 messins. Le jeune milieu de terrain de 21 ans aura, avec cran, sauvé le club d'une piteuse défaite face au dernier de Ligue 1 Metz, et sûrement évité que la crise ne s'ouvre vraiment dans la capitale des Flandres. Dommâge ?

Avion n'aura donc servi à rien. La difficile victoire de l'équipe type lilloise face au club de CFA d'Avion (3/0 mais deux buts dans les derniers instants) en coupe de France nous incitait à la prudence. Bis repetita ce soir pour une prestation fade, lente, crispée... n'en jetez plus...
Metz ne doit qu'à sa nervosité excessive en fin de match et à son manque de confiance de n'avoir pas plié plus tôt cette rencontre.
Les passes perdues notamment ont eu raison de la patience des spectateurs. Il faut dire que Lille est avec 61% de réussite si l'on peut dire, l'équipe la plus faiblarde de la ligue. Imaginez quasi une passe sur deux est une balle perdue !!! une qualité qui se répercute forcément sur tous nos coups de pieds arrétés.
Difficile de construire quoique ce soit dans ces conditions et c'est d'ailleurs ce que font les dogues, à peu prés rien.
Et donc les occasions se sont comptées sur les doigts de la main du Baron Empain aurait dit Desproges avec justesse.
Tafforeau rapidement blessé n'a de toute façon plus grand chose à voir avec celui qui bloquait les meilleurs attaquants européens. Plestan se souvient bien qu'il a longtemps joué en CFA à Monaco, Frau et Kluivert ont attendu vainement les ballons en provenancee d'un milieu de terrain orphelin de Makoun et de toute qualité technique. Honnêtement personne de cette équipe hors Lischteinher et Cabaye ont montré le niveau néecssaire au maintien et c'est bien là tout le problème pour les journées à venir.
Le recrutement est de nouveau un fiasco, en témoigne le prêt cette semaine de Tahirovic en Suisse, lui qui a été acheté il n'y a pas 6 mois...
Dés lors qui pourra redresser la barre ? en l'état aucun joueur seul. Avec quel état d'esprit ? plus le temps passe et plus les joueurs semblent tétanisés, impuissants, perdus.
A l'heure ou le club se gargarise d'un centre d'entraînement parmi les plus high tech d'Europe, que le Grand stade avance pas à pas avec trois candidatures déposées, le Lille sportif s'enfonce dans le doute, l'inconnu.
Ironie de l'histoire, c'est Daniel Gygax, envoyé à Metz par Claude Puel qui ne croyait pas en lui, qui marque ce soir... Quelques heures auparavant nous avions vu un bon Dernis ou Landrin souffrir à Valenciennes sous un autre maillot.
L'autoritarisme de l'entraîneur lillois a progressivement dépouillé l'effectif lillois d'un noyau dur de bons joueurs professionnels, pas géniaux mais solides. Tout le contraire de Valenciennes qui caracole dans le haut du tableau avec une équipe équilibrée et expérimentée : Ouaddou, Belmadi, Roudet, Doumeng, Pujol, Savidan...
Des gars capables de sortir une équipe de l'ornière lors de matchs couperets... tout ce qui nous attend avec ce que nous n'avons pas.
Lille butant face à de valeureux messins fait rentrer Mirallas (20 ans) et Eden Hazard (17 ans, en photo sous les couleurs de la Belgique) pour débloquer la situation.
C'est sur cette absence d'expérience et de maturité que je fonde de grosses inquiétudes pour les semaines à venir.
A voir la prestation cohérente de Metz sous Pouliquen, à entendre Gillot gagner avec Sochaux je n'hésite plus. Il faut bien faire quelque chose puisqu'un an de décadence vient de s'écouler.
Puel doit partir. Son système a vécu. Ses choix sont discutables et discutés. Surtout les résultats ne sont plus là et aucun progrès n'est notable tactiquement ou techniquement depuis bien longtemps. Un nouveau souffle, un nouveau regard est attendu désormais pour redonner du volume au jeu lillois. L'intransigeance physique et comportementale ne suffit pas. Il faut libérer les joueurs seuls à même de sauver le Losc de la relégation. Et recruter un défenseur central et un milieu de métier.
Un mot sur Yvon Pouliquen le sympathique entraîneur messin revit après ses passages à Strasbourg et Grenoble. Du côté de la Meinau j'ai le souvenir de quelques parties acharnées le samedi matin auxquelles il ne dédaignait pas participer... il redonne vie au groupe lorrain. Bon vent à lui et peut être à l'année prochaine...

vendredi 11 janvier 2008

Arcelor Mittal : euro symbolique contre 700 suppressions d'emplois tragiques

Après Kleber il y a peu dans le sud, c'est le nord de la Lorraine qui accuse le coup d'une conjoncture économique effroyable. Le site sidérurgique de Gandrange, propriété du groupe indien Arcelor-Mittal va au mieux restreindre ses activités, laissant sur le carreau une bonne moitié des salariés, soit près de 700 personnes environ.

Comme souvent, c'est au nom de la volonté de privilégier un autre site voisin plus rentable (Florange) que le numéro un mondial de l'acier opère de sombres coupes dans ses effectifs et dans le paysage économique mosellan.
L'environnement n'est pas oublié : c'est parce que le four électrique consommerait trop d'énergie qu'une réorganisation est en partie menée. L'Union Européenne limitant les droits à émettre du CO2, Arcelor Mittal se doit de s'en aller...
Assiste t'on là aux prémices d'une nouvelle cause de délocalisation ? après la proximité des matières premières, le coût de la main d'oeuvre et des terrains, voici venu le temps des fermetures pour cause d'environnement...
Le tout puissant Lakshmi Mittal (troisième fortune mondiale) engage là une autre facette de ses talents de gestionnaire d'un groupe planétaire après avoir un temps privilégié le stand by et l'observation. Sa visite du site cet été fait, à posteriori, froid dans le dos...
Ce qui intrigue tout de même dans cette décision, au-delà des motifs, c'est de constater que Mittal Steel a volontairement redressé la pyramide des âges de l'entreprise en ce début de XXI° siècle en embauchant pas moins de... 300 personnes ! Devenu la vitrine sociale du groupe indien, c'est le site de Gandrange qui fut même mis en avant notamment en 2006, lorsqu'il fallut convaincre à l'heure d'englober Arcelor et rassurer sur le maintien des emplois.
"L'Europe a les pieds pris dans sa tradition industrielle et encore aujourd'hui, bien peu de groupes européens sont des leaders mondiaux. Cette transaction va changer les choses. Une entreprise européenne va devenir le numéro un indiscutable de l'acier", affirme avec conviction Lakshmi Mittal en avril 2006 à ... Gandrange.
Tout cela pour en remercier 700 ensuite et laisser comme un arrière goût de cinéma à la mode hollywoodienne indienne...
Il va sans dire que le coût social à payer pour ses régions est inestimable si l'on veut bien prendre en compte également les dégâts que cette mesure va engendrer dans un tissu dense de sous-traitants et de sociétés de services...
D'autant que le site de Florange, jusqu'ici préservé, n'a devant lui aucune certitude et que la menace d'un départ massif des investissements vers l'Allemagne voisine se murmure.
Un coût social qui ne sera guère compensé par l'investissement initial si l'on veut bien se souvenir qu'en 1999, Mittal rachetait le site pour un... euro symbolique !
Un coût dont n'a que faire la multinationale indienne. Dans un contexte de boum du marché de l'acier, elle peut afficher sur son dernier trimestre un résultat net de 2,96 milliards de dollars (2,155 milliards d'euros), en progression de 35,6%. Son chiffre d'affaires dépasse les 25 milliards....
Et maintenant ?
oh du grand classique chez nos politiques tout puissants dans les médias mais si impuissants dans la vraie vie, ceux-là même qui se réjouissaient en 1999. Ils s'offusquent, se scandalisent, craignent les conséquences à l'approche des élections municipales, n'avaient rien vu venir.
Curieux tout de même. Mittal n'en est pas à son coup d'essai. En rachetant le géant américain ISG en 2005, il planifiait bien 45 000 suppressions de postes avant 2010...

Un euro symbolique contre 700 emplois c'est un peu cher payé le prix de la liberté d'entreprendre. Est-on donc condamner à subir la mondialisation et son cortège de fermeture et de disparition sans réagir ? sans garde-fous ? en laissant des actionnaires millionnairesgagner toujours plus ?
Certes Gandrange n'est pas Petra et les licenciés ne sont pas des otages. Pour autant ici se vit le quotidien de bien des français, oubliés, abandonnés, ils ne demandaient pourtant qu'à travailler.
Mittal Steel Gandrange is one of Europe’s leading producers of wire rod (légende du site http://www.mittalsteel.com)

jeudi 10 janvier 2008

Villepin-Forni, destins croisés et visions divergentes...

Le décès de Raymond Forni, Président de la région Franche-Comté a permis, et c'est heureux, de mettre en lumière un parlementaire de l'ombre.
Mieux, un enfant de la République, immigré naturalisé français a 17 ans, issu de classe modeste, d'abord ouvrier qui peu à peu saura s'élever et gravir bien des échelons.
L'hommage unanime aujourd'hui rendu à ce noble homme public fait du bien en ces temps incertains et la présence de politiques de tous bords à ses obsèques nous rappellent que l'aveuglement n'est pas le seul critère de débat.

L'ancien ouvrier chez Peugeot et l'ancien Président de l'Assemblée Nationale (2000-2002) ne faisaient donc qu'un. Le bac, il le passa par correspondance, puis direction la fac de droit de Strasbourg et un statut d'avocat stagiaire à 27 ans... avant d'entamer une vie de parlementaire active, il fut ainsi le rapporteur de la loi sur l'abolition de la peine de mort.
"Sa trajectoire témoigne de la capacité d'intégration et d'élévation par le mérite qu'offre la République " estime le Président de la République.
Ironie de l'histoire, signe des temps, au même moment où l'on enterre ce méritant, quelques images fugaces nous montrent Dominique de Villepin prêtant serment dans son bel habit d'avocat tout neuf ; Pour un homme mis en examen ce n'est pas banal...
Une intégration au barreau "sur dossier" comme avant lui Strauss-Khan, Pierret ou Copé.
Mais pas comme Monsieur Forni.
Une autre époque s'en va - la République par le mérite à vécu. Je n'ai plus de devoir envers la République, ce qu'elle m'a apporté. J'ai des droits voire des exigences envers celle-ci.
On sait ainsi que les nombreux conseillers du président Sarkozy qui gravitent autour de l'Elysée ont tous vu leurs émoluments sortir des grilles classiques de la profession ; motif , ils travaillaient jusqu'alors dans le privé, normal de s'aligner...
Aujourd'hui le politique veut faire carrière, mais avec les intérêts, durer, se coopter sur les bancs des mêmes assemblées, gagner de l'argent, vivre comme un millionnaire, s'assurer une reconversion de haut niveau, pas prendre des cours du soir... parce que je le vaux bien... il me faut ces avantages pour que la République me mérite...
et bien sûr donner son avis sur tout
"Tout n'est pas politique mais la politique s'intéresse à tout" Machiavel

mardi 8 janvier 2008

Société - La délation, entre délectation et interdiction

«Dénonciation intéressée et méprisable» selon le Petit Larousse, la délation fait son retour sur le devant de la scène elle qui s'était quelque peu dissipée après les périodes troubles de l'occupation puis de la guerre d'Algérie. La voilà donc de retour dans l'hexagone dans une version yankee assez proche d'une mentalité anglo-saxone plus pragmatique. Reste que si au plus haut niveau de l'Etat, l'Amérique est à la mode, chez nos compatriotes moyens, l'attrait est tout relatif. La délation est donc subjective puisqu'elle se joue autant sur l'acte dénoncé que sur la personne dénoncée et la raison de cette dénonciation. Plus clairement si j'appelle la police car mon voisin frappe sa femme, je suis un bon citoyen ; si j'appelle la police car je pense que mon voisin a plusieurs femmes c'est moins bien ; si j'appelle la police parce que je soupçonne mon voisin de travailler au noir, c'est mal. </