vendredi 18 décembre 2009

Le lâche et le réfugié

Appelé à soutenir un Eric Besson plutôt malmené, le porte-parole de l'UMP n'a pas fait dans la dentelle en justifiant le renvoi d'afghans dans leur pays par leur devoir de combattre.
Une ingérence dans les affaires intérieures d'un pays en guerre certes mais en guerre civile, et au coeur de tout un chacun à qui l'on impose vu de France un devoir.
Habitué des éructations en tout genre, Lefebvre en arrive tout de même aujourd'hui à formuler des aberrations.

"Alors que de nombreux pays du monde, dont la France, sont engagés en Afghanistan, qui pourrait comprendre que des Afghans dans la force de l'âge n'assument pas leur devoir, et échappent à la formation que, notamment, les forces françaises leur proposent pour défendre leur propre liberté dans leur pays ?"

Dans un pays en guerre depuis des décennies, envahi en partie par l'URSS, soutenu en partie par la CIA, parcouru de tant de courants et sujet de bien des convoitises géopolitiques il y aurait donc un choix pourtant évident, simple et pour tout dire obligatoire. Personne ne l'a vu, mais lui, si, Frederic "vincent" Lefebvre les a vu. Il en fait donc profiter le monde.
Tout civil est un soldat en sommeil, tout citoyen a le devoir de se battre sur son territoire, sont des affirmations qui sonnent tout de même bien curieusement dans nos oreilles cocardières...
Et qui de fait interpellent sur la motivation que nous pourrions à nous croire autorisés à donner des leçons au-delà de nos frontières et à stigmatiser une petite population d'hommes en difficulté.
"Le lâche aime à faire la chasse aux tigres morts" dit Lao She. C'est tout de même un peu l'impression que donnent ces porte-flingues de l'UMP sans vergogne. Et sans mémoire. Je sais bien que les cours d'histoire sont mal vus de ce gouvernement mais j'ai peur d'y déceler une sorte d'allergie voire un désintérêt flagrant. Pourtant Alfred Grosser dit volontiers qu'"un peuple qui ne connait pas son histoire est condamné à le revivre", une recommandation qui devrait plus préoccuper le porte-parole de l'UMP.
Je ne sais ainsi trop comment, à la lumière de son raisonnement, il analyse l'exode qui entre le 10 mai et le 22 juin 1940 emmena quelques 6 millions de français sur les routes. Ils fuyaient l'ennemi et quittaient leur territoire.
Et que dire de ceux qui rejoignirent l'Angleterre alors que notre armée était en déroute ? Ont ils eu droit à un porte-parole de Churchill qui les invitait à regagner leurs navires avec ces mots : "Alors que de nombreux pays du monde, dont l'Angleterre, sont engagés contre l'Allemagne, qui pourrait comprendre que des français dans la force de l'âge n'assument pas leur devoir ?"
Je ne crois pas.
Le réfugié se définit généralement par celui qui à quitté sa région ou son pays pour y éviter un danger. Il conviendrait d'y ajouter désormais... et qui de ce fait s'est soustrait à son devoir qui lui intimait l'ordre de combattre.
En plus de revoir l'histoire à sa façon, on revisite même le dictionnaire ! ce doit être ça la France qui change.
Je ne sais ainsi pas trop comment qualifier ces nombreux juifs qui ont fui la shoah et trouvé refuge hors d'Europe.
Mais alors le doute m'assaille quand on évoque ces petits nobles hongrois face à l'invasion soviétique. Tel un Pal Sarkozy par exemple.
Ou ces riches industriels italiens redoutant les brigades rouges depuis le Cap Nègre. Tel les Bruni.
Décidemment, ils n'en font parfois qu'à leur tête ces réfugiés.
Et que dire de ceux qui se réfugient en Suisse pour éviter l'impôt français ?
Thierry Mariani accorde son "estime va davantage aux jeunes Afghans qui ont fait le choix de rester dans leur pays pour le reconstruire et lutter contre les talibans aux côtés des soldats français qu'à ceux qui le fuient".

Il a peut être raison finalement, on devrait les renvoyer plus souvent qu'à leur tour. Parce qu'en plus vous savez quoi ? ils mangent aussi le pain des français... et c'est pas un imbécile qui le dit. Douanier Lefebvre vous m'avez convaincu !!!

lundi 14 décembre 2009

Rachida Dati - Moins maline, tu meurs

Plutôt discrète ces derniers mois, l'ex Ministre de la Justice réapparaissait sur le devant de la scène médiatique en même temps que sa réforme se traduisait par les premières fermetures de tribunaux. Dans des médias choisis et variés, elle distillait humilité, charme et décontraction pour mieux dévoiler de futures ambitions. Du "Elle a changé" jusqu'à la prédiction d'un "destin" politique Capitale, ces Unes collaboratrices n'ont cependant pas résisté à sa désinvolture et à sa légèreté. La faute à un petit micro qu'elle portait dans le cadre d'un reportage mais qu'elle n'a pas pensé à enlever au moment d'engager une conversation téléphonique particulièrement profonde et inspirée. Docteur Jekyll Rachida et Miss Hyde Dati...
Comme dans l'épisode de l'auvergnat d'Hortefeux, les proches s'indignent des images "volées" un terme toutefois assez inapproprié tout de même étant entendu que Rachida Dati portait volontairement cet ustensile destiné à la promouvoir dans son rôle de député européen. Piégée par les médias la plus médiatique des sarkozy girl ? toujours sur l'Europe en tout cas comme jadis lors d'un quizz UMP assez goguenard...
L'impression générale, c'est finalement d'assister à un nouvel épisode de Voyage en terre inconnue. Quand Rachida part à la rencontre des euro-députés, loin du bling bling, du luxe parisien et du confort professionnel qui fait son quotidien. Si cette émission peut être diversement appréciée dans son concept, on peut regretter qu'il ne s'agisse pas là d'un montage mais de la triste réalité de notre France politique. Qu'une politicienne professionnelle se sente aussi peu à l'aise dans son environnement interpelle forcément sur le coût de son inutilité pour le contribuable européen, le poids de son absence de conviction et l'abyssale désintérêt de tout ce qui ne concerne pas sa petite personne. Malgré un plan de com bien rôdé destiné à lui fabriquer une étoffe de héros, son impatience et sa suffisance ravive son image hautaine, calculatrice limite imposteur. Si l'on ne manqua pas de rappeler qu'il manquait quelques lignes à son CV, notamment l'obtention d'un MBA salvateur pour intégrer sur titre l'Ecole Nationale de la Magistrature, il est avéré aujourd'hui que Rachida Dati n'est pas diplômée d'un quelconque media-training...
Une conception on dira trés personnelle de la numéro 2 de la liste UMP en Ile de France de la représentation politque qu'elle qualifie volontiers dans sa conversation privée de "faire la maline", les intéressés apprécieront, d'ailleurs ils apprécient peut-être, sûrement même au regard de sa carrière plutôt fulgurante. Bien sûr, les oiseaux de mauvaise augure ont tout de même qualifié son départ du gouvernement de désaveu et son engagement pour les Européennes plus opportunistes qu'autre chose. Mais elle s'est forgée de fait une identité politique peut être insuffisante pour briguer le sommet mais bien suffisant pour durer. Le malaise est cependant palpable à l'entendre se justifer en surfant allégrement sur son statut de minorité visible :
"Je trouve qu'on n'aurait pas fait ça à un homme" parait ainsi bien énigmatique comme si des hommes politiques avant elle n'avaient pas été pris par des micros ouverts à commencer par le plus illustre du moment sur un plateau de France 3 ou lors d'un salon de l'agriculture agité. Quand à évoquer "C'est aussi une organisation pour une femme d'avoir son activité familiale et son activité professionnelle" pour une habituée des soirées parisiennes et des escapades à l'étranger, c'est assez cocasse.
Reste le traditionnel "On ne me pardonnera rien, on ne m'a jamais rien pardonné, ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer" qui peut renvoyer à ses origines ethniques comme à son parcours professionnel.
Mais là encore, l'ancienne chargée d’étude stagiaire auprès de la direction comptabilité-finance du groupe Elf Aquitaine (grâce à Albin Chalandon), entrée ensuite à la direction de l'audit de Matra communication (après une rencontre avec Jean-Luc Lagardère), a passé ensuite un an à Londres (auprès de Jacques Attali) à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. On fait pire dans la difficulté non ? Plutôt que le Grand Pardon, on a l'impression de revoir le Parrain... En 1992, avec un financement de ... Matra, elle suit les cours du MBA d'HEC sans en obtenir le diplôme. Recalée quelques temps plus tard du Conseil d'Etat malgré d'influents soutiens, elle devient directrice générale adjointe au conseil général des Hauts-de-Seine, sous la présidence de Nicolas S. Et ainsi de suite.
Aussi dois-je mieux comprendre ses propos s'ils signifient qu'on ne lui pardonne pas ce parcours particulièrement protégé et peu justifié par ses qualités exprimées dans l'exercice de ces fonctions obtenues par la grâce.
Alors que Rama Yade avait au moins eu le courage de refuser, Rachida Dati semble s'empêtrer dans ses incohérences d'avoir accèpté ce qui ne lui plaît pas. Déjà épinglée pour avoir omis de déclarer au Parlement européen ses indemnités d'élus parisiens comme l'existence de sa récente société de conseils, elle annonce un drame prochain dans l'hémicycle. On peut la rassurer, le drame se déroule déjà, là, sous nos yeux, l'indécent spectacle d'une représentation politique de pacotille déconnectée de tout et ne devant répondre de rien.
A l'heure de la réforme des collectivités locales qui annoncent fièrement une division franche du nombre d'élus, il est à craindre que ceux là-même qui foulent du pied toute éthique et fondement démocratique seront mieux protégés que les obscurs serviteurs de la République. Pas rassurant.






jeudi 10 décembre 2009

Lille - Les voyants du LOSC sont au vert

Lille a alterné en novembre le bon et le moins bien avant de monter nettement en puissance dans le dernier mois de l'année. 12 buts en trois matchs, 15 points pris sur 18... Sacrément chouette.
Le Champion de France au tapis à Villeneuve d'Ascq, il y avait de quoi pousser un bon ouf de soulagement couplé avec le sentiment légitime que l'équipe, plutôt brillante à l'échelon européen, trouvait enfin la bonne carburation dans l'hexagone. Les journalistes parisiens avaient beau ne souligner que le non-match bordelais, les supporters, tel votre serviteur, s'enflammaient un brin.
Le match suivant à la Mosson ne devait être qu'une longue douche froide. Sans ressort, sans envie, les dogues étaient aimablement balayés par des promus affamés. Sans révolte ni soupçon de combativité ils se laissaient ainsi proprement marcher dessus pour s'incliner logiquement 2/0. Le yoyo se poursuivait donc à l'heure de recevoir Valenciennes pour un derby inquiétant face à la meilleure équipe nordiste de cette première partie de championnat. Sous pression, obligés de bricoler une défense fébrile, le pire était à craindre face à VA joueuse et buteuse en diable. Que nenni, à l'issue d'un match de haute volée et d'engagement constant, Lille dynamitait le voisin en s'appuyant sur deux joueurs offensifs particulièrement en réussite : le revenant Frau et l'insaisissable Gervinho. Et nous voilà bien rassénérés avant un déplacement qui pouvait être décisif en Europa League à Valence. Las, à peine deux minutes suffirent pour que Landreau ne cherche le ballon dans ses filets et il fallut attendre la 90° pour que le Losc marque enfin. Mais le mal était déjà fait avec trois buts dans la musette. Pourtant, en jouant plus haut et plus vite les dix dernières minutes, les hommes de Rudy Garcia firent enfin jeu égal. Mais sans un grand Landreau le score aurait pu dangereusement enfler auparavant tant la défense lilloise s'était montrée dépassée à maints reprise. L'énigme Emerson étant même changée à la mi-temps... Valence bien supérieur avait-il pour autant besoin de tant de mansuétude ? un pénalty oublié par les 5 arbitres sur Gervinho, un autre pour une main d'un valencien dans sa surface, une faute comme dernier défenseur sanctionné tout juste d'un jaune... cela fait quand même beaucoup.
A l'heure d'affronter des lyonnais guère plus fringuants, le spectre d'une contre-performance flottait en tout cas dangereusement qui plomberait alors franchement le classement.
Mais rebelote et dix de der, l'OL marquait aussi vite pour s'envoler bientôt. On revoyait le naufrage de la défense lilloise à Valence en double ! Face à un Lisandro écoeurant de réalisme, Frau sauvait bien le match d'une tête rageuse bienvenue. Mais c'est ce même Lisandro qui clôturait la mi-temps sur sa troisième occasion. Lille touché mais Lille déterminé repartait à l'assaut dés l'entame. Et de stérile, la domination du milieu de terrain nordiste devint soudain prolifique pour augurer d'un retour pour le moins improbable. Les deux compères Frau et Gervinho mettaient au supplice l'arrière-garde de Claude Puel et Hazard tout frais rentré donnait bien des torticolis. C'est cependant Debuchy, superbe de volonté, milieu droit de formation reconverti arrière droit mais jouant pour une de ses premières fois ce soir là à ... gauche qui provoquait le penalty de l'égalisation. Un énorme Lloris entretenait l'illusion du match nul jusqu'à ce que notre géniale recrue ivoirienne délivre tout un stade pour signer un authentique exploit. Bonjour la confiance et l'ambition retrouvées !
En attendant des verts bien pâles (pourtant 5° budget du championnat !) le journalisme parisien pouvait de nouveau entonner sa ritournelle du non-match lyonnais. Lille est de retour dans le haut du tableau.

Et sa victoire nette et sans bavure face à l'Asse de Mirallas et Tavlaridis les replace même carrément dans ce championnat si serré à... deux points de la seconde place. le tout en pratiquant un jeu particulièrement attractif et offensif comme en attestent les 12 buts marqués en seulement trois rencontres et nos deux co-leaders du classement des buteurs Frau et Gervinho qui ont déjà 8 buts à leurs compteurs. Oh bien sûr la défense pose toujours question malgré un Rami au-dessus du lot et d'ailleurs auteur d'un coup-franc d'anthologie ce soir. Landreau n'est pas étranger à ses résultats lui qui rassure et annihile bien souvent l'occasion adverse qui aurait pu tout changer. Il n'en demeure pas moins que notre flanc gauche et dépeuplé et que notre défense centrale, si nous jouons l'Europe au printemps, mériterait une recrue de qualité. Reste que l'on se régale des prises de balles de nos attaquants, des jeux à une touche de balle et des montées rageuses de nos milieux défensifs. Mavuba à ce titre ne revient il pas à un niveau de jeu supérieur au Diarra bordelais ou au Toulalan lyonnais ? Comme Cabaye se replait à orchestrer et qu'Obraniak a remis la marche avant ça décoiffe pour le moins. Les états d'âme semblent rangés de côté et le coach viré cet été s'est reconstruit une légitimité. Pourvu que cela dure.
Ce rythme, il faudra déjà le tenir jeudi prochain pour venir à bout (même si un nul suffira peut-être) face à Prague. Histoire de se qualifier et de défier plus tard un grand d'Europe. Si Rudy Garcia arrive à faire un peu tourner en gardant le même niveau de jeu, c'est même le championnat très ouvert et peu dominé par les grosses écuries qui peut s'offrir. Face à un Monaco bien inconstant dimanche le Losc saura t'il ainsi enchainer ce calendrier démentiel ? Mais depuis quelques journées, l'on sait que le Losc peut tout autant en rêver. Renversant !

dimanche 6 décembre 2009

Lettre à Saint Nicolas

Cher Saint Nicolas
je te souhaite une belle fête ce 6 décembre tu sais comme on y tient ici dans l'Est. Faut dire que tu nous gâtes avec tes deux récentes visites en octobre. Cette fois ci tu avais mis les petits plats dans les grands avec chars décorés et costume d'Evêque de Myre ta vie d'avant, d'avant d'être Président. Tu as vu, on était là tout content tout motivé malgré la pluie et ta politique depuis deux ans et demi. Faut dire que les occasions sont rares où c'est toi qui distribues quelque chose. Des bonbons juste. Tu vois on ne demande pas la lune, ni hausse du pouvoir d'achat, ni engagement politique fort pour l'avenir, juste des bonbons.
Ce sont les enfants qui ont été heureux de voir leur Saint protecteur; Et puis avec ta mule Estrosi et son idée de couvre-feu tu fais fort, les bouchers niçois n'ont qu'à bien se tenir ! Ce n'est qu'une idée mais tu sais Grand Saint Nicolas, si tu rétablissais le couvre-feu pour tous après 22h les chiffres de l'insécurité piqueraient vraiment du nez. Enfin ta mule n'était pas là, elle s'occupait d'une autre sorte de bétail à élire. Le Père Fouettard lui, était bien présent à tes côtés, il a d'ailleurs des traits multiples qui inquiètent petits et grands. Il se tient à tes côtés, de plus en plus à droite, limite à l'extrême c'est assez curieux. Toi même te place toujours du côté droit de la rue, de plus en plus sur le côté droit, comme si tu avais oublié que tu étais le Saint Nicolas de tous...
Bon comme on se dit tout, cette idée de se draper dans un drapeau bleu-blanc-rouge ça n'a pas eu qu'un franc succès... c'est surtout le bleu qui faisait bizarre par rapport à d'habitude depuis l'an 250 environ mais enfin, la France doit changer alors forcément Saint Nicolas montre l'exemple.
En tout cas tu avais fière allure, c'est vrai qu'en gala tu dégages une telle assurance, un tel contentement de tout que c'est contagieux. Sur ton passage je dois quand même reconnaitre que ton auto-satisfaction est de moins en moins contagieuse et acceptée. Tu sais Saint Nicolas ce n'est pas le 6 décembre tous les jours, la fête se fait rare en ce moment il serait bien que de temps en temps tu descendes de ton nuage. Sinon on va finir par préférer le Père Noël.
En même temps, moi je n'avais pas compris que politique et figures de légende ne faisaient qu'un, sinon j'aurais plutôt voté Captain Marvel ou Goldorak mais on ne refait pas l'histoire enfin pas moi tout du moins. Et puis tu ne crois pas que chacun devrait rester à sa place quand même ?
Les héros d'un côté, les hommes politiques de l'autre ? parce que Grand Saint Nicolas, je ne crois pas que tu sauveras le monde ni même la France et c'est écorner ta légende que de vouloir le faire croire.
Enfin bon j'ai mangé mon pain d'épices, vu le feu d'artifice que demande le peuple ? peut être de comprendre un peu plus où tu veux en venir toi qui parles tant pour ensuite faire le contraire. Il ne manquerait plus que l'on s'aperçoive que tu n'existes pas vraiment, qu'avec talonnettes, mitre et masque un simple bonhomme se cache derrière tout cela. Ce ne serait plus la fête du tout.
"Le pire danger qu'il y a à tromper autrui, c'est qu'on finit toujours par se tromper soi-même."

mardi 1 décembre 2009

Les sept ans de Souricette

Souricette attend fébrilement ses sept hivers. Tellement fébrilement que son état l'est aussi jusqu'à en devenir grippal. Ah ? A ? on ne sait pas. Mais presque 40 degrés à l'ombre un premier décembre à Metz, réchauffement climatique ou pas, on sait que ce n'est pas normal. Et voilà comment on prépare son anniversaire aux urgences pédiatriques. C'est mieux que de préparer un marathon aux urgences orthopédiques ou sa participation à la Roue de la fortune aux urgences psychiatriques mais tout de même... principe de précaution oblige, c'est toute la journée de fête qu'il faut annuler et les invitations repoussées... Alors Souricette reste sous la couette, le sourire en berne, la faute à une pandémie qui n'est pas son amie, d'ailleurs elle n'était pas initialement invitée, c'est dire ! Car Souricette gère les invitations avec fermeté et vigueur d'habitude, mais là... sonnée la mistinguette, presque pas le goût à regarder Piwi, à peine l'appétit de s'enfiler quelques nuggets frites ketchup sans dessert, c'est dire...
C'est dur d'avoir appris à lire, compter, écrire pour se retrouver terrassée par un tout petit microbe. Et que dire du gala de patinage qui approche à grands pas, de la sortie luge en attendant le ski lors des vacances de Noël ? c'est qu'à sept ans, déjà, on a un agenda et les équipements qui vont avec. Quand elle sera plus grande, elle aura sûrement un Blackberry, pour l'instant elle a des parents. C'est plus encombrant d'accord mais tout aussi pratique. Un papa qui conduit, emmène, ramène aux heures voulues, une maman qui prépare, prévoit, nettoie tout ce qu'il faut pour que l'artiste n'ait qu'à s'exprimer sur l'essentiel. Il y a toujours du réseau et la batterie ne se décharge pas avec eux. Pis question abonnement c'est plutôt donné...
C'est un peu U2 en tournée mondiale sauf que ça ne se passe qu'autour de Metz et que cela dure toute l'année... En bons intermittents du spectacle, les parents ne comptent pas leurs heures et râlent toujours un peu mais au final le chapiteau est toujours dressé à temps.
Le remarque t'elle Souricette ? pas sûr car dans son échelle de valeur on touche là à la normalité...
Une normalité qui doute déjà de l'existence du Père Noël mais concède volontiers que les bisounours ont des pouvoirs magiques. Une normalité qui craint la violence même dans Zorro et qui s'interroge sur la mort, quoi de plus normal ?
En attendant, elle joue avec ses pet shops, Barbies ou Playmobils en s'inventant des mondes un peu particuliers où on ne s'interroge pas sur son identité, sur la place des minarets, sur la pérennité financière de lointains pays des mille et une nuits, la fin des retraîtes ou le devenir écologique de la planète. Elle a bien raison de jouer et de tenir à ses mondes imaginaires, rêvés. Plus tard, elle pourrait même vouloir les vivre, ce serait un peu magique mais sûrement moins tragique que d'accepter celui qui se dessine.
Elle aura peut être alors plus besoin d'un GPS, d'une boussole, d'une baguette magique, d'un satellite ou d'un hydravion plutôt qu'un Blackberry...
alors je m'adapterai pour que Souricette trace sa route et que son spectacle continue...

mercredi 25 novembre 2009

Economie - le triomphe du moins pire

C'est pour tout dire assez inquiétant que d'écouter les discours politiques sur l'économie. Déjà il y a cette récurrente attente des chiffres qui me fait toujours un peu bizarre. Des gouvernants qui attendent que des chiffres tombent, qui les commentent avantageusement ou les subissent, cela donne finalement une idée assez juste de leur totale inutilité et efficacité en la matière.



Fort heureusement pour eux la presse n'est pas particulièrement encline à systématiquement chiffrer les résultats des politiques engagées. Tout juste de temps à autres sort on quelques perles d'idées mort-nées quand elles ont tenté d'être appliquées.
Ca n'est pas loin d'être la situation rencontrée par le pompeux Grand Emprunt dont la finalité n'est autre que de creuser un peu plus les finances de l'Etat sur le compte de marchés financiers que l'Etat a soutenu sans les sanctionner.
Mais c'est toujours mieux que rien. Une phrase souvent entendue qui va avec les "Moi, j'agis" ou le magnifique "ce pourrait être pire" ou "on a évité le pire". Il y a comme un air de déconfiture dans ce qui ressemble à un bel aveu d'impuissance ragaillardi par la perspective du pire.
C'est ce que Machiavel décrivait, oui parce que vous ne pensiez tout de même pas que nos gouvernants actuels avaient inventé quelque chose ?, c'est Machiavel, disais-je, qui affirmait "En politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal."
A petite dose c'est sûrement vrai mais au quotidien cela interpelle. Notons que Machiavel explique, ne s'en félicite pas.
Quand on entend le Secrétaire d'Etat à l'Emploi puis le Président de la République himself se féliciter du chômage partiel, le dénommer comme une arme anti-crise, le remercier d'avoir sauvé des emplois .... ne franchit-on pas allégrement quelques étapes ?
Je peine ainsi à imaginer le satisfecit qui gagnera nos élites le jour où la France créera des emplois plutôt que de moins en perdre. Encore faut-il s'entendre sur le niveau de perte possible car alors que l'Insee recense 319 000 salariés touchés par la grâce du chomage partiel, Laurent Wauquiez avance «L’activité partielle, qui permet d’éviter de licencier les gens, a permis de préserver 300 000 emplois.» Ce qui signifie que dans son esprit, tout bénéficiaire est un chomeur qui s'ignore ou sommeille. Un étrange calcul économique et social qui tranche dans le vif : soit l'entreprise a recours au chômage partiel soit elle ferme ses portes intégralement. Ce qui du coup rend la mesure bien moins rassurante.
Voilà qui peut donner des idées sur les avantages et mérites de l'action partielle : aux étudiants qui suivront partiellement leurs études, on vantera avoir évité l'écueil des non diplômés ; sachant que pour avoir son diplôme il faut passer par les... partiels. Compliqué. Aux retraités titulaires d'une retraite partielle, comme aux salariés ayant la chance de posséder un revenu partiel, on saluera l'avancée significative de la lutte contre la pauvreté ; cela marche à tous les coups c'est vrai, un nouvel oeil pour oeil, dent pour dent ou quand la raison est la cause sont de mèche, partiellement.
On se moquait d'un Bayrou moyennenment positionné au milieu, nous avons en plus un gouvernement partiellement au pouvoir qui prend des mesures partielles pour subvenir partiellement à nos besoins. Avec une menace suggérée genre "Moi ou le chaos".
Pourquoi pas mais ce que je ne comprend pas c'est la nécessité de prendre un ton convaincu et le souci de ne pas être contredit pour annoncer des lapallissades pareilles ? Christine Lagarde qui a inventé la croissance négative fourbit certainement déjà ses belles annonces de demain tant il est déjà certain qu'un quart d'heure avant sa mort, elle vivra encore.
Peut-on dés lors se satisfaire de ce moindre mal ? certainement. Faut-il le louer comme stratégie politique ou modèle de société ? cela parait bien présomptueux, fade et inutile. Le Grand soir a vécu je sais mais faut-il pour autant vivre de peurs en désenchantements ?
Sauf pour les intéressés évidemment qui durent ainsi tout au long d'une carrière faste, régulière, entière, le contraire de partielle quoi.
"Le cochon dit à la poule : "Les oeufs, pour toi, c'est un engagement partiel ; le bacon pour moi, c'est un engagement total"" racontait justement Philippe Meyer...

samedi 21 novembre 2009

Identité française - La crise de foi d'après fête

"A force d'abandon, nous avons fini par ne plus savoir très bien qui nous étions. A force de cultiver la haine de soi, nous avons fermé les portes de l'avenir. On ne bâtit rien sur la haine de soi, sur la haine des siens et sur la détestation de son propre pays", ainsi parlait Sarkozy 1 bien décidé à ne pas abandonner de voix nationalisantes en prévision des prochaines élections régionales. C'est donc l'infidèle Eric Besson qui lance la machine étatique destinée à imposer un débat sur le sujet ce qui tombe plutôt bien car des sujets il n'y en a guère.


C'est l'avantage d'avoir un parti majoritaire qui n'a que le mot réforme à la bouche, à force de tout réformer unilatéralement pas simple de trouver un thème de discussion. La crise, les destructions d'emplois, la renaissance du capitalisme financier, l'errance des politiques, le devenir des systèmes de retraite et de sécurité sociale n'étant pas tendance...Notez que cela aurait pu être pire on aurait pu se taper un débat national sur Les chevaliers paysans du Lac Paladru en l'an Mil" comme l'évoquait joliment un film d'Agnes Jaoui voire "C'est important d'être à la mode ? justifiez votre réponse". Finalement on ne s'en sortait pas si mal avec ce truc somme toute assez connu, le bleu-blanc-rouge, la Marseillaise, la terre, le travail, la famille, la patrie tout ça. Et alors que l'on esquissait à peine les premières tendances vla t'y pas que se présente l'évènement fédérateur par excellence : un match décisif de l'équipe de France pour participer à la Coupe du monde ! et qui plus est face à un petit pays où l'identité n'est pas un vain mot et se caractérise notamment par le port altier du vert et une propension naturelle à ingurgiter de la Guinness qu'il vente ou qu'il pleuve et d'ailleurs surtout quand il vente et il pleut. Etendards de sortie, gorges déployées, l'heure était à la mobilisation au Stade de ... France. Aux armes citoyens tout ça et c'était parti pour une bonne séance de construction de notre identité comme il dit Nicolas, destinée à nous ouvrir les portes de l'Avenir. J'étais un brin sceptique faut reconnaître mais il avait raison Nico. Bon je l'ai trouvé petit d'arriver en retard discrètement de peur de se faire siffler mais il avait raison. La séance terminée, les portes de l'Afrique du Sud se sont ouvertes c'est déjà ça. Par contre pour ce qui est de l'identité, j'ai l'impression que c'est un peu compliqué. Il faudra le remettre à demain vu qu'à une main cela pause des problèmes de conscience. Thierry Henry ayant volontairement redressé la course du ballon avec ses doigts musclés sans que l'arbitre n'y trouve rien à redire. La France a donc gagné mais sans respecter les règles du jeu, en trichant, c'est le scandale, la honte, la déchéance de toute une nation qui, du coup ne veut surtout pas être identifée. Aïe. Bonjour le lendemain de beuverie et la crise de foi. Comprenez bien, ce succès acquis sur une faute c'est une insulte à notre esprit éclairé, celui des Lumières (pas celui de "casse toi pauvre con"), c'est une infamie mondiale à notre universalité espérée.
Ce'st aussi une belle connerie. L'arbitre est seul maître à bord avec ses deux assesseurs, il n'a rien vu, rien sanctionné alors, comme dans des milliers d'autres cas dans l'histoire du sport le résultat est ainsi. Le résultat qui n'a pas à être juste ou mérité, mais juste à être là. Et si l'attaquant français a touché le ballon de la main, ses homologues irlandais en avaient fait de même dans les minutes précédentes. Et si l'arbitre n'a pas bronché, il n'a pas bronché non plus lorsqu' Anelka est touché par le gardien vert à l'instar d'Evra au match aller. Et si les irlandais se sentent floués, ils n'ont qu'à inviter les Georgiens pour une séance de consolation collective, eux-même ébranlés par un pénalty imagi
naire sifflé au profit de l'Eire qui, pour le coup n'en manqua pas. Ne proposa pas non plus de rejouer le match ou de rater volontairement le tir d'ailleurs.

De cet épiphénomène, une gronde tenace s'est élevée au nom de la France, de ses valeurs, de son image. Des milliers de bons petits français pourtant sûrement peu exigeant avec eux-même, se sont trouvés une cible pour s'offusquer à foison. Dans un pays où l'on paye si peu l'impôt que l'on doit, où l'on s'accommode tant des lois par copinage ou pression, ou l'on râle volontiers de chaque contra
inte pour mieux s'en dédouaner, et bien là on est scandalisé. Au point que, et c'est Jacques Attali qui le dit, "Nous sommes tous irlandais". Attali qui le dit, ce magnifique repris de justesse, relaxé de l'Angolagate si piteusement, habitué des dictatures africaines du moment qu'elles sont rémunératrices, inquiété par la justice russe pour ses liens étranges et coûteux avec la ville de Saint Petersbourg, c'est ce gars là donc qui a aujourd'hui comme bien d'autres, un problème de conscience avec le ballon rond. Fichtre.
Quand l'opium du peuple monte à la tête voilà qui donne la nausée et des lendemains bien comateux. Allons donc, renvoyer des réfugiés afghans dans leur pays en guerre est donc assurément plus acceptable que de toucher un ballon de la main. Pauvre France dont les errements émotionnels traduisent bien ce qu'elle est : une petite nation de petites gens dirigés par de petits esprits à courte vue (et haute talonnette). Et qui ne l'accepte pas. Autant l'accepter pourtant et dès lors normal d'accepter que l'un des nôtres braconne, rapine parce qu'à la régulière ça ne marche pas. Comme un Inzaghi qui a fait gagner des dizaines de matchs en plongeant, Maradona en s'agrandissant, Schumacher en démolissant, Tapie en achetant ou Paolo Rossi en se dopant.
A croire que le fait de déterrer le tristement célèbre travail-famille-patrie a ravivé chez de nombreux compatriotes le souci de dénoncer et de collaborer avec l'Autorité au nom de valeurs morales et pourquoi pas d'un ordre nouveau tant qu'on y est ?
L'Irlande malgré la faiblesse insondable de la France lors de ce second match n'a jamais été en position d'aller en Afrique du Sud, faut quand même le faire !
Maintenant je veux bien croire qu'ayant une haute opinion de nous-même nous nous créons de drôles d'obligations. Mais de grâce redescendons sur terre, n'est pas Cyrano qui veut, ni Henry, ni vous, ni moi :
"Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès ! Non ! Non ! C'est bien plus beau lorsque c'est inutile ! -qu'est-ce que c'est que tous ceux-là ? -vous êtes mille ? Ah ! Je vous reconnais, tous mes vieux ennemis ! Le mensonge ? (il frappe de son épée le vide.) tiens, tiens ! -ha ! Ha ! Les compromis, les préjugés, les lâchetés ! ... (il frappe.) que je pactise ? Jamais, jamais ! -ah ! Te voilà, toi, la sottise ! -je sais bien qu'à la fin vous me mettrez à bas ; n'importe : je me bats ! Je me bats ! Je me bats ! oui, vous m'arrachez tout, le laurier et la rose ! Arrachez ! Il y a malgré vous quelque chose que j'emporte, et ce soir, quand j'entrerai chez Dieu, mon salut balaiera largement le seuil bleu, quelque chose que sans un pli, sans une tache, j'emporte malgré vous, (il s'élance l'épée haute) et c'est... (l'épée s'échappe de ses mains, il chancelle, tombe dans les bras de Le Bret et de Ragueneau. Roxane: c' est ? ... Cyrano : mon panache."

mardi 17 novembre 2009

SportCo - Les bleus dominateurs et convaincants

Bon week end de sport collectif pour nos couleurs tricolores avec coup sur coup un test match face aux champions du monde côté ovale, un match aller de barrages de Coupe du monde côté rond. Deux victoires à la clé, ce qui compte tout de même le plus à la fin. On ne boudera donc pas notre plaisir même si le spectacle fut plus présent à Toulouse qu'en Irlande mais pour bien jouer, c'est bien connu il faut être deux.


J'en profite donc pour commencer par le foot en égratignant volontiers le 11 du trèfle paré de toutes les intentions et de toutes les qualités mais qui, malgré un public superbe n'a fait que défendre et éventuellement contrer. Une surprise qui n'en était pas vraiment une quand on regarde la carte de visite de leur illustre sélectionneur adepte du catenaccio. Du coup la France s'est quand même retrouvée à devoir faire le jeu ce qu'elle n'a pas su faire avec un Gourcuff aux abonnés absents et des attaquants de couloir jouant dans le rond central. Les pertes de balle rapides ont pu faire craindre le pire avant que la paire de Diarra ne commencent à tenir le terrain. Reste que la plus grosse occasion fut irlandaise et que la bonne maîtrise française manquait cruellement de vitesse et de percussion. La seconde mi-temps fut du même accabit et pour tout dire assez ennuyeuse et un tantinet crispante. Et si les français méritaient sans doute un pénalty, les verts ont eu les ballons pour marquer sur quelques boullettes somme toute habituelle d'une défense centrale sinon présente. Finalement Anelka, valeureux à défaut d'être génial, bénéficiait d'un petit coup du destin salvateur. La messe pouvait être dite quelques minutes plus tard quand le même Anelka, contré, laissait le but ouvert à Gignac, ce dernier trouvant tout de même ... la touche !
Lloris, dont j'aime beaucoup la vitesse et la vista assurait bien l'essentiel. La défense française dans son ensemble peut être saluée puisqu'elle n'a pas pris de buts ainsi que les deux milieux défensifs. On notera que Lassana est monté en puissance tout au long du match et que les propos de Patrick Viera de fait prêtent bien à sourire...
Sur l'animation offensive en revanche c'est tout de même bien décevant. Gignac a tenté, même marqué mais hors jeu et aussi raté jusqu'à l'immanquable. Henry a promené son ombre sur le flanc droit sans jamais déborder à l'instar d'Anelka à gauche. Même si Govou n'était peut être pas agen, on aurait aimé voir Malouda pilonner l'arrière-garde irlandaise. En tout cas plus longtemps que durant les arrêts de jeu, sa rentrée d'ailleurs provoquant un allongement de la durée du match ce qui, lorsque l'on mène à l'extérieur peut paraître curieux. Place au match retour pour lequel il me semblerait utile de disposer de vrais joueurs offensifs de couloir tant Evra notamment, malgré ses qualités, peine quand même à réussir un débordement.
Des débordements il n'y en eut pas tant que ça à Toulouse pour un France-Afrique du Sud assez fermé mais là encore les visiteurs n'y sont pas pour rien. Et puis, pour ceux qui ont raté le début de match et bien vous avez tout raté puisque les Sprinboks eux-même le disent, leur hymne a été tellement saboté.... qu'ils ont perdu. Il fallait y penser. Après l'entraineur de hand ball qui rentre sur le terrain pour arrêter une contre-attaque ou le coach de hockey qui vide son banc sur la glace de mécontentement, voici venu le temps de la faute à l'hymne mal joué...
Parfois à la limite sur quelques phases de percussions adverses, la victoire des français ne souffre pourtant d'aucune discussion tant le paquet d'avants notamment a été compact, discipliné et puissant. Le 5 a plus que bousculé les champions du monde en mélée et les troisième lignes ont coupé quasiment tout ce qui dépassait. Le tout orchestré par l'étonnant Dupuis que j'ai trouvé trés bon dans ses orientations, sa vitesse d'exécution, sa capacité à jouer au pied... seul bémol à mon sens la débauche d'énergie que nécessite son jeu rend l'exercice de buteur délicat. Il a d'ailleurs un peu gaché. Sinon, les lignes arrières ont tout de même été assez quelconque même si l'ancien grenoblois Vincent Clerc y est allé de son essai ; je n'ai pas trouvé l'ouvreur particulièrement vif et inspiré. Quand à la paire de centres, elle n'est jamais passée ce qui est un signe, Marty le rentrant y est par contre parvenu. Enfin Traille à l'arriere ne m'a jamais trop convaincu, idem pour cette fois même si son jeu au pied est précieux quand on joue à gagne terrain. Une belle victoire dans un match d'une belle intensité au cours duquel les boks n'auront que rarement montré l'étendue de leur capacité et se seront fait beaucoup contrés. Si tôt dans la saison internationale, le groupe France parait bien armé et plutôt cohérent dans son jeu. Capitaine Dussautoir est un bon choix qui redonne de l'ambition sur la scène internationale. Ca, c'est pour le côté rugby. Côté foot c'est bien plus brouillon et besogneux mais aller en Afrique du Sud malgré Domenech sera déjà une sacrée performance. Après, qui sait, la Coupe du monde est un tournoi donc la logique est rarement respectée...

jeudi 12 novembre 2009

La réserve de la République

Moi je l'aime bien Eric Raoult, il est franc du collier ou confondant de naïveté c'est selon. Mais il dit finalement tout haut ce que beaucoup reconnaissent tout bas. Dans la présidentialisation extrême de la V° République, dans les faux airs de monarchie voire de dépotisme qu'il se donne parfois, le pouvoir impose forcément à sa majorité une discipline de fer. Dont elle s'acquitte volontiers ou parfois à contre-coeur, avec conviction politique ou à contre-courant de ses propres électeurs. Dans cette pression permanente à laquelle s'ajoute comme une logique de cour, de favoris, de bannis, de privilèges et d'ambition, pas facile de toujours garder calme et sérénité. Bah oui, pourquoi donc les élus de la majorité seraient-ils les seuls à trinquer ? c'est le drôle de paradoxe de vainqueurs sanctionnés. Comme s'il aurait mieux fallu perdre, un comble. Alors Eric Raoult ne comprend pas que les écrivains par exemple aient libre parole et pas lui... Autour de notre chère identité nationale, liberté-égalité-fraternité n'impliquent ils pas une certaine solidarité d'avec nos pauvres élus UMP ?
Les journalistes ont les premiers exprimés leur soutien appuyé à la majorité et ont mis dés le début du mandat en réserve leur sens critique et leur déontologie, chapeau. Alors pourquoi pas les écrivains ? ils pourraient se réserver d'écrire ce serait bien la moindre des choses estime notre bon maire de Raincy surtout pour coucher sur le papier des mots qui pourraient froisser notre souverain. C'est le crime de lèse-majesté que l'on sent poindre derrière cette notion de réserve. Je connaissais la réserve naturelle, qui veut protéger les espèces rares, les réserves ethniques qui protègent les derniers représentants d'une peuplade donnée, voilà venue le temps de la réserve républicaine. Il s'agit de préserver, sur le territoire de la République, notre Président. Pour cela tous les moyens sont bons et chacun doit se sentir concerné. Sous peine de vindicte populiste ou populaire. Pour que la réserve républicaine fonctionne, il faut la volonté du citoyen, il faut également comme un effet d'entraînement. Notez que je montre l'exemple, ne suis-je pas officier... de réserve ? Un peu comme notre Président qui anticipe l'histoire et les déplacements qui s'y rapportent, moi j'avais anticipé cette évolution puisque petit déjà, j'étais déjà très réservé. C'est dire si je le comprend notre député de la Seine Saint-Denis. Je me demande même s'il ne faudrait pas créer un ministère de la réserve avec un comité de réserve qui mesurerait si un acte, une production, une idée est suffisamment réservée. Dans le cas contraire, on pourrait imaginer des procès pour condamner toute déviance. Et qui condamneraient cette fois sans réserve.
En tout état de cause, je ne saurais trop vous conseiller de commencer à opérer une réserve active histoire de ne pas avoir trop d'ennuis non plus.
C'est ce qui est arrivé à ce pauvre Frédéric Mitterrand, vous savez, celui qui aime les garçons de son âge. Voilà que son compère de la majorité le somme de sortir... de sa réserve. En pleine réserve républicaine ! Il n'a fait ni une ni deux, le Ministre de la Culture en refusant d'arbitrer. C'est un peu le risque du système, à force de tout mettre en réserve il n'y aura plus rien en vitrine. Mais le statut quo n'a pas que des ennemis parmi les habitués du pouvoir.
Moi en tout cas maintenant je fais attention, même quand je vais au restaurant, au concert ou jouer au tennis, avant, je réserve. merci Monsieur Raoult. Et faites en autant.
Et on retrouvera la quiétude, l'immobilisme et le bien vivre qui fait tout le charme français. Et notre Président, apaisé et épargné, pourrait enfin faire preuve de grandeur et d'une vision enfin digne de son rang.
A l'image d'un Napoléon Bonaparte qui n'hésitait pas à affirmer : "Il faut toujours se réserver le droit de rire le lendemain de ses idées de la veille"
alors...

mercredi 11 novembre 2009

Médias - Bakchich dans le rouge

Les temps sont durs quand on n'est pas un média complaisant, de ceux qui sont par exemple invités à faire le point du mi-mandat discrètement à l'Elysée, ou de ceux qui bénéficient gracieusement des sondages commandés par la Présidence sur le compte des contribuables français, ou de ceux qui se dépêchent de relier le grandguignolesque déplacement sarkozien lors de la chute du mur de Berlin. Bakchich n'en fait pas partie alors forcément tout est plus difficile... Placé en redressement judiciaire, ils ont 6 mois pour valider un modèle économique délicat constitué d'un site d'infos gratuites mais avec une partie payante, et une version papier plus récente qui doit trouver son public. N'est pas le Canard qui veut certes mais bon la satyre dans notre quotidien ce devrait être une vraie cause nationale presque aussi médiatisée que les questions d'identité nationale qui taraudent Eric Besson, sa majorité et l'électorat du Front National.
Avec arretsurimage qui a trouvé refuge sur le web après sa suppression télévisuelle, ce sont deux précieuses sources alternatives, presque un gros mot aujourd'hui au pays de Nicolas ouioui.
Alors si vous avez l'occasion, visitez, lisez, faites-vous une autre opinion ou pas. Cela n'a pas d'importance. Mais qu'ils poursuivent leur activité, oui.

vendredi 6 novembre 2009

Faits d'hiver - Le convoyeur des lilas


Tony Musulin je vous salue.
Je vous félicite aussi car s'exfiltrer avec 11 millions d'euros sans violence c'est drôlement fort.
Je vous envie aussi un peu c'est sûr car même mes moyens de transport manquent de fonds
Je vous plains aussi car vous voilà ennemi public numéro 1. Vous me direz, s'ils vous cherchent comme ils cherchent Jean-Pierre Treiber, vous avez quelques marges de quiétude.
Je vous remercie surtout d'avoir fait souffler un vent de fraîcheur sur notre quotidien en nous imposant cette image fugace et particulièrement joviale d'un transport de fonds qui prend la poudre d'escampette. Quel contre-pied magnifique à votre quotidien, quelle claque monumentale pour la certitude, l'habitude, l'évidence. Moi qui prenait ce jour l'avion, j'ai adoré. Rentrant sur la Lorraine je me suis pris à espérer, à croire qu'un autre Tony Musulin, commandant de bord de son état, avait déjà tout préparé. Et qu'au lieu d'atterrir à Metz-Nancy-Lorraine, il avait coché sur son carnet de bord Mahé ou Kuala Lumpur. Et qu'il nous emmenait avec lui. Il y a du John Lennon dans votre démarche, quand Imagine se marie avec possible. Grâce à vous on peut de nouveau tout imaginer. Tenez, je suis presque impatient d'être lundi matin et de m'engouffrer dans mon TER. Pont-à-Mousson-Nancy ce n'est pas hyper attractif mais qu'en savez-vous ? peut pas être cheminot Tony Musulin ? et s'il ne s'arrétait pas à Nancy mais nous lançait sur les traces de l'Orient Express ? s'il mettait le cap sur Vintimille pour nous faire marcher ? ou vers Paris sur un pari ? On verra bien. Cela se déroulera ou pas mais vous avez réhabilité le doute, l'incroyable, l'impensable que notre bonne société pensait avoir écarté, annihilé.
Et si je devenais moi-même un Tony Musulin ? demain je prendrais le volant direction le supermarché, et hop je le dépasserais d'un pas goguenard pour aller boire quelques bières avec les copains. Euh, non, vous avez raison, devenir Tony Musulin ne s'improvise pas il vaut mieux bien préparer son coup. Qu'importe si ce n'est moi, c'est peut être mon voisin le futur Tony Musulin ? Alors la vie change radicalement : c'est le policier Musulin qui vous demande... si vous allez bien, le gardien de prison Musulin qui organise des portes ouvertes, le banquier Musulin qui est prêt à tout, le politicien Musulin qui assure une rupture ou l'huissier Musulin qui délivre des chèques cadeaux. Ou se cache le prochain Tony Musulin ? peut-être comme l'original, à l'étranger ? et un jour viendra un sportif américain Musulin avouera ne pas s'être dopé, un dirigeant chinois Musulin lira la déclaration des Droits de l'Homme, un Musulin palestinien et un Musulin israélien quitteront eux-aussi leur parcours habituel pour se retrouver.
Le convoyeur des lilas est passé par là. A l'heure de célébrer la chute du mur de Berlin, une chute autant physique que psychologique, vous avez illustré à merveille ce temps rare et précieux où les frontières s'effondrent, les repères s'estompent et la raison n'a pas que des amis...
"Parfois je rêve, je divague, je vois des vagues Et dans la brume au bout du quai Je vois un bateau qui vient me chercher "

vendredi 30 octobre 2009

Affaires - sale temps pour les tontons flingueurs

Qu'il fait bon être dans l'opposition, tièdement concerné par les cataclysmes économiques, à peine effleuré par les débats à polémique, entièrement consacré depuis plusieurs années déjà à chercher des idées qui constitueront un jour sûrement un programme. De défaite en débacle la vie d'opposant est un long fleuve tranquille que même les réformes territoriales ne semblent pas vouloir perturber. Entre deux échecs électoraux et quelques congrés inaudibles, le socialiste erre fièrement tout accaparé non pas par la conquête éventuelle du pouvoir non, trop ambitieux, mais par le maintien de sa position dominante parmi les perdants. Il faut dire que du vert à l'orange, les couleurs ne manquent pas qui souhaiteraient vieillir le rose à l'en rendre totalement has been. Alors le PS joue des coudes, qui des vieux éléphants, qui des jeunes loups, une vraie ménagerie finalement, pour continuer d'exister. Il y a du vieil acteur dans ce parti là, qui a connu son heure de gloire et vit, depuis, de cette nostalgie un brin romantique tout en assurant le service minimal lui permettant de subsister; il y va de ses tournées théatrales, axées sur le vaudeville, ça fait toujours recette. Avec une peur lancinante, celle de ne plus plaire du tout, de ne plus être sur aucune affiche, aucun écran. le noir menace le rose alors il se fait tout petit pour ne pas déranger, ne pas s'exposer. Alors qu'une crise économique sans précédent a porté au piloris l'ennemi intime, le capitalisme lui-même, que le chômage et la mondialisation ravivent les boucliers sociaux, le PS regarde passer ce train du changement tel l'acteur muet aux premiers temps du cinéma parlant. Dépassé, lassé, il se retrouve délaissé.
Mais le climat politique plaide en faveur de cette non-action politique : les médias ont été dressé par l'ancien Minsitre de l'Intérieur et de l'Economie à inventer chaque jour des sujets nouveaux à oublier le lendemain. Les partis politiques ont eux-mêmes été invités à choisir radicalement leur camps. Et gare aux brebis galeuses ou égarées qui ne rentreraient pas au sein du troupeau majoritaire où se focalise finalement le combat politique. Bien loin de la quiétude de l'opposant, le partisan occupe un perpétuel maquis dans lequel il doit réaffirmer bien souvent son total soutien au chef. Dominique de Villepin ancien premier Ministre a été emmené devant les tribunaux pour avoir sûrement su que des faux listings n'étaient pas vrais. Charles Pasqua lui emboite le pas, lui l'intouchable, le vénérable, tant de fois suspecté, souvent inquiété, jamais condamné. Il tombe peu après la chute de popularité d'un Président à l'égo surdimensionné. Et comme si la rupture n'était pas suffisante, c'est le prédecesseur en personne, l'icône politique des français qui trinque désormais pour l'embauche jadis d'emplois bien fictifs. Cocasse quand Jean Sarkozy envisageait l'Epad quelques jours plus tôt...
Voilà une certaine idée de la droite qui est invitée devant les prétoires par celui qui veut la diriger seul aujourd'hui. Mi goguenard, mi inquiète l'opposition entend l'incitation à ne pas trop s'élever. Le rêve d'Icare brise bien des vélléités politiques et limite les initiatives de ceux qui, derrière les tontons flingueurs d'hier pourraient également payer. Tel Alain Juppé ou Edouard Balladur par exemple. Alors que dans le même temps François Hollande ou Martine Aubry jouisse d'une liberté déconcertante et sûrement un peu ecoeurante paor les barons d'avant. L'âge n'est d'ailleurs plus le seul discriminant puisque Rachida Dati a fini par payer ses multiples incartades et se retrouve en quarantaine. Une position que pourrait bientôt connaître également la jolie Rama Yade qui, hier encore, a été tout aussi joliment désavouée par sa ministre de tutelle devant toute l'assemblée. Un monde sans pitié, voilà l'univers impitoyable de la majorité présidentielle qui ne manque de faire venir aux lèvres cette célèbre réplique d'Hypo "C'est pas nous les méchants". En vain.

lundi 26 octobre 2009

Finances - La faillite du pouvoir

"Je suis à la tête d'un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier, je suis à la tête d'un Etat qui est depuis 15 ans en déficit chronique, je suis à la tête d'un Etat qui n'a jamais voté un budget en équilibre depuis 25 ans. Ca ne peut pas durer". Ainsi parlait François Fillon en juin 2008.
Il faut croire qu'il a pris des mesures plutôt limitées puisque la Cour des Comptes s'alarme de la présidence française de l'UE qui a suivie ses propos. 170 millions d'euros les 6 mois de Présidence, une note bien salée pour les contribuables français tout heureux que sur ce coup-là, on ne parte pas sur un quinquennat. Et alors que s'éteint à peine la polémique que sur la nomination du dauphin à l'Epad, force est de constater que ces révélations ne manquent pas de raviver la désagréable sensation d'être pris pour des andouilles et de vivre sous l'Ancien Régime. Rien n'est trop beau pour ceux qui nous gouvernent, leur cour et leurs familles, crise ou pas crise, faillite ou pas faillite. Et pour justifier tout ce suprême gaspillage, un argument lancinant, et à mi-mandat déjà éculé : j'agis, normal que cela coûte plus que par le passé ou ils, les rois fainéants, ne faisaient rien. Sauf qu'en la matière, la Cour des Comptes s'interroge en particulier sur l'Union pour la Méditerranée dont le lancement prestigieux n'a d'égal que son caractère fumeux et son développement inewistant. Comme quoi l'on peut aussi faire n'importe quoi pour dépenser de l'argent à l'instar de ce repas officiel au Grand Palais : 780 000 euros d'aménagements démontés le lendemain et ... 600 000 de traiteur pour 200 invités...
Alors on peut penser que le bal des pleureuses va reprendre pour dénoncer tout cet acharnement médiatique et que le Président lui-même ne manquera pas d'épingler les commentateurs dont il n'est pas. Il faut cependant reconnaître que commenter coûte peu à la collectivité au regard des largesses de nos politiques à se faire plaisir.
A un million d'euros par jour la présidence, ces derniers ont beau jeu de s'étouffer devant les bonus des traders, les parachutes dorés des dirigeants ou les excés des collectivités territoriales... Que pense donc la si pointilleuse RGPP de ces coûteux investissements dont le bénéfice tarde à apparaître à nos yeux certes fatigués de tant de zéro alignés ? Comment François Fillon, déjà faillitaire avant, survit il à cette transgression ? Et que dire d'Eric Woerth pour qui transgression il y a effectivement eu puisque l'anecdote rappelle qu'avec son consentement, Bernard Kouchner a réquisitionné un comptable comme l'écrit Philippe Seguin, sûrement un de ces commentateurs inutiles "Face au refus du comptable public de procéder au paiement de dépenses engagées de manière irrégulière, le ministre des Affaires étrangères et européennes a cru devoir procéder à sa réquisition".
S'affranchir des contraintes budgétaires et légales cela conduit bien à quelques impasses mais cela permet également de rémunérer les proches, les fidèles. Philippe Starck s'est ainsi fendu d'un logo pour l'occasion. 57000 euros d'argent public d'accord mais c'est de l'art alors ça ne doit pas avoir de prix.
Tout se passe comme si plus le pouvoir se mobilisait pour réduire les déficits plus il se libérait de toute contrainte propre à son fonctionnement. C'est l'effet d'aubaine de la crise et de l'activisme annoncé, tout se justifie, même l'injustifiable.
Du reste on ne peut pas dire que notre Président montre l'exemple en matière d'économie comme de taxe carbone en passant la semaine au Cap Nègre mais en conservant son agenda parisien...
A se demander s'il ne faudrait pas proposer une loi qui taxerait les dépenses de l'Etat plutôt que de faire un emprunt même grand. Avec la suppression de la taxe professionnelle, voilà une nouvelle source quasi inépuisable de revenu pour l'économie nationale, la taxe sur les dépenses de nos gouvernants. Elle ne pénaliserait ni les ménages, ni les entreprises. Bien sûr, la faire voter par les politiques eux-même montre toute la limite de notre système démocratique mais on ne sait jamais : Jean-François Lamour fera peut être des émules, qui oublieront d'échauffer leurs petits doigts musclés pour... se tromper de bouton. Il est vrai qu'en escrime il n'y a le choix qu'entre deux couleurs... et qu'en politique c'est pire il n'y a qu'un parti.

samedi 24 octobre 2009

Maison et Confort : au royaume de l'inconfort ou chronique d'une arnaque annoncée

Amis internautes, méfiez vous des annonces alléchantes comme sait le proposer
www.maisonetconfort.com, un site internet qui propose nombre de promotions. Des promotions qui durent assez curieusement du reste puisque celle que nous avons souscrit est accessible depuis la bagatelle de quatre mois ce qui en fait presque une offre permanente...
Tout baignera dés lors que vous aurez payé puisque la première astuce consiste à déterminer des délais de livraison qui dépassent largement vos temps de paiement.

Deuxième astuce à votre dépens, le transporteur est parfaitement indépendant de la maison mère et leur relation semble suffisamment tendue pour qu'à terme ce soit vous qui en portiez le chapeau... la preuve ci-dessous :
en attente de deux canapés cuir deux et trois places, nous sommes avertis du grand jour par mél.
Première surprise, alors que nous avions bien spécifié les spécificités de la livraison : (impasse,
place pour se garer, premier étage + mezzanine via escalier ouvert) les livreurs ne veulent pas...
livrer au-delà de la porte d'entrée. Après quelques négociations, ils acceptent tout de même de
monter l'ensemble mais sans le déballer.
Devant l'état inquiétant des cartons nous exigeons d'ouvrir, résultat en image : un accoudoir écrasé et un angle supposé arrondi cabossé. "Pas grave ma petite dame ça va revenir avec le temps". Nous mentionnons sur le bon de livraison ces soucis. Les livreurs nous confirmant que si nous ne trouvons pas d'accord ils reviendront le chercher... tu parles ! Maison et confort stipule dans ces conditions de vente à qui veut l'entendre que c'est à vous de leur restituer l'objet dans son emballage d'origine s'il vous plait... et que pour le moins vous devez dans les trois jours envoyer une lettre recommandé au... transporteur, copie à faire parvenir à Maison et Confort tout simplement.
L'irresponsabilité à l'état pur de celui qui a encaissé la commande c'est trés fort.
Benoitement nous informons le site des défauts de livraison par mél. A leur demande nous leur
faisons même parvenir des photos et précisons rapidement que le 2 places est touché plus
discrètement, nous nous en accomoderons alors que le 3 places est atrophié. Résultat, une
proposition de remboursement de ... 100 euros à accepter dans les 7 jours. Devant notre refus, les enchères montent à 200 puis 299 euros... on se croirait sur e-bay !
Sauf que nous ne voulons pas d'une compensation pour un produit aussi abimé !
Maison et confort fait la sourde oreille. Avant d'accéder à notre demande de re-livraison 15 jours plus tard.
8 semaines d'attente supplémentaire pour, horreur et damnation, que les nouveaux canapés soient dans un plus sale état que les précédents...
Les négociations reprennent sans aucune excuse.
Un conseil, fuyez cette enseigne et résistez à la sirène de leurs promotions qui vous apporteront bien des désagréments.

vendredi 16 octobre 2009

Des conseils de plomb à prix d'or

Drôle de métier que conseiller politique. Il faut projeter son édile dans l'action qui le valorisera davantage en prenant garde de ne pas provoquer l'inverse. Cette corde raide sur laquelle ils paraissent évoluer justifie t'elle les sommes parfois astronomiques demandées ? et obtenues car le conseillé n'accorde guère de prix à ce privilège qu'il semble alors posséder : celui de lire l'avenir, de l'anticiper au point de le maîtriser.
Qu'il en appelle au conseil par besoin d'une béquille ou pour confirmer ses convictions, il confère souvent aux mots, orientations voire incantations proposées un pouvoir quasi surnaturel. Pourtant quelques exemples récents nous montre toute la relativité de ce qui n'est décidément pas une science encore moins exacte.
Il y a d'abord ces révélations sur les sommes dépensées par l'Elysée, en argent public donc, pour des sondages multiples et variés censés donner les clefs du bon positionnement. Un million d'euros s'il vous plait sans compter les rémunérations des dits conseillers qui oscillent entre 10000 et... 43 500 euros par mois. Et pour se retrouver avec une cote de popularité de 44% j'estime que nous, contribuables, devrions pouvoir réclamer la démission de ces incompétents. A ce propos avez vous noté le compte rendu majoritaire de cette cote dans la presse ? "Sarkozy stable, Fillon en baisse" ce qui vous en conviendrez n'est pas trés sympa pour notre Premier Ministre. D'autant moins sympa qu'en fait sa cote est supérieure à celle du Président...
Il y a aussi ce passage "éclair" à Gandrange, ça me fascine moi les voyages "éclair"... pourquoi sont-ils éclair ? l'appréhension d'être loin de son doux foyer ? la peur du méchant pas content petit français ? la peur de s'ennuyer ferme ? ça fait lumineux un passage éclair mais ça n'en demeure pas moins un brin vexant pour celui qui accueille et qui a presque l'impression de déranger... c'est un peu idiot aussi il faut bien le dire de faire deux voyages éclair en quelques jours au même endroit à 30 kilomètres prés... merci du conseil. Le Président a d'ailleurs reconnu que se déplacer en Moselle sans passer par Gandrange et Metz était une erreur. Une erreur qui nous coûte là aussi une petite fortune si l'on veut bien considérer qu'il a du constater son erreur à travers un sondage, payant le bougre, avant de retourner en Lorraine avec hélicoptères, gardes du corps et cortège officiel.
Et pour couronner le tout, ces satanés conseillers le pressent de porter secours à son fiston devenu la risée d'une France goguenarde et même d'un monde plutôt moqueur.
Et le papa de s'enflammer qu'à travers son fils c'est lui qui est visé au moment même ou un sondage, encore un (on va pas dépasser le budget ?) indique que deux tiers des Français (64 %) estiment que la nomination du dauphin Jean Sarkozy à l'Epad est "une mauvaise chose"...
Qu'importe le voilà déjà engagé dans une réformette des lycées ou il doit reprendre de la hauteur, alors il se lance, lyrique : « Ce qui compte en France pour réussir, ce n’est plus d’être bien né, c’est travailler dur, et avoir fait la preuve, par ses études, de son travail, de sa valeur. ». Bravo messieurs les éminences grises, vous voilà donnant raison à Madame de Sablé "Rien n'est plus dangereux qu'un bon conseil accompagné d'un mauvais exemple."
Quand ça ne veut pas... c'est finalement le risque d'une présidence qui n'a eu de cesse de se démultiplier pour brouiller la contestation, elle a finit par brouiller son propre message. D'autant que ce fonctionnement personnel du pouvoir a laissé le champs libre à une cour de partisans-conseillers jamais contredits jusqu'à... se tromper. Seulement, accepter que l'on s'est trompé, quand son métier est d'avoir raison n'est pas chose aisée. Pour le conseiller, pour le Président, et pour leur relation de confiance.
Vous me direz, ces errements ne sont pas l'apanage de l'Elysée. Ségolène Royal a été magistralement conseillée pour réaliser son nouveau site internet ; quand à son image, si elle fait l'objet de toutes les attentions de professionnels grassement couvés par Pierre Bergé, elle n'évolue pas favorablement avec une cote de popularité d'à peine 36%, et c'est un sondage qui le dit. Merci qui ?

lundi 12 octobre 2009

Ben qu'est-ce que tu veux pour ton anniversaire ?

bon les CD de jeux de foot on va éviter puisque je suis le coach de VA en... national depuis 2 saisons et qu'à hattrick suis toujours en d8 depuis... cinq saisons.
Les jeux en ligne n'attendent que moi et mon argent, c'est pas vraiment donnant-donnant
Le vélo c'est sympa c'est vrai mais suis tombé en crevant le pneu avant et pliant le grand plateau pour ma reprise après 8 ans de pause sabbatique.
La voiture c'est cool aussi mais j'ai quand même fait dans la même semaine un tête à queue avec la MG dont la direction flageolle furieusement tandis que l'Espace indique sobrement "ESP à contrôler" !
L'ordinateur c'est génial mais j'ai quand même tout planté en juin et du reformater l'intégrale en perdant photos et documents accumulés depuis 5 ans.
Les canapés sinon c'est chouette mais l'achat sur internet branle un peu, on a déjà été livré deux fois, et deux fois on a refusé à la seule vue des emballages défoncés., Les prochains arrivent mercredi, je sais pas pourquoi je m'inquiète...
Les enfants c'est formidable oui, mais le petit dernier fait ses dents surtout la nuit et les deux grandes parlent tout le temps, surtout le jour.
Une femme, j'ai, merci, et une femme ça va, deux...
Tu n'as qu'à te faire abonner à une revue indépendante qu'il me dit, je sais pas moi, ben oui en fait je sais pas laquelle est encore indépendante
et pourquoi pas une nouvelle télé à contempler... éteinte ? viens de recevoir la redevance, merci bien !
ou une merveille de technologie comme un i-phone qui explose, une super giga clé usb vérolée ou une Wii championne des TMS ?
Sinon tu n'as qu'à travailler plus et tu gagneras plus, mais moi je veux un vrai anniversaire, concret, pas virtuel.
Plus sobre, une belle pause littéraire, "La mauvaise vie", "Manuel de guérilla à l'usage des femmes", "La Princesse et le Président", un truc qui te fasse réfléchir et grandir un peu quoi...
Sinon fait dans le pratique, un masque et des gants anti-grippe A à tes initiales ou assortis à ta cravate, ça fait classe quand même
ou pour être dans l'actu, un T-shirt Barrack Obama, le nouveau prix Nobel de la paix, mais pas ceux faits par Berlusconi, ils sont noirs, et il n'y a que lui qui trouve cela drôle...
Un maillot de l'équipe de France de football, c'est une bonne idée mais autant attendre les barrages ... après ils seront soldés ! Tu pourras avoir tout l'équipement pour pas grand chose...
Les mélomanes proposent des fichiers musicaux téléchargés, c'est vrai que ça va devenir un luxe avec Hadopi 2,
Plus politique on me presse d'accepter une carte d'un parti, n'importe lequel, ça va te booster la vie coco. Mais les idées reçues, le copinage imposé, les compromissions c'est quand même un peu tout ce que je déteste...
Plus calculateur, se faire offrir un mois de retraîte mais en verrais-je tout de même la couleur ?
Plus prévoyant, parait que les nostalgiques de la Sécurité Sociale commencent à faire des médicaments, de somptueux présents...
Les gros rouleurs me promettent un point de permis de conduire, puis-je décemment refuser ?
J'ai même un banquier qui veut m'offrir de me débloquer un prêt alors qu'un agent immobilier m'emballe une maison pour presque pas grand chose.
Des financiers me refilent des actions, la belle affaire, ils se font des cadeaux sur mon dos !
Sans compter les restaurateurs où j'ai mes habitudes qui m'assurent qu'ils vont me baisser la TVA, si c'est pas un signe de considération ça ?
J'ai même des voisins proches qui veulent m'offrir du... déodorant, vexant.
En ces temps de crise il y en a qui font de l'espoir un cadeau, un peu gonflé quand même, on n'est même pas sûr de demain !
Bref il y a l'embarras du choix, notre société se recroqueville dans tant de domaines que je sais ce que je veux vraiment : un peu de liberté, d'autonomie, d'oxygène.
Et vous, m'offririez quoi pour mon anniversaire ?

mercredi 7 octobre 2009

LOSC - Dans l'espoir d'un nouveau départ...

Après la victoire face à Sochaux, Lille avait l'occasion de lancer sa saison en affrontant un alléchant trio mal en point : Lens-Nice-Boulogne. Avec 5 points pris sur ces trois matchs, on ne peut pas vraiment sauter au plafond même si l'équipe n'a pas perdu. D'autant plus que l'équipe a réussi le tour de force d'être à chaque fois menée. Dans le vrai derby, celui de Bollaert, ils sont revenus au bout du bout du temps réglementaire par l'étincelant Rami, en infériorité numérique s'il vous plait. Il est vrai que le fantôme de Yohann Cabaye a pris un carton rouge sur... son entrée en jeu. Face à Nice, c'est le dernier quart d'heure qui a vu un autre fantôme surgir du néant, PAF, l'ancien international, celui du PSG, celui qui n'avait jamais convaincu à Lille claque une lucarne au bon moment. Rebelote une semaine plus tard ou le LOSC rejoint les vestiaires à une inquiétante 19° place du championnat virtuel. Frau et Gervinho se lâchent pour renverser la vapeur à l'instar de ce qu'ils avaient engagé quelques jours plus tôt à Prague. Là encore les hommes de Rudy Garcia, menés 1/0 à la mi-temps, oubliaient le frein à main pour délivrer un détonant 1/5.
C'est donc cette faculté de révolte et de renversement que l'on retiendra pour augurer de lendemains prometteurs. Revenu à une fade treizième place, les lillois peuvent donc compter sur un Frau retrouvé et un Gervinho consistant pour viser plus haut. Comme Stéphane Dumont redevient une option cohérente au milieu et que deux jeunes produits du centre de formation, Souquet et Vandamme n'ont pas raté leurs débuts européens on peut croire que ce groupe passera les méformes partielles ou persistantes des Plestan, Cabaye, De Melo voire Hazard. Avec les retours programmés de Chedjou en défense centrale puis de Landreau dans les buts il y a assurément de quoi bien faire. Et même si l'ambiance dans les vestiaires n'est semble t'il pas au beau fixe, l'équipe reste difficile à battre. Un bon point à confirmer face à Rennes au Stadium, un prétendant au podium qui pioche un peu mais dont les attaquants réclameront assurément une défense des dogues un brin plus tenu... Puis viendra le temps de se frotter au Genoa en Europa League, un drôle de client actuel 5° du Calcio. De bons matchs en perspective qui donneront des indications plus précises du potentiel de cette année. Rien n'est arrêté.

lundi 5 octobre 2009

Irlande - On a refait le match

Singulière expérience démocratique que celle vécue par nos voisins irlandais : au nom des institutions européennes, ils avaient été appelé à voter en juin 2008 puis ré-invité aux urnes un an plus tard. Z'avez voté non !
Fort heureusement l'Union européenne a tout prévu pour se préserver de tout ce qui pourrait remettre en cause son petit équilibre politique sans saveur.


Dans sa grande générosité, après avoir tout de même vertement tancé le réfractaire, l'Union comme elle s'est elle-même pompeusement baptisée, accorde une deuxième chance. Et peut être une troisième ou une quatrième allez savoir le cas ne s'est tout simplement pas produit. Un vote jusqu'à ce que le mauvais choix ne s'éteigne voilà qui pourrait donner des idées à certains pour des scrutins nationaux... Ainsi donc les irlandais à 53% contre ont bien compris ce jeu de dupes pour se déclarer désormais favorables à 67%... les voilà assurés de ne pas retourner de sitôt aux urnes ce que les mauvaises langues donneront comme première raison de cette motivation nouvelle... Parmi les autres explications, on ne manquera pas de noter que le miracle irlandais d'un petit pays emporté par sa croissance a fait long feu. Voilà qui n'est cependant guère rassurant, le vote favorable s'expliquant par un besoin conjoncturel d'aides et de soutiens, bonjour la vocation !
Il ne faut pas négliger non plus les petits arrangements entre amis qui garantissent au Trèfle de préserver quoi qu'il arrive fiscalité avantageuse ou interdiction d'avorter, belle Union.
Alors vous me direz la France, berceau de la science politique et Patrie des Lumières ne peut pas cautionner cette mascarade. Enfin bon tout ça c'est bien loin, le berceau, la Patrie tout ça. Aurions-nous donc à redire à ces pratiques douteuses nous dont le principal parti d'opposition bourre les urnes pour préserver sa Première Secrétaire tandis qu'un ami du Président, qui fait plutôt dans les avions achète, lui, les voix, c'est plus classe mais moins économique... Pendant ce temps, devant les tribunaux, un ancien Premier Ministre doit se justifier de ne pas avoir sabordé un Ministre concurrent dans l'optique d'une échéance présidentielle ; et dans la rue un pseudo référendum entend lutter contre la perte d'un service public...
Alors oui nous sommes bien rentrés dans le rang de ces vieilles nations que l'essor d'autres continents aveugle, terrorise à en perdre ses principes fondateurs et ses règles élémentaires de vie collective. L'Irlande peut bien en faire autant, la voilà notre égale dans la compromission et l'opportunisme. Reste à évaluer tout cela dans la durée et au regard d'une histoire jamais tendre avec les politiciens de courte vue. L'anachronisme ou le grand écart peuvent sauter aux yeux.
Un peu comme ces images d'un ministre de gauche puis de droite se réjouissant devant les caméras complices d'éradiquer la jungle. Il refoule les bêtes sauvages venues d'Afghanistan, du Pakistan ou d'Irak qui ne demandent qu'une chose, traverser la Manche. Il n'y a pas si longtemps, dans une France occupée, ils furent des poignées à faire cette traversée courageuse sous la réprobation. Ils en revinrent héros fort heureusement...
Se rendre en Angleterre en quête d'une autre vie, d'une autre chance, aujourd'hui cette chance là ne leur est pas donnée, n'est pas irlandais qui veut.

mardi 29 septembre 2009

Et maintenant ils rendent la justice...

Bien des affaires judiciaires se succèdent avec un triste point commun : leur dépendance au politique. Bien que nous pouvions noter ces dernières années leur forte propension à devenir avocat, nos politiques inquiètent par ce mélange dangereux des genres...
Evidemment la plus lisible concerne l'affaire Clearstream, cette granguignolesque histoire de fichiers manipulés. Qui aboutit à un scandale : Nicolas Sarkozy aurait un compte caché au Luxembourg. Une révélation somme toute étonnante pour ce résident de Neuilly jadis inquiété mais pas trop à la fin des années 90 pour des cadeaux de promoteur. Le même qui à peine élu s'envole pour un yatch de milliardaire avant de s'auto-augmenter de 172% et de passer des vacances de rêve à Wolfeboro. C'est vrai qu'affubler ce personnage marié à une riche héritière italienne d'un compte à l'étranger dépasse l'entendement... et que le costume de victime lui va comme un gant.
Plus léger voilà que le fils Fillon joue les fangio de bas étage, ou les Jean Sarkozy en voiture, c'est comme on veut, au volant du puissant 4x4 de papa. Une lourde contribution à la couche d'ozone, moins pour l'équité le coupable, euh pardon le prévenu pouvant se contenter d'une simple réprimande du juge... ayant perdu un point et 45 euros pour 92 kmh retenu contre 90, j'apprécie le geste et ne manquerai pas d'en faire un autre à l'occasion...
A tout seigneur toute honneur, notre ancien président himself, personnalité préférée parmi les préférées vient de bénéficier d'un non lieu sur les accusations de détournements de fonds publics Mis en cause pour une affaire d'emplois présumés de complaisance payés par le cabinet du maire de Paris entre 1983 et 1998 le voilà tranquille et apte à regagner Saint Tropez.
Et voilà que l'actualité people se déplace vers la Suisse pour évoquer l'arrestation de Polanski. Et revoilà nos faiseurs de jugement poussant des cris d'orphraies devant l'audace d'avoir touché à l'un des leurs alors qu'ils en appellent à la prescription.
De quoi définitivement entériner deux évolutions majeures de leur personnalité : les politiques se prennent pour des vedettes et pour des juges.
Une mauvaise nouvelle pour le show-biz, les prétoires et les petites filles de treize ans.

vendredi 25 septembre 2009

Politique - La loi des séries... B


Après l'épisode Hortefeux, les maladresses se sont enchainées sans mobile apparent. C'est Eric Besson, Ministre de la République qui fait un doigt d'honneur devant les caméras de Canal +. L'exterminateur de la jungle calaisienne fait ainsi une fois de plus montre d'un sens de la mesure pour le moins particulier... Puis c'est Jean-Louis Borloo qui sort passablement éméché de l'entretien Présidence-écologistes au point de ne pas voir les micros qui se tendent à son encontre... Des errements qui faisaient déjà suite aux visites organisées de Chatel chez Intermarché et de Nicolas 1er chez Faurecia.
Car last but not least c'est le leader lui-même qui s'empêtre désormais dans d'improbables situations. Même dans ses exercices de prédilection comme l'interview télévisée à une heure de grande écoute sur les principales chaines du pays, où il ne peut qu'exceller face à de gentils complices. Et bien patratas, le voilà qui décrédibilise déjà sa nouvelle vocation écologiste “Le monde court à sa perte si on continue à émettre du carbone qui crée un trou dans la couche d’ozone et qui brise les équilibres de la planète". Preuve s'il en est que les multiples conseillers en communication ne suffisent pas et que quelques compétences scientifiques ne seraient pas du luxe...
Dans la foulée, l'ancien avocat qu'il fut du RPR fourche sur la notion plus espérée que réelle de coupable. Des couacs à même de retourner ses outils d'auto-promotion contre son auteur. Ce n'est pas la réception donnée à 4000 français de New York qui lui a redonné le sourire. Pourtant l'Etat en faillite n'avait pas lésiné sur les moyens lâchant quelques 400 000 euros pour l'occasion. Mais il est dit que les temps sont durs pour les petits nertfs en pelote de celui qui détient le déclenchement de la bombe A. Après un accrochage avec Kouchner sur l'Iran, c'est Arlette Chabot qui en prenait pour son grade. La bonne Arlette ne peut pourtant pas être taxée d'animosité pour le pouvoir et si France 2 ne donne pas suffisament la parole à l'UMP, le CSA lui même a précisé que la cause était a trouvé du côté de l'omniprésence de ... l'Elysée.
Alors que se passe t'il donc en Sarkozie, au pays des monstres gentils, d'un seul parti et de ministres unis oui c'est le paradis ?
Est-ce la redoutable opposition de gauche qui fait ainsi psychoter ? entre mauvais courants contraires et urnes bourrées, on peine à l'imaginer.
La menace Bayrou ferai- elle lever depuis le Béarn le vent de l'inquiétude ? improbable.
Dany le Rouge juché sur une éolienne hanterait-il les nuits élyséennes ? possible mais pas décisif.
Le procés Clearstream, incertain, et pourtant tant attendu, attiserait-il son impatience de voir un rival au plus vite déchu ? sans doute mais le temps n'était-il pas son allié ?
Alors ? comment expliquer cette perte de contrôle et d'altitude digne d'un Airbus mal fini ?
Il y a ceux qui pensent à la trés française peur de gagner : le plus dur de la crise est derrière lui, les prochaines échéances électorales ne peuvent qu'être positives et... le poignet tremble, le geste est moins assuré, le doute s'installe. Paf, c'est la double faute.
D'autres au contraire y voient les premiers signes d'une usure du pouvoir précoce. Hyper-président un temps, le reste du mandat fout le camp dirait le dicton. Arrivé au pouvoir à force d'inextricables combinaisons politiques alliant conviction-trahison-promesse et baliverne il aurait perdu la formule magique qui garantissait son équilibre.
Faut-il sinon y voir les conséquences du malaise vagal qui a fragilisé et destabilisé celui qui se croyait invincible ?
Ou l'impact dévastateur de la crise financière qui a profondément ébranlé ce libéral convaincu désormais condamné à tancer les banquiers et dénoncer le profit à l'insu de son plein gré ?
La nomination prochaine, sûrement méritée, de Jean Sarkozy à l'Epad (
Etablissement pour l'Aménagement de la Région de la Défense) suscite quelques autres pistes : Nicolas se serait ainsi réveillé l'autre matin en sursaut et en sueur, murmurant un énigmatique "Tu quoque mi fili" en se frottant curieusement le dos...
Ou tel Caïn poursuivi par un satané oeil, notre guide suprême n'a pas la conscience tranquille. Il nous cache quelque chose à l'instar de son porte-parole Frederic Lefevre fanfaronant disposer de photos compromettantes de DSK à montrer si ce dernier venait à se présenter à la présidentielle.
Oui mais Nico sait que sur lui aussi quelqu'un a sûrement quelque chose. Alors le jour il donne le change, fait mine de s'interroger, de s'interesser même parfois, mais le soir, le soir,
"Et qu'on eut sur son front fermé le souterrain, L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn."

lundi 21 septembre 2009

Arcelor Mittal vraiment numéro hun

Là où Arcelor Mittal passe, l'herbe même ne repousse pas alors pensez, l'acier... l'emploi non plus notez à l'heure ou 1400 départs volontaires sont annoncés, mieux, atteints car c'était un objectif. Vous pensiez que l'entreprise servait à dégager du profit et bien sachez désormais que le management indien invente l'entreprise à générer des départs volontaires. Vous me direz pourquoi conserver des fonctions non productives, puisque c'est d'elles dont il s'agit ? A l'échelle mondiale, ils sont plus de 9000 non-productifs à être invités à non-produire ailleurs. Invités car ils n'y sont plus obligés : les licenciements brutaux, secs, les plans sociaux imposés c'était le temps d'avant. Maintenant, on y met les formes, mieux même on en appelle au volontariat du salarié. Désignez-vous vous même pour quitter l'entreprise et je vous en féliciterai par de menus avantages. Je ne suis plus le grand méchant loup profiteur, je suis le facilitateur de projets nouveaux et le garant de la survie du groupe. Quant à vous, le non-productif bah vous avez de vous même tiré la conclusion qui s'imposait, vous êtes le maillon faible, au revoir. A la fin du siècle dernier, le nec plus ultra de la restructuration, c'était le départ en pré-retraite. je me sépare de mes salariés les plus âgés et coûteux et les moins malléables pour embaucher une jeune classe plus docile et bien moins payé. Imparable. Mais le coût social du système avait commencé à être dénoncé. Qu'importe la mode à changé, me voilà médiatiquement inattaquable et socialement conciliant. Presque écolo, tout est dans le volontariat.
Tout repose sur le salarié désormais. C'est sa faute si l'entreprise n'est pas assez compétitive car il ne travaille pas assez. Et s'il n'est pas volontaire pour partir, le salarié par son seul coût creuse un peu plus la tombe de son employeur. Ingrate la double peine... d'autant que le volontariat est souvent présenté comme le plan A comme actuel, maintenant, tout de suite avec en toile de fond comme une menace : il n'y en aura pas pour tout le monde et il y a un plan B, enfin S, comme social qui se dessine pour plus tard. Résultat, mieux vaut être volontaire pour profiter des avantages que demain d'être désigné et remercié sans autre forme de procès...
Il y a donc comme un joli parfum de perversité devant cette nouvelle relation sociale qui n'est ni une relation ni ne possède un caractère social. D'autant que l'appât du gain immédiat, 10 mois de salaires, fait souvent oublier que dix mois c'est bien peu pour retrouver un emploi dans une région sinistrée ou rentabiliser une nouvelle activité.
Sans compter qu'il y a volontaire et encouragé à l'être, disons plutôt découragé à l'être en ne leur offrant aucune perspective d'évolution interne même si elles existent ou formation.
Le doute ne profite pas à l'accusé, le salarié, mais lui perd quelque soit son choix. Voilà peut-être l'entreprise du nouveau millénaire, elle détient la rareté, l'emploi, et en délègue sa gestion à ses propres salariés. Comme les gardiens du feu des temps jadis, ils doivent veiller sur lui et s'assurer qu'il ne s'éteigne pas quand bien même ils devront sacrifier ou se sacrifier pour cela. Et l'on s'étonne de vagues de suicides...
Si ces nouvelles procédures peuvent déboussoler, elles s'accompagnent encore parfois de bonnes vieilles délocalisations comme on les aime. Nous voilà rassurés. Ce dimanche, l'annonce guillerette s'est répandue que la plate-forme comptable des Grands Bureaux ArcelorMittal à Florange sera délocalisée en Inde et en Pologne au détriment de 80 emplois locaux. Une décision technique si l'on en croit les dirigeants qui précisent que le travail répétitif ira en Inde, les aspects confidentiels en Pologne. Si ce n'est pas de la répartition des tâches cela ? et pour la France ? il nous reste au moins nos yeux pour pleurer et nos méninges pour méditer cette pensée profonde du milliardaire Lakshmi, sûrement depuis son luxueux yatch :
« Quand les personnes savent dans quelle direction vont leurs leaders, elles sont plus faciles à motiver ». Motivés à partir donc.

jeudi 17 septembre 2009

Europa League - Lille tient tête à Valence

Après les errements parisiens marqués d'un sinistre 3/0, le début de saison lillois était définitivement raté. Avec la venue de Sochaux il pouvait même devenir inquiétant. Dans un match qui respirait déjà un tantinet l'angoisse, les hommes de Rudy Garcia l'emportaient cependant 1/0 non sans avoir plutôt copieusement dominé leur sujet. Et c'est le banni Frau, un des plus gros salaires du club n'ayant pas trouvé preneur au mercato, qui, disputant ses premières minutes officielles, ouvrait par la même son compteur but. Une heureuse nouvelle vu qu'il rentrait en lieu et place d'un Tulio De Melo blessé au genou. Une nouvelle blessure pour le brésilien dont l'appréhension et l'inquiétude l'emportent sur son souci de jouer et dont on peut commencer à se demander s'il reviendra un jour au niveau qui fut le sien dans la Sarthe. Autre enseignement de ce match, la présence sur le banc de touche de Yohann Cabaye et d'Emerson les deux grosses déceptions de ce début de saison. L'unique arrière gauche lillois paye là ses multiples oublis de marquage qui coûtent quasiment un but à chaque match. Sa bonne volonté et son potentiel physique ne compensent pas de telles lacunes qui devront être comblées par un nouvel arrivant au plus vite. L'ancien international espoir, Yohann Cabaye, n'en finit plus d'évoluer dans la médiocrité alors qu'il dispose pourtant à ses côtés d'une doublette Mavuba-Balmont plutôt confortable. Quand on voit les prestations de haute volée de l'ex lillois Benoit Cheyrou du côté du Vélodrome on constate, à un même poste, les écrats criants pouvant exister... Une morosité qui dure depuis de longs mois et qui coincide avec les rumeurs d'un intérêt éventuel d'Arsenal, rien que ça, pour le garçon. Puis de Bordeaux. Puis de plus personne. Etape supplémentaire de la dégringolade, pour avoir refusé de s'entrainer avec les rempaçants à l'issue de la confrontation avec Sochaux c'est même des tribunes qu'il a pu assister au premier tour de l'Europa League. Réaction attendue du joueur ou trajectoire tragique à attendre au mercato d'hiver. Pourquoi pas à Saint Etienne où un Mirallas et un Tavlaridis se sont déjà échoués, ou à Nice où un Matt Moussilou fut porté disparu ?
Face à Valence actuellement en tête de la Liga, les dogues ont en tout cas évolué sans rougir et guère reculé. Alors certes le club espagnol avait laissé ses stars au repos mais quand on cumule plus de 500 millions d'euros de dettes il est à espérer que l'effectif dans son ensemble soit à la hauteur ! En ces temps d'appel au "fair play financier" la rencontre était plutôt cocasse. Jean-Marc Ferreri le commentateur famillier de raisonnements qui me laissent songeur a d'ailleurs estimé "qu'un club comme Valence soit aussi endetté mais puisse garder ses meilleurs joueurs je trouve ça bien". D'une intelligence rare surtout en omettant d'évoquer ensuite qu'en face le LOSC est soumis à la DNCG et pour survivre et pour construire son futur stade, vend chaque année ses meilleurs éléments : Keita, Makoun, Odemwengie, Bodmer, Bastos...
Cela dit le match fut enlevé, alerte, marqué par de nombreuses occasions de part et d'autres malgré un premier quart d'heure timide des locaux. Butelle s'avéra solide bien épaulé par une paire Chedjou-Rami qui s'affirme comme notre défense centrale de référence. Devant la qualité technique des espagnols, Lille sut plusiseurs fois courber l'échine pour mieux repartir. Mais Vittek, valeureux par ailleurs et plutôt précieux en pivot confirme match après match qu'il ne parvient pas l'enchainement que le ferait redevenir buteur. Quand au jeune Aubameyang sa vitesse est définitivement supersonique et lui permet de faire toutes les différences. le plus dur reste à faire, soigner le dernier geste, la dernière passe. Sinon Obraniak recentré a été assez percutant et Hazard a, par moment, destabilisé les valenciens sans être cependant décisif. On aura aimé la combativité de balmont sorti sous les vivats mérités et la hargne d'un Beria bien plus utile à droite. Reste que l'éternel Emerson a laissé filé le nouvel entrant Mata qui ne s'est pas fait prier pour ouvrir la marque. Tout le monde sait en europe que nous sommes absents à gauche... Le coaching offensif de Rudy Garcia a cependant payé en fin de match sur un pressing un peu involontaire Gervinho a confirmé sa montée en puissance. Logique sur l'ensemble du match les lillois s'étant vus refuser un but pour des raisons obscures émanant d'un des cinq arbitres, Valence ayant touché la barre transversale.
A Prague, le LOSC tentera de rester dans la course à une qualification qui va s'avérer bien hardue mais tentante. L'effectif sera en tout cas soumis à rude épreuve puisque la Ligue 1 n'attend pas, encore moins le derby du nord. A Bollaert Lille peut effacer le faux-pas initial face à Lorient et se relancer, ou stagner benoitement. Le tryptique à venir à Lens-reçoit Nice-à Boulogne doit assurément nous permettre de nous repositionner, il n'y a plus qu'à...