Belle soirée de clôture pour la Ligue 1 hier soir avec du spectacle, des buts, des retournements de situation. On en redemande !
pas de bol, la saison est terminée.
Sans surprise tout en haut, Lyon n'a fait qu'une bouchée de faibles auxerrois et empoché un septième titre mérité. Bien que critiqué, le groupe lyonnais accomplit une saison pleine avec un total de points et de buts records autour d'une vraie star française, Benzema, impressionnant. Coup de chapeau aux anciens lillois Bodmer et Keita qui se sont fait une place dans le riche effectif. Reste cette éter
nelle faiblesse sur la scène européenne qui empêche sûrement l'OL de rentrer dans la légende et le coeur du foot français.
Bordeaux a tenu la dragée haute jusqu'au bout aux hommes d'un Perrin sous-estimé. L'influent et nuisible Bernard Lacombe ne pourrait il pas entraîner une saison que l'on rigole ?
Pour une première expérience, Laurent Blanc, qui disposait d'un groupe très talentueux (Cavenaghi, Chamakh, Ducasse, Diarra, Bellion, Wendel...) a bien mené sa barque bordelaise. On attend de le voir dans la difficulté pour juger définitivement. Dommage que leur victoire scandaleuse sur Nancy laisse un petit goût amer... surtout pour Nancy, presque toujours placé dans le trio de tête mais vaincu à la longue autant par la pression que par les blessures. Reste que le club du président Rousselot réalise une grande saison avec un groupe jeune, large et prometteur.
Cela n'aura pas suffit pour maîtriser l'OM dont l'inconstance n'est cependant guère rassurante pour ses prochaines joutes européennes. Surtout si quelques départs (Nasri, Cissé)
se dessinent. Mais enfin, Gerets a su s'appuyer sur une base solide (Mandanda, Cana, l'ancien lillois Cheyrou, Niang, Valbuena) pour permettre à l'emblématique club du Sud de ne pas être trop largué.
Derrière, c'est Saint-Etienne qui rafle la mise Uefa grâce à un jeu offensif particulièrement redoutable dans son antre sacrée de Geoffroy-Guichard. Bravo à Laurent Roussey, pour sa première sur un banc de Ligue 1, l'ancien adjoint de Puel a su contre parfois vents et marées tracer son chemin. Les Landrin, Tavlaridis, Dernis retrouvent ainsi l'épreuve continentale. Une belle perspective pour le fidèle peuple vert qu'on aura plaisir à suivre sur la scène européenne.
L'intertoto sera pour Rennes. Le riche club breton remis en selle par l'arrivée de Guy Lacombe a conquis brillamme
nt ce strapontin en l'emportant à Marcel Picot. Avec une escouade offensive composée de Briand, Pagis, Moreira, Thomert, Wiltord et Esteban c'était somme toute prévisible.
C'est d'ailleurs la leçon assez banale que l'on retiendra de ce championnat : les clubs les mieux armés sur le plan offensif sont devant ce qui est plutôt rassurant.
Lille échoue aux portes des places d'honneur pour n'avoir d'ailleurs pas remplit cette condition. Mais pour avoir un temps flirté avec la relégation, on n'en tiendra pas rigueur au club nordiste de s'en tenir là. On sera plutôt attentif au mercato à venir qui se devra d'être radicalement distinct du précédent : les Maric, Yanes, Tahirovic, Youla, Kluivert n'auront été que de peu d'utilité. Avec les départs programmés de Makoun et Mavuba, l'erreur ne sera pas de mise.
Un mot sur le ventre mou qui me plait bien autour de Nice, Lorient, Le Mans, Caen, Valenciennes... autant de clubs cohérents proposant un jeu plutôt chatoyant en mélangeant belles trouvailles étrangères et lancement de jeunes.
Parmi les déceptions, on classera Monaco et le PSG. Le dernier cité aura bénéficié d'une campagne de soutien sans comparaison de la presse... parisienne sans pour autant proposer souvent un jeu digne de la Ligue 1 mais cela aura suffit.
Car Lens les aura sauvés en faisant pire, la faute principale à une gouvernance abracadabrantesque qui aura successivement confié les clés de ce club populaire à de sombres incompétents tels Guy Roux, Jean-Pierre Papin ou le ticket choc incompréhensible Jean-Pierre Papin-Daniel Leclerc.
Des Hilton, Carriere, Sablé, Kalou, Akalé, Pieroni, Dindane, ils ne sortiront pas grand chose, une insulte au public de Bollaert qui ne méritait pas cela.
Direction la Ligue 2 avec Metz et Strasbourg pour un avenir bien incertain qui passera sûrement par la confiance en la formation, un principe oublié depuis trop longtemps par Gervais Martel.
Metz a mal commencé, connu un milieu de saison catastrophique, réalisé un dernier round insuffisant il n'y a donc pas de surprise, sa place est en ligue 2 et il y a du travail. Pour Strasbourg, l'OM de l'Est n'en finit pas de confirmer son surnom via son instabilité. Résultat une terrible descente aux enfers de 11 défaites qui plombe la saison dans une ambiance quasi irrespirable.
Voilà, c'est fini, repos, renforts et reprise.
Bienvenue à Nantes, Le Havre et l'étonnant Grenoble,
et place à l'Euro !
dimanche 18 mai 2008
Ligue 1 - Lyon rugit, Lille faiblit et pour Lens, c'est fini
vendredi 16 mai 2008
Journalisme - vers une nuit des longs couteaux ?
Notre excité Président passe ses nerfs sur les journalistes à l'envie, une désormais habitude qui limite d'autant le champ d'expression. A moins de claquer sans cesse des talons, il n'y a guère d'avenir pour la profession.
A l'heure d'un premier bilan ennuyeux, il lui fallait trouver un bouc émissaire. La Gauche ? ce n'était pas crédible. Le centre ? c'était limite risible. La conjoncture internationale ? déjà fait. Fillon ? quotidien.
La lumière est finalement venue d'où on l'attendait le moins. Les médias ! et notamment l'AFP, et le Journal du Dimanche, Marianne, le Parisien, l'Express .
Leur crime ? "s'attribuer la fonction d'opposition" et nuire donc à l'image du mètre 68 qui nous gouverne.
Vous noterez comme moi que considérer les trois derniers nommés comme d'opposition relève quand même plutôt de la paranoia qu'autre chose. Du reste certaines analyses ardues tentent de m'expliquer que l'Express par exemple est visé car trop proche de... Carla Bruni ! fichtre.
Au fil des jours, les incidents cependant se multiplient qui marquent bien une rupture, celle du droit à l'information.

Il est d'ailleurs symptomatique que l'affaire des pseudo spécialistes de la guerre en Irak révélé par le New York Times récemment passe chez nous comme une lettre à la Poste. 75 analystes formatés par le Pentagone, manipulés par les fabricants d'armes et infiltrés depuis le début du conflit irakien dans tous les grands médias US pour distiller tous la même bonne parole... ça peut faire rêver hein ? Avec leurs trombines de vétérans au teint halé, ils ont raconté ce que l'Etat a voulu qu'ils racontent sans que personne n'ose les contredire. Et pendant ce temps là de jeunes soldats US souvent blacks et latinos certes, se sont fait descendre au nom d'une cause perdue et viciée...

Oubliées les images retouchées des plis graisseux présidentiels, la censure complaisante de l'ami Lagardère sur les infos dérangeantes, la nomination de proches dans les conseils d'administration de tous poils, les menaces à peine voilées exprimées (ou appliquées, voir le départ soudain du directeur de la rédaction du JDD, Jacques Espérandieu) aux infidèles... l'heure est à la complainte du mal aimé et à une volonté de reprise en main.
Le statut des sources et de leur protection est à l'ordre du jour via un projet de loi qui, nous dit-on, va protéger le secret en y incluant des ... restrictions ! C'est toute la rhétorique
sarkozienne ainsi résumée... Ne nous y trompons pas, bientôt les cartes de presse seront à retirer à la Kommandatur la plus proche.Tout ceci ne sont bien sûr que vilaines supputations car comme nous le précise le très objectif Figaro, "Les médias s'intéressent trop à l'accessoire au détriment de l'essentiel quand il s'agit du président de la République".
Et oui il suffisait d'y penser ! Des médias Bling Bling insouciants ne rendent pas compte du sérieux du travail présidentiel.
L'homme au plus de 250 couvertures de magazine en 2007 est donc la victime de médias négligents et superficiels.
Moi je ne vois qu'une seule solution pour donner une bonne leçon à ses requins sans coeur. Que notre Président bien aimé boycotte les médias jusqu'à nouvel ordre et qu'il se consacre à l'essentiel dans la plus stricte intimité !
jeudi 15 mai 2008
Palmares - Les Gerard du cinéma 2008
Monica Bellucci et Franck Dubosc ont été "sacrés" "Gérard du désespoir féminin et masculin" pour leur interprétation respective dans Le deuxième souffle et Astérix aux Jeux Olympiques.
Le film de Thomas Langmann a récolté le "Gérard du plus mauvais film de l'histoire du cinéma en 2007".
Catherine Deneuve s'est vue attribuée le "Gérard de l'actrice que les journalistes s'obstinent à appeler 'Mademoiselle' alors qu’elle a plutôt une tête à ce qu’on l’appelle 'mémé'" alors qu'Arielle Dombasle a remporté de nouveau celui de "l'actrice qui bénéficie le mieux des réseaux de son mari" (Bernard-Henri Lévy, ndlr).
Jean-Paul Rouve a été élu "Gérard de l'acteur qui aurait vraiment mieux fait de continuer à faire des scketches".
Clovis Cornillac a été sacré "Gérard de l'ersatz" pour son rôle dans Scorpion, sorte de Bruce Willis français.
Le "Gérard du film où on ne sait pas si on s'en va, si on revient ou alors quoi ?" a tout naturellement été attribué à "Pars vite et reviens tard" de Régis Wargnier.
"Ce pire du 7e art", est placé "sous l'autorité morale du prénom-symbole du patrimoine français des médias et du cinéma (Gérard Depardieu, Gérard Lanvin, Gérard Holz)".Le jury regroupe une cinquantaine de journalistes appartenant notamment aux rédactions de France 2, Le Point, Le Monde, Le Nouvel Observateur, Marianne, Direct 8, Elle et Paris Première.
mercredi 14 mai 2008
Berlusconi - Eco d'Italie sur le populisme médiatique
Profitant de ce début de mois primesautier, me voilà errant au soleil muni d'un petit livre blanc. L'heureux élu n'est autre qu'Umberto Eco, célébrissime auteur d'"Au nom de la Rose" et chroniqueur à "La Reppublica".
Ecrire pour La Repubblica est de fait plutôt incongru si l'on veut bien considérer qu'il s'agit d'un des rares médias italiens qui ne soit aux mains du sieur Berlusconi.
L'ouvrage est du reste une compilation de ses écrits durant la période chargée de 2000-2005 qui va d'Afghanistan aux tours jumelles en passant par l'Irak mais aussi l'Italie.
Sur ce dernier sujet, je vous livre ici quelques extraits qui ont peut être été déjà lus par un petit français agité ou l'un de ses nombreux conseillers...
Sur la méthode berlusconnienne "Ce moyen consiste à faire des promesses, qui peuvent sembler bonnes, mauvaises ou neutres à ses partisans, mais qui doivent apparaître comme une provocation aux yeux des autres. Et il lui faut produire une provocation par jour, la plus inconcevable et inacceptable possible. Il peut ainsi occuper les premières pages des quotidiens, faire l'ouverture des journaux télévisés, et être toujours au centre de l'attention. "
Une variante : "Autre élément de cette stratégie : pour créer des provocations à la chaîne, il ne faut pas que ce soit toujours toi qui parles. Tu dois laisser la voie libre à tes collaborateurs. Inutile de leur donner des ordres, si tu les a bien choisis, ils s'y mettront tout seuls, ne serait-ce que pour égaler leur chef."
A propos du contrôle des médias : "Dans un régime médiatique ou disons 10 pour cent de la population a accès à la presse d'opposition, alors que le reste reçoit les informations d'une télévision contrôlée, on est persuadé que les divergences sont acceptées."
"Un régime médiatique n'a pas besoin d'envoyer ses adversaires en prison. Il ne les réduit pas au silence en les censurant, mais en faisant entendre leurs raisons en premier."
Sur le peuple : "En appeler au peuple, en revanche, signifie construire une fiction : le peuple en tant que tel n'existant pas, le populiste est celui qui se crée une image virtuelle de la volonté populaire."
"On peut aussi créer l'image du consensus populaire en se servant de sondages, ou en évoquant simplement le fantasme d'un "peuple"."
Umberto Eco - A reculons, comme une écrevisse
on pourrait ajouter comme citation : "Une bonne danseuse étoile est toujours sur les pointes"
dimanche 11 mai 2008
Commémoration 8 mai - Sarkozy, oui mais...
Afin de commémorer la victoire de1945, notre Président a... débarqué en Normandie. Une vraie rupture saluée comme il se doit en ces temps de reconquête de l'opinion.
Forcément cela augure de drôles de prochains rendez-vous même si l'on peut penser que pour le 14 juillet, il optera sûrement pour Versailles. Et au 15
août ? on se perd en conjecture mais je le vois bien aller à Brégançon saluer l'Assomption du débarquement en Provence...
Au-delà de ces jongleries curieuses c'est de fait le fond qui interpelle.
Que l'on décentralise désormais les cérémonies pour "marquer de façon plus forte les esprits", c'est en soit louable surtout qu'après un an d'exercice c'est bien la seule chose qui soit décentralisée..
Ce concept de vraie France inquiète tout de même, déjà car il suppose l'existence d'une fausse France que je peine à définir :
"La vraie France, la France éternelle, elle n'était pas à Vichy, elle n'était pas dans la Collaboration. La vraie France, la France éternelle, elle n'était pas dans la Milice. La vraie France, la France éternelle, elle avait avant tout la voix du Général de Gaulle, (...) elle avait le courage de Jean Moulin (...), le visage lumineux de Germaine Tillion, de Lucie
Aubrac, d'Honoré d'Estienne d'Orves, de Tom Morel, du commandant Kieffer"
Le 6 juin 2007 ici même je rendais hommage au commando Kieffer, ces 177 représentants français acteurs du débarquement au milieu des 156 000 étrangers. En faire aujourd'hui le bras armé de la France c'est quand même gonflé.
"Nous ne célébrons pas seulement une victoire militaire, nous célébrons avant tout une victoire morale".
En fait pouvons-nous, nous français célébrer un victoire militaire, non, il est plus simple de se ranger du côté de la morale, bien plus malléable... et moins dangereuse ! 177 ont débarqué, des millions les soutenaient... moralement.
"... la France dont nous pouvons apprendre à nos enfants à être fiers, la vraie France, elle n'était pas à Vichy, elle n'était pas dans la collaboration"
Un passage curieux puisqu'il s'agit de pouvoir apprendre aux enfants (ce qui suppose que sur d'autres sujets on ne peut pas) à être fiers notion historique assez singulière. Faut il en conclure que lorsqu'il n'y a pas lieu d'être fier, on ne peut pas apprendre ?
Le 8 mai 1945, en Algérie se déroulèrent les massacres de Sétif et Guelma qui firent sûrement près de 20 000 morts civils perpétrés par l'armée française. Ils revendiquaient pour leur liberté...
Bref je ne suis pas emballé, loin de là par cette posture complaisamment qualifiée de gaulienne
parce qu'elle se rapproche des positions prises par le Général de Gaulle le 25 août 1944 qui saluait « Paris libéré », « Libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l’appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle ».
Mais alors De Gaulle se devait de rassembler tout autant que de préparer l'après-guerre, il y avait donc une légitimité historique et politique à ce raccourci.
La polémique actuelle sur l'exposition photographique "Paris sous l'Occupation" est à ce titre bien savoureuse... elle qui vient d'être rebaptisée à la hâte "Des Parisiens sous l'Occupation" pour qu'on ne généralise pas cette image aseptisée, paisible et collaborationniste de la vie parisienne...
Depuis et après un Mitterrand bien discret sur cette période trouble qui le troublait tout autant, Jacques Chirac avait accomplit une vraie rupture celle là dans son discours du 16 juillet 1995, prononcé à l’occasion de la commémoration des rafles dites du Vel-d’Hiv de 1942 : « Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’Etat français », « la France, patrie des Lumières et des droits de l’homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux ».
On est loin aujourd'hui de ce regard objectif. Après Les Glières, Guy Mocquet, mais aussi après avoir voulu imposé le culte de la Shoah dans les écoles, Nicolas Sarkozy revisite l'histoire à sa façon. Boudé par l'opinion, jugé non crédible, le voilà à la recherche d'une stature ou du moins d'une autre attitude. Déjà dans les milieux journalistes autorisés, des voix (collaboratrices
?) saluent l'évolution. Comme si ce changement de paraître était une fin en soit...Mais pour ses petits besoins personnels doit il donc réviser l'histoire de France. Croit il donc ainsi s'attirer les bonnes grâces d'une opinion à qui il donnerait une bonne conscience pour pas cher ?
Cela manque décidément de l'essentiel : d'une vision.
Un an après son 8 mai maltais, il aurait mieux fait d'aller à Orléans, comme tout nouveau président. Mais bon il aurait fait de Jeanne d'Arc l'image de la France résistante aussi...
"En France, nous préférons souvent ne pas savoir. Les non-lieux de la mémoire abondent. Et les amnisties. L'essentiel, c'est que la mémoire conduise à lutter contre les crimes en train de se commettre. A partir de la compréhension pour la souffrance de groupes humains auxquels on n'appartient pas. "
Alfred Grosser
Ytty retour Maison - l'artiste Richardson s'en va
De retour, le clavier déjà frétillant je m'incline aujourd'hui juste sur le départ de l'emblématique Jackson Richardson.
Quelle carrière, quelle hargne, quelle allure et quelle personnalité!
chapeau l'artiste !
samedi 26 avril 2008
Pause - Cap sur la mer Rouge !
Ytty déplace sa maison une dizaine de jours du côté de la mer Rouge...
En cas de nécessité, vous pouvez toujours jeter une bouteille à la mer !!!
vendredi 25 avril 2008
Jean-Pierre Elkabbach - Faites entrer l'accusé
"Jean-Pierre m'a tué" est l'étrange inscription qui orne désormais le mur d'enceinte de l'habitation de Pascal Sevran, demeure qui, heureusement pour l'intéressé n'est pas encore sa dernière...
Et voilà comment une légende construite par une telle longévité journalistique se trouve bien mise à mal ! ancien présentateur télé, ancien rédacteur en chef de radio, ancien directeur de l'information et jusqu'à Président d'une radio, tout ça pour ça, finir bêtement au bêtisier pour une précipitation ballotte sur la mort trop vite annoncée d'un sombre animateur du passé.
Tant de pouvoirs concentrés en ses mains, tant d'opinions manoeuvrés, tant de prises de position affirmées pour être la risée de sa propre équipe de rédaction. Certes Audiard nous dirait un retentissant "Les vieux, faut bien que ça mange !", mais tout de même que restera t'il donc d'Elkabbach dans l'histoire alerte de notre journalisme professionnel ?
Il ne subsistera finalement que du glauque, du partisan, du malsain.
Depuis sa démission de France 2 pour incompatibilité d'avec un nouveau Président en 1981, à son re-départ de France Télévision quelques années plus tard pour cause d'argent public largement dilapidé au profit de petits camarades producteurs, ce ne sont pas ses analyses, sa rigueur ou son objectivité qui resteront dans les mémoires. Plutôt sa capacité à virer un journaliste trop zélé (Claude Sérillon) coupable de trop traiter l'affaire des diamants de Bokassa ou sa faculté à se rapprocher du pouvoir (un certain Sarkozy) pour valider la nomination d'un journaliste chargé de couvrir l'actualité d'un ... Ministre de l'Intérieur.
Une carrière faite d'intrigues, de manigances, de promiscuité, de secrets pour se faire surprendre un soir d'Avril, mais pas un premier, par une mauvaise blague. Cela aurait pu être "Le PSG tout prêt du titre" ou "Casimir n'a toujours pas été libéré" voire "Marcel Amon cartonne avec son nouvel album", non, ce fut "Pascal Sevran est mort". Une information sidérante d'importance et dont on comprend tout de suite qu'un Président d'Europe 1 s'en saisisse dans l'instant. Puis l'impose, vieille habitude, à ses équipes sans autre forme de procès pour faire la une du journal du soir.
Mais cet incorrigible imbu de lui même, cet invétéré donneur de leçon sombre corps et âme d'en avoir trop dit et trop fait. Pourfendeur du web, il dénonçait dans le journal La Croix (11/04/08) en début de ce mois : "Des sites qui, pour exister, pour faire un coup, pour nuire à un adversaire, lancent des rumeurs, des fausses informations, des ragots, des nouvelles non vérifiées. La tentation est grande pour des sites de taper fort afin de se faire entendre, quitte à ne pas vérifier ou à ne pas donner la parole aux personnes qu’ils attaquent."
Quelques jours à peine donc avant la (petite) mort de Pascal Sevran...
Rassurant, il précisait pourtant "Tout ce qui relève de la vie privée, de la « peopolisation » du politique n’est pas relayé par notre rédaction".
Ben non pas par la rédaction de la radio du fils Lagardère, juste par lui... qui pourtant entend "ne plus se laisser détourner par la dictature de l'émotion".
Petit jusque dans ses erreurs, il n'hésitera pas à annoncer le lendemain de sa nouvelle bourde «J'assume personnellement une erreur collective» obligeant la Société des rédacteurs d'Europe 1 a répondre par communiqué: «Il apparaît que la responsabilité de Jean-Pierre Elkabbach est directement engagée dans cette annonce erronée. Il apparaît que lui seul a été le donneur d'ordre. Il a transmis l'information et ordonné qu'on la diffuse».
Ridiculisé, ringardisé, ce libéral viscéral gardera pourtant solidement sa place malgré ce qu'il convient d'appeler une authentique faute professionnelle qui dans tout autre métier se concluerait fatalement.
Espérons qu'il prenne au moins pendant quelques temps la possibilité de se consacrer pleinement à la création de son groupe de travail chargé, à Europe 1, de réfléchir sur «les sources, la vérification de l'information, la crédibilité des sites Internet, des blogs, les rumeurs, les frontières entre la vie publique et la vie privée».
Il aura surtout du temps pour méditer sur le sens du journalisme en s'appuyant, pourquoi pas, sur cette belle définition : 'Le journalisme, ce n'est pas un dépotoir. Ce n'est pas là où l'on revient quand on a échoué partout.' Ce doit être vrai, c'était un certain Jean-Pierre Elkabbach qui l'a dit !
Non, vraiment, le plus drôle serait que Pascal Sevran lui survive, l'occasion d'une rétrospective savoureuse des meilleurs ratés de JPE. Une émission "La chance aux chansons" spéciale déontologie et belles âneries, ça marcherait, c'est sûr, et de là-haut, quel bonheur pour lui de voir son éternelle ambition et besoin de reconnaissance enfin récompensés. Même si c'est à titre posthume.
jeudi 24 avril 2008
Rachida Dati - A dry white season...
Une "journée remplie, studieuse et concentrée"...
évidemment tout n'est qu' affaire de perception...
mercredi 23 avril 2008
Foot - Les dogues entrevoient l'Europe
Lille renaît de ses cendres et peut même, par la grâce d'une superbe victoire en terre marseillaise, aller décrocher une place en UEFA pour l'an prochain. Grosse confirmation d'une équipe pourtant mal embarquée à mi-championnat.
C'est le renouveau du Losc en même temps que survient le printemps. Menacé par la relégation à mi-saison, les hommes de Claude Puel ont enchaîné les performances et retrouvé ce qui faisait leur force les saisons passées : solidarité, abnégation et gros pressing. Le tout s'articulant autour d'un milieu de terrain accrocheur à souhait où Cabaye confirme qu'il a tout d'un grand tandis que Mavuba, venu de Villareal a incontestablement apporté sa maturité et son volume de jeu. Comme Makoun revient en forme et que la défense centrale juvénile Franquart-Rami assure, les voyants sont au vert et ça tombe plutôt bien puisque ce sont justement les verts de l'ancien adjoint Laurent Roussey qui sont dans la ligne de mire.
Après des mois difficiles où le moins que l'on puisse dire est que le spectacle n'était pas trop au rendez-vous, il faut avouer qu'au Vélodrome on s'est régalé. Détermination, engagement, organisation, prise d'initiatives, le match s'est bu comme du petit lait face à un OM limité et sans imagination. On en redemande !
Bravo au coach d'avoir remis ordre et unité dans le groupe. Youla, Marik, Yanes en CFA, Mirallas à la pointe de l'attaque, les choix sont payants.
Dernier baroud d'honneur à venir donc pour cette saison curieuse entachée de trop nombreux matchs nuls qui ont, à un moment, plombé la confiance. Avec en particulier la venue du voisin lensois mal en point dans un derby qui n'est pas sans rappelé de funestes années.
Qui partira, restera, arrivera, il sera bien temps d'en parler plus tard. Je table sur un recrutement de type Mexes-Ronaldhino-Torres, mais je peux me tromper.
dimanche 20 avril 2008
Renault - Carlos Ghosn, leader à bas coups ?
C'est au moment où une grève de grande ampleur se termine dans les usines Renault-Dacia en quête de substantielles revendications salariales que les émoluments du patron fétiche Carlos Ghosn sèment le trouble : entre rigueur budgétaire et largesse personnelle, entre marque au losange et ersatz à bas coûts, entre quête de productivité et suicides... la liste est longue des avatars qui jalonnent le parcours de la marque française depuis qu'une star du management international en a pris le contrôle...
Racheté en 1999 par Renault, Dacia a commercialisé plus de 230 000 unités en 2007 en Roumanie et à l'étranger, une hausse de 17,4 % par rapport à 2006. Un ouvrier, parmi les... 13 000, y gagne environ 1 900 lei brut (530 euros) par mois. Après près de trois semaines de conflit, 100 euros supplémentaires environ viennent agrémenter le maigre pécule.
Un conflit qui s'enlise dans un contexte difficile pour l'ensemble du groupe après une année 2007 plutôt morose. Un groupe qui possède à sa tête un golden boy habitué des magazines principalement des unes plutôt sélect tel
Fortune. Si Renault souffre face à la concurrence, Carlos lui ne laisse que des miettes à ses adversaires : sur le podium (3°) des salaires les plus élevés du CAC 40, il prend même la deuxième place des patrons de l'industrie automobile derrière Porsche... tandis qu'il l'emporte au classement des patrons européens les mieux payés avec la bagatelle de plus de 45 millions de dollars. Par la grâce des stocks options.
On pourra ainsi retenir que si la grève roumaine est estimée à «13 millions d'euros » de manque à gagner comme s'est dépêché de le préciser le "constructeur" franco-roumain, elle ne risquait pas encore d'envoyer notre star brésilienne sur la paille...
Au-delà de l'aspect cocasse, ce conflit d'ampleur marque la fin d'une époque, celle où l'Europe de l'Est faisait figure d'eldorado proche, facile et... rentable.
Bien sûr les bénéfices actuels ne doivent pas faire oublier les lourds investissements matériels et humains nécessaires au tout début de ce millénaire. Mais la croissance est au rendez-vous et avec elle un cercle vicieux que la marque française ne contrôle plus : en 2007, le revenu d'un opérateur était déjà plus du double de celui dispensé en 2003.
Hors Europe de l'Est d'où viendra le salut ? pas forcément de Russie où le salaire moyen atteint déjà 700 euros. Alors l'on parle plutôt du Maroc, du Brésil, de l’Inde, de l'Argentine ou de... l'Iran d'où viennent de sortir 15 000 véhicules mais dont Renault attend, espère, 250 000 unités bientôt !
Depuis son arrivée à la tête de Renault, Carlos Ghosn a boosté le programme Logan pour parvenir à ce qu'une voiture sur cinq produite par Renault soit une low-cost.
Aujourd'hui les investissements dans les pays à bas coûts sont de moins en moins rentables et les zones de progression pas si évidentes : la production des divisions Euromed, Amériques, et Afrique-Asie a progressé de 20, 50 et 32%. Dépassant la barre du million de véhicules. Et demain ? deux écueils se dressent :
D'abord le fait qu'aujourd'hui la croissance du groupe dépend de ses modèles low-cost : au premier trimestre 2008, Renault affiche +6,5% par rapport à 2007 mais en considérant que les ventes de Renault proprement dit sont à + 4,7%, celles de sa marque roumaine Dacia à ...+ 37%. Pire sur son historique marché européen Renault est en recul de 2% malgré... le succès sans précédent des Dacia ! En janvier 2008, en Europe, les ventes de Dacia bondissaient de... 118,1%. Pour 2008, l'objectif est de vendre 750 000 Logan en s'appuyant sur une nouveauté, le pick up. Une situat
ion quelque peu paradoxale, un emballement suspect et pas forcément maîtrisé. Peut il vraiment s'agir d'une manoeuvre délibéré, ou désespérée ? Renault peut-il vraiment jouer sur les deux tableaux sur un même marché ? j'en doute.
Deuxième écueil, les deux monstres de l'économie de demain, la Chine et l'Inde n'attendent rien de l'ambitieux Carlos Ghosn qui reconnait du reste ne pas disposer de produits adaptés à ces nouveaux marchés. Au-delà, ce sont ces nouveaux marchés qui proposent des produits plus adaptés : Tata motors a lancé en janvier une voiture à 100 000 roupies soit environ 1700 euros.
De nouveaux investissements en perspective...
A la croisée des chemins, l'ex Régie se lance dans un drôle de baroud avec le lancement annoncé de pas moins de 9 nouveaux modèles cette année. Une obligation si CG veut réussir son plan "Renault contrat 2009"
« Avec une vision stratégique claire et des objectifs priorisés, précis et mesurables, j’ai la conviction que Renault deviendra, dans le cadre de l’Alliance, une grande entreprise automobile mondiale, performante dans la durée" dixit le grand manitou. Un position
nement et une stratégie pour l'heure aussi enfantins que de changer le phare avant droit d'un Scenic (et j'ai un Scenic). Un programme qui se résume peut être finalement à une réduction des coûts et une optimisation des investissements. Pas sans casse, l'homme n'est pas connu pour sa préoccupation sociale. Mais les réguliers suicides reconnus à caractère professionnel ternissent un peu plus l'image d'un manager peut être un peu vite encensé et pas très porté sur l'humilité...
"Il en est des défauts comme des phares des automobiles : seuls ceux des autres nous aveuglent"
Maurice Druon
vendredi 18 avril 2008
Reporters - Le prix Pulitzer 2008
Le prix Pulitzer dans la catégorie de la photo d'information 2008 :
Adrees Latif, photographe de l'agence Reuters immortalise en Birmanie les derniers instants de l'homme qui gît à terre, Kenji Nagai, journaliste japonais de 50 ans.
171 journalistes ont été tués en 2007 dans l'exercice de leur fonction.
Les français sont à l'honneur puisqu' épargnés...
ou absents ?
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