mardi 29 septembre 2009

Et maintenant ils rendent la justice...

Bien des affaires judiciaires se succèdent avec un triste point commun : leur dépendance au politique. Bien que nous pouvions noter ces dernières années leur forte propension à devenir avocat, nos politiques inquiètent par ce mélange dangereux des genres...
Evidemment la plus lisible concerne l'affaire Clearstream, cette granguignolesque histoire de fichiers manipulés. Qui aboutit à un scandale : Nicolas Sarkozy aurait un compte caché au Luxembourg. Une révélation somme toute étonnante pour ce résident de Neuilly jadis inquiété mais pas trop à la fin des années 90 pour des cadeaux de promoteur. Le même qui à peine élu s'envole pour un yatch de milliardaire avant de s'auto-augmenter de 172% et de passer des vacances de rêve à Wolfeboro. C'est vrai qu'affubler ce personnage marié à une riche héritière italienne d'un compte à l'étranger dépasse l'entendement... et que le costume de victime lui va comme un gant.
Plus léger voilà que le fils Fillon joue les fangio de bas étage, ou les Jean Sarkozy en voiture, c'est comme on veut, au volant du puissant 4x4 de papa. Une lourde contribution à la couche d'ozone, moins pour l'équité le coupable, euh pardon le prévenu pouvant se contenter d'une simple réprimande du juge... ayant perdu un point et 45 euros pour 92 kmh retenu contre 90, j'apprécie le geste et ne manquerai pas d'en faire un autre à l'occasion...
A tout seigneur toute honneur, notre ancien président himself, personnalité préférée parmi les préférées vient de bénéficier d'un non lieu sur les accusations de détournements de fonds publics Mis en cause pour une affaire d'emplois présumés de complaisance payés par le cabinet du maire de Paris entre 1983 et 1998 le voilà tranquille et apte à regagner Saint Tropez.
Et voilà que l'actualité people se déplace vers la Suisse pour évoquer l'arrestation de Polanski. Et revoilà nos faiseurs de jugement poussant des cris d'orphraies devant l'audace d'avoir touché à l'un des leurs alors qu'ils en appellent à la prescription.
De quoi définitivement entériner deux évolutions majeures de leur personnalité : les politiques se prennent pour des vedettes et pour des juges.
Une mauvaise nouvelle pour le show-biz, les prétoires et les petites filles de treize ans.

vendredi 25 septembre 2009

Politique - La loi des séries... B


Après l'épisode Hortefeux, les maladresses se sont enchainées sans mobile apparent. C'est Eric Besson, Ministre de la République qui fait un doigt d'honneur devant les caméras de Canal +. L'exterminateur de la jungle calaisienne fait ainsi une fois de plus montre d'un sens de la mesure pour le moins particulier... Puis c'est Jean-Louis Borloo qui sort passablement éméché de l'entretien Présidence-écologistes au point de ne pas voir les micros qui se tendent à son encontre... Des errements qui faisaient déjà suite aux visites organisées de Chatel chez Intermarché et de Nicolas 1er chez Faurecia.
Car last but not least c'est le leader lui-même qui s'empêtre désormais dans d'improbables situations. Même dans ses exercices de prédilection comme l'interview télévisée à une heure de grande écoute sur les principales chaines du pays, où il ne peut qu'exceller face à de gentils complices. Et bien patratas, le voilà qui décrédibilise déjà sa nouvelle vocation écologiste “Le monde court à sa perte si on continue à émettre du carbone qui crée un trou dans la couche d’ozone et qui brise les équilibres de la planète". Preuve s'il en est que les multiples conseillers en communication ne suffisent pas et que quelques compétences scientifiques ne seraient pas du luxe...
Dans la foulée, l'ancien avocat qu'il fut du RPR fourche sur la notion plus espérée que réelle de coupable. Des couacs à même de retourner ses outils d'auto-promotion contre son auteur. Ce n'est pas la réception donnée à 4000 français de New York qui lui a redonné le sourire. Pourtant l'Etat en faillite n'avait pas lésiné sur les moyens lâchant quelques 400 000 euros pour l'occasion. Mais il est dit que les temps sont durs pour les petits nertfs en pelote de celui qui détient le déclenchement de la bombe A. Après un accrochage avec Kouchner sur l'Iran, c'est Arlette Chabot qui en prenait pour son grade. La bonne Arlette ne peut pourtant pas être taxée d'animosité pour le pouvoir et si France 2 ne donne pas suffisament la parole à l'UMP, le CSA lui même a précisé que la cause était a trouvé du côté de l'omniprésence de ... l'Elysée.
Alors que se passe t'il donc en Sarkozie, au pays des monstres gentils, d'un seul parti et de ministres unis oui c'est le paradis ?
Est-ce la redoutable opposition de gauche qui fait ainsi psychoter ? entre mauvais courants contraires et urnes bourrées, on peine à l'imaginer.
La menace Bayrou ferai- elle lever depuis le Béarn le vent de l'inquiétude ? improbable.
Dany le Rouge juché sur une éolienne hanterait-il les nuits élyséennes ? possible mais pas décisif.
Le procés Clearstream, incertain, et pourtant tant attendu, attiserait-il son impatience de voir un rival au plus vite déchu ? sans doute mais le temps n'était-il pas son allié ?
Alors ? comment expliquer cette perte de contrôle et d'altitude digne d'un Airbus mal fini ?
Il y a ceux qui pensent à la trés française peur de gagner : le plus dur de la crise est derrière lui, les prochaines échéances électorales ne peuvent qu'être positives et... le poignet tremble, le geste est moins assuré, le doute s'installe. Paf, c'est la double faute.
D'autres au contraire y voient les premiers signes d'une usure du pouvoir précoce. Hyper-président un temps, le reste du mandat fout le camp dirait le dicton. Arrivé au pouvoir à force d'inextricables combinaisons politiques alliant conviction-trahison-promesse et baliverne il aurait perdu la formule magique qui garantissait son équilibre.
Faut-il sinon y voir les conséquences du malaise vagal qui a fragilisé et destabilisé celui qui se croyait invincible ?
Ou l'impact dévastateur de la crise financière qui a profondément ébranlé ce libéral convaincu désormais condamné à tancer les banquiers et dénoncer le profit à l'insu de son plein gré ?
La nomination prochaine, sûrement méritée, de Jean Sarkozy à l'Epad (
Etablissement pour l'Aménagement de la Région de la Défense) suscite quelques autres pistes : Nicolas se serait ainsi réveillé l'autre matin en sursaut et en sueur, murmurant un énigmatique "Tu quoque mi fili" en se frottant curieusement le dos...
Ou tel Caïn poursuivi par un satané oeil, notre guide suprême n'a pas la conscience tranquille. Il nous cache quelque chose à l'instar de son porte-parole Frederic Lefevre fanfaronant disposer de photos compromettantes de DSK à montrer si ce dernier venait à se présenter à la présidentielle.
Oui mais Nico sait que sur lui aussi quelqu'un a sûrement quelque chose. Alors le jour il donne le change, fait mine de s'interroger, de s'interesser même parfois, mais le soir, le soir,
"Et qu'on eut sur son front fermé le souterrain, L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn."

lundi 21 septembre 2009

Arcelor Mittal vraiment numéro hun

Là où Arcelor Mittal passe, l'herbe même ne repousse pas alors pensez, l'acier... l'emploi non plus notez à l'heure ou 1400 départs volontaires sont annoncés, mieux, atteints car c'était un objectif. Vous pensiez que l'entreprise servait à dégager du profit et bien sachez désormais que le management indien invente l'entreprise à générer des départs volontaires. Vous me direz pourquoi conserver des fonctions non productives, puisque c'est d'elles dont il s'agit ? A l'échelle mondiale, ils sont plus de 9000 non-productifs à être invités à non-produire ailleurs. Invités car ils n'y sont plus obligés : les licenciements brutaux, secs, les plans sociaux imposés c'était le temps d'avant. Maintenant, on y met les formes, mieux même on en appelle au volontariat du salarié. Désignez-vous vous même pour quitter l'entreprise et je vous en féliciterai par de menus avantages. Je ne suis plus le grand méchant loup profiteur, je suis le facilitateur de projets nouveaux et le garant de la survie du groupe. Quant à vous, le non-productif bah vous avez de vous même tiré la conclusion qui s'imposait, vous êtes le maillon faible, au revoir. A la fin du siècle dernier, le nec plus ultra de la restructuration, c'était le départ en pré-retraite. je me sépare de mes salariés les plus âgés et coûteux et les moins malléables pour embaucher une jeune classe plus docile et bien moins payé. Imparable. Mais le coût social du système avait commencé à être dénoncé. Qu'importe la mode à changé, me voilà médiatiquement inattaquable et socialement conciliant. Presque écolo, tout est dans le volontariat.
Tout repose sur le salarié désormais. C'est sa faute si l'entreprise n'est pas assez compétitive car il ne travaille pas assez. Et s'il n'est pas volontaire pour partir, le salarié par son seul coût creuse un peu plus la tombe de son employeur. Ingrate la double peine... d'autant que le volontariat est souvent présenté comme le plan A comme actuel, maintenant, tout de suite avec en toile de fond comme une menace : il n'y en aura pas pour tout le monde et il y a un plan B, enfin S, comme social qui se dessine pour plus tard. Résultat, mieux vaut être volontaire pour profiter des avantages que demain d'être désigné et remercié sans autre forme de procès...
Il y a donc comme un joli parfum de perversité devant cette nouvelle relation sociale qui n'est ni une relation ni ne possède un caractère social. D'autant que l'appât du gain immédiat, 10 mois de salaires, fait souvent oublier que dix mois c'est bien peu pour retrouver un emploi dans une région sinistrée ou rentabiliser une nouvelle activité.
Sans compter qu'il y a volontaire et encouragé à l'être, disons plutôt découragé à l'être en ne leur offrant aucune perspective d'évolution interne même si elles existent ou formation.
Le doute ne profite pas à l'accusé, le salarié, mais lui perd quelque soit son choix. Voilà peut-être l'entreprise du nouveau millénaire, elle détient la rareté, l'emploi, et en délègue sa gestion à ses propres salariés. Comme les gardiens du feu des temps jadis, ils doivent veiller sur lui et s'assurer qu'il ne s'éteigne pas quand bien même ils devront sacrifier ou se sacrifier pour cela. Et l'on s'étonne de vagues de suicides...
Si ces nouvelles procédures peuvent déboussoler, elles s'accompagnent encore parfois de bonnes vieilles délocalisations comme on les aime. Nous voilà rassurés. Ce dimanche, l'annonce guillerette s'est répandue que la plate-forme comptable des Grands Bureaux ArcelorMittal à Florange sera délocalisée en Inde et en Pologne au détriment de 80 emplois locaux. Une décision technique si l'on en croit les dirigeants qui précisent que le travail répétitif ira en Inde, les aspects confidentiels en Pologne. Si ce n'est pas de la répartition des tâches cela ? et pour la France ? il nous reste au moins nos yeux pour pleurer et nos méninges pour méditer cette pensée profonde du milliardaire Lakshmi, sûrement depuis son luxueux yatch :
« Quand les personnes savent dans quelle direction vont leurs leaders, elles sont plus faciles à motiver ». Motivés à partir donc.

jeudi 17 septembre 2009

Europa League - Lille tient tête à Valence

Après les errements parisiens marqués d'un sinistre 3/0, le début de saison lillois était définitivement raté. Avec la venue de Sochaux il pouvait même devenir inquiétant. Dans un match qui respirait déjà un tantinet l'angoisse, les hommes de Rudy Garcia l'emportaient cependant 1/0 non sans avoir plutôt copieusement dominé leur sujet. Et c'est le banni Frau, un des plus gros salaires du club n'ayant pas trouvé preneur au mercato, qui, disputant ses premières minutes officielles, ouvrait par la même son compteur but. Une heureuse nouvelle vu qu'il rentrait en lieu et place d'un Tulio De Melo blessé au genou. Une nouvelle blessure pour le brésilien dont l'appréhension et l'inquiétude l'emportent sur son souci de jouer et dont on peut commencer à se demander s'il reviendra un jour au niveau qui fut le sien dans la Sarthe. Autre enseignement de ce match, la présence sur le banc de touche de Yohann Cabaye et d'Emerson les deux grosses déceptions de ce début de saison. L'unique arrière gauche lillois paye là ses multiples oublis de marquage qui coûtent quasiment un but à chaque match. Sa bonne volonté et son potentiel physique ne compensent pas de telles lacunes qui devront être comblées par un nouvel arrivant au plus vite. L'ancien international espoir, Yohann Cabaye, n'en finit plus d'évoluer dans la médiocrité alors qu'il dispose pourtant à ses côtés d'une doublette Mavuba-Balmont plutôt confortable. Quand on voit les prestations de haute volée de l'ex lillois Benoit Cheyrou du côté du Vélodrome on constate, à un même poste, les écrats criants pouvant exister... Une morosité qui dure depuis de longs mois et qui coincide avec les rumeurs d'un intérêt éventuel d'Arsenal, rien que ça, pour le garçon. Puis de Bordeaux. Puis de plus personne. Etape supplémentaire de la dégringolade, pour avoir refusé de s'entrainer avec les rempaçants à l'issue de la confrontation avec Sochaux c'est même des tribunes qu'il a pu assister au premier tour de l'Europa League. Réaction attendue du joueur ou trajectoire tragique à attendre au mercato d'hiver. Pourquoi pas à Saint Etienne où un Mirallas et un Tavlaridis se sont déjà échoués, ou à Nice où un Matt Moussilou fut porté disparu ?
Face à Valence actuellement en tête de la Liga, les dogues ont en tout cas évolué sans rougir et guère reculé. Alors certes le club espagnol avait laissé ses stars au repos mais quand on cumule plus de 500 millions d'euros de dettes il est à espérer que l'effectif dans son ensemble soit à la hauteur ! En ces temps d'appel au "fair play financier" la rencontre était plutôt cocasse. Jean-Marc Ferreri le commentateur famillier de raisonnements qui me laissent songeur a d'ailleurs estimé "qu'un club comme Valence soit aussi endetté mais puisse garder ses meilleurs joueurs je trouve ça bien". D'une intelligence rare surtout en omettant d'évoquer ensuite qu'en face le LOSC est soumis à la DNCG et pour survivre et pour construire son futur stade, vend chaque année ses meilleurs éléments : Keita, Makoun, Odemwengie, Bodmer, Bastos...
Cela dit le match fut enlevé, alerte, marqué par de nombreuses occasions de part et d'autres malgré un premier quart d'heure timide des locaux. Butelle s'avéra solide bien épaulé par une paire Chedjou-Rami qui s'affirme comme notre défense centrale de référence. Devant la qualité technique des espagnols, Lille sut plusiseurs fois courber l'échine pour mieux repartir. Mais Vittek, valeureux par ailleurs et plutôt précieux en pivot confirme match après match qu'il ne parvient pas l'enchainement que le ferait redevenir buteur. Quand au jeune Aubameyang sa vitesse est définitivement supersonique et lui permet de faire toutes les différences. le plus dur reste à faire, soigner le dernier geste, la dernière passe. Sinon Obraniak recentré a été assez percutant et Hazard a, par moment, destabilisé les valenciens sans être cependant décisif. On aura aimé la combativité de balmont sorti sous les vivats mérités et la hargne d'un Beria bien plus utile à droite. Reste que l'éternel Emerson a laissé filé le nouvel entrant Mata qui ne s'est pas fait prier pour ouvrir la marque. Tout le monde sait en europe que nous sommes absents à gauche... Le coaching offensif de Rudy Garcia a cependant payé en fin de match sur un pressing un peu involontaire Gervinho a confirmé sa montée en puissance. Logique sur l'ensemble du match les lillois s'étant vus refuser un but pour des raisons obscures émanant d'un des cinq arbitres, Valence ayant touché la barre transversale.
A Prague, le LOSC tentera de rester dans la course à une qualification qui va s'avérer bien hardue mais tentante. L'effectif sera en tout cas soumis à rude épreuve puisque la Ligue 1 n'attend pas, encore moins le derby du nord. A Bollaert Lille peut effacer le faux-pas initial face à Lorient et se relancer, ou stagner benoitement. Le tryptique à venir à Lens-reçoit Nice-à Boulogne doit assurément nous permettre de nous repositionner, il n'y a plus qu'à...

samedi 12 septembre 2009

Politique - Un hortefeux sans artifices


«Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes».
Cette petite phrase agite l'actualité politique de notre bel hexagone. Elle choque, elle énerve, elle est minimisée et même détournée. Elle concernerait en fait les auvergnats, ce qui en soit déjà interpelle car je rappelle aimablement que la densité de l'Auvergne n'excède pas les 50 habitants au km2, ce qui mon cher Brice ne justifie pas votre charge maladroite.
A moins évidemment que vous ayez une fâcheuse tendance à vous payer la tête du million d'internautes ayant visionné cette délicieuse confession.
Finalement, le plus étonnant dans cette affaire c'est... l'étonnement qu"elle suscite.
Bon déjà j'ai toujours trouvé que Brice Hortefeux avait des faux airs de Carl Lang vieux, alors...
Et puis d'un tout pimpant premier Ministre de l'immigration, de l'intégration et de l'identité nationale, on ne pouvait pas non plus attendre des déclarations d'amour pour tout ce qui n'est pas blanc et franchouillard.
Parce que voyez-vous, même si ces déclarations me hérissent le poil il a parfaitement le droit de les tenir. Là n'est pas le problème. Mais qu'il les renie, s'embourbe dans des excuses vaseuses, mente c'est vraiment insupportable. Il est pourtant coutumier de propos tendancieux et ne cache pas plus que cela ses préférences. Alors ? pourquoi ne pas les assumer publiquement dés lors qu'elles sont montrées au public par le biais d'images tournées par une télévision publique ?
Et que tous ses petits camarades volent à son secours en multipliant les airs graves et les cris d'orphraies ne grandit pas tout ce petit monde.
Il n'est tout de même pas interdit de rappeler que la majorité présidentielle doit sa victoire aux transferts de voix du Front National, parti régulièrement approché par quelques prouesses lexicales comme le kaercher. En voici une de plus tenue lors des universités d'été de l'UMP ce qui ne va pas accroître l'aura du diplôme...
La droite qui se défend déjà d'être libérale, dit combattre le capitalisme financier dénonce maintenant toute préférence nationale, fichtre.
Alors c'est sûr qu'un Ministre de l'Intérieur se devrait d'observer quelques réserves, au moins les mêmes que celles qu'il impose à ses préfets... Mais on reconnaitra à notre classe dirigeante cette faculté à ne pas trop s'embarrasser de principes !
"Les cons ça ose tout disait Audiard c'est même à ça qu'on les reconnait" mais il devait penser à d'autres professions.
En parlant de profession il en ait une qui s'érige en modérateur voire en protecteur de nos chers édiles, ce sont les journalistes. Avec un accusé tout trouvé, internet et ses images volées.
A ce titre, l'éditorial du Républicain Lorrain ce 12 septembre laisse pantois? Notons qu'il est titré d'un "videogag" qui laisse à penser que son auteur, Philippe Waucampt, n'est pas arabe...
La thèse de l'accident et de la maladresse est retenue par des journalistes qui martèlent un curieux "Pour connaître l'intéressé, nous aurions plutôt tendance à opter pour...". Cette filiation affirmée, la presse s'en prend ouvertement "aux dérives de l'information à l'heure d'internet". Cet extrait tourné par une équipe de télévision habilitée et invitée aux universités de l'UMP est donc une dérive. Il ne s'agit pas à proprement parlé d'images volées dans une sphère privée mais bel et bien du suivi somme toute habituel d'un homme politique parmi les siens. Qu'importe, le coupable n'est pas l'émetteur mais le récepteur ce qui est assez cocasse. Avec des menaces non voilées exprimées par l'éditorialiste : "Après ça, il ne faudra pas se plaindre de constater que, soumis en continu à l'oeil de Big Brother, les politiques en reviennent comme un seul homme à la plus pesante des langues de bois." Fin de citation.
Big Brother, l'ennemi des libertés fondamentales et de la vie privée des populations ou des individus est enfin identifié ! c'est internet et cette information volatile, rapide, incontrolable. Une thèse largement repris par Henri Gaino qui confie volontiers que "La transparence absolue, c'est le totalitarisme". Vivement la main mise de l'Etat sur l'information donc.
Comble de la cruauté, ces vidéos non autorisées auraient une conséquence affreuse : le retour de la langue de bois. Car elle était partie voyez vous, vous ne le saviez pas ? moi non plus. Mais pourtant si, grâce au travail remarquable des journalistes presse et télé qui font un tel effort d'investigation, de recherche, sur fonds d'éthique, que les politiques se sont rendus. Et là, patatras, la faute à quelques internautes mal éduqués (dixit Henry Gaino toujours "« Pour l'instant nous n'avons pas appris collectivement à nous servir de la meilleure façon des nouvelles technologies de communication", vivement qu'il nous apprenne !), la langue de bois est de retour. Moi qui croyais benoitement que les tutoiements, les bises en coulisses des médias traditionnels, les questions préparées, les interventions scénarisées étaient plutôt à la base de l'émergence d'un nouveau média et d'un nouveau mode d'information, j'avais faux...
Et le Républicain Lorrain, qui connait Hortefeux tout en bénéficiant du monople de la PQR en Lorraine Nord nous l'explique bien, ouf. Toujours prompt à m'étonner de certains comportements je ne comprenais pas pourquoi il avait fallut un journaliste de la RTBF pour détailler les préparatifs d'une visite d'un Président de petite taille. Maintenant je sais c'est pour que la langue de bois ne revienne pas.
Et ça marche ! Au cours de son discours lors de ce déplacement chez Faurecia, le Président de tous les petits a demandé "à la ministre de l’Economie Christine Lagarde et à M. Estrosi de rencontrer les partenaires sociaux et les fédérations industrielles pour établir avec eux le format et le calendrier de travail de ces états généraux. Ces derniers pourraient être préparés dans les différentes régions par ateliers qui réuniraient PME, grandes entreprises, syndicats, universitaires, chercheurs et financeurs.Ces travaux pourraient se terminer par une convention nationale qui tracerait les lignes d’une nouvelle politique industrielle pour la France, avec une réflexion sur toutes les grandes filières à l’exemple de celles que nous avons déjà menées sur l’aéronautique, l’automobile et le bois".
A défaut de langue de bois on a au moins un cours sur l'emploi du conditionnel, pas belle la vie ?

mardi 8 septembre 2009

Economie - un Rafale à inquiétantes réactions

Même si la coupe du monde de football semble bien lointaine et plombe le moral de tout un pays, l'esprit cocardier se ravive à l'annonce surprise de la vente de 36 avions, pas un, pas deux, trente-six mon bon monsieur. Et pas n'importe lequel, le Rafale, le seul, l'unique aéroplane de Monsieur Dassault qui n'avait jamais trouvé preneur au-delà de nos frontières. La faute à pas de chance disaient les uns, à sa complexité et aux doutes sur sa fiabilité disaient les autres, à la concurrence aussi ou à son coût. Enfin bref pour cet ambitieux projet franco-français né dans les années 90, c'est en 2009 que le premier débouché survient du côté du Brésil.

Avec 5 milliards récoltés l'opération est juteuse tant il est vrai que le programme de développement a coûté à la France pas moins de 39 milliards d'euros. Sans compter le soutien estimé au départ jusqu'à 35 000 euros... de l'heure de vol !
Cet appareil semi-furtif commençait à faire jaser par son caractère extrêmement furtif sur le plan commercial. Singapour, Pays-Bas, Corée, Australie, Arabie Saoudite, Maroc... ils n'ont pas manqué d'air ces affreux jojos en préférant du matériel américain. Mais c'est finalement pour les mêmes raisons annoncées que le Brésil aujourd'hui penche en notre faveur. Par souci d'indépendance, par volonté de ne pas dépendre d'un fournisseur plutôt regardant et influent. Joli coup d'opportunisme et belle agressivité de nos couleurs pour emporter la mise. Mais là où le doute s'installe c'est quand le Président Lula lui-même s'est félicité moins de la qualité de l'avion que de "l'étendue des transferts de technologie" obtenue. 6 avions seront construits en France, les trente autres au Brésil. Enfonçant bientôt le clou "pour nous ce qui est important, c'est d'avoir accès à la technologie pour produire cet avion au Brésil. C'est ce que nous négocions maintenant". Ainsi donc le choix français résulte de la possibilité non pas d'acheter du matériel mais d'acheter un savoir-faire, notre savoir-faire. Jusqu'à perdre des marchés futurs de renouvellement mais aussi s'exposer à la concurrence prochaine d'un avion similaire mais drôlement compétitif notamment sur son prix. Alors bien sûr côté français on se veut rassurant, Serge Dassault expliquant volontiers qu'il ne craint pas les transferts de technologie, normal me direz-vous le bon Serge étant de toute façon actionnaire sur place. Pour lui c'est gagnant-gagnant et il peut chaleureusement remercier son vrp de luxe des efforts accomplis. Pour la France c'est déjà plus discutable même si l'Elysée s'empresse de préciser que 6000 emplois seront créés en France durant... 4 ans. Tiens 4 ans, une indication de durée, celle durant laquelle l'opération est bénéfique quelque part. Mais pour le reste ? Cette attitude n'est pas sans rappeler les accords conclus en Chine pour Airbus et Areva .
La realpolitik a donc un prix, celui de notre avenir qui ne pourra se prévaloir de quelconques avantages dans des secteurs jadis qualifiés de... stratégiques : le nucléaire, l'aéronautique, l'armement. D'ailleurs quatre sous-marins d'attaque Scorpène, 50 hélicoptères de transport militaire et la coque d'un sous-marin nucléaire sont en préparation sur le même modèle.
Et ce n'est pas fini puisqu'un autre fleuron pourrait être soumis au même traitement : le TGV en personne, version Rio-Sao Polo pourrait connaître une nouvelle jeunesse et un nouveau lieu de production.
De quoi s'interroger sur la pertinence de ces engagements de courte vue. Peut-on espérer qu'ils n'ont pas pour seule ambition d'attirer micros et caméras ici et maintenant mais qu'ils témoignent quelque part d'une "certaine idée de la France", mais alors laquelle ?. Petite touche verte du voyage éclair, une initiative en faveur de la forêt amazonienne parait un rien désuète et déplacée. Une touche verte après les éloges sur un Rafale capable de frappes nucléaires et susceptibles d'emmener 5 réservoirs externes de 1 250 litres chacun de kerosène... la culture des paradoxes ets au pouvoir. Vouloir c'est susciter les paradoxes disait Camus, dont acte du volontarisme même s'il écrivait cela dans le mythe de Sisyphe, peut être le vrai danger de notre future industrie, tenter d'atteindre le sommet et toujours redescendre... foutu transfert de technologies !!!

mardi 1 septembre 2009