mardi 25 décembre 2007

Joyeuses fêtes - Baltimore 1692

Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence.

Sans aliénation, vivez, autant que possible en bons termes avec toutes les personnes. Dites doucement et clairement votre vérité. Ecoutez les autres, même les simples d'esprit et les ignorants, ils ont eux aussi leur histoire.

Evitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l'esprit.

Ne vous comparez avec personne : il y a toujours plus grands et plus petits que vous. Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements. Ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe.

Soyez vous-même.

Surtout, n'affectez pas l'amitié. Non plus ne soyez pas cynique en amour car, il est, en face de tout désenchantement, aussi éternel que l'herbe. Prenez avec bonté le conseil des années en renonçant avec grâce à votre jeunesse. Fortifiez une puissance d'esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain.

Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude.

Au delà d'une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l'univers, pas moins que les arbres et les étoiles. Vous avez le droit d'être ici. Et, qu'il vous soit clair ou non, l'univers se déroule sans doute comme il le devait. Quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie, la paix de votre cour. Avec toutes ses perfidies et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau.

Tachez d'être heureux.

lundi 24 décembre 2007

Rama Yade - La Lybie à géométrie variable

Tout le monde ne peut pas maîtriser parfaitement les subtilités de la médiatisation, surtout les jeunes pousses peinent à se faire comprendre comme en témoigne Rama Yade propulsée à 30 ans dans les arcanes du pouvoir...
"Le colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n'est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort", déclare Rama Yade, la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme. "Ce qui me dérange, c'est qu'il arrive un jour de célébration des droits de l'homme" ajoute-t-elle. "Je serais encore plus gênée si la diplomatie française se contente de signer des contrats commerciaux, sans exiger de lui des garanties en matière de droits de l'homme. C'est un devoir: la France n'est pas qu'une balance commerciale"
4 jours plus tard :
"Bien sûr, on pouvait appréhender cette visite après les déclarations du colonel depuis Lisbonne et la coïncidence de sa venue avec la journée des droits de l'homme mais, depuis l'arrivée de notre hôte sur le sol français, le président de la République s'est attaché avec constance et réussite à obtenir du chef d'État libyen des garanties dans ce domaine"
Nicolas Sarkozy est "le premier président à ériger la diplomatie des valeurs au premier plan" et "il a démontré à l'occasion de cette visite qu'il est le plus déterminé à mettre en adéquation ses paroles avec ses actes ou ses actes avec ses paroles"
N'en jetez plus... un volte face nécessaire à son devenir politique tant la réplique du Président fut cinglante, à l'adresse de BHL coupable de la fréquenter :
«Et si la journée mondiale des Droits de l’homme servait aussi à parler avec ceux qui ont à progresser sur les droits de l’homme (sous-entendu : Kadhafi), plutôt qu’à parler avec Bernard-Henry Lévy et les habitués du café de Flore ?»
Bref on naviguait en eaux troubles, entre risque de rupture gouvernementale et risque d'ydille sentimentale. Notons qu'une visite impromptue de BHL et Rama Yade au Parc Asterix ça aurait eu de l'allure non ?
L'essentiel est préservé, c'est à dire l'immobilisme, ce qui ne manque pas de faire réagir le préféré des français, Yannick Noah, toujours prêt à monter au filet : Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, arrive trois jours après Khadafi "en disant que c'est un scandale (...) Mais tu fais quoi ? Tu restes au gouvernement ou tu démissionnes parce que, justement, c'est un scandale ? Ben non, elle fait une première page d'un magazine de propagande (Le Point, !) et elle continue".
Sacré Yannick ! sont pas prêts de gagner quelque chose hein nos gouvernants ?
Cela étant Rama n'en est pas à une contradiction prêt si l'on veut bien parcourir la photo ci-dessous qui ne date que de juillet de cette année...
5 mois plus tôt :
La légende pourrait en être "La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort"
doit être pour ça qu'elle lui serre juste la main...


samedi 22 décembre 2007

Vacances Sarkozy - la propagande la plus courte est souvent la meilleure

"Nicolas Sarkozy se rendra les 30 et 31 décembre prochains en visite officielle en Egypte où il s'entretiendra notamment avec son homologue égyptien Hosni Moubarak. Outre Hosni Moubarak, Nicolas Sarkozy profitera de son séjour au Caire pour rencontrer d'autres "personnalités égyptiennes" avant de rentrer à Paris. Selon des sources concordantes, Nicolas Sarkozy est attendu à Louxor et Charm El Cheikh en compagnie de quelques membres de sa famille et d'autres proches".
Un communiqué somme toute sybillin qui devrait n'appeler aucun commentaire, quoique...
le titre souvent repris par la presse interpelle comme "Programme chargé en Egypte" ; rencontrer son homologue puis des "personnalités égyptiennes" en deux jours ne parait tout de même pas insurmontable ! sauf à vouloir sans cesse véhiculer une image, celle d'un président suractif, limite débordé mais toujours efficace.
Ce parti pris gentillet, tant il est aujourd'hui répandu, prend un tour plus malsain quand on apprend par ailleurs qu'en fait notre président est en Egypte dès le 25 décembre mais, à titre privé !
Dans l'extrait placé ci-dessus, on peut comprendre qu'il n'est que 2 jours en déplacement et cumule obligations professionnelles et activités personnelles dans ce court laps de temps.
Il n'en est rien, une semaine de vacances précède les rencontres ce qui rend le programme trés allégé. Oh je sens déjà poindre les sourires goguenards de certains amis lecteurs qui ne manqueront pas de me faire remarquer qu'une semaine avec Carla Bruni sous le soleil égyptien peut être qualifiée de "chargée"... mais revenons à nos moutons. Je parle des médias français...
Pourquoi une telle mansuétude et un tel engagement partisan ?
Après les vacances chypriotes sur le yacht de M. Bolloré, les trois semaines de vacances américaines, les weeks ends prolongés au Maroc ou au fort de Brégançon, une chose est pourtant sûre : Nicolas Sarkozy a déjà grillé ses congés légales annuelles en 6 mois d'exercice !
On se souvient que le jour de la grève des avocats, il était en compagnie de ... Chimène Badi et que la première fois que Carla Bruni a été aperçue quittant l'Elysée (en fin d'après-midi) c'était le 6 décembre, soit deux jours de semaine où tout un chacun court après le temps... et comme le samedi il va chey Disney on peut même craindre que pour 2008, à ce rythme, il ne puisse se racheter aucun jour de rtt !
Mais que voulez vous objecter à celui qui est capable, sans rire, de dire au pape : "On n'est pas prêtre à moitié, on l'est dans toutes les dimensions de la vie. Croyez bien qu'on n'est pas non plus président à moitié. Je comprends que vous vous soyez sentis appelés par une force irrépressible qui venait de l'intérieur, parce que moi-même je ne me suis jamais assis pour me demander si j'allais faire ce que j'ai fait. Je l'ai fait.
Je comprends les sacrifices que vous faites pour répondre à votre vocation parce que moi-même je sais ceux que j'ai faits pour réaliser la mienne."
Commme il avait eu le bon goût de se faire accompagner de Jean-Marie Bigard, il testait peut être juste un futur sketch mais faut avouer, comme souvent avec Bigard, que ce n'est pas très drôle...
A ce propos, Bismark disait qu"un journaliste est quelqu'un qui a manqué sa vocation".
Voilà qui expliquerait bien des choses...

Aubade : les dessous de l'année 2008

Comme c'est bientôt noël, j'ai pensé cadeau
et comme c'est bientôt la nouvelle année, j'ai pensé pratique :

Calendrier_Aubade_2008
envoyé par karenjolie

jeudi 20 décembre 2007

Marché de l'automobile : dérapage incontrôlé d'argent public !

Petite scène de la vie économique quotidienne, quand l'argent public coule à flot pour sauver, maintenir, accueillir tout et son contraire... Quand Daewoo s'installe dans le bassin de Longwy à la fin des années 80, c'est la liesse et l'ambition retrouvée. Après le choc de la chute radicale de la sidérurgie, un processus de diversification industrielle se met en place. Les élus de tous bords affluent saluer ce beau bébé. Dans cette zone qui a perdu plus de 9 000 actifs, l'espoir est donc de mise. Devant cette opportunité quasi inespérée, rien n'est trop beau pour faciliter la vie du grand sud-Coréen : toutes les aides imaginables sont sollicitées au niveau européen (Feder), national (Prime d’aménagement du territoire) régional (Prime régionale à la création d’emploi, aide régionale à l’immobilier d’entreprise) sans oublier l'implication des fonds normalement destinés au reclassement des sidérurgistes. A ces apports sonnants et trébuchants, il faut ajouter l'effort des collectivités pour la mise à disposition gracieuse de réserve foncière, l’aménagement des sites, le démontage de voies ferrées ou la construction d'infrastructures. On pourra difficilement évaluer plus tard l'engagement public à la somme astronomique de 46 millions d'euros !
Pour une des usines Daewoo, celle de fours micro-ondes à Villers-la-Montagne, l’année 2002 annonce déjà les difficultés qui mèneront finalement trés vite à la fermeture des trois sites de production lorrains. Stupeur et consternation n'y changeront rien, l'entreprise quitte la Lorraine en licenciant tout son personnel. Les années passent et seule la désolation et le silence habitent ces grands hangars vides jusqu'à ce que... comme un petit miracle : Le nouveau site de production de Faurecia, sous-traitant automobile, est décidé à... Villers-la-Montagne sur les lieux exacts ou Daewoo extorqua jadis les fonds publics français.. L'inauguration se déroule en présence des mêmes acteurs publics qu'autrefois, le 29 Novembre dernier. Sur le site rénové de l'ancienne usine Daewoo, Faurecia a investi plus de sept millions d'euros pour y employer 195 personnes qui fabriqueront des inserts d’appuie-tête et des palonniers de siège. Un site rénové, et oui, par la grâce de quelques 5 millions d’euros engagés par les partenaires publics pour permettre le rachat et l’aménagement des anciens locaux Daewoo... Oui mais c'est tout de même pour créer 195 emplois sauf qu'il s'agit en fait du transfert effectif de l'équipement et du personnel en provenance du site Faurecia de Pierrepont, ville voisine ! Parallèlement, l’équipementier automobile Faurecia, filiale de PSA, annonce qu'il va même supprimer 110 emplois dans son usine de... Pierrepont. On croît rêver ! La direction de l'équipementier Faurecia, enchaîne d'ailleurs en prévoyant aussi le projet de fermeture, d'ici à l'été 2008, du site de Celles-sur-Plaine (Vosges), spécialisé dans la production de fils et garnitures métalliques pour sièges automobiles. L'usine emploie une centaine de salariés dont un quart en contrats précaires.
La suite logique d'
un vaste "plan de redéploiement industriel" entraînant 690 suppressions de postes en France d'ici 2008, sur un total de 3.584 salariés. Le site de Brières-les-Scellés, dans la zone industrielle d’Etampes, est particulièrement touché, avec 380 emplois supprimés d’ici à la fin de l’année 2008, sur un total de 1.614... Curieux pari économique que d'engager de l'argent public dans ce contexte surprenant et pesant aurpès d'un acteur économique aussi volatile. D'autant plus qu'au même moment, l'équipementier, pas encore installé dans ses nouveaux locaux, doit reconnaître avoir perdu le nouveau marché de son plus gros client, la Sovab, implantée à quelques kilomètres et qui assure la fabrication de véhicules utilitaires en particulier pour Renault ! Mais la roue de la fortune publique se poursuit puisqu'une nouvelle implantation est annoncée, le vainqueur du marché Sovab 2008, l' équipementier... espagnol Antolin, leader des garnitures d'automobile qui prévoit de s'installer dans une zone industrielle toute proche. Reste juste à construire l'usine qui devrait employer 134 personnes. Une nouvelle usine flambant neuve de 10 950 m² dédiée à la production de sièges automobiles qui n'attend plus que... quelques financements publics ! Les collectivités territoriales et l'Etat réapparaissent au chevet de ce projet de 10,2 millions d'euros. Alors, c'est vrai que l’industrie automobile est fortement implantée en Lorraine avec environ 125 entreprises (constructeurs, équipementiers, fournisseurs de rang 2 et plus, ...) et plus de 22 000 salariés. Sans compter un tissu dense de co-traitants qui porte à 35 000 le nombre d'emplois concernés. Mais enfin l'usage inconsidéré de ces financements rend tout emploi maintenu si coûteux et si peu pérenne !
Des millions pour un éphémère passage asiatique, des millions pour réhabiliter les sites désertés au profit d'une entreprise qui en profite pour fermer d'autres sites, et quelques millions pour assurer l'installation d'un concurrent...
Tous décidés par les mêmes acteurs à la mémoire courte et aux poches pleines, pleines de l'argent des concitoyens dilapidés dans la précipitation, le court terme et l'amateurisme.
Alexandre Dumas nous recommandait pourtant : "N'estime l'argent ni plus ni moins, c'est un bon serviteur et un mauvais maître".

mardi 18 décembre 2007

Vanessa - son omniprésence, c'est l'enfer


Il y avait Patrick Bruel, pour les garçons, habitué des plateaux télé de toute sorte au point que je le soupçonne d'habiter dans les coulisses. Désormais nous avons son pendant féminin : Vanessa Paradis.
Elle est partout, incontournable : une mauvaise série télé ? elle est là. Une émission de variété ? elle chante la divine. Une émission débile ? elle y trône. Vous écoutez la radio ? elle déboule. Votre salle de spectacle voisine pose quelques affiches ? surprise, elle apparait. Prochainement au cinéma ? Vanessa...
Une débauche de présence qui par sa démesure, peut conduire à l'overdose.
Moi ça y est je suis en cure de désintox... d'autant qu'il me faut l'avouer, je ne trouve à la miss aucun talent. Ni pour jouer la comédie, ni pour chanter, ni pour parler d'ailleurs.
Son mérite, et il est immense, c'est la gestion de son image qui me laisse rêveur et admiratif. Elle a su tisser, à partir de pas grand chose, une image, une histoire, presqu'une légende. Chaque époque a besoin de ses légendes et Vanessa l'a bien compris, bravo. Son couple so people avec Johnny Depp, la préservation de sa famille, ses apparitions de mannequin pour de grandes marques de luxe comme Chanel complètent ce minutieux dispositif.
Mais à un moment, objectivement, un artiste ne doit-il pas avant tout avoir un talent ou suffit-il qu'il soit joli, sympa, disponible pour que nos animateurs-vedette-vendeur-de-lessive leur ouvrent les sésames des prime time si rémunérateurs...
On en revient à ce triste constat déjà évoqué qui veut que 98% du temps d'antenne musical est attribué à 1,5% de la création musicale du moment. Assurément, Vanessa Paradis fait partie de cette élite artistique. Et elle l'entretient en sachant s'entourer : Serge Gainsbourg avait fait son second album, Mathieu Chedid fait son 5° ; idem au cinéma avec Depardieu, Réno, Delon, Marielle, Auteuil...
Et les résultats sont là : césar du cinéma du meilleur espoir féminin pour Noce Blanche en 90 et Victoire de la Musique de l'artiste interprète féminine de l'année et même tout récemment Chevalier dans l'ordre des Arts et des Lettres... chapeau bas.
Reste cependant comme un sentiment partagé à l'égard de celle qui débuta à l'école des fans et dont on ne sait au final si elle rayonne par les médias ou si les médias rayonnent grâce à elle.
Les grecs définissaient l'idylle comme une forme... brève, alors divine idylle, force est de constater que si Vanessa montre ses formes, elle le fait bien (trop ?) longuement...

samedi 15 décembre 2007

Don Quichotte - entre rêve, idéalisme et absurdité


Alonso Quichano n'en reviendrait pas ! Lui qui prenait volontiers les moulins à vent pour des géants aux mains de malicieux magiciens a fait des émules français : habillés de noirs et de bleu, ces enfants de Don Quichotte nouvelle version utilisent la matraque pour combattre de nouveaux démons déguisés en tentes Décathlon...
Consternant
Alors que la Capitale française a vécu cette semaine au gré des envies et désirs du Guide lybien, ponts coupés, rues barrées, monuments bouclés... elle a gravit ce jour une nouvelle étape dans l'établissement d'une nouvelle forme de couvre-feu. Un couvre-feu réformé, forcément, comme tout ce qui existe en France puisqu'il peut se tenir le jour par exemple. Ou parce qu'il est à géométrie variable : on autorise les déplacements d'un dictateur, on empêche les plus pauvres de se protéger du froid.
Au pied de Notre-Dame, quel symbôle pour une Patrie catholique des Droits de l'Homme qui sort décidemment d'une semaine éloquente avec une sale gueule de bois...
Christine Boutin est outrée qu'une association place des tentes là où elle ne veut pas tandis que le thermomètre devrait passer sous les -5°...
Ministre du Logement et de la Ville, elle est pourtant censée mettre en application le droit opposable au logement. Un principe négocié à la hâte l'année dernière suite au campement médiatique du canal Saint Martin... A quelques mois des présidentielles, s'agissait de se doter d'une posture sociale certes, mais un an plus tard, force est de constater que peu a été fait de ce qui avait été dit...
"La dignité de l’Homme n’est pas dans le regard des autres : elle est. Elle n'est pas relative, elle n’est pas négociable. Elle ne dépend ni de la religion, ni de la couleur de peau, ni de l’état de santé. La dignité de l’Homme est, point." Dixit Christine Boutin, catholique fervente.
On aimerait qu'elle retrouve un peu de dignité pour se rendre elle-même en ces lieux de malheurs plutôt que d'y envoyer charger la brigade légère.
Faut-il en conclure qu'elle se sent investie d'une puissance quasi divine, la suite certainement logique de ses réussites politiques comme en témoigne sa candidature à la présidentielle 2002 ? Mais obtenir 1.15 % des voix prédestine t'il à quoique ce soit ? Ou doit on comprendre que c'est toute une classe politique qui se fout complètement de ces gens, près de 100 000, sans domiciles fixes et donc sans cartes d'électeurs non plus.
Josiane Balasko présente pour soutenir récemment les sans logis de la rue de la Banque déplorait d'ailleurs l'absence des politiques, notamment la gauche. Mais qui dit gauche en France dit caviar alors, le froid, la soupe tout ça...
Et Rama Yade ? Prompte à se faire vraiment ou faussement (?) remarquer face au "cas dafi", elle est là bien silencieuse... "La France est une puissance, elle n'a pas à s'excuser de signer des contrats. C'est la secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères qui vous le dit. Mais la secrétaire des Droits de l'homme est obligée de vous dire que cela doit se faire dans la décence". De la décence tiens, ça ne serait pas justement ce qui manque quand on voit des policiers chargés des associations pacifistes ?
Il y a pourtant une certaine noblesse dans cette action de sensibilisation, un certain sens à mobiliser le plus grand nombre pour les plus démunis.
A quelques jours de Noël, ce pourrait être un joli conte plus conforme à l'esprit de noël que de pousser à toutes les surconsommations. Mais il n'est peut être pas aussi séduisant que de libérer Ingrid Bétancourt, ou peut être tombe t'il justement mal dans le plan de communication gouvernemental ? Borloo en caleçon (et agen ?) à Bali c'est tout de même autre chose !
« Dors, toi qui es né pour dormir... » dit le vieil hidalgo à son écuyer. Une maxime que nos élus politiques voudrait peut être imposer au citoyen ?

En attendant, peut-être faudrait il relire le vrai Don Quichotte, lui finalement ne manquait pas de valeurs et d'une certaine grandeur :
« Chevalier je suis, et chevalier je mourrai, s'il plaît au Très-Haut. Les uns suivent le large chemin de l'orgueilleuse ambition; d'autres celui de l'hypocrisie trompeuse; et quelques-uns enfin, celui de la religion sincère. Quant à moi, poussé par mon étoile, je marche dans l'étroit sentier de la chevalerie errante; méprisant, pour exercer cette profession, la fortune mais non point l'honneur, j'ai vengé des injures, redressé des torts, châtié des insolences, vaincu des géants, affronté des monstres et des fantômes. Je suis amoureux, uniquement parce qu'il est indispensable que les chevaliers errants le soient et l'étant, je ne suis pas des amoureux déréglés, mais des amoureux continents et platoniques. Mes intentions sont toujours dirigées à bonne fin, c'est-à-dire à faire du bien à tous, à ne faire de mal à personne. Si celui qui pense ainsi, qui agit ainsi, qui s'efforce de mettre tout cela en pratique, mérite qu'on l'appelle nigaud, je m'en rapporte à Vos Grandeurs, duc et duchesse. »

mercredi 12 décembre 2007

International - Realpolitik et vieilles dentelles

"Promouvoir les libertés et les droits de l’homme sur la scène internationale. Notre identité démocratique nous destine à promouvoir la liberté et le respect de l'individu dans le monde. Nous, les Français, pensons que la démocratie, la liberté individuelle, les droits de l'Homme, le droit de pratiquer sa religion comme celui de ne pas en avoir, et l'état de droit sont des objectifs en soi. Car nous refusons le relativisme culturel qui voudrait que certains peuples ne soient pas faits pour la démocratie. Le respect des droits de l’Homme et de la dignité humaine, c’est concrètement l’égalité entre hommes et femmes, la protection des femmes contre les mutilations, la protection des enfants contre les formes modernes d’esclavage, la garantie des libertés individuelles et collectives, et la bonne gouvernance. Je n’accepte pas les discours qui remettent en cause l'universalité de la déclaration des droits de l'homme de 1948. Ces valeurs sont universelles, aucun individu ne doit en être privé, et la liberté est créatrice de prospérité et de stabilité. (...)
L’histoire montre que le sacrifice des valeurs au nom d’intérêts à court terme ou d’une stabilité d’apparence n’engendre que la frustration, le désespoir et la violence. La France est elle-même quand elle promeut la liberté contre l’oppression et la raison contre le chaos. (...)
Je veux dire également que ce n’est pas parce que la Chine et la Russie sont de très grandes puissances que l’on doit s’interdire de dénoncer les violations des droits de l’Homme qui y sont commises. (...)
Ce qui garantit dans la durée nos parts de marchés, c'est la compétitivité et la qualité de nos produits, et la pugnacité de nos vendeurs. En aucun cas la complaisance à l'égard des oppresseurs. (...) "

Conférence de presse sur la politique internationale de NS Mercredi 28 février 2007 Paris – Méridien Montparnasse

C'était avant
avant une visite en Chine sans Secrétaire d'Etat chargée des Affaires étrangères et des Droits de l'Homme
avant ses félicitations hâtives à Vladimir Poutine pour avoir emporté des élections tronquées
avant sa réception du dictateur Lybien Khadafi, destructeur d'avion et preneur en otage d'infirmières bulgares

C'était avant, le temps des belles promesses et des grandes idées
c'était hier, février, et cela semble déjà pourtant si loin...

lundi 10 décembre 2007

Football - Lille relégable en Ligue 2 !

Nous le pressentions depuis plusieurs semaines, depuis hier, c'est officiel, le 8° de finaliste de la Ligue des Champions 2006-2007 est 18° du Championnat de France. Soit en position de rejoindre la Ligue 2 à l'issue du présent championnat qui, fort heureusement, n'en est qu'à sa 17° journée.
Le temps qui passe arrangera t'il quelque chose ? Il faut l'espérer même si rien ne se fera tout seul..
D'abord parce que la situation résulte d'une longue période de médiocrité ne datant pas d'hier. Si l'on considère les 35 derniers matchs de championnat du Losc, ils lui ont rapporté 30 points. Autant dire que sur ce championnat à cheval sur deux saisons, la relégation est effective.
Ensuite parce que le LOSC séduisant, dominateur et plein d'allant du début de saison fait place à une équipe éparpillée, irrégulière et en proie au doute. Sa jeunesse n'apporte en outre aucune garantie pour les rudes combats du maintien.
Aussi parce que l'entraîneur peine dans la gestion de son groupe, ce qui jadis fit sa renommée : Makoun, Keita, Bodmer ont explosé sous ses ordres certes. Chalmé, Plestan, Tavlaridis, Tafforeau se sont imposés en Ligue 1.
Mais pour combien d'échecs, de mises à l'écart, de joueurs épuisés : les Moussilou, Odemwingie, Acimovic, Gigax, Brunel, Manchev, ou de joueurs s'affirmant après leurs départs : Audel, Fortuné, Delpierre, Cheyrou...
voilà qui ferait un sacré effectif !!!
Le turnover des années passées tant réputé est aujourd'hui abandonné au profit de choix radicaux peu compris et pas propices à la confiance.
Le syndrôme Odemwingue, également attrapé par Moussilou par exemple, s'est aujourd'hui propagé à toute l'équipe : ce joueur brillant, vif a été grillé sur l'autel de l'attaque à une pointe jusqu'à ce que lassé et écoeuré de courir seul après des ballons hypothétiques, il perde toute confiance et efficacité... il reverdit aujourd'hui en Russie
Alors quoi changer ? l'effectif. Peu probable. Le Losc qualifié pour la Ligue des Champions ne parvenait pas à faire venir ses recrues potentielles. On se souvient encore du lorientais Gignac cet été... alors avec une 18° place il ne faut pas rêver mais peut être harceler les grands d'Europe pour se faire prêter un défenseur central et un attaquant faisant banquette et ayant, dans la perspective de l'Euro, besoin de jouer.
L'entraîneur ? à quoi bon maintenant ? Il a formé ce groupe déséquilibré, à lui de l'assumer jusqu'au bout. Mais son discours doit changer. Sa méthode sûrement. Sa gestion de l'effectif aussi. Son coaching en match cela va sans dire. Une fois de plus ses choix de samedi sont bien étonnants : à 0/0 à l'heure de jeu à l'extérieur, il remplace un attaquant confirmé (Patrick Kluivert tout de même) pour faire rentrer un jeune milieu défensif du centre de formation. 10 minutes suffisent alors à Toulouse pour marquer. A la ... 83° minute Puel se décide enfin à faire ces deux derniers changements et à refaire rentrer un... attaquant.
La jeunisation à la Le Guen ou de Taddeo paraît bien aventureuse et nous ne ferons pas l'économie de mettre nos joueurs cadres devant leur responsabilité.
Sachant que Cabaye et Makoun pourraient être vite séduits par d'autres sirènes plus en rapport avec leurs aspirations légitimes.
Le Président ? qui voudrait être président aujourd'hui ? Mais Seydoux doit aussi changer l'esprit d'un club trop tourné vers un futur grand stade qui irait de paire avec un futur grand dessein sportif. Ce ne sera pas automatique. Un grand stade accolé à un grand complexe cinématographique, Pathé par exemple, ça ne rapporte pas de point. Des places de ciné gratuites éventuellement... et un grand stade qui reçoit Libourne, ça sonne creux...

Bref on y est, cela faisait bien 6 ans que cela n'était pas arrivé. Bonjour le choc des cultures ! mais se lamenter ne servira à rien ; il faut se retrousser les manches malgré l'hiver et les vents contraires, retrouver l'esprit guerrier des seigneurs d'hier : les Damico, Landrin, Bakari, Boutoille, ces joueurs de devoir, peut être limités mais jamais vaincus qui nous rapportèrent tant de points. Puisse leur esprit nous souffler la voie à suivre !

samedi 8 décembre 2007

Société - L'égalité à toutes les sauces


Il règne dans notre beau pays depuis quelques mois un étrange culte de l'égalitarisme qui mèle tour à tour liberté, égalité et opportunité. Le "On" est alors brandit fièrement : on doit travailler plus, on doit tous cotiser plus longtemps, on doit pouvoir gagner plus...
Un hymne collectif au libéralisme seul à même de ramener la croissance, la richesse. Sous entendu pour tous. Ce qui est déjà moins évident. Ou alors juste pour moi. Dans un contexte ultra individualiste, cela amène chacun à regarder vers le haut, à espérer sa réussite prochaine, à envier celle des autres servies partout.
Vivre un jour comme les "people" des magazines, voilà notre nouvel opium du peuple, nous, peuple de France, ce pays magique où la lutte des classes a rendu son verdict : le capital l'a emporté.
Alors maintenant que fait-on ?
J'exagère ? peut être mais un éclairage de "L'état des inégalités en France" publié récemment par l'observatoire des Inégalités vaut tous les discours - extraits :

10 % des plus fortunés détiennent 46 % de la richesse du pays.
Cinq millions de personnes continuent à vivre dans des logements dangereux et insalubres.
15 % seulement des résidences construites en 2005 ont des niveaux de loyers accessibles aux ressources des deux tiers des ménages de France.
Inégalités financière, immobilière qui rejaillissent sur la santé, l'éducation...
Dix fois plus d’obésité dans les familles ouvrières (7,4 %) que dans les familles de cadre (0,7 %)
Les fils de cadres ont 2,9 fois plus de chances que les ouvriers d’avoir leur Bac.
6 % d'enfants d'ouvriers dans les classes préparatoires des grandes écoles. Les enfants des cadres supérieurs y sont 54 %.
Sans espoir de représentation politique :
La moitié de la population active est composée d’ouvrier ou d’employés ; 5,5% des députés en sont issus.
Loisirs, culture sont également concernées, par exemple, 49,4 % des ouvriers partent en vacances ; 88,2 % des cadres...
et ainsi de suite... sans parler du sexe ou de l'âge qui peuvent être des facteurs aggravants. Ainsi cette donnée originale : en 1975, les salariés de 50 ans gagnaient en moyenne 15 % de plus que les salariés de 30 ans. Aujourd’hui, l’écart est de 40 %.
En France, un individu est officiellement considéré comme "pauvre" quand ses revenus mensuels sont inférieurs à 681 euros. C'est dire qu'aujourd'hui on peut travailler et être pauvre.
Au sens le plus strict du terme on frôle donc les 4 millions de pauvres dont plus d'un million travaille. Et le chiffre de 7 millions est régulièrement avancé.
Dans une société où le mariage se zappe aussi vite qu'un sitcom, on peut louer certes la réussite des familles recomposées mais considérer aussi que cela génère des familles monoparentales fragiles. 46% de ces familles monoparentales vivraient sous le seuil de pauvreté sans les aides sociales.
Tous les âges sont concernés, les anciens à petites retraites que le poids de l'immobilier affaiblit, les jeunes sans emploi ou qui ne parviennent à intégrer le marché du travail et les enfants, près d'un million dans l'hexagone...

Cela se passe ici et aujourd'hui comme dirait la chanson. La journée du refus de la misère n'a jamais aussi bien porté son nom tant il semble que tous les autres jours de l'année notre société la refuse, fait tout pour l'ignorer, la rejeter comme une menace, un risque dont on ne veut pas entendre parler. Alors c'est la fuite en avant vers l'instantané, le clinquant, l'ostentatoire, car on ne sait pas de quoi demain sera fait, de moins en moins. Le système social à la française est sans cesse montrer du doigt comme la cause de nos maux : c'est à cause de lui que la France végète, que les discours politiques prometteurs n'ont pas de résultats et que moi-même ne réussis pas.
Sur ce sujet comme sur d'autres notre vieille morale chrétienne est bien discrète voire absente. Il faut dire qu'à l'instar de ceux qui gouvernent la France, elle aussi se décomplexe de l'argent. Benoit XVI ne vient-il pas de passer ses vacances d'été dans la belle province de Vénitie pour la coquette somme d'un million d'euros payé par le contribuable régional ?
Un vieux prètre italien s'est permis d'écrire à sa Sainteté
« Cher pape, ça ne va pas. » « Quand tu te regardes dans la glace, ton visage doit être celui du Christ sur terre […] mais comment durant de telles vacances peux-tu ressembler à Jésus, mon maître comme le tien, qui n’avait même pas une pierre pour poser sa tête ? » « Trop de tes fils ne vont pas en vacances pour que tu puisses te permettre des vacances de 2 milliards ».
Après 2007 et la lettre de Guy Mocquet, en 2008, place à la lettre ouverte du prêtre italien Armando Trevisiol ?

jeudi 6 décembre 2007

Rugby - L'épilogue du capitaine


«J’ai conservé tout au long de la compétition une vraie loyauté envers le coach. Je commence à avoir des interrogations avant le match contre l’Angleterre. Je me demande si nous avons la meilleure organisation. Ma forme de loyauté est peut-être trop marquée à ce moment-là. Mais il faut savoir qu’une équipe c’est fragile, et que ce n’était pas le moment de tout bouleverser
Raphael Ibanez, Capitaine du 15 de France, nous en dit plus sur le quotidien d'une équipe à la dérive.
A propos de la lecture collective de la lettre de Guy Mocquet peu avant le match d'ouverture :
« Je ne sentais pas le coup. J’aurais préféré qu’on reste concentrés sur l’essence même de notre sport, sur notre jeu. Clément Poitrenaud n’avait rien demandé. Pour lui, c’était un moment un peu difficile qui a visiblement atteint la majorité des joueurs. L’événement Coupe du monde avait pris une telle ampleur qu’on y a associé beaucoup de choses, et cette lettre était un acte malheureux. Moi, je ne l’ai pas vu venir comme une forme de récupération politique. Cette lecture était très connotée. Trop à ce moment-là. »
Sur les raisons de la défaite :
Le manque d’ambitions de l’équipe. Avec le recul, je pense qu’il y a une forme de conditionnement sur le jeu. Nous n’avons pas été assez ambitieux face à l’Angleterre.

Bref on avait peut être un bel équipage mais pas de pilote dans l'avion...

Plus léger dans Lois et moeurs du rugby, quelques échanges savoureux de Fabien Galthié et Jean Lacouture :
"Le rugby ?
Première loi : saisir le ballon ; deuxième loi : faire face à l'adversaire ; troisième loi : voir les partenaires, développer le sens collectif, social, la loyauté."
"La première qualité requise : être brave"
"Il faut être au service du jeu et non de ceux qui le pratiquent"
"C'est un sport de combat. La parole est un lien essentiel propice à donner ou redonner de la confiance"
"L'arbitre est le propriétaire du match"
Les îles du Pacifique ?
"Ce sont des jongleurs de ballons. Des artistes. Des aventuriers joyeux"
"C'est l'équipe qui doit exister. Je ne suis pas un fan d'une équipe qui ressemble à l'entraîneur. Elle doit d'abord ressembler à elle-même. Un entraîneur n'est pas un gourou. C'est l'homme de l'éducation, de la formation, pas de l'action."
On aurait peut être du commencer par là...

mercredi 5 décembre 2007

Economie - soldes monstres sur Pékin

Un bon gros mois avant l'heure française, c'était déjà l'heure des soldes pour l'industrie française en Chine. 20 milliards d'euros dépensés en shopping en tout genre, quelle performance ont salué les médias français ! Peu de mots sur les conditions de ces négociations et sur la portée de telles conclusions qui concernent pourtant deux de nos derniers fleurons industriels : le nucléaire et l'aéronautique.

Dans le Barnum médiatique de notre Président, cap était mis sur la Chine après déjà tant d'autres destinations. Et comme de coutume, un voyage égal un effet d'annonce. Pas question donc que de gros contrats négociés depuis parfois des années ne se concluent avant ou après la visite, non, les contrats doivent se conclure pendant la visite.

Une visite non dénuée d'attraits touristiques d'ailleurs et effectuée en famille puisque maman Sarkozy et un de ses rejetons l'accompagnaient. Son avocat aussi d'ailleurs ! Je suis à cette occasion plutôt content de savoir que mes impôts peuvent donc servir à des déplacements personnels de la famille. C'est un beau concept, les voyages du coeur, quand vous partez à l'étranger, emportez une personne âgée, on compte sur vous. Coluche aurait sûrement adoré. Maman Sarko a certainement adoré également, on l'espère en tout cas vu que la nuit à l’hôtel Sofitel Wanda de Pékin au sein de la suite de 900 mètres carrés et quatre jacuzzi, coûte 9300 euros la nuit...
Mais vous me direz qu'est-ce comparé à 20 milliards ? une broutille.
Comme les droits de l'homme, on ne va tout de même pas pinailler pour quelques égarements alors que le succés économique nous tend les bras ? Pour être sûr de pas froisser, le Secrétaire d'état en question, pourtant du voyage aux Etats-Unis, était restée à Paris...
D'ailleurs, l'occasion était trop belle de faire la nique à nos voisins allemands habituellement si dominateurs à l'export. Il faut dire que la chancelière, après les Etats-Unis, l’Australie, le Canada et le Japon venait d'accueillir le dalaï-lama, drôle d'idée alors que nous attendons sous peu le Colonel Kadhafi...
Ni une ni deux mais bien des contrats d'une valeur d'environ 20 milliards d'euros signés, dont deux réacteurs nucléaires EPR d'Areva, et une commande d'Airbus. La France et son pour cent de part de marché chinois a il est vrai une marge de 99% qui ne peut qu'augurer des jours meilleurs. Mais on ne va pas bouder notre plaisir.
Ben si tout de même un peu :

Airbus est invité à fournir 110 avions A320 et 50 A330 à la Chine.
Première condition, la signature d'un accord cadre entérinant la participation de l'industrie chinoise au programme de l'A350 à hauteur de 5 %.
Deuxième condition, le coeur de l'opération se situera à... Tianjin où une ligne d’assemblage du moyen-courrier A320 vient d'être finalisée pour qu'un premier Airbus made in China soit assemblé au milieu de l’année 2009. Un rythme de quatre avions par mois est ensuite espéré dès 2011. C'est une première mondiale puisque ni Airbus, ni Boeing n'avait jusque là délocalisé l'assemblage de leur pays d'origine. Plus troublant, dés septembre 2007, Laurence Barron, président d'Airbus China glissait dans quelques interviews qu'Airbus souhaitait externaliser davantage sa production.
Ces derniers jours comme un écho fidéle, c'est le président d'EADS qui évoque une éventuelle délocalisation de la production en zone dollar. Du coup les milliards emportés risquent d'avoir un goût amer pour les salariés européens du groupe comme ses sous-traitants brittaniques ou belges et le voyage de Nicolas Sarkozy à Pékin devient un aimable promène-couillon destiné à entériner ce choix stratégique en douceur.
Une suite logique des choses diront certains si l'on veut bien croire que d'ores et déjà 15% à 20% de l'ensemble des pièces de l'Airbus A320 proviennent de Chine. Une suite pas si inquiétante si l'on en croit EADS qui précise "Le groupe assure vouloir éviter un transfert complet de technologies." Je dois reconnaître que le "complet" n'est pas trés encourageant d'autant qu'au final, Airbus ne détiendra que 51% du nouveau site de production.

Imagine t'on Georges Busch venir en France signer un contrat de 10 milliards de Boeing fabriqués à... Villacoublay ? Angela Merckel signant un accord pour 7 milliards d'Audi assemblées à ... Chateauroux ? et tous deux revenir en quasi héros dans leurs pays ?

Et bien en France non seulement on l'imagine mais on le fait, on solde, on brade, on dilapide, on ventile, on éparpille façon puzzle nos dernières richesses.

Le cas Areva est d'ailleurs consternant :
deux réacteurs nucléaires de troisième génération seront construits à Taïshan, dans le sud du pays, près de Macao. Areva fournira en outre le combustible nécessaire au bon fonctionnement de ces centrales pendant 15 ans. Il y a un an, la Chine avait corrigé le gouvernement français et Anne Lauvergeon en confiant la construction de quatre réacteurs à l'Américain Westinghouse. Motif de ce choix : le refus catégorique du groupe français, salué alors, de transférer sa technologie.
Aujourd'hui, l'entreprise française rêve d'une future usine de traitement et de recyclage des combustibles usés en Chine pour 22 milliards de dollars (dans deux ou trois ans). Elle s'enorgueillit que le contrat soit partiellement libellé en euros.
Mais elle passe rapidement sur les modalités pratiques de réalisation de ces réacteurs :
une société d'ingénierie commune à 50-50 France-Chine.
Pas de problème pour Areva qui précise "Nous transférons la technologie nécessaire dans le consortium que nous formons avec le client, et ce consortium, dont nous avons 50%, restera propriétaire de la technologie." Ben voyons, au pays de la contre-façon...

Les soldes ne s'achèvent donc pas forcément dans l'allégresse comme s'ils se réalisaient sur le dos des français et pour le plus grand profit des grandes entreprises et des économies émergentes. Une situation à méditer qui semble marquer les limites de notre système économique. Quel avenir pour l'emploi en France si même notre industrie de pointe est bradée au nom de l'euro fort, des charges sociales, de la coopération internationale ou du temps qu'il fait ?

Est-ce vraiment du ressort du politique que de jouer les VRP mondiaux et d'utiliser les échanges commerciaux comme argument de promotion et d'auto-satisfaction quand, dans le même temps, des pans entiers de notre activité sont menacés de disparaître ? pour quel coût social ? pour quelle société ?

A ces questions nos politiques ne répondent pas ; ils sont déjà partis pour d'autres destinations, pour zapper sur une autre actualité, séduire d'autres caméras.

Mais un jour, il faudra bien y répondre...

dimanche 2 décembre 2007

Monde - Quand le ciel nous tombe sur la tête


Les actualités du Monde nous arrivent à grande vitesse ; nous voilà bien informés. Nous voilà bien avancés souvent tant il nous semble que l'on revient bien souvent en arrière...

C'est d'abord un pays bien proche de notre hexagone et qui traditionnellement prête à rire. Mais on sombre aujourd'hui dans la tragi-comédie en Belgique. Un nouveau genre d'humour pour un nouveau genre de système politique, l'Etat sans gouvernement. Quand riches du Nord et pauvres du Sud ne se supportent plus, quand Flamands et Wallons ne parlent plus la même langue, pas sûr que ce soit drôle longtemps... Un pays de bientôt 200 ans ainsi paralysé pour beaucoup et pas grand chose à la fois. Et qui ne tient plus qu'à un fil.

C'est un pays plus éloigné, jadis même inaccessible pour cause de rideau de fer, qui s'essaye difficilement et sans grand succés à la démocratie. La Russie organise des élections pour faire comme si mais à la condition expresse de connaître à l'avance le résultat. L'ex KGB s'est mué en Gentil Organisateur de super Président Poutine. Même un champion du monde d'échec ne récolte comme tout égard que bousculade et arrestation... Le parti présidentiel double son score, de 2003, voilà qui va faire rêver en France. Mais à part quelques petits esprits, on ne voit pas qui va rêver de cette mascarade au coeur d'un pays encore si militairement puissant.

C'est un pays bien plus lointain qui emprisonne pour cause de peluche, le Soudan. L'Islam ne transige pas avec le prophête nous dit-on. Pas question de nommer un ourson Mahomet sous peine de coups de fouet. Avec de tels principes éclairés, nous voici revenu joyeusement au temps du Moyen-Age. Peut être ces pays et civilisations n'ont ils pas encore atteint ce stade mais la mondialisation mélange tout au risque de confronter des mondes et des cultures par trop différentes. Pour quel résultat ? enrichissement et progrès ne paraissent pas trop à l'ordre du jour, on pourrait plutôt évoquer l'intolérance et la violence. Ca promet...

C'est une forêt plutôt luxuriante qui abrite des guerilleros style picaros qui font la nique au monde entier depuis 5 ans. Ingrid Bétancourt est en Colombie et les "grandes" puissances n'y peuvent rien, incapables de s'imposer, ils passent leur temps à parlementer, négocier. Une libération arrivera un jour on peut le souhaiter mais à quel prix ? celui de notre impuissance et de nos petits arrangements. De quoi donner des idées à tous les preneurs d'otages du monde entier...

C'est l'exotisme à l'état pur, la Birmanie, dont la junte décide en toute impunité de refermer ce pays sur lui-même et de s'occuper manu-militari de tout opposant, quand bien même il s'appelle Aung San Suu Kyi, prix nobel de la Paix assignée à résidence. Pour toute réponse, des sanctions d'ordre économique n'ont eu pour seul effet que d'appauvrir encore la population. Mais il est plus facile de mettre en place des sanctions économiques que de s'exposer politiquement à n'arriver à rien...

Et l'on ne parle pas de la Chine, de l'Afghanistan, de l'Irak, du Liban, du Tchad, d'autres régions fabuleuses où droits de l'homme, liberté, développement sont des mots tabous ou inconnus.

L'état du Monde se dégrade chaque jour un peu plus au risque de voir les communautarismes s'imposer soit via la religion, la région, la langue et pourquoi pas la couleur de peau ou le sexe ? Pendant ce temps, les grands dirigeants de ce monde se noient dans des verres d'eau et n'apportent aucune perspective. L'ONU n'a aucun poids, aucun impact. Ce n'est qu'une tribune politique. Dommage pour notre vieille Europe, à l'histoire politique riche, d'être aussi peu influente.
Il est peut être grand temps de doter les instances internationales de droits renforcés.
Les voyages "économiques" des uns en Chine, les guerres "économiques" des autres pour la maîtrise du pétrôle n'en prennent pas le chemin. A trop vouloir construire notre monde sur des bases uniquement financières, on en oublie le danger même de la politique : l'excés de pouvoir.
Alain disait "Tout pouvoir sans contrôle rend fou".
Alors, on fait quoi ?

samedi 1 décembre 2007

Les limites du média réalité...


Pas un média qui ne donne la parole au public, moyen le plus approprié de nos jours pour s'acheter une virginité.
La radio est à la pointe de ces émissions où les auditeurs non identifiés ont la parole pour dire tout et n'importe quoi... sous couvert d'une identité choisie, quand ils ne sont pas manipulés.
Extraits d'un mail mobilisateur :

« Notre ministre de la Justice sera l’invitée demain matin à partir de 8 heures 20 de Jean-Jacques Bourdin sur RMC. Il vous est demandé de pouvoir lui apporter notre soutien en tentant de passer à l’antenne sans révéler de façon trop criante notre sensibilité ».

de la Fédération des métiers de la justice et du droit...

vendredi 30 novembre 2007

Le chiffre - 108 000 euros

Le problème du jour :
Je travaille depuis 12 ans, 45 semaines par an.
Je travaille 50 h par semaine sans récupération ni heures supplémentaires, soirées et week-ends compris.
Mon taux horaire moyen peut être estimé sur cette durée à 15 euros net/heure.

Question : combien de temps ai je travaillé plus sans gagner que dalle ?

Réponse :
Il faut considérer que j'ai travaillé environ 540 semaines.
Les 5 premières années je travaillais chaque semaine 11 heures de plus, depuis 2000, 15.
Soit un total de 2 475 + 4 725, 7 200 heures.

Au final, j'ai donc travaillé 7 200 heures de plus qui doivent me faire gagner en plus à minima* 108 000 euros.

Conformément aux affirmations de notre Président, je peux me considérer comme une victime du travail.
Comme il reçoit chaque victime, j'attend avec impatience d'être reçu à l'Elysée pour savoir comment mes arriérés me seront versés.


* à minima car je ne prend pas en compte les horaires de soirée ou de week end !

mercredi 28 novembre 2007

Pensées - Attali ou le triomphe de l'égo durable


Jacques Attali est partout, parle beaucoup, sur tout. A croire qu'il s'identifie à certains hommes politiques à succès, lui qui de son propre aveu "vit une seconde jeunesse".
Entre nième ouvrage paru, présidence d'une commission qui, suprême honneur, porte son nom, développement de son concept humble de Planet finance, il n'arrête pas.

Ancien haut fonctionnaire, économiste, écrivain puis homme d'affaires il est parfois comparé à un Pic de la Mirandole" moderne. Faut dire que le cursus du Monsieur plaide en sa faveur : polytechnique, école des Mines de Paris, Science Po Paris, ENA... il peut entrer au Conseil d'Etat à ... 27 ans !
Homme de l'ombre de Mitterrand, il construisit sa légende sur les notes quotidiennes qu'il rédigeait à l'ancien Président. Avant de prendre son envol. Irresistible besoin d'ascension, de reconnaissance, de consécration ?
Son retour sur la scène politique, après des passages parfois scabreux par les affaires, dans le camps d'en face qui plus est, ne peut qu'alimenter un sentiment malsain : le besoin irrépressible de lumière, le souci de laisser quelque chose dans l'histoire, que l'on parle de lui n'aveuglent t'ils pas cet esprit brillant fasciné par son égo ?
Jacques Attali est un homme de principe, sûrement, d'ailleurs il n'évoque pas sa vie privée mais ajoute volontiers qu'il est sorti « avec plusieurs femmes célèbres et que cela ne s'est jamais su »...
Tout Attali en somme. Le sherpa de 1981 s'est mué en ultralibéral éclairé qui veut libérer la croissance d'aujourd'hui tout en prévoyant l'avenir du monde de demain.
Celui qui fit rentrer à l'Elysée les époux Hollande vénère aujourd'hui Nicolas Sarkozy.
Trop heureux de s'être vu donner une seconde chance par un Président de la République coutumier du fait de réveiller les égos endormis, il est prêt à tout justifier.
Le voilà qui vole même au secours de Rachida Dati et de sa réforme de la Justice pour mieux stigmatiser les "prétendues" élites locales, ces "notables de quelques villes" qui osent s'opposer. Et de les rendre responsables des fermetures de tribunaux par leur incapacité à "éviter le déclin de leur ville". A mieux lire Attali, on comprend que ces prétendues élites sont les "élus, avocats et fonctionnaires".
Vu son cursus et son parcours professionnel c'est un jugement tout de même particulier car n'en représente t'il pas la quintessence, lui, de cette technocratie ? N'y a t'il donc pas de responsabilité de l'Etat dans les cataclysmes économiques que certaines régions ont pu connaître ? Faut il donc rendre seuls responsables de la fin de la sidérurgie en lorraine les élus locaux par exemple ? facile monsieur le conseiller.
Un conseiller qui explique que malgré cela, ces élites resteront en place car le peuple ne vaut pas mieux et donc ne les sanctionnera pas. Pourquoi nous ne valons pas mieux ? parce que nous avons "le sentiment que tout est dû" alors nous laissons filer les dépenses publiques en toute conscience...
Mais pas lui bien entendu, notre grand penseur est au-dessus de cela bien sûr, lui sait gérer c'est sûr. Pourquoi ne le laisse t'on pas faire d'ailleurs ? Ah oui, peut-être que parce qu'en tant que président de la Banque Européenne pour la Reconstruction Européenne il a laissé un sacré souvenir et une telle ardoise ! Les anglais en rient encore de ses dépenses fastueuses !
C'est vrai qu'il peut donner des leçons aux élites politiques lui qui n'a jamais affronté le suffrage universel.
C'est vrai qu'il peut imposer une morale lui qui a fondé une association à but non lucratif, Planet finance, ça jete non ? Bon d'accord le scandale de l'Angolagate l'a un tantinet éclaboussé mais moyennant une modeste caution d'un million de francs, le Grand Jacques n'a pas connu la prison, 20 ans après 1981. Recel d'abus de biens sociaux et trafic d'influence... Cela fait quand même tâche pour celui qui a, à plusieurs reprises, connut aussi la honte de l'écrivain dont on doute : plagiat, affirmation sans preuves, déformations de propos ont émaillé certains de ses ouvrages comme le fameux Verbatim. Mitterrand disait joliment de lui qu'il a "le guillemet facile" mais qu'« il est peut-être devenu plus soucieux du nombre de ses lecteurs que de vérité historique ». Tout Attali ça, soif de gloire...
Soif de gloire rime avec soif d'argent, souvent... alors en 2004, il replonge pour financement occulte de la municipalité de ... Saint Petersbourg. Accusé d'avoir perçu sans contrepartie deux millions de dollards il sera inquiété par la justice... russe.
C'est vrai qu'en manipulant tout cet argent c'est plus facile de dénoncer ces petites gens qui "défendent leurs avantages". Celui qui se fit l'apôtre de la fraternité prend ses distances avec le monde d'ici-bas.
Jacques Attali lui se donne un autre destin, supérieur forcément. Plus noble évidemment. Plus intelligent sûrement.
Théorique, assurément. Moins intéressé, faut pas pousser !!! Car finalement cette intelligence exceptionnelle n'aura jamais rien mis en application sans oublier de s'enrichir.
Un peu l'inverse de ces élites locales finalement qu'il dénonce...

Henri Bergson disait, Monsieur Attali, "La seule cure contre la vanité, c'est le rire, et la seule faute qui soit risible, c'est la vanité"...

lundi 26 novembre 2007

Presse - le silence des agneaux


Alors que partout les illuminations de Noël déjà répandent leurs lumières féériques, la lorraine ouvre ses marchés de Noël et attend avec impatience l'arrivée imminente de Saint Nicolas. Dans cette ambiance festive et propice à la légèreté, la presse locale nous rappelle cependant que le père Fouétard n'est jamais trés loin.

Deux petites saynetes plutôt cocasses ont hélas suscité un traitement médiatique discutable, la faute à quelques pressions bien senties...


La première met en scène un député renommé du nord de Metz qui récemment s'est ému d'être l'objet de courriers de menaces plutôt prometteurs. De retour de l'Assemblée, le voilà même qui peut à peine se doucher que déjà son beau 4x4 flambe, entraînant dans sa combustion la mini bmw de Madame. C'en est trop pour notre honnête élu qui se complait bien vite dans la peau de la victime que l'on empêchera cependant pas de faire son travail et patati et patata. Les médias relayent volontiers ces cris du coeur déchirant de l'élu bafoué. L'enquête s'engage et les quartiers sensibles voisins sont soupçonnés. Fort heureusement, ils ne sont pas les seuls. Quelques jours plus tard c'est le... fils du député qui est placé en garde à vue puis interné. Le tout dans le silence - ben oui faut respecter la vie privée nous dit-on...

Question vie privée, ma seconde saynète se déroule dans le parloir d'une prison où un prévenu prépare sa défense en compagnie de son avocate préférée. Celle-ci peine semble t'il à le convaincre du bien fondé de sa ligne de défense puisqu'elle va jusqu'à le supplier à genou de l'écouter. Surprise dans cette curieuse posture par les gardiens elle n'aurait pas de suite pu s'expliquer. Un relent de sa bonne éducation sans doute où l'on ne parle pas la bouche pleine...
Pour une femme de prévenu, ce type de disgressions s'accompagnent de fait de plusieurs semaines d'interdiction de visite. Problème la robe noire concernée est trés connue dans la cité bucale, euh ducale et particulièrement proche de nombre de réseaux et des milieux journalistiques. Malgré l'insistance des gardiens de prison (qu'elle revienne ?), l'affaire se classe doucement mais sûrement dans le silence des agneaux...

dimanche 25 novembre 2007

Football - Lille s'enlise à Nancy

Sur un terrain gorgé d'eau et légèrement gelé, nouvelle douche froide pour le Losc défait 2/0 par une pâle équipe lorraine. Faute de défenseurs centraux suffisants dans son effectif, Lille alignait donc un duo arriére droit de ligue 2-jeune de cfa aguichant face au dauphin de Lyon.
Les premières minutes s'avéraient cependant séduisantes avec une bonne circulation de ball
e et un Bastos percutant. Malgré le froid pesant, on s'échauffait même d'une belle frappe de Debuchy sur... le poteau. Les nancéens lents et statiques n'inquiétaient guère les lillois bien en place mais vite privés de leur capitaine. Tafforeau, longuement soigné au bord du terrain laissait ses petits camarades 8 minutes durant à 10 contre 11. Claude Puel estime après match que "Nous avons été un peu déstabilisés par la sortie prématurée de Tafforeau".
Faut reconnaître que c'est plutôt son non-remplacement qui a posé problème, les nancéens s'engouffrant sur ce côté gauche allégrement. 8 minutes plus tard donc c'est le jeune Lebbi, pour sa première apparition dans le groupe pro, qui est lancé dans le grand bain. Pour ce milieu de terrain défensif de la CFA, c'est un drôle de baptême quand même que de se coltiner le flanc gauche et de devoir contenir un certain... Kim tandis qu'Emerson, reruté au Brésil pour pallier Tafforeau, restait sur le banc... 5 minutes plus tard Kim s'échappe à la limite du hors jeu et va défier seul Sylva. Sa tentative de grand pont s'achèvera par terre. Le carton rouge n'était pas trés loin...
La mi-temps se siffle sur ce 0-0 logique et vient soulager Fauvergue touché et nous, frigorifiés.
La seconde-mi temps repart sur les même bases avec notamment un Yanes remuant pour ses vrais débuts sous le maillot lillois. Lui manque un peu de puissance pour rivaliser cependant.A revoir.
Le public nancéen est bien passif sauf sur les coups de pieds arrétés de Gavanon. On se croirait dans un mini Gerland ! Notons qu'ils ont raison car suite à une faute peu évidente côté gauche, le coup franc finit sur la tête de Puygrenier qui pique son ballon devant une défense absente et un Sylva passif. Nous voilà beaux, menées à 25 minutes de la fin... On attend avec impatience l'entrée au moins de Mirallas, l'international belge en lieu et place d'un Fauvergue combattif, seul à répondre au défi physique adverse avec Debuchy, mais boitillant.
Grâce à la pelouse nous aurons notre deuxième occasion du match sous la forme d'un ba
llon fusant perdu par Nancy... dans sa surface. Dumont s'engage et frappe... à côté. Nos deux remplaçants attendent toujours sur le bord de touche. Ils seront super bien placés pour voir Dia, entré peu avant, slalomer dans une défense flottante. Après avoir passé en revue 4 joueurs sur 50 mètres, il donne une passe que la sortie approximative de Sylva rendra décisive. 2/0 la messe est dite, nous pouvons désormais jouer avec deux attaquants cela n'a plus aucune importance. La hola est dans le stade, tout sourit à un pourtant médiocre Nancy. Lille finit la tête basse et le moral dans les chaussettes. Le coup de sifflet final est une délivrance au vue de la prestation d'ensemble et du froid glacial !!!
13° pour l'instant nous flirtons avec la relègation. Pas sûr que le recours massif et soudain aux trés jeunes joueurs soit une solution. C'est bon pour l'avenir me dit-on. mais l'avenir se comptera en nombre de points
et pour l'instant nous en avons bien peu.
Au-delà c'est le contenu des matchs qui pose interrogation : l'équipe n'a pas de fil conducteur, un bon jeu court qui s'effiloche en route, pas de jeu long, peu de renversement et surtout quasi pas de différences individuelles faites (
à part Lischteinher et Bastos). Cela fait beaucoup d'insuffisances et de manques à presque mi-championnat. Si le groupe semble solidaire sur le terrain, il se révolte peu et capitule faute de moyens. Il y a un constat d'impuissance à accepter plutôt que de croire benoîtement en de lendemains meilleurs.
Un mot sur le coaching pour finir : la gestion des rempacements à été
simplement aberrante et trés pénalisante pour l'équipe.
Prochain match, la réception de l'OM pour un duel de mal classé qu'il fa
ut gagner. Problème, à part Metz, les mal classés semblent mieux armés que nous...

samedi 24 novembre 2007

Le chiffre - 24


Le ministre de la cohésion sociale Jean-Louis Borloo avait, le 25 octobre 2005, lancé l'opération "Maison à 100 000 euros".
"Grâce à la Maison à 100 000 euros, le rêve se concrétise : pour l'équivalent d'un loyer HLM, les ménages disposant de revenus modestes, vont pouvoir acquérir une maison de qualité, bien intégrée dans son environnement, dans sa ville. Les outils existent, les aides sont disponibles" nous expliquait-il alors.
L'ambition était de construire 20 000 à 30 000 "maisons à 100 000 euros" par an.

En 2007, 30 communes ont adhéré à l'Association des maisons à 100 000 euros - devenue Association française d'accession populaire à la propriété (AFAP) - et prévoient de réaliser environ 800 maisons en 2008, mais au prix moyen de 120 000 euros.

Au jour d'aujourd'hui, on peut donc nationalement recenser vingt-quatre maisons, qui ont été livrées, fin 2006, à Mantes-la-Jolie.

Le coup médiatique avait peu estimé l'effet repoussoir de la complexité du dispositif comme l'extrême coût des terrains constructibles.

Encore un bon exemple de la vision décalée de ceux qui nous gouvernent avec la banale réalité pécuniaire de notre quotidien.

Mais bon cela le fait bien rigoler quand même...

jeudi 22 novembre 2007

Défense - mais où est donc passée l'armée française ?

Entre publicité high-tech épurée de recrutement et pérégrinations de la 7° Compagnie au clair de lune, où en est l'armée française professionnelle aujourd'hui ? Faut il se fier à l'image moderne véhiculée ou doit on craindre que Pitivier & Co auraient encore toute leur place dans bien des régiments ?
Forte de ses presque 350 000 hommes, l'armée française ne fait pas rigoler en nombre, c'est sûr. C'est par rapport au nombre d'habitants, proportionnellement plus que les Etats-Unis par exemple. Quant au budget de quelques 50 milliards d'euros il nous positionne également dans le peloton de tête des armées selon le PIB.
Côté emploi ce n'est pas mal non plus l'armée jouant un rôle non négligeable d'insertion des jeunes notamment, 35000 environ chaque année. Et côté patrimoine c'est presque Bizance puisque le patrimoine immobilier issu de la période de conscription permet à la Grande Muette de se muer en opérateur immobilier et de dégager de substantielles marges autour de ses 130 casernes désormais inoccupées.
Bien sûr de cette masse globale émargent déjà quelques surprises comme le fait de posséder plus d'une trentaine de bases aériennes ce qui fait beaucoup. Ou de compter presque 5000 personnes au sein des services centraux du Ministère de la défense ce qui permet assurément au Ministre de se sentir en sécurité... ou de proposer 1300 blindés quand l'Angleterre fonctionne avec 400...
Mais c'est surtout lorsque l'on parle matériel que l'inquiétude grandit. Une doctrine fortement teintée d'indépendance a permis à notre pays de se constituer une industrie de premier plan à même de permettre de développer ses propres programmes.
Mais entre l'hélice du porte-avion nuucléaire Charles de Gaulle, la complexité absolue du Rafale, les retards du char Leclerc ou les déboires de nos sous-marins nucléaires, force est de constater que notre équipement n'est pas à la hauteur de notre ambition. Du reste le marché pourtant florissant des ventes d'armes nous le rappelle tous les jours puisque ni le Rafale ni le Leclerc n'ont jamais trouvé preneur à l'étranger (si l'on excepte la tragi-comédie des Emirats Arabes Unis). Ennuyeux pour des programmes aussi lourds financièrement, le programme Rafale aurait ainsi coûté 35 milliards d'euros environ...
Tout se passe comme si c'était désormais cette industrie chère à Monsieur Dassault qui dictait sa loi. Nombre de politiques de gauche comme de droite n'hésitent d'ailleurs plus à reconnaître que les dépenses militaires ont d'abord pour but de donner du travail à cette industrie.
Pourquoi pas.
Problème, la vision du monde sortant de ces établissements commerciaux n'est elle pas restée trop axée sur un concept de guerre froide, de dissuasion, à l'instar de toute notre organisation militaire multiple et parfois désordonnée ?
Résultat, nous ne pouvons guère assurer une présence militaire hors de nos frontières supérieure à 15 000 hommes aujourd'hui.
Un rappel utile car si peu audible à l'époque de la guerre naissante en Irak. Notre grandeur politique à refuser le conflit alors n'était-elle pas en partie guidée par notre incapacité à nous y engager ?
Un rappel inquiétant si l'on veut bien considérer ici que le temps de la guerre froide est révolu, que la menace russe est limitée mais la menace terroriste trés pesante et disparate.
L'Armée semble être devenu un jouet au service du politique, un moyen d'assurer une présence française aux quatre coins du monde comme à la grande époque du rayonnement français.
Mais quid de notre capacité à nous projeter ? pas évident si l'on ajoute le fait que nous ne possédons pas d'avions furtifs...
à protéger le territoire national ? pas forcément d'une invasion, mais d'actes terroristes sur nos centres énergétiques par exemple...
Bref au-delà de financer les industries et de permettre à nos politiques de briller, sait elle encore combattre et nous protéger ?
Notre nouveau président semble vouloir s'aligner sur nos cousins d'Amérique et craint l'islam, l'occasion de beaux discours au Congrés certes, mais aussi le risque de bientôt ne plus être épargné de la menace terroriste comme notre non-alignement chiraquien nous l'a permis.
Il faudra alors être prêt et ne pas juste signifier
"J'ai glissé... chef !"

lundi 19 novembre 2007

Opinion - Robert Redford et les médias

De Robert Redford pour expliquer son dernier film "Lions et agneaux"

Les journalistes devraient être sceptiques, à la recherche de la vérité.
Et surtout pas des partisans avec des préjugés favorables ou défavorables !
Mais aux Etats-Unis, on a non seulement dissimulé la vérité, mais on en a créé une autre.

dimanche 18 novembre 2007

Europe - Srebrenica n'en finit pas

Un nouveau charnier vient d'être découvert à Kamenica. Plus de 500 corps exhumés, enième réminiscence du massacre de Srebrenica, plus grande tuerie que l'Europe ait connue depuis la dernière guerre mondiale. Comme si cette tâche sombre, symbôle de l'échec européen et occidental, n'en finissait pas de se rappeller au bon souvenir de ceux, nombreux, qui voudraient qu'elle n'ait pas existé...
Du 11 au 16 juilet 1995, les serbes de Bosnie investissent cette petite enclave à majorité musulmane "défendue" par 500 casques bleus hollandais. Ces derniers, en l'absence de soutien aérien et de directives claires, laisseront faire le macabre tri femmes-enfants/hommes.
8000 personnes seront ainsi éliminées méticuleusement. Une cinquantaine de charniers ont depuis été recensés...
On espère que Srebrenica n'en finit pas de hanter les nuits de ceux, militaires et politiques, qui laissèrent faire.
Les responsables ?
Les Serbes de Bosnie d'abord bien sûr autour de Ratko Mladic et son chef politique Radovan Karadzic. Leur projet ethnique était clair et peut être considéré comme atteint puisqu'aujourd'hui la ville est serbe. Tous deux sont toujours en fuite c'est dire la maîtrise de ce dossier par les hautes autorités judiciaires... c'est dire peut être également le peu d'empressement de beaucoup à ce qu'ils s'expriment.
L'ONU ensuite.
Car résister, intervenir, en plus de juste s'interposer, c'était possible comme déjà en 1993 le général Morillon avait tenté de le faire vraiment.
Sa synthèse de l'évènement deviendra avec le temps un témoignage à charge : "je suis convaincu que la population de Srebrenica est tombée victime de la raison d’Etat, mais d’une raison d’Etat qui se situait à Sarajevo et à New York, et certainement pas à Paris."
Sarajevo et New York, deux capitales en pleine discussion à l'époque des faits font partie du réquisitoire.
Car dénoncer le départ et l'inactivité des casques bleus hollandais ne doit pas faire oublier que, sur ordre de la présidence bosniaque, les forces de Bosnie avaient déserté Srebrenica avant l'assaut serbe. La prise de position de la communauté internationale aux côtés des musulmans devait être déclenchée par un fait majeur. Srebrenica fut celui-là.
Les Etats-Unis, soucieux de reprendre la main sur ce terrain au détriment de l'ONU, promirent l'intervention de l'Otan si survenait un fait majeur. Srebrenica fut celui-là.
Les gouvernements occidentaux enfin, qui manièrent la gloriole et l'à-peu-près sans jamais vouloir mesurer l'antériorité de ce conflit (des siècles) et sa haine emmagasinée. Qui se sont satisfaits d'un dispositif onusien minimaliste et bien sûr insuffisant et qui vendirent à leur opinion publique le principe de la guerre propre. Dans la continuité de la guerre du golfe et ses célèbres frappes chirurgicales, les occidentaux se sont engagées en Bosnie avec cette drôle d'ambition : "0 mort".
Pas de mort, pas de responsabilité, pas d'engagement, notre nihilisme politique n'est il pas finalement notre pire ennemi ? Nous le masquons en multipliant les sujets d'intérêt, les actions de communication pour mieux amener l'opinion politique à zapper inlassablement. Qui se soucie de la Bosnie et de Sebrenica aujourd'hui ?
Pourtant, Sebrenica en terme de morts civils, c’est plus de dix Oradour-sur-Glane, plus de deux fois le 11-Septembre new-yorkais, plus de cent fois les attentats de Londres... le tout à 1h30 de Paris mais nous ne vivons pas au rythme du relativisme et des chiffres réels, juste au rythme de l'impression et de la sensation.
Nous le paierons sûrement un jour en Iran ou ailleurs quand notre aventurisme désuet et calculateur se heurtera au froid réalisme d'un adversaire déterminé.
Notre confort quotidien et notre grandiloquence seront mis à mal. Que serons nous alors capables de faire ?
Qui veut mourir pour Sarajevo ? personne me répondait-on jadis et c'était vrai. Quoique, des soldats français y sont morts avec courage et bravoure, il reste donc quelques enclaves de valeurs en France, saurons-nous mieux les protéger que Srebrenica ?

Mourir en combattant, c'est la mort détruisant la mort. Mourir en tremblant, c'est payer servilement à la mort le tribut de sa vie. Shakespeare

vendredi 16 novembre 2007

Chômage - Une monarchie au secours de l'emploi

Bonne nouvelle pour l'emploi dans notre beau pays avec l'annonce par l'INSEE que "le taux de chômage en France métropolitaine au sens du Bureau International du Travail (BIT) s'établissait à 8,1% de la population active au deuxième trimestre 2007".
Au-delà des soubresauts de conjoncture et de l'efficacité des politiques de l'emploi, ce chiffre positif s'explique surtout par une stratégie originale d'aide au retour à l'emploi : le 2f2d que vient d'expérimenter Claude Chirac, au chômage forcé depuis le printemps dernier. Pour cette éphémère (et non diplômé, Rachida) élève de Science Po Paris, l'heure était depuis le retrait de Jacques Chirac au pouponnage et au repos, un rude coup pour les statistiques du chômage français et pour son régime indemnitaire.
Heureusement, le 2f2d se met en place fortuitement pour lui permettre d'exercer tout son talent et ses compétences. Baptisé filsde-fillede, ce nouveau concept de reconversion axé sur la solidarité sélective fait des émules puisque qu'Arnaud Lagardère se dit déjà preneur de stagiaire tandis qu'Arnaud Klarsfeld se voit donner l'occasion de repostuler à quelque chose. Des tests de mise en place avaient déjà été engagés en septembre quand le fils Sarkozy et la fille Tapie projetaient de jouer la comédie avant de se rendre compte qu'ils étaient suffisament comiques comme cela sans besoin de supports particuliers.
Revenons à Claude donc, celle qui, mariée peu de temps à feu Philippe Habert ne s'était pas trompée en tout cas de témoin, un certain Nicolas Sarkozy... qui lui proposera, bon Prince, en mai dernier le poste de Consul de France à Los Angeles.
Finalement, là voilà qui par ses mérites donc intègre la direction de la communication du groupe PPR dirigée par François-Henry Pinault, l'heureux rejeton du fondateur milliardaire François Pinault (3° fortune de France autour de 10 milliards d'euros...). Promotion de choix puisqu'elle fera partie du comité exécutif du groupe, et continuité des liaisons dangereuses de l'Etat avec ses plus riches sujets puisque François Pinault est bien sûr un grand ami de notre ancien président. C'est avec lui qu'il mangea le soir de son élection. Du reste pour l'anecdote, Jacques était cet été l'invité de François du côté de Saint-Tropez et ces dames furent vues plusieurs fois dépensant quelques milliers de pièces jaunes en shopping divers.
Elle laissera de son poste élyséen quelques moments rares comme ce téléguidage du père par portable lors d'un voyage officiel "«Tiens-toi, tu veux. Ne déconne pas. Evite d'aller te vautrer avec je ne sais qui. Avec toutes ces traînées qui te courent aux fesses!».
Un temps inquiété à l'époque bénie de la mairie de Paris dont elle était conseillère, de 1989 à 1993, sa rémunération avait ému le pouvoir judiciaire car il émanait d’une ... société privée. Sans suite.
A 45 ans la voilà en charge de l'image de marques de luxe comme Gucci, Bottega Veneta, Yves Saint Laurent ou les enseignes de distribution Conforama et FNAC, rien que cela.
Son bilan nous dit-on légitime cette prestigieuse affectation. C'est assez cocasse tout de même si l'on veut bien considérer deux choses :
en noyautant à l'extrême toutes les apparitions de son père elle en a fait un personnage distant, éloigné du quotidien, des français comme des médias.
Sarkozy prend aujourd'hui le contre-pied avec facilité de cette stratégie et joue la proximité et l'omniprésence ; tout le monde applaudit...
Même si elle avoue volontiers sa peur de ce "saut dans l'inconnu" (sic) on ne doute cependant pas de sa faculté d'adaptation, on connait la chanson de cette nouvelle forme de monarchie au pays des filsàpapa :
"Voici venir les filsàpapa, ils font les fous, dans la famille des fillesàpapa, viens avec nous chez filsàpapa, ils se reconvertissent à volonté chez PPR..."
Drôle de régime spécial que ce 2f2d tout de même mais qui ne risque pas d'être réformé de sitôt...