mercredi 9 avril 2008

Economie - Les sarkozettes du Quercy

L'histoire retiendra peut être un jour que c'est à Cahors que Nicolas Sarkozy, moins d'un an après sa nomination, a définitivement tourné le dos à toute volonté de rupture et toute entreprise ambitieuse.

C'est au coeur d'une ville moyenne, préservée des contestataires par tous les... moyens, qu'il a donc présenté son plan d'action, moyen lui aussi, forcément.
Plus question d'aller chercher de la croissance non, l'heure est à la drastique quête d'économies. Publiques tant qu'à faire puisque le paquet fiscal à préservé les autres et que l'UIMM voudrait bien l'aider mais ne retrouve plus ses valises...
Nous voici revenu au bon vieux temps de la droite classique, celle-là même au pouvoir depuis 1995 et qui a sclérosé tout autant que la gauche notre belle contrée.
Pour gagner plus l'Etat n'entend donc pas travailler plus mais économiser plus en ne remplaçant pas un départ en retraîte sur deux. Quelle incroyable découverte qui fera date dans les sciences économiques des grandes universités du monde entier ! et quelle bonnes nouvelles pour nos enfants seulement 25 par classes de maternelles et qui feront demain corps au milieu de leurs 35 ou 40 camarades...
En démantelant pas à pas le service public, le Président s'attaque à un secteur qu'il a patiemment dénigré et qui concerne peu son monde comme son électorat de base. Mieux, il a fait croire à plus nombreux qu'il les défendrait au mieux de leurs intérêts. Les lendemains déchantent et cela ne fait que commencer. Les services publics peuvent être raillés, critiqués mais il n'en assure pas moins une mission essentielle de continuité des services régaliens de l'Etat pour tous et partout. Ils sont aussi censés pallier aux excès ou insuffisances de la société de marché. En ces temps tourmentés, pas sûr qu'il soit si opportun de se couper de cette possibilité pour les plus fragiles d'entre nous.
Alors que la France se paupérise, que les situations se fragilisent, tout se passe comme si celui qui s'est augmenté de 3 chiffres, n'avait ses yeux que rivés sur des tableaux de bords chiffrés.
Le social est donc pointé du doigt comme la cause de tous nos maux, en particulier notre incapacité économique. A croire qu'avec moins de prélèvements sociaux Kleber et Arcelor seraient encore de notre monde...
Le social c'est d'abord le logement social avec la volonté désormais affichée non pas de développer le parc existant mais d' ... abaisser de 10% le plafond d'accession histoire :
soit de gagner plus d'argent sur le dos de gens trop "riches de 10%" pour vivre en HLM
soit de provoquer le départ de ces mêmes riches, pour quelle destination ?
Le social c'est aussi la suppression annoncée des dispositifs favorisant les retraites anticipées. Une mesure étonnante si l'on suit les nombreuses fermetures d'entreprises qui, toujours, s'appuient sur ces départs anticipés pour relativiser l'impact final. Les politiques de terrain apprécieront... les chefs d'entreprise également.
Notons que Mittal par exemple ne doute de rien puisqu'il peut claironner "124 emplois seront créés à Gandrange" en omettant discrètement de rappeler que 575 personnes seront au préalable remerciées. Mais ce ne seront pas des retraites anticipées, nous voilà rassurés...
Le social c'est encore l'emploi, ils seront de moins en moins aidés. Voilà qui aura le mérite de la clarté puisque d'ici quelques temps nous aurons par cette politique visionnaire une photographie exacte de notre marché de l'emploi purifié de tous ces emplois partiels...
Bientôt les chômeurs ne pourront refuser deux offres raisonnables à dit Nicolas Sarkozy. Le problème étant bien de définir ce qui est raisonnable de ce qui ne l'est pas chez cet homme-là...

Tout ça et bien d'autres choses pour un objectif mineur de ... 1% d'économie :
"sur les 1.000 milliards d'euros de dépenses publiques, il s'agit de gagner 10 milliards par an dès 2009, 5 sur l'Etat et 5 sur l'ensemble de la sphère sociale".

Enfin en théorie, car nos fines lames de l'économie n'ont pour l'instant pas fait de miracles. Bien loin du monde enchanté de Disneyland, le président PS de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale estime à 4,1 milliards d'euros le coût pour les finances publiques de la réformes des "heures sup". Dans le même temps, ces mesures n'auraient permis "qu'à une partie des salariés" de bénéficier de 3,78 milliards d'euros supplémentaires de pouvoir d'achat...
cela promet.

En attendant, et dans la plus parfaite indifférence, les 40 entreprises composant le CAC 40 ont engrangé sur l'année 2007 un bénéfice de 99,1 milliards d'euros.
Soyons fous et imaginons une Tva sociale appliquée au Cac de 10%, cela rapporte 9,91 milliards par an.
Une broutille pour les entreprises concernées et un juste retour des choses si l'on veut bien considérer que ces entreprises oeuvrent sur de nombreux marchés publics...

Voilà de l'ambition et de la rupture.
Faut vraiment tout faire !


2 commentaires:

Fenridal a dit…

See Please Here

Anonyme a dit…

Quand cessera l'hypocrisie, lorsque la dictature du capitalisme sera ébranlée ? par qui et par quoi ?
Nébula