dimanche 5 juillet 2009

Travail le dimanche - C'est l'amère Michelle...

Tant qu'elle ne perdait que son chat j'avoue que cette fameuse Michelle ne pouvait espérer que ma compréhension polie.
Mais voilà que lui vient l'idée, somme toute saugrenue, de faire des emplettes le Dimanche. Elle aurait pu trouver portes closes et se rabattre sur un de nos multiples musées dont elle connait déjà les charmes des visites privées.
C'était sans compter sur notre Président qui, alors que notre pays traverse une crise économique sans précédent choisit plutôt de jouer les gentils organisateurs tout en se constituant une nouvelle culture, nous dit-on, on a les priorités que l'on peut.
«Est-ce qu’il est normal que le dimanche, quand Mme Obama veut avec ses filles visiter les magasins parisiens, je dois passer un coup de téléphone pour les faire ouvrir?». Vous l'aurez compris, Nicolas m'aurait posé la question, il n'aurait pas été déçu du déplacement, toujours en avion et fortement armé, le déplacement. Non ce n'est pas normal Monsieur Le Président que vous vous occupiez de ces futilités, elle n'avait qu'à venir samedi... L'histoire ne s'est cependant pas arrêtée là puisque de cette préoccupation majeure pour le devenir de nos démocraties en découle une attaque en règle du travail du Dimanche... Merci Michelle !
«Tous ceux qui soutiennent le président Obama étaient présents, très bien. Qu’ils aillent maintenant leur expliquer pourquoi le dimanche, nous sommes le seul pays où, à Paris, c’est fermé.» Il y a comme une jalousie qui semble poindre et qui détonne tout de même : de qui notre bien aimé président peut il être raisonnablement jaloux lui qui truste l'actualité, monopolise les médias, cannibalise l'attention ? si cela ne suffit pas encore, que faire ? Ainsi, son auguste interrogation viendrait de son incapacité à argumenter auprès des Obama, ah quand même... C'est profond, réfléchi, stratégique tout ça...
Notons que dans notre malheur, on est plutôt vernis : imaginez Michelle Obama insomniaque qui part sur les Champs-Elysées sur le coup des 3-4 h du matin, et c'était le grand retour du travail de nuit.. ou qui aurait plutôt voulu visiter une école ? et voilà nos chers bambins à la semaine de 7 jours... Ou trop fatiguée dimanche, la voilà qui reportait ses achats au lundi, qu'aurait fait notre SarGOzy ?
Mon regret est tout de même qu'elle n'ait pas souhaité rendre visite à nos députés ce même dimanche... cela aurait été bien plus rigolo...
Mais faut-il donc que notre douce France politique soit tombée si bas pour construire ainsi sa destinée au gré des desiderata des premières célébrités venues ?
Et si la Reine d'Angleterre exige qu'il fasse toujours beau à Calais pour faciliter le débarquement de ses concitoyens ? on réforme Météo France ?
Et si Sylvio Berlusconi trouve les petites française trop âgées, on réforme l'âge de la majorité ?
Et si Angela Merckel trouve décidemment Strasbourg trés à son goût ? on réforme les frontières ?
Et si Georges Bush voulait absolument qu'on l'accompagne en Irak ? il aurait passé aussi un coup de fil notre plus petit Président de la République Française de tous les temps ?
Non, vouloir se faire des amis c'est bien mais il n'est pas forcément nécessaire d'imposer aux 60 millions autres le moindre de leur caprice.
Parce que sinon je m'y met aussi. Je me boirais bien une petite bière mais le premier bar est à 500 mètres. On pourrait pas réviser l'implantation commerciale qu'il y en ait un en face de chez moi, et ouvert en permanence. Pis ma voiture est en panne alors il peut m'en amener une de la flotte présidentielle le grand serviteur de l'Etat ?
Notons que le pire est évité parce que ce système de services à la demande, il aurait pu l'appliquer à ses amis actuels :
et si Christian Clavier ne se sent pas en sécurité dans sa résidence Corse, dimanche ou pas dimanche, on renforcerait sa protection. Et puis tant qu'à faire Johnnny Hallyday pourrait vouloir chanter le 14 juillet... son avocat pourrait vouloir la légion d'Honneur tant qu'on y est et son Secrétaire général adjoint vouloir la présidence d'un grand groupe bancaire ...
Heureusement que le bon sens est encore de mise et que tout ceci n'est que pure fiction. Travailler plus pour faire gagner plus ne peut pas être un leitmotiv permanent. Restons en là, le shopping de Michelle n'était qu'un regrettable accident, une petite incursion du n'importe quoi, de l'amateurisme et de l'opportunisme dans notre vie politique bien compréhensible. Notre Président le dit lui-même, sa charge est "inhumaine" c'est sûrement pour cela qu'il s'est fourvoyé dans quelques travers bien... humains. En ce jour de lancement du RSA, je suis sûr qu'il a bien conscience qu'avec ses 954 euros, ouverts ou pas ouverts, on ne fait pas les magasins des Champs-Elysées. Dites, il en a conscience hein ?

jeudi 18 juin 2009

L'UMP adepte de la nage à contre-courant

A parcourir les résultats des Européennes, on peut certes constater un émiettement des voix puisqu'hormis la nette victoire du parti des abstentionnistes, les autres listes s'éparpillent largement. Pas sûr pour autant que l'on puisse en tirer comme conclusion que notre paysage politique marche sur les pas de la glorieuse IV° République. Bien sûr, la multitude de petites listes à l'audience confidentielle et la faible mobilisation des extrêmes laisse à penser qu'un consensus mou s'affirme sans savoir quoi dire.

Un sentiment confirmé par le faible score d'un Modem qui s'y voyait déjà mais ne représente finalement rien de plus. Le PS, touché de la même manière, se voit talonné par des écologistes dont le triumvirat Bové-Joly-Cohn-Bendit ne laisse pas d'interpeller. Car le point commun entre toutes ces formations n'est-il pas d'être constituées de courants aussi divers que variés, alliés de circonstances autant qu'ennemis jurés d'hier. Et du coup bien incapable de proposer une position claire et une ambition sereine. Il est ainsi frappant d'entendre les élus socialistes évoquer chacun un point de vue différent alors que les écologistes s'attendent déjà à se déchirer et que les élus du modem s'interrogent sur les choix personnels et non partagés de leur leader. Quant à l'extrême gauche, elle a réussit sur les dépouilles du PC et autres trotskysme bon teint à constituer deux listes d'égale valeur qui s'entretuent pour mieux se priver de résultats...
Dans ce kaleidoscope j'ajouterai bien le FN dont la particularité est qu'il n'a pas rassemblé autant de courants qu'auparavant, un certain nombre ayant rallié le parti présidentiel.
On remarquera que les partis politiques ont d'autant plus de courants qu'ils n'ont pas d'idées suffisamment fortes pour imposer l'union.
En face, à contre-courant de tout cela, le bloc de droite parait un et indivisible, capable de parler d'une seule voix et de soutenir un seul homme. Que ce soutien soit voulu, factice ou subit il témoigne d'une vraie rupture, peut être la seule rupture de ce mandat. Elle est à la fois structurelle, un bloc face à la multitude, politique, un projet face aux critiqueurs anti-tout, humaine, un leader à droite face à des tonnes de prétendants à la carrure fragile.
Deux stratégies s'affrontent donc, celle de droite étant enviée par tous les autres qui cependant la dénonce... car la présidentialisation du pouvoir engendre la présidentialisation de... l'opposition. Le moindre acteur mineur se croit ainsi autorisé à s'imaginer un destin national avant même d'avoir le moindre projet ! Du coup l'unité est condamnée d'avance et ce ne sont pas les incertaines alliances possibles PS-verts, PS-Modem, Modem-verts, faites vos jeux.
Que Dominique de Villepin apparaisse comme le principal opposant du camp majoritaire en dit long sur l'état de notre démocratie et de notre système politique, l'intéressé n'ayant jamais abordé une seule élection...
Deux orientations nous sont offertes donc mais aucune ne s'impose vraiment car le bloc UMP a beau être soudé il est aussi exigu et peut attractif aux yeux d'autres formations. C'est dire l'impasse dans laquelle nous nous trouvons. Petit indicateur des tendances à venir, on peut considérer que le bloc de droite élargit cependant sa discipline auprès de nombreux médias bien prompts à souligner ces derniers jours le "bond" dans les sondages de Nicolas Sarkozy. Ils sont apparus plus mesurés sur l'envol des dépenses de l'Elysée voire absents dans les détails sur l'extension de l'appartement de fonction de François Fillon... en plein scandale des notes de frais outre-manche, l'absence de parallèle avec nos édiles est pour le moins étrange...
Cette complaisance sera t'elle suffisante pour faire basculer l'opinion dans un camp ? pas si sûr. Le contexte économique et social ne s'annonce pas bien porteur pour les gouvernants qui peuvent toujours agir à contre-courant mais, dans ce secteur là, les apparences ne suffiront pas.

mercredi 10 juin 2009

Des Européennes reçues 2 sur 5

En langage radio, lorsque l'on s'interroge sur "l'intelligibilité de ses signaux", 2 sur 5 correspond à un timide médiocre. De la même façon on ne saurait trop conseiller aux futurs candidats au bac à se contenter d'un tel ratio.
Quand à ceux qui envisagerait de ne déclarer aux impôts que 2/5° de leurs revenus, je les trouve joueurs...Mais il en va tout autrement de la politique qui sait faire mieux que s'en contenter. 2 sur 5, 4 sur 10, 40 sur 100, 40%... nous parlons bien de la même chose, le taux de participation des dernières élections européennes. Acquis et convenu d'avance, ce taux catastrophique n'a fait l'objet que d'un rapide consensus désolé pour mieux s'attaquer à de subtils, fastidieux, ridicules, étonnants (cochez la mention utile) commentaires sur la performance de chacun. Enfin, performance, cela doit se comprendre à l'échelle de référence du politique car Federer, par exemple, en ne gagnant que 2 points sur cinq serait encore assez éloigné d'un premier sacre Porte d'Auteuil...
A tout seigneur tout honneur saluons d'abord la cohérence de notre monarchie dont les humbles sujets respectent tant leur souverain qu'ils le placent en tête des suffrages. Le parti de la Majorité Présidentielle rassemble 27,8 % des suffrages exprimés. Vous me direz que 27,8% la majorité ce n'est pas cher payé, sûrement une conséquence inédite de la crise, même les voix se dévaluent. Crise peut être mais on n'en garde pas pour autant le moral, Roger Karoutchi pouvant exprimer un retentissant "Tout le monde dit 'I love you' à Nicolas Sarkozy" quand il évoque les 12% d'électeurs inscrits ayant soutenu son favori...
Le privilège des vainqueurs, car là est bien le point essentiel retenu et proclamé : l'UMP est la première force politique du pays. La première force plutôt isolée cependant et ne pouvant guère espérer rallier beaucoup d'autres voix lors d'élections qui appelleront un deuxième tour...
Voilà sûrement qui explique en partie l'empressement de notre Président à se clamer chantre de l'écologie et des énergies renouvelables. Ceci quelques mois seulement après s'être fait le garant de la relance de l'énergie nucléaire en France : "à tous les pays qui veulent lancer ou relancer l'atome civil, le chef de l'Etat signifiait en janvier dernier que la France faisait confiance à sa propre technologie. Et qu'elle entendait rester à la pointe de cette filière énergétique qui renaît lentement après vingt ans d'hibernation... rapportait Le Monde.
Mais on ne prête qu'aux riches et qu'aux vainqueurs alors que les vaincus n'ont que leurs yeux déjà rougis par d'autres défaites, pour pleurer. En looser magnifique, le PS se pose en candidat idéal, en champion de l'échec annoncé. Une sorte de nouveau PC, pas le parti, non, le Baron, Pierre de Coubertin. Le PS participe aux élections car il s'y voit exister enfin mais tout en s'assurant bien de respecter la célèbre maxime "L'important c'est de participer". Avec cette naiveté troublante qui les caractérise, les nombreux représentants socialistes reconnaissent volontiers à chaque fois qu'il leur faut un projet et qu'ils vont s'y mettre. Le millénaire nouveau est ainsi toujours en attente d'une idée, d'un programme... Cette faiblesse a été bien identifiée par le Modem qui a vu un espace politique entre la droite unie et le socialisme désuni. Seulement entre un omnipotent président qui dirige à l'opportunisme et un parti sans doctrine, l'espace est effectivement disponible mais il est tout également vide de sens. Et à l'heure de l'isoloir, c'est insuffisant pour convaincre surtout quand le leader s'emporte à défaut d'apporter.
Reste donc l'éclaircie de ce scrutin, la surprise relative aussi avec le retour fracassant de l'écologie politique. Retour car il faut tout de même se rappeler qu'en 1989 déjà, Antoine Waechter frôlait les 11%. La suite fut plus cahotique pour un mouvement qui supporte mal l'exercice du pouvoir et se perd régulièrement en de multiples courants. A quelques voix seulement du PS, le parti emmené par le charismatique mais déjà ancien Cohn-Bendit se voit offrir une nouvelle chance de surfer sur une vague porteuse. Pour quel usage ?
Le FN qui a porté Nicolas Sarkozy au pouvoir se fait désormais piller à l'approche de chaque élections. Un gros coup de projecteur sur l'insécurité, un brin d'immigration, une menace sur l'éducation et c'est autant de frontitstes qui rejoignent l'UMP. La fin de règne du leader historique n'arrangera rien.
Quant à l'extrême gauche, tant diabolisée par la droite, elle confirme son peu de goût pour la voie électorale. Ni le Front de gauche, sur les ruines du PC, ni le NPA, sur les fondations des conflits sociaux, ne percent vraiment. Mais ils s'installent dans le paysage. C'est bien le sentiment qui demeure à l'issue de ces élections : un minimum d'électeurs, un maximum d'acteurs, cherchez l'erreur ! ou trouvez le lien ? tant de professionnels défendant leur petit parti et leur pseudo légitimité, proposant de vieilles recettes et d'antiques alliances changeantes, cela donne t'il envie de voter ? Sur ce point, nos édiles ne disent mots trop accaparés à se construire déjà un destin, me modeste, qui leur garantira quelques années de pouvoir et d'existence publique.
Pas de quoi rassénérer un pays ancré dans une crise dont on parle désormais surtout pour arguer qu'elle est moins pire qu'ailleurs et qu'elle finira un jour. Il faudra sûrement un peu plus que cela pour rassurer, convaincre voire maitriser les 60% de non votants.
Eux ont été reçus 3 sur 5, soit une intelligibilité de leurs signaux... assez bonne.
A bon entendeur...

dimanche 7 juin 2009

Le retour de la vengeance contre-attaque

Voilà les semaines qui défilent sans que je ne m'aperçoive de mon silence numérique. Comme quoi il y a une vie hors de l'internet. Mais cette absence a fait quelques heureux ; les milliards d'internautes ne soupçonnant pas même mon existence d'une part, les quelques-uns à ne pas me supporter, et une poignée de joyeux drilles pour qui cette discrétion fut l'occasion de toutes les disgressions.

Il y a tout d'abord les optimistes éternels pour qui j'avais forcément empoché le super pactole du loto. De mon nouvel archipel des Seychelles je n'avais pas encore installé le wifi...
Les militants me croyaient en campagne pour les européennes (étrange idée il y a bien trop de listes !) alors qu'au mieux vous me retrouverez à la campagne pour les eurockéennes...
Les méchants m'espéraient à Rio et de retour sous peu, en Airbus si possible.
Les sportifs me croyaient à Roland Garros où mon épopée ne s'achevait, sur le court 19, qu'au cinquième set face au redoutable péruvien Luis Horna.
Les lillois me pensaient en soutien de Rudy Garcia pour décrocher l'Europe lors des dernières journées de championnat. Vu le sort réservé à Rudy, j'aurais du...
Les fans me pensaient au stade Saint Symphorien, campant avec deux semaines d'avance, pour être sûr de ne pas rater la der de Johnny...
Les craintifs imaginaient mon retrait pour échapper aux foudres de Nadine Morano prompte à mettre en accusation tout critiqueur. Mais connaissant la gouaille provocatrice de la dame je ne m'inquiète pas trop : elle finira au poste avant moi !
Les ambitieux me supposaient déjà en train de concevoir le web 4.0 qui me verrait bientôt réapparaitre, souverain.
Les timides n'osaient pas me demander pourquoi je ne publiais plus.
Les filles expliquaient qu'un coup de foudre m'avait emporté et mes réflexions acerbes pour quelques boucles blondes envoutantes. C'est naîf une fille...
Les intellos se réjouissaient de mon abandon de ces futilités pour m'attaquer enfin à une thèse digne de ce nom "Du rapport du sarkozysme avec la purée en sachet : qui a le plus de goût ?"
Les mystiques m'envoyaient en retraîte spirituelle dans un distant monastère pour mon bien alors que je le sais moi que je n'aurais pas de retraîte...
Les techniciens me projetaient le nez dans mon unité centrale en train de réinstaller l'alim tout en boostant le bios sans négliger des barettes supplémentaires et une nouvelle carte graphique NX8800GT...
Les besogneux expliquaient que le mois dernier j'avais achevé la première phrase du prochain post, des raisons d'espérer pour Noël prochain.
Les critiques s'auto-complimentaient d'avoir eu raison de penser que j'allais m'arrêter...
Les inquiets parcouraient les rubriques nécrologiques à la recherche d'un quelconque indice.
Les radins me comprenaient : franchement, 29 euros 90 le forfait mensuel c'est tout de même pas donné, il a sûrement fait comme nous : il ne prend un abonnement qu'un mois sur deux.
Les comptables se perdaient en conjecture après l'étude quantitative de ma production de ces derniers mois et envisageaient pour le moins un dépôt de bilan...
Les hypocondriaques m'affublaient d'un étonnant H1N1 qui ne les surprenait guère : j'avais été vu sortant d'un Tex Mex.
Les révoltés, après l'échec de leur première pétition, envisageaient un mouvement populaire d'ampleur afin de m'obliger à reprendre.
Les pénibles le demeuraient en arguant que tout ça c'était quand même de la faute au 35h, des jeunes, des charges, des fonctionnaires et des températures frisquettes pour la saison.
Les politiques rendaient hommage à mon engagement citoyen tout en débutant l'évocation de leur positif bilan, une évocation à cette heure toujours en cours...
Les bordéliques étaient contents de me revoir parce qu'avec tous ces papiers, plus moyen de mettre la main sur mon adresse web !
Les dilettantes trouvaient le nouveau rythme plus adapté à leurs attentes et pas du tout préoccupant.
Le corps médical paraissait impatient de me revoir à l'ouvrage, un bon signe parait il, espérant ainsi ne plus être l'objet de mon courroux, c'est pas gagné...
Les écolos soutenaient ma volonté de limiter mon bilan carbone au strict nécessaire, ce qui passait déjà par le recyclage de mon ordinateur. Ils m'ont promis d'en faire autant, bientôt.
Les traders analysaient ma disparition comme une conséquence directe de la crise financière qui fait plonger les marchés qui fait plonger les investissuers qui fait plonger les cours qui font plonger la confiance qui fon tplonger les bloggueurs, imparable.
Et finalement personne n'a pensé qu'un petit bout de chou, troisième du nom, pouvait prendre toute mon attention et mon temps, étonnant !

dimanche 3 mai 2009

LOSC - La symphonie inachevée

Après la double confrontation victorieuse face à l'OL, les espoirs les plus fous caressaient dans le sens du poil le dogue lillois. Qualifié en coupe et dans le peloton de tête du championnat, Lille s'esquissait quelques glorieux desseins. Vains.
A l'heure de l'emballage final, la machine s'est grippée inexorablement. Après deux coûteuses expulsions à Toulouse, des ballons perdus dans l'axe à répétition, des matchs menés non concrétisés, le scénario s'est répété à foison pour peu de points et beaucoup de désillusions. Les deux derniers matchs sont à ce titre éloquent : face à Marseille puis Lorient, Lille a mené plutôt contre le cours du jeu avant de s'effondrer, de lâcher, une aptitude pourtant rare cette saison. Sûr que les cadres souffrent en cette fin d'un championnat exigeant, que la pression médiatique a affolé quelques chevilles ou melons comme les supposées sollicitations de grands clubs européens, que le banc était bien juste pour espérer enchaîner indéfiniment... mais l'esprit qui flanche c'est un peu plus embêtant en prévision de la saison future. Il faut espérer que notre discret président se rappelle au bon souvenir des joueurs, ce qu'il a engagé, et que notre jeune entraîneur apprenne en 2010 à concrétiser sur 38 journées. Ce sera un bon début à la montée en puissance d'un club encore fragile et inexpérimenté. Des caractéristiques oubliées au temps de l'euphorie mais qu'il convient de rappeler aujourd'hui. Lille ne devait pas jouer le haut du tableau au regard des effectifs respectifs tandis que sa double victoire face à l'ogre lyonnais annonçait surtout le crépuscules des gones.
Le groupe a dés lors perdu de sa superbe et de sa cohérence y compris sur son point fort, le milieu de terrain. La faute à la chute des ailiers magiques, Bastos et Obraniak, redevenus quelconque au fil des matchs. Bien accompagnés par un Cabaye éteint et un Mavuba trop défensif. Mais pour cause. Notre capitaine pouvait-il être moins défensif dés lors que ce secteur prenait régulièrement l'eau ? Plestan-Rami et rien d'autre, c'était dit bien juste pour toute une année et cela s'est confirmé. Ce qui n'enlève rien à leur mérite ni à leur potentiel. Tafforeau disparu corps et âme du couloir gauche a fragilisé un édifice qui n'en demandait pas tant. Devant un Malicki étonnant mais pas décisif. Reste l'attaque, le mal récurrent du club : De Mélo, le bon coup du recrutement nordiste s'est avéré un vrai flop la faute à une blessure non soignée en Italie. Un Frau bis, ce qui fait beaucoup, PAF ayant oublié son football en rejoignant la capitale des Flandres. Comme Fauvergue n'a pas confirmé qu'on pouvait le considérer comme un authentique attaquant de ligue 1, il n'y a guère que Vittek qui ait pu s'affirmer, mais pour un remiseur qu'il est difficile de jouer seul devant, une sale habitude des années Puel qui coûte cher d'ailleurs du côté de Gerland...
Pas question aujourd'hui de jeter tout le monde aux orties, de crier au scandale ou d'exiger je ne sais quoi, juste de replacer chacun face à la réalité. Il y a de quoi faire une belle équipe à Lille mais avec encore pas mal d'inconnues et d'inconnus. Mais enfin, l'ensemble a longtemps eu de l'allure grâce à l'infatigable Balmont, à la tornade Hazard, aux progrés de Chedjou ou à l'abnégation de Debuchy.
L'intersaison sera donc cruciale pour reconstituer un groupe compétitif en évitant de manquer les bonnes occasions des dernières années : Hoarau, Gouffran ou Gignac voire Savidan ou Rémy étaient annoncés un temps du côté de Luchin. Ils sont en haut du classement des buteurs, c'était plutôt bien vu, mais sous d'autres couleurs... Une habitude qu'il faudra perdre pour éviter de retomber dans l'anonymat.
A contrario et à l'attention des joueurs lillois attirés par d'autres cieux, qu'ils parcourent au préalable les destinées de leurs aînés partis se fourvoyer aux quatre coins de l'Europe. En commençant par suivre les mésaventures de Saint-Etienne tout prêt de la Ligue 2, le rêve d'un Tavlaridis ou d'un Mirallas, assurément...
Reste l'UEFA à décrocher en gagnant déjà à Toulouse dans 10 jours, vaste programme mais noble ambition !

jeudi 30 avril 2009

Les classiques (de circonstance) - Joachim du Bellay célèbre Ulysse, nous aussi

Heureux qui comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme celui-là qui conquit la Toison
Et puis s'en est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrais-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeuls, Que des palais romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :

Plus mon Loire gaulois que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré que le Mont-Palatin
Et plus que l'air marin la douceur angevine.

JdB

et bien Joachim, nous aussi accueillons depuis le 10 avril un petit Ulysse, alors c'est la fête !

mardi 7 avril 2009

L'UMP-F pour vous servir Mister President

C'est finalement la disposition la plus visible et la plus vite mise en place face à la crise. La relance se matérialise donc d'abord par le souci premier de relancer un Président en manque de popularité. Comment ? en créant une force spéciale prête à tout pour entourer son mentor, une section dédiée à l'évènementiel qui prend de plus en plus d'importance jusqu'à se doter récemment d'une stature internationale. Voici venu le temps des UMP-F, pas vraiment un conglomérat de l'UMP et de l'UDF non, simplement l'Union pour un Mouvement Populaire des Figurants. Une nouvelle entité qui a pris petit à petit sa place et que nous avions déjà remarqué lors du dernier salon de l'agriculture. Afin d'éviter un remake du célèbre "cassetoipovcon" de 2008 où un citoyen français avait refusé de serrer la main de notre Président, cette fois seuls les militants dument identifiés avaient le droit d'approcher et d'acclamer le plus fortement possible leur favori. Quelques sorties présidentielles cahotiques plus tard, l'idée faisait son chemin que ce serait tout de même plus simple que Nicolas ne rencontre que des Pimprenelle, des gens qui le soutiennent quoi, et c'est ainsi que dans cette belle bourgade de Saint Quentin, L'UMP-F remit le couvert lors d'un déplacement destiné à "faire de l'explication et de la pédagogie, sur fond de crise et avant le sommet du G20". Rendez-vous au Palais des sports donc pour 4000 supporters triés sur le volet tandis que la ville était paralysée par un bon millier de policiers...
Un déplacement que l'opposition a chiffré à quelques 400 000 euros puisque l'ensemble est orchestré par l'Elysée. L'occasion de faire de belles images bien revigorantes d'un leader des français soutenus, applaudis, encensés en oubliant au passage de trop s'appesantir sur l'identité et le penchant naturel des spectateurs... une ficelle un peu grosse peut être mais il faut croire que les grands communicants sont en mal d'inspiration et que, dans le même temps, le Président apprécie. C'est peut être ça le plus génant dans cette histoire : personne n'est dupe mais lui, ça lui plait. Parce que finalement la popularité n'est certainement pas son ambition, peut être même que rallier une majorité ne l'intéresse déjà plus. Tout juste veut-il gouverner avec les siens pour les siens. Une tendance lourde que l'on retrouve dans son souci de nommer des personnes de son staff dans l'audiovisuel public comme dans les banques regroupées, sa propension à appeler en direct les rédactions trop critiques ou maladroites envers sa personne, le cercle fermé de ses intimes conseillers que ne vient pas troubler l'ouverture politique de façade.
Aboutissement le week end dernier à Strasbourg pour les joyeux lurons de l'UMP-F, leur reconnaissance internationale est avérée après qu'ils aient obtenu l'exclusivité de l'accueil du Président américain. Ils étaient 500 privilégiés à pouvoir braver les barrages, contrôles, privations imposés aux strasbourgeois non membre de l'UMP-F.
A ce rythme-là, cette petite entreprise pourrait connaître la croissance, si même pour circuler en centre-ville il vaut mieux être adhérent...
En même temps, cela ne manquera pas de donner des idées à d'autres à commencer par les partis d'opposition même si Martine Aubry n'a pas su s'organiser aussi habilement lors de son dernier Zenith...
Et à bien d'autres encore.
On ne saurait ainsi trop recommander aux banquiers si impopulaires de se doter de clients-figurants les acclamant à leur arrivée et leur baisant les pieds à l'obtention de leur prêt.
Idem pour les chefs de grands groupes en restructuration, rien ne vaudra une bonne rencontre avec des syndicats-figurants avant de discourir sur la fermeture annoncée devant des ouvriers-figurants conquis.
Les traders pourraient aussi investir sur des marchés-fugurants, ah ben non, ils le font déjà...
C'est peut être une force insoupçonnable qui va se lever dans notre pays, des citoyens-figurants par millions s'engageant à figurer, une nouvelle forme de contrat aidé, le contrat figuré. Pour créer un monde nouveau, aseptisé, toujours positif, sans critique ni remise en cause. Un eurodysney (n'y a t'il pas lancé sa stratégie en officialisant sa future épouse figurante à souhait ?) hexagonal qui n'achèverait jamais sa grande parade dans laquelle Saint-Nicolas trônerait en toute modestie.
Etre figurant va devenir un vrai métier bien en phase avec la médiatisation extrême de notre société, à chacun ses quelques minutes de célébrité à embrasser Barrack, à soutenir Borloo, à sourire à Novelli. Ben oui, tout le monde ne peut quand même pas être logé à la même enseigne non plus. Ce n'est pas parce que le monde sera figurant qu'il sera égalitaire. Mais si vous n'êtes pas content de votre sort vous pourrez toujours recruter des figurants qui vous embelliront la vie, c'est un nouveau mouvement perpétuel ! avec un frein : le jour où le Président nous exaspère la tentation sera forte de lui préférer un figurant...

samedi 4 avril 2009

Le G2, nouvel ordre mondial ?

Difficile d'échapper aux grandes messes internationales qui du G20 à l'Otan donnent du travail à Gala et Paris Match pour un bon mois. La politique-spectacle à l'échelon mondial c'est forcément d'une autre dimension même si le contenu des conférences de presse n'engendrent pas l'enthousiasme démesuré. Pourtant Gordon Brown annonce l'avènement d'un "nouvel ordre mondial", rien que ça. Nicolas Sarkozy renchérissant par un tonitruant "au-delà de ce que nous pouvions imaginer".
J'ai beau disséquer les annonces, je peine à matérialiser ce changement :
des sommes colossales, 5000 milliards ! vont être injectées mais on ne sait d'où cet argent proviendra ni dans quelles circonstances il sera mis à disposition. Pire il sera géré par le FMI et la Banque Mondiale, deux organismes qui ont pour le moins peu prouvé leur efficacité ces dernières décennies...
De "nouvelles règles" sur les salaires et les bonus des dirigeants au niveau mondial seront établies, ce qui est sûrement trés bien mais néglige le fait que ces excés n'étaient que les conséquences d'un système bancaire malade, pas la cause.
Une liste des paradis fiscaux, eux-aussi devenus subitement indésirables, est bruyamment diffusée avec de notables distingo : il y a une liste noire des gros méchants. Surprise, on découvre des pays insoupçonnés, Malaisie, Costa Rica et les Philippines... Pour l'Uruguay c'était une fausse sanction qui ne durera, la grâce des négociations, qu'une journée. Puis il y a une liste grise où nos voisins ne sont pas épargnés sans que l'on sache bien, vu l'importance des capitaux ou des frontaliers qui transitent... le risque encouru. Et puis il manque quelques poids lourds comme... la city de Londres, les îles anglo-normandes, Taiwan ou Macao... l'illustration que ce nouvel ordre mondial fait la part belle aux pays anglo-saxons et à la Chine sans offusquer la vieille Europe. Il faudra m'expliquer ce que cela a de nouveau. Ah oui, deux pays africains font de la figuration tandis que leurs homologues forment le Jaifaim, eux trônent au G20, question de style...
Il y a bien sûr un progrès à cet élargissement de 7 à 20 même si on peut se demander si cette extension ne résulte pas du politiquement correct, de l'affichage de convenances ou, pire, d'une situation économique telle que l'heure au rassemblement d'urgence s'impose.
A ce concert d'auto-satisfaction, les bourses ont, sur le coup, apporté leur soutien en repartant à la hausse. Mais est-ce un signe encourageant que le système accusé d'avoir fomenté la crise soit rassénéré par les mesures des puissants de ce monde ? L'économie réelle continue, elle, sa chute vertigineuse en témoigne le chiffre hallucinant des pertes d'emplois aux Etats-Unis en mars : - 663 000 emplois ! Barack Obama, guest star des évènements a occupé le terrain de sa décontraction et de son souci du dialogue. Doit on y voir l'avènement d'un nouveau modèle américain moins imposant, arrogant et donneur de leçon ? ce serait la moindre des choses puisque des USA est venue la crise. Et puis faire un nouvel ordre mondial en omettant de toucher au sacro-saint dollar cela mérite bien quelques concessions, non ?
Mais finalement le plus inquiétant de toutes ces gesticulations n'est-il pas l'extrême discrétion de la Chine ? La plus grande réserve de devises étrangères du monde (1000 milliards de dollars), le premier créancier des Etats-Unis s'est montré bien réservé laissant les sunlights et caméras à d'autres et se contentant d'influer en sous main. De plus en plus présente au sein d'un FMI renforcé, doté d'une arme de guerre économique le China Investment Corporation, elle ne devrait pas manquer de le mettre en oeuvre, seule ou avec les Usa, ce nouvel ordre mondial. Ces deux pays sont désormais tellement financièrement liés que c'est plus sûrement ce G2 qui va gouverner la planète !

dimanche 29 mars 2009

Rémunérations - La loi de tous les dangers

Il ne fait pas bon gagner de l'argent en ces temps de crise, la suspicion et la dénonciation sont vite de mises. Pour le coup, il faut reconnaître que je n'ai pas grand chose à craindre, on a les satisfactions que l'on peut...
Voilà les chefs d'entreprises aidés et/ou aidées (?) dans le collimateur de ceux qui les ont aidés. Alors que les prêts ne semblaient pas assortis de contreparties précises, les médias et l'opinion publique se sont chargés d'en déterminer. On regrettera au passage qu'elles n'aient pas été prévues dès le départ, cela aurait évité bien des atermoiements.. gouverner c'est prévoir parait-il...
Et voilà le gouvernement obligé de s'agiter voire de dénoncer les abus et même de menacer les contrevenants ! Le sarkozysme est incontestablement un sport à risque qui oblige aux grands écarts. De l'ultra-libéralisme accepté à l'interventionnisme étatique imposé, c'est un champ bien large de notre pensée politique qui est occupé au gré de l'actualité. C'est certainement trés grisant de paraître décider de tout et s'emparer de chaque problème en affirmant tout et, au besoin, son contraire. C'est aussi plutôt déroutant pour l'opposition comme pour ses partisans. Et pour le simple citoyen comme moi, cela frise l'escroquerie... et ne semble conduire qu' à la banqueroute.
A quelques jours de la réunion du G20 qui réunira les plus grosses puissances économiques, la position française est assez cocasse à moins qu'elle ne soit voulue, histoire de créer un écran de fumée bien fumeux au cas où Londres ne décide de pas grand chose.
Alors c'est sur que le parachute doré de 3,5 millions d’euros du PDG de Valéo n'a pas lieu d'être mais avait-il plus lieu d'être l'an passé et l'année d'avant ? Il y a bien de l'hypocrisie à sembler découvrir une politique de rigueur dans tous les grands groupes monopolistiques français.
Un décret se prépare qui n'évoluerait pas en loi, nous dit on, question de délai et d'efficacité.
Question de jurisprudence aussi peut-être non ? car enfin s'il devient possible de calibrer la rémunération d'un chef d'entreprise au prétexte que son entreprise soit soutenue par de l'argent public, le raisonnement ne sera t'il bientôt élargi à tous les utilisateurs d'argent public ? et pourquoi pas aux politiques qui sont les plus gros consommateurs de cet argent béni sans besoin réél de rendre quelques comptes que ce soit.
A l'heure où, à droite comme à gauche il est de bon ton de s'accorder sur des hausses d'impôts, n'y a t'il pas moyen d'envisager une loi incitant les élus trop gourmands et peu efficaces à renoncer à leurs stock-options, bonus, ou parachutes dorés à eux, c'est à dire leurs rentrées supplémentaires d'argent public ?
Il y a urgence à légiférer car honnêtement cette idée que toute la crise pourra se régler par investissement ultra-massif de l'argent des contribuables inquiète un brin par son simplisme et sa finalité. Avec un doute : la montée du chomage, la baisse du pouvoir d'achat va bien finir par influer aussi sur les rentes de ces collectivités multiples et des barons qui les gouvernement. Ce ne peut être un puits sans fond.
Alors, finalement elle est dangereuse cette loi sur les rémunérations des patrons par les interprétations qu'on pourrait lui donner. Mieux vaut se contenter d'un texte modeste et inexplicable afin de calmer les foules en attendant le sujet suivant d'indignation.
A ce rythme là on peut trés bien imaginer que l'été ne sera pas encore survenu que nos gouvernants marcheront en rangs serrés les jours de manif avant d'aller occuper les bureaux de quelques patrons voyous. Car seuls les patrons sont désormais voyous, les banlieues ont leurs racailles, les métropoles ont leur milieu tandis que les politiques, eux, sont hyperactifs, omniprésents, clairvoyants, volontaires... jusqu'à même avoir la banane. Chacun son style.
Et oui, la crise offre un terrain de jeu étendu à ceux élus en des temps plus apaisé... nul doute que cela monte à la tête de certains et autorise toutes les disgressions sans contrôle particulier. Et encore ne nous plaignons pas trop car l'article 16 n'est pas enclenché, pour le moment, celui qui dit "Lorsque les institutions de la République, l'indépendance de la Nation, l'intégrité de son territoire ou l'exécution de ses engagements internationaux sont menacées d'une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu" Voire...
Au plan local, elle est l'occasion de bien des initiatives coûteuses dans des domaines aussi variés que le soutien aux entreprises, le rayonnement culturel ou la recherche de formations miracles. En toute impunité et sans obligation de résultat autre que de ne pas se planter à l'approche de prochaines et lointaines élections. Il n'y a pas de loi contre cela et c'est certainement plus dommageable que de clouer au piloris quelques dirigeants inconscients. Mais il s'agirait de remettre en cause toute une culture, toute une caste peu encline à se remettre en cause et à renier sa position hégémonique.
Jusqu'à plus ne pouvoir donner des leçons d'économie...

mercredi 25 mars 2009

Le temps des sanglots longs

... des violons de l'hiver blessent mon coeur d'une langueur monotone...
Langueur et monotonie sont les indicateurs qui connaissent la plus forte croissance, avec le nombre de chômeurs, triste état des lieux d'un pays qui plus que jamais représente une bien vieille Europe.

La langueur tout d'abord, qui se définit comme un "Affaiblissement physique et moral qui réduit considérablement les forces et l'activité d'une personne", se propage avec une belle vitalité depuis les médias, revigorés par l'aubaine d'un sujet longue durée, ou les politiques persuadés de redevenir grâce à elle les acteurs majeurs de notre quotidien... le café du commerce ou la place du village, le transport en commun et la machine à café sont les sites à risques de la pandémie. Une maladie bien étrange tout de même qui semble plus faire parler que d'engager à faire, une sorte de psychose qui se nourrirait plus de ce qui pourrait arriver au plus grand nombre que de se soucier de ce qui arrive vraiment à une minorité certes grandissante. Non pas que la crise soit virtuelle, mais elle est d'abord ressentie plutôt que vécue avec un écueil à venir non négligeable : l'écart ne cesse de grandir entre le fantasme et la réalité, en toute conscience. Logiquement, la consommation, les investissements sont les premiers touchés par cette vague de fonds mais peut-être ne représentent-ils que la partie émergée de l'iceberg. L'activité disparue et les emplis détruits sont plus insidieux mais certainement plus durablement pénalisant. Peut on soigner la langueur par l'agitation, l'exhortation ou la pédagogie répétée aux enfants citoyens ? pas sûr.
Parce que la monotonie nous rappelle que si la crise est annoncée exceptionnelle, rien ne change vraiment dans les jeux de pouvoirs, de carrières et d'argent.
On voit ainsi successivement une Première secrétaire du PS et un Président en exercice jouer aux discours de campagne pour rassurer leurs camps respectifs, les non-annonciateurs de la crise en prévoir sa fin, un jour, enfin sûrement. Et des entreprises fermer parce qu'elles ne peuvent pas faire autrement et d'autres s'arrêter parce que les actionnaires le valent bien. Et des riches s'enrichir et des pauvres s'appauvrir. Le tout pouvant même réussir à susciter l'indignation, que dis-je, la colère, juste verbale, des plus audacieux à l'égard des odieux profiteurs. Ces affreux garnements souvent copains de promo, compagnons de vacances ou financeurs de campagne qu'il est à l'instant de bon ton de montrer du doigt... mais ceci avec l'impression de déjà vu qui plombe la portée des faux-semblants et génère au mieux indifférence, au pire rancoeur et animosité.
Parce que Verlaine déjà ne nous promettait pas le meilleur, il y a à plus qu'à s'inquiéter de cette crevasse à la fois sociale, économique et politique qui se creuse.
"Tout suffocant Et blême, quand Sonne l'heure, Je me souviens Des jours anciens Et je pleure", vaste programme !
Parce que chaque jour qui passe ressemble furieusement au précédant, nous aurions à nous souvenir de jours très (trop ?) anciens pour regretter quoique ce soit. Mais cette situation n'est pas forcément plus saine.
Un Secrétaire d'Etat chargé de l'Industrie qui déclame "Trouver un partenaire économique, un partenaire industriel, un repreneur avant les échéances de salaire du mois de mars c'est difficile à faire en pleine crise", c'est assez peu révolutionnaire, non ?
Un ancien Secrétaire Général de l'Elysée préside une banque au nom de la déontologie à tel point qu'"En conscience, j'ai estimé que je pouvais ne pas saisir la commission", mais s'il n'y avait rien de répréhensible pourquoi diable vouloir sembler y échapper ?
Un doyen du Parlement et de l'extrême droite qui n'a plus toutes ses facultés et répète à l'envie qu'il y a des détails dans l'histoire de la Seconde Guerre Mondiale, ça ne vous rappelle rien ?
Le premier personnage du pays qui proclame "La France, la première a dit qu'elle ne laissera pas une seule de ses banques faire faillite. La France a tenu parole". c'était pas déjà dans les livres de l'histoire ?
Des polémiques à n'en plus finir sur des rémunérations pharaoniques accordées à des dirigeants d'entreprises en difficulté, presqu'aussi choquant que le coût des déplacements présidentiels au regard de sa popularité, non ?
On pourrait décliner à l'infini ces éternels abus de pouvoir qui lassent désormais plus qu'ils n'offensent ou révoltent.
Et pourtant on peut encore s'enthousiasmer de quelques perles comme ces explications de David Martinon, consul général de France à Los Angeles, sur le fait qu'il roule en Jaguar sans en dénoncer le leasing : "Ayant déjà dû faire face à mon arrivée à une dégradation avancée des finances du consulat, que j'ai signalée au ministère des affaires étrangères, il n'était alors pas question d'engager une telle dépense."
Cela ne vous redonne pas un peu la pêche un truc comme ça ?
Et l'annonce d'un appui présidentiel pour que Johnny Hallyday assure le concert du 14 juillet ? via une petite participation de 500 000 euros vous esquisserez bien un sourire tout de même !
Et avoir des nouvelles rassurantes de notre Christine Ockrent, la sémillante directrice générale de la holding RFI, France 24 et TV5, c'est pas une bonne nouvelle ça ? savoir qu'elle touche déjà 310 000 euros annuels plus une part variable plus ses piges plus ses animations plus les rapports africains de son mari. Non là je vous donne une bonne info positive, une authentique success story, vous n'allez pas me casser l'ambiance quand même ?
Vous n'allez pas faire comme ce bon vieux Paul "
Et je m'en vais Au vent mauvais Qui m'emporte Deçà, delà Pareil à la Feuille morte" ?
Ce n'est pas comme ça que l'on va en sortir de cette foutue crise. Restez, je suis sûr que l'on va encore bien s'amuser !

lundi 23 mars 2009

Gregory WIMBEE

Difficile retour à Lille pour « Greg » Wimbée
Gregory Wimbee gardien de but de Grenoble
Samedi dernier, il a souhaité s'associer à l'hommage du LOSC à ses supporters morts en arborant lui aussi un brassard noir. 6 saisons à Lille et presque 200 matchs au compteur pour le grand Greg, grand par la classe et le coeur !

samedi 21 mars 2009

Automobile - des localisations en question...

La crise économique a posé une chape de plomb sur nos têtes, nos médias, nos politiques et plus particulièrement nos grands secteurs industriels. L'automobile tangue ainsi dangereusement, les annonces de suppressions d'emplois se multipliant. Le gouvernement y est allé de ses milliards, enfin je veux dire de nos milliards, pour provoquer la relance. Sans que l'on comprenne très bien la vocation de ces aides directes, les éventuelles contreparties attendues et le spectre des entreprises concernées. On pourrait se croire sur le Titanic en plein naufrage avec un commandant distribuant les invitations à sa table pour la soirée du lendemain... mais heureusement non, ma mauvaise foi est battue en brèche puisque la pertinence de cette politique, disons simpliste, saute déjà à nos yeux ébahis. A commencer par ceux de Luc Chatel, notre Secrétaire d'Etat à-ce-qu'il-nous-reste-d'Industrie. Comme l'homme est généreux, il n'a pas manqué de largement partager la nouvelle : "Aujourd'hui le groupe Renault va annoncer le rapatriement de la production d'un véhicule jusqu'à présent réalisé hors de France dans l'usine de Flins, ce sera un surplus d'activité pour cette usine". Bon, les plus difficiles argueront qu'il est heureux qu'un rapatriement de production implique un surplus d'activité mais qu'importe la nouvelle est d'importance : c'est peut-être un vrai tournant, un revirement majeur, car le terme est bientôt lâché, voici venu le temps des rires et des chants et des... relocalisations. Pensez donc, une des peurs majeures des français, les délocalisations, renvoyée aux oubliettes, exit les fermetures, le manque de compétitivité et les pays émergents, elles reviennent. Qui donc ? et bien les entreprises voyons ! voyez Renault, la Clio fabriquée en Slovénie revient par chez nous, à Flins. Et 400 emplois avec. Emballé c'est pesé, un ordre nouveau est en marche, enfin presque. Déjà il n'est pas trop nouveau puisque Renault est assez coutumier du fait, un fait somme toute plutôt banal puisqu'il ne s'agit pas de privilégier des sites ou des pays mais simplement de répondre à une demande. En ce sens, on saluera, en ces temps de disette, l'existence d'un besoin, en l'occurence la Clio. L'effet prime à la casse nous dit-on, un effet à double tranchant puisque manifestement ce sont les petites cylindrées qui tirent seules leur épingle du jeu. Au détriment de modèles plus puissants et plus élaborés. Une surproduction à assurer en France, c'est une activité temporaire de plus, certes, mais pas une stratégie non plus. Encore moins un changement de cap : l'usine française est sollicitée pour gérer le surplus que son homologue slovène, au taquet, ne peut assumer... alors bien sûr, faire le rapprochement avec ces fameux prêts de six milliards d'euros à taux préférentiels pour les deux constructeurs nationaux Renault et PSA Peugeot Citroën, en contrepartie d'engagements sur le maintien de la production en France était tentant, ça tombait même pile poil. Oui mais voilà ce n'était pas vrai. Pire, elle suscite de faux espoir puisque d'embauche il ne sera pas question, tout juste Renault envisage t'il de solliciter les... chômeurs partiels, la belle affaire. L'annonce hâtive, précédant même l'annonce officielle du constructeur, du Secrétaire d'Etat a donc fait long feu et ne prêterait peut être pas tant à conséquence si :
elle ne servait à justifier dans la précipitation ce que l'on aurait pu espérer être un plan réfléchi, soigneusement élaboré et parfaitement maîtrisé
elle ne provenait pas de celui qui a comme autre casquette d'être... porte-parole du gouvernement.
Du coup sa précipitation comme son opportunisme inquiètent et le spectre de l'à-peu-prés et du joyeux amateurisme guette...
D'autant que Luc Chatel, si prompt à s'emparer d'une fausse bonne nouvelle devant micros et caméras l'est beaucoup moins pour recevoir les élus en difficultés comme Richard Jarrett. Vous me direz c'est plus sexy d'annoncer des relocalisations slovènes que de recevoir le maire... d'Auchel. Certes. Mais cette petite ville du Pas de Calais, jadis florissante, perd son dernier gros employeur, Faurecia, détenu par PSA, un groupe aidé dernièrement il me semble par un plan imparable. 600 emplois sur la ville sont condamnés en 2010 et notre nouveau roi des médias ne délègue que son directeur de cabinet pour recevoir l'élu pourtant de droite. Drôle de sens de la mesure, de la mesure de cette crise contemporaine unique par un homme au pouvoir ! Et que croit-il donc qu'il se passera dans ces terres travailleuses mais privées de travail ? Le long des corons désaffectés, murés, témoins d'un passé révolu la colère gronde. Est-ce le sort attendu de l'usine Faurecia que de la murer sans omettre de lui associer bientôt un musée où se souvenir ? Le personnel, et toute une ville avec, ne l'entend pas de cette oreille. L'usine est bloquée depuis quinze jours dans l'indifférence générale. Une première médiation vient d'échouer, la lutte se poursuit. Alors bien sûr, on peut agiter un petit foulard rouge et brandir la menace de l'extrême gauche, mais la réalité Monsieur le Secrétaire d'Etat porte-parole est tristement plus banale : des gens comme il faut, volontaires comme tout le monde pour travailler, payés petitement mais qui se débrouillent, que l'on va balloter d'un site à l'autre quelques temps avant de les écarter discrètement mais sûrement du monde du travail. Sans retour.
En attendant, la ville se meurt paisiblement et on espère sans bruit pour ne pas troubler les prochaines annonces triomphantes venues de Paris.
En attendant, Faurecia négocie, 800 euros pour reprendre le travail, et Luc Chatel se cache parce que 800 euros, c'est finalement le prix de la misère annoncée, et c'est bien peu au milieu de tant de milliards.
Alors gare au retour, notamment au retour de manivelle...

"Des hommes poussaient, une armée noire, vengeresse, qui germait lentement dans les sillons, grandissant pour les récoltes du siècle futur, et dont la germination allait faire bientôt éclater la terre" Germinal.