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jeudi 25 mars 2010

Politique - Stratégie 3 - Sarkozy 0

Et 1 et 2 et 3 zéro, ce refrain guilleret entonné au lendemain d'une victoire sonne quelque peu bizarrement pour certains les régionales passées. Et voilà que la majorité présidentielle n'a plus que de majorité que le nom, ne dépassant plus guère qu'un timide tiers, le tiers d'Etat certes mais tout de même ... Alors il est bien sûr que les résultats de régionales 2010 ne font pas la présidentielle 2012. Mais il n'empêche que voilà l'incarnation de la présidentialisation du régime obligé de s'associer à un revers et d'en assumer la plus grande part. L'occasion de s'interroger sur son statut de stratège patiemment élaboré. Une manière au départ de faire oublier le choix hasardeux de la candidature Balladur en 1995. Pour mieux faire oublier sa désastreuse campagne européenne de 1999, il préféra axer sa raillerie sur la dissolution chiraquienne. Mais cette pseudo virginité politique résiste mal à l'épreuve récente qui parait résulter d'une triple erreur d'analyse :
S'être trompé d'adversaire. Les présidentielles gagnées, le PS déchiré est à l'agonie. Sa politique d'ouverture parait devoir l'achever. Et les politiciens de droite de se succéder pour même regretter que l'opposition soit si faible voire même s'inquiéter pour notre démocratie d'une telle domination. Heureusement le péril rouge est tout trouvé sous les traits d'un petit postier sûrement redoutable devenu le symbôle d'une extrême gauche aux portes de nos foyers. Et voilà Besancenot et ses comparses érigés en ennemis numéro 1... le NPA se contente pourtant d'un maigrelet 2,4% quand le PS s'affirme comme la première force politique du pays...
Avoir raté le virage écologique
Pas particulièrement teinté de vert, le programme du candidat Sarkozy avait pourtant entendu se positionner plus calirement sur ce thème. A organiser même un Grenelle de la chose censé rester dans l'histoire. Après les européennes de 2009, le vote écolo devient un enjeu clair justifié par une prise de conscience mondiale génératrice de sommets en tout genre. Las, la Droite ne va pourtant pas parvenir à incarner cette mouvance, incapable de contrer un Dany le Rouge ragaillardi, de passer de la théorie aux actes. De fait, le plus naturellement du monde et quasi sans combattre, PS et Verts s'unissent à la veille du deuxième tour sans contestation. Comme une acceptation bientôt confirmée par quelques propos peu amènes comme ce "L'environnement, ça commence à bien faire " lâché aux agriculteurs. Un environnement qu'on semble utiliser ou rejeter au gré des opportunités...
Avoir fait renaître le FN
De ce débat sur l'identité nationale centré sur l'immigration et ses dangers, on ne voyait qu'un intérêt : celui de radicaliser le débat et de réveiller l'électorat de droite, le remobiliser jusque dans ses extrêmes à l'heure de l'élection. Elu par les reports de voix du FN au second tour de la Présidentielle, Sarkozy sait trop ce qu'il doit à ces voix complices. D'Eric Besson à Brice Hortefeux ils n'ont pas manqué de mouiller leur chemise pour diaboliser, dénoncer, craindre, renvoyer à tour de bras. Au nom de l'insécurité, il s'agissait de serrer les rangs. L'insécurité, un sujet aux petits oignons pour l'ancien Ministre de l'Intérieur. Ministre en 2002, il y a 8 ans, putain 8 ans, et toujours les même ficelles agitées pour aucun résultat. Mais la mayonnaise n'a pas pris, n'est pas Mitterrand qui veut, pire, les Le Pen pouvaient s'en donner à coeur joie tapant sur les ministres d'ouverture ou la désindustrialisation croissante pour accompagrer leurs traditionnels couplets anti-immigrés. Et les reports de voix n'eurent pas lieu. Déjà parce que le FN s'est maintenu dans 12 régions et n'a appelé à voter ni pour la gauche ni pour la droite dans les autres... fermez le ban.
Réformes ou pas réformes, remaniement ou pas remaniement, changement de Premier Ministre ou pas, fin de la politique d'ouverture ou pas, la vraie nouveauté de ce scrutin semble véritablement que le président habitué à jouer sur du velours des coups d'avance se retrouve contraint de réagir et de faire des choix par défaut. Cela peut lui permettre de rebondir ou de se décrédibiliser totalement. Les rumeurs le rendant responsable de l'annulation du 20h de Fillon montrent qu'il est déjà sur une corde raide...

vendredi 18 décembre 2009

Le lâche et le réfugié

Appelé à soutenir un Eric Besson plutôt malmené, le porte-parole de l'UMP n'a pas fait dans la dentelle en justifiant le renvoi d'afghans dans leur pays par leur devoir de combattre.
Une ingérence dans les affaires intérieures d'un pays en guerre certes mais en guerre civile, et au coeur de tout un chacun à qui l'on impose vu de France un devoir.
Habitué des éructations en tout genre, Lefebvre en arrive tout de même aujourd'hui à formuler des aberrations.

"Alors que de nombreux pays du monde, dont la France, sont engagés en Afghanistan, qui pourrait comprendre que des Afghans dans la force de l'âge n'assument pas leur devoir, et échappent à la formation que, notamment, les forces françaises leur proposent pour défendre leur propre liberté dans leur pays ?"

Dans un pays en guerre depuis des décennies, envahi en partie par l'URSS, soutenu en partie par la CIA, parcouru de tant de courants et sujet de bien des convoitises géopolitiques il y aurait donc un choix pourtant évident, simple et pour tout dire obligatoire. Personne ne l'a vu, mais lui, si, Frederic "vincent" Lefebvre les a vu. Il en fait donc profiter le monde.
Tout civil est un soldat en sommeil, tout citoyen a le devoir de se battre sur son territoire, sont des affirmations qui sonnent tout de même bien curieusement dans nos oreilles cocardières...
Et qui de fait interpellent sur la motivation que nous pourrions à nous croire autorisés à donner des leçons au-delà de nos frontières et à stigmatiser une petite population d'hommes en difficulté.
"Le lâche aime à faire la chasse aux tigres morts" dit Lao She. C'est tout de même un peu l'impression que donnent ces porte-flingues de l'UMP sans vergogne. Et sans mémoire. Je sais bien que les cours d'histoire sont mal vus de ce gouvernement mais j'ai peur d'y déceler une sorte d'allergie voire un désintérêt flagrant. Pourtant Alfred Grosser dit volontiers qu'"un peuple qui ne connait pas son histoire est condamné à le revivre", une recommandation qui devrait plus préoccuper le porte-parole de l'UMP.
Je ne sais ainsi trop comment, à la lumière de son raisonnement, il analyse l'exode qui entre le 10 mai et le 22 juin 1940 emmena quelques 6 millions de français sur les routes. Ils fuyaient l'ennemi et quittaient leur territoire.
Et que dire de ceux qui rejoignirent l'Angleterre alors que notre armée était en déroute ? Ont ils eu droit à un porte-parole de Churchill qui les invitait à regagner leurs navires avec ces mots : "Alors que de nombreux pays du monde, dont l'Angleterre, sont engagés contre l'Allemagne, qui pourrait comprendre que des français dans la force de l'âge n'assument pas leur devoir ?"
Je ne crois pas.
Le réfugié se définit généralement par celui qui à quitté sa région ou son pays pour y éviter un danger. Il conviendrait d'y ajouter désormais... et qui de ce fait s'est soustrait à son devoir qui lui intimait l'ordre de combattre.
En plus de revoir l'histoire à sa façon, on revisite même le dictionnaire ! ce doit être ça la France qui change.
Je ne sais ainsi pas trop comment qualifier ces nombreux juifs qui ont fui la shoah et trouvé refuge hors d'Europe.
Mais alors le doute m'assaille quand on évoque ces petits nobles hongrois face à l'invasion soviétique. Tel un Pal Sarkozy par exemple.
Ou ces riches industriels italiens redoutant les brigades rouges depuis le Cap Nègre. Tel les Bruni.
Décidemment, ils n'en font parfois qu'à leur tête ces réfugiés.
Et que dire de ceux qui se réfugient en Suisse pour éviter l'impôt français ?
Thierry Mariani accorde son "estime va davantage aux jeunes Afghans qui ont fait le choix de rester dans leur pays pour le reconstruire et lutter contre les talibans aux côtés des soldats français qu'à ceux qui le fuient".

Il a peut être raison finalement, on devrait les renvoyer plus souvent qu'à leur tour. Parce qu'en plus vous savez quoi ? ils mangent aussi le pain des français... et c'est pas un imbécile qui le dit. Douanier Lefebvre vous m'avez convaincu !!!

vendredi 16 octobre 2009

Des conseils de plomb à prix d'or

Drôle de métier que conseiller politique. Il faut projeter son édile dans l'action qui le valorisera davantage en prenant garde de ne pas provoquer l'inverse. Cette corde raide sur laquelle ils paraissent évoluer justifie t'elle les sommes parfois astronomiques demandées ? et obtenues car le conseillé n'accorde guère de prix à ce privilège qu'il semble alors posséder : celui de lire l'avenir, de l'anticiper au point de le maîtriser.
Qu'il en appelle au conseil par besoin d'une béquille ou pour confirmer ses convictions, il confère souvent aux mots, orientations voire incantations proposées un pouvoir quasi surnaturel. Pourtant quelques exemples récents nous montre toute la relativité de ce qui n'est décidément pas une science encore moins exacte.
Il y a d'abord ces révélations sur les sommes dépensées par l'Elysée, en argent public donc, pour des sondages multiples et variés censés donner les clefs du bon positionnement. Un million d'euros s'il vous plait sans compter les rémunérations des dits conseillers qui oscillent entre 10000 et... 43 500 euros par mois. Et pour se retrouver avec une cote de popularité de 44% j'estime que nous, contribuables, devrions pouvoir réclamer la démission de ces incompétents. A ce propos avez vous noté le compte rendu majoritaire de cette cote dans la presse ? "Sarkozy stable, Fillon en baisse" ce qui vous en conviendrez n'est pas trés sympa pour notre Premier Ministre. D'autant moins sympa qu'en fait sa cote est supérieure à celle du Président...
Il y a aussi ce passage "éclair" à Gandrange, ça me fascine moi les voyages "éclair"... pourquoi sont-ils éclair ? l'appréhension d'être loin de son doux foyer ? la peur du méchant pas content petit français ? la peur de s'ennuyer ferme ? ça fait lumineux un passage éclair mais ça n'en demeure pas moins un brin vexant pour celui qui accueille et qui a presque l'impression de déranger... c'est un peu idiot aussi il faut bien le dire de faire deux voyages éclair en quelques jours au même endroit à 30 kilomètres prés... merci du conseil. Le Président a d'ailleurs reconnu que se déplacer en Moselle sans passer par Gandrange et Metz était une erreur. Une erreur qui nous coûte là aussi une petite fortune si l'on veut bien considérer qu'il a du constater son erreur à travers un sondage, payant le bougre, avant de retourner en Lorraine avec hélicoptères, gardes du corps et cortège officiel.
Et pour couronner le tout, ces satanés conseillers le pressent de porter secours à son fiston devenu la risée d'une France goguenarde et même d'un monde plutôt moqueur.
Et le papa de s'enflammer qu'à travers son fils c'est lui qui est visé au moment même ou un sondage, encore un (on va pas dépasser le budget ?) indique que deux tiers des Français (64 %) estiment que la nomination du dauphin Jean Sarkozy à l'Epad est "une mauvaise chose"...
Qu'importe le voilà déjà engagé dans une réformette des lycées ou il doit reprendre de la hauteur, alors il se lance, lyrique : « Ce qui compte en France pour réussir, ce n’est plus d’être bien né, c’est travailler dur, et avoir fait la preuve, par ses études, de son travail, de sa valeur. ». Bravo messieurs les éminences grises, vous voilà donnant raison à Madame de Sablé "Rien n'est plus dangereux qu'un bon conseil accompagné d'un mauvais exemple."
Quand ça ne veut pas... c'est finalement le risque d'une présidence qui n'a eu de cesse de se démultiplier pour brouiller la contestation, elle a finit par brouiller son propre message. D'autant que ce fonctionnement personnel du pouvoir a laissé le champs libre à une cour de partisans-conseillers jamais contredits jusqu'à... se tromper. Seulement, accepter que l'on s'est trompé, quand son métier est d'avoir raison n'est pas chose aisée. Pour le conseiller, pour le Président, et pour leur relation de confiance.
Vous me direz, ces errements ne sont pas l'apanage de l'Elysée. Ségolène Royal a été magistralement conseillée pour réaliser son nouveau site internet ; quand à son image, si elle fait l'objet de toutes les attentions de professionnels grassement couvés par Pierre Bergé, elle n'évolue pas favorablement avec une cote de popularité d'à peine 36%, et c'est un sondage qui le dit. Merci qui ?

mardi 29 septembre 2009

Et maintenant ils rendent la justice...

Bien des affaires judiciaires se succèdent avec un triste point commun : leur dépendance au politique. Bien que nous pouvions noter ces dernières années leur forte propension à devenir avocat, nos politiques inquiètent par ce mélange dangereux des genres...
Evidemment la plus lisible concerne l'affaire Clearstream, cette granguignolesque histoire de fichiers manipulés. Qui aboutit à un scandale : Nicolas Sarkozy aurait un compte caché au Luxembourg. Une révélation somme toute étonnante pour ce résident de Neuilly jadis inquiété mais pas trop à la fin des années 90 pour des cadeaux de promoteur. Le même qui à peine élu s'envole pour un yatch de milliardaire avant de s'auto-augmenter de 172% et de passer des vacances de rêve à Wolfeboro. C'est vrai qu'affubler ce personnage marié à une riche héritière italienne d'un compte à l'étranger dépasse l'entendement... et que le costume de victime lui va comme un gant.
Plus léger voilà que le fils Fillon joue les fangio de bas étage, ou les Jean Sarkozy en voiture, c'est comme on veut, au volant du puissant 4x4 de papa. Une lourde contribution à la couche d'ozone, moins pour l'équité le coupable, euh pardon le prévenu pouvant se contenter d'une simple réprimande du juge... ayant perdu un point et 45 euros pour 92 kmh retenu contre 90, j'apprécie le geste et ne manquerai pas d'en faire un autre à l'occasion...
A tout seigneur toute honneur, notre ancien président himself, personnalité préférée parmi les préférées vient de bénéficier d'un non lieu sur les accusations de détournements de fonds publics Mis en cause pour une affaire d'emplois présumés de complaisance payés par le cabinet du maire de Paris entre 1983 et 1998 le voilà tranquille et apte à regagner Saint Tropez.
Et voilà que l'actualité people se déplace vers la Suisse pour évoquer l'arrestation de Polanski. Et revoilà nos faiseurs de jugement poussant des cris d'orphraies devant l'audace d'avoir touché à l'un des leurs alors qu'ils en appellent à la prescription.
De quoi définitivement entériner deux évolutions majeures de leur personnalité : les politiques se prennent pour des vedettes et pour des juges.
Une mauvaise nouvelle pour le show-biz, les prétoires et les petites filles de treize ans.

mardi 8 septembre 2009

Economie - un Rafale à inquiétantes réactions

Même si la coupe du monde de football semble bien lointaine et plombe le moral de tout un pays, l'esprit cocardier se ravive à l'annonce surprise de la vente de 36 avions, pas un, pas deux, trente-six mon bon monsieur. Et pas n'importe lequel, le Rafale, le seul, l'unique aéroplane de Monsieur Dassault qui n'avait jamais trouvé preneur au-delà de nos frontières. La faute à pas de chance disaient les uns, à sa complexité et aux doutes sur sa fiabilité disaient les autres, à la concurrence aussi ou à son coût. Enfin bref pour cet ambitieux projet franco-français né dans les années 90, c'est en 2009 que le premier débouché survient du côté du Brésil.

Avec 5 milliards récoltés l'opération est juteuse tant il est vrai que le programme de développement a coûté à la France pas moins de 39 milliards d'euros. Sans compter le soutien estimé au départ jusqu'à 35 000 euros... de l'heure de vol !
Cet appareil semi-furtif commençait à faire jaser par son caractère extrêmement furtif sur le plan commercial. Singapour, Pays-Bas, Corée, Australie, Arabie Saoudite, Maroc... ils n'ont pas manqué d'air ces affreux jojos en préférant du matériel américain. Mais c'est finalement pour les mêmes raisons annoncées que le Brésil aujourd'hui penche en notre faveur. Par souci d'indépendance, par volonté de ne pas dépendre d'un fournisseur plutôt regardant et influent. Joli coup d'opportunisme et belle agressivité de nos couleurs pour emporter la mise. Mais là où le doute s'installe c'est quand le Président Lula lui-même s'est félicité moins de la qualité de l'avion que de "l'étendue des transferts de technologie" obtenue. 6 avions seront construits en France, les trente autres au Brésil. Enfonçant bientôt le clou "pour nous ce qui est important, c'est d'avoir accès à la technologie pour produire cet avion au Brésil. C'est ce que nous négocions maintenant". Ainsi donc le choix français résulte de la possibilité non pas d'acheter du matériel mais d'acheter un savoir-faire, notre savoir-faire. Jusqu'à perdre des marchés futurs de renouvellement mais aussi s'exposer à la concurrence prochaine d'un avion similaire mais drôlement compétitif notamment sur son prix. Alors bien sûr côté français on se veut rassurant, Serge Dassault expliquant volontiers qu'il ne craint pas les transferts de technologie, normal me direz-vous le bon Serge étant de toute façon actionnaire sur place. Pour lui c'est gagnant-gagnant et il peut chaleureusement remercier son vrp de luxe des efforts accomplis. Pour la France c'est déjà plus discutable même si l'Elysée s'empresse de préciser que 6000 emplois seront créés en France durant... 4 ans. Tiens 4 ans, une indication de durée, celle durant laquelle l'opération est bénéfique quelque part. Mais pour le reste ? Cette attitude n'est pas sans rappeler les accords conclus en Chine pour Airbus et Areva .
La realpolitik a donc un prix, celui de notre avenir qui ne pourra se prévaloir de quelconques avantages dans des secteurs jadis qualifiés de... stratégiques : le nucléaire, l'aéronautique, l'armement. D'ailleurs quatre sous-marins d'attaque Scorpène, 50 hélicoptères de transport militaire et la coque d'un sous-marin nucléaire sont en préparation sur le même modèle.
Et ce n'est pas fini puisqu'un autre fleuron pourrait être soumis au même traitement : le TGV en personne, version Rio-Sao Polo pourrait connaître une nouvelle jeunesse et un nouveau lieu de production.
De quoi s'interroger sur la pertinence de ces engagements de courte vue. Peut-on espérer qu'ils n'ont pas pour seule ambition d'attirer micros et caméras ici et maintenant mais qu'ils témoignent quelque part d'une "certaine idée de la France", mais alors laquelle ?. Petite touche verte du voyage éclair, une initiative en faveur de la forêt amazonienne parait un rien désuète et déplacée. Une touche verte après les éloges sur un Rafale capable de frappes nucléaires et susceptibles d'emmener 5 réservoirs externes de 1 250 litres chacun de kerosène... la culture des paradoxes ets au pouvoir. Vouloir c'est susciter les paradoxes disait Camus, dont acte du volontarisme même s'il écrivait cela dans le mythe de Sisyphe, peut être le vrai danger de notre future industrie, tenter d'atteindre le sommet et toujours redescendre... foutu transfert de technologies !!!

dimanche 5 juillet 2009

Travail le dimanche - C'est l'amère Michelle...

Tant qu'elle ne perdait que son chat j'avoue que cette fameuse Michelle ne pouvait espérer que ma compréhension polie.
Mais voilà que lui vient l'idée, somme toute saugrenue, de faire des emplettes le Dimanche. Elle aurait pu trouver portes closes et se rabattre sur un de nos multiples musées dont elle connait déjà les charmes des visites privées.
C'était sans compter sur notre Président qui, alors que notre pays traverse une crise économique sans précédent choisit plutôt de jouer les gentils organisateurs tout en se constituant une nouvelle culture, nous dit-on, on a les priorités que l'on peut.
«Est-ce qu’il est normal que le dimanche, quand Mme Obama veut avec ses filles visiter les magasins parisiens, je dois passer un coup de téléphone pour les faire ouvrir?». Vous l'aurez compris, Nicolas m'aurait posé la question, il n'aurait pas été déçu du déplacement, toujours en avion et fortement armé, le déplacement. Non ce n'est pas normal Monsieur Le Président que vous vous occupiez de ces futilités, elle n'avait qu'à venir samedi... L'histoire ne s'est cependant pas arrêtée là puisque de cette préoccupation majeure pour le devenir de nos démocraties en découle une attaque en règle du travail du Dimanche... Merci Michelle !
«Tous ceux qui soutiennent le président Obama étaient présents, très bien. Qu’ils aillent maintenant leur expliquer pourquoi le dimanche, nous sommes le seul pays où, à Paris, c’est fermé.» Il y a comme une jalousie qui semble poindre et qui détonne tout de même : de qui notre bien aimé président peut il être raisonnablement jaloux lui qui truste l'actualité, monopolise les médias, cannibalise l'attention ? si cela ne suffit pas encore, que faire ? Ainsi, son auguste interrogation viendrait de son incapacité à argumenter auprès des Obama, ah quand même... C'est profond, réfléchi, stratégique tout ça...
Notons que dans notre malheur, on est plutôt vernis : imaginez Michelle Obama insomniaque qui part sur les Champs-Elysées sur le coup des 3-4 h du matin, et c'était le grand retour du travail de nuit.. ou qui aurait plutôt voulu visiter une école ? et voilà nos chers bambins à la semaine de 7 jours... Ou trop fatiguée dimanche, la voilà qui reportait ses achats au lundi, qu'aurait fait notre SarGOzy ?
Mon regret est tout de même qu'elle n'ait pas souhaité rendre visite à nos députés ce même dimanche... cela aurait été bien plus rigolo...
Mais faut-il donc que notre douce France politique soit tombée si bas pour construire ainsi sa destinée au gré des desiderata des premières célébrités venues ?
Et si la Reine d'Angleterre exige qu'il fasse toujours beau à Calais pour faciliter le débarquement de ses concitoyens ? on réforme Météo France ?
Et si Sylvio Berlusconi trouve les petites française trop âgées, on réforme l'âge de la majorité ?
Et si Angela Merckel trouve décidemment Strasbourg trés à son goût ? on réforme les frontières ?
Et si Georges Bush voulait absolument qu'on l'accompagne en Irak ? il aurait passé aussi un coup de fil notre plus petit Président de la République Française de tous les temps ?
Non, vouloir se faire des amis c'est bien mais il n'est pas forcément nécessaire d'imposer aux 60 millions autres le moindre de leur caprice.
Parce que sinon je m'y met aussi. Je me boirais bien une petite bière mais le premier bar est à 500 mètres. On pourrait pas réviser l'implantation commerciale qu'il y en ait un en face de chez moi, et ouvert en permanence. Pis ma voiture est en panne alors il peut m'en amener une de la flotte présidentielle le grand serviteur de l'Etat ?
Notons que le pire est évité parce que ce système de services à la demande, il aurait pu l'appliquer à ses amis actuels :
et si Christian Clavier ne se sent pas en sécurité dans sa résidence Corse, dimanche ou pas dimanche, on renforcerait sa protection. Et puis tant qu'à faire Johnnny Hallyday pourrait vouloir chanter le 14 juillet... son avocat pourrait vouloir la légion d'Honneur tant qu'on y est et son Secrétaire général adjoint vouloir la présidence d'un grand groupe bancaire ...
Heureusement que le bon sens est encore de mise et que tout ceci n'est que pure fiction. Travailler plus pour faire gagner plus ne peut pas être un leitmotiv permanent. Restons en là, le shopping de Michelle n'était qu'un regrettable accident, une petite incursion du n'importe quoi, de l'amateurisme et de l'opportunisme dans notre vie politique bien compréhensible. Notre Président le dit lui-même, sa charge est "inhumaine" c'est sûrement pour cela qu'il s'est fourvoyé dans quelques travers bien... humains. En ce jour de lancement du RSA, je suis sûr qu'il a bien conscience qu'avec ses 954 euros, ouverts ou pas ouverts, on ne fait pas les magasins des Champs-Elysées. Dites, il en a conscience hein ?

samedi 4 avril 2009

Le G2, nouvel ordre mondial ?

Difficile d'échapper aux grandes messes internationales qui du G20 à l'Otan donnent du travail à Gala et Paris Match pour un bon mois. La politique-spectacle à l'échelon mondial c'est forcément d'une autre dimension même si le contenu des conférences de presse n'engendrent pas l'enthousiasme démesuré. Pourtant Gordon Brown annonce l'avènement d'un "nouvel ordre mondial", rien que ça. Nicolas Sarkozy renchérissant par un tonitruant "au-delà de ce que nous pouvions imaginer".
J'ai beau disséquer les annonces, je peine à matérialiser ce changement :
des sommes colossales, 5000 milliards ! vont être injectées mais on ne sait d'où cet argent proviendra ni dans quelles circonstances il sera mis à disposition. Pire il sera géré par le FMI et la Banque Mondiale, deux organismes qui ont pour le moins peu prouvé leur efficacité ces dernières décennies...
De "nouvelles règles" sur les salaires et les bonus des dirigeants au niveau mondial seront établies, ce qui est sûrement trés bien mais néglige le fait que ces excés n'étaient que les conséquences d'un système bancaire malade, pas la cause.
Une liste des paradis fiscaux, eux-aussi devenus subitement indésirables, est bruyamment diffusée avec de notables distingo : il y a une liste noire des gros méchants. Surprise, on découvre des pays insoupçonnés, Malaisie, Costa Rica et les Philippines... Pour l'Uruguay c'était une fausse sanction qui ne durera, la grâce des négociations, qu'une journée. Puis il y a une liste grise où nos voisins ne sont pas épargnés sans que l'on sache bien, vu l'importance des capitaux ou des frontaliers qui transitent... le risque encouru. Et puis il manque quelques poids lourds comme... la city de Londres, les îles anglo-normandes, Taiwan ou Macao... l'illustration que ce nouvel ordre mondial fait la part belle aux pays anglo-saxons et à la Chine sans offusquer la vieille Europe. Il faudra m'expliquer ce que cela a de nouveau. Ah oui, deux pays africains font de la figuration tandis que leurs homologues forment le Jaifaim, eux trônent au G20, question de style...
Il y a bien sûr un progrès à cet élargissement de 7 à 20 même si on peut se demander si cette extension ne résulte pas du politiquement correct, de l'affichage de convenances ou, pire, d'une situation économique telle que l'heure au rassemblement d'urgence s'impose.
A ce concert d'auto-satisfaction, les bourses ont, sur le coup, apporté leur soutien en repartant à la hausse. Mais est-ce un signe encourageant que le système accusé d'avoir fomenté la crise soit rassénéré par les mesures des puissants de ce monde ? L'économie réelle continue, elle, sa chute vertigineuse en témoigne le chiffre hallucinant des pertes d'emplois aux Etats-Unis en mars : - 663 000 emplois ! Barack Obama, guest star des évènements a occupé le terrain de sa décontraction et de son souci du dialogue. Doit on y voir l'avènement d'un nouveau modèle américain moins imposant, arrogant et donneur de leçon ? ce serait la moindre des choses puisque des USA est venue la crise. Et puis faire un nouvel ordre mondial en omettant de toucher au sacro-saint dollar cela mérite bien quelques concessions, non ?
Mais finalement le plus inquiétant de toutes ces gesticulations n'est-il pas l'extrême discrétion de la Chine ? La plus grande réserve de devises étrangères du monde (1000 milliards de dollars), le premier créancier des Etats-Unis s'est montré bien réservé laissant les sunlights et caméras à d'autres et se contentant d'influer en sous main. De plus en plus présente au sein d'un FMI renforcé, doté d'une arme de guerre économique le China Investment Corporation, elle ne devrait pas manquer de le mettre en oeuvre, seule ou avec les Usa, ce nouvel ordre mondial. Ces deux pays sont désormais tellement financièrement liés que c'est plus sûrement ce G2 qui va gouverner la planète !

lundi 2 février 2009

CSA - Johnny et la loi du silence

C'est pour le moins inespéré, le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel vient de prendre une décision quasi historique en décidant de mesurer le temps de parole de Johnny Hallyday.
Oh, pour l'occasion Michel Boyon et ses 9 acolytes n'ont rien révolutionné certes mais enfin si le CSA servait vraiment à quelque chose on le saurait depuis 1989 ! mais c'est tout de même drôlement encourageant qu'enfin quelqu'un ose s'occuper de notre icône du rock national.
50 ans que Jean-Philippe Léo Smet enthousiasme les scénes de l'hexagone comme il exaspère chacune de ses interviews. Il le dit lui-même depuis longtemps, "J'ai un problème", et le CSA invite enfin à le régler. Car si l'homme a parfois eu l'impression d'avoir "oublié de vivre", il a rarement évité de raconter des âneries au moindre micro approchant. Au point que la caricature, devenue si réelle, n'en n'est que rarement drôle ou rarement plus drôle que l'original...


Attention il n'est pas interdit d'antenne, son temps de parole est juste mesuré, mais c'est un bon début non ? parce que généralement lorsque l'on commence à mesurer, on compare vite, on rationalise, le début du bonheur quoi. Loin de moi l'idée d'en faire un chanteur abandonné, sur scène fait ce qu'il te plait, mais en dehors le CSA fait assurément oeuvre d'utilité publique.
D'autant qu'après bien des atermoiements, Johnny est sang pour sang français malgré son origine belge et son faible pour l'évasion fiscale suisse.
A défaut de retenir la nuit le voilà donc invité, comme d'autres, à retenir ses propos qui pourraient être associés, et comptabilisés sur le compte de Nicolas son copain. Son nouveau copain puisque l'idôle des jeunes se fendit par le passé d'un larmoyant "C'est Jésus-Christ, le premier héros de ma jeunesse. Il arrivait à attirer les foules !" et, plus tard d'un saisissant message de soutien « On a tous quelque chose en nous de Jacques Chirac » qui explique peut être qu'au soir de la divine élection il ne soit pas aux côtés d'Enrico Macias et Mireille Mathieu pour chanter l'élu (deux artistes suffisament en vogue pour que le CSA n'ait d'ailleurs même pas pensé à les inclure dans le dispositif...).
Qu'à cela ne tienne, le voilà sous surveillance ce qui n'est tout de même pas pour le surprendre lui qui eut maille à partir avec le fisc, les moeurs et même la presse. Mais bon, là le CSA ça ne va pas non plus le bouleverser en plein préparatif de sa tournée d'adieu. Une tournée de tous les dangers puisqu'elle annonce son retrait de la scène. La crainte de le voir envahir bientôt la scène médiatique était certainement trop forte, il fallait agir. Pas sûr d'ailleurs que son pôte du Fouquet's n'y soit pas pour rien tant on peut s'interroger sur la qualité de ce "soutien" et son réel bénéfice...
On se souvient que pour soutenir le Oui au référendum sur la Constitution Européenne, il glissa un improbable message : « Si le "non" l'emporte, il y aura plein de gens qui quitteront la France. On ne peut pas, nous Français, rester en dehors de l'Europe. Ce serait faire marche arrière, ce ne serait pas bien. Je me sens européen, je suis bien partout en Europe : en Italie, en France, en Espagne, au Maroc. »
Ce qui fit certainement plaisir aux marocains...
Aux portes du pénitencier, le pénitencier du silence, Johnny ne sera pas seul, sa femme, absolument blonde, l'accompagne, Doc Gyneco, ou encore Yves Duteil et... même Denise Fabre !
Oh je sais que chacun a une liste dans un coin de la tête m'enfin nous ne sommes tout de même pas revenus aux temps de l'occupation et de la dénonciation. Il faut laisser vivre les artistes, surtout les laisser sur scène et uniquement sur scène.
Sinon, le danger est grand pour reprendre l'expression de l'excellent François Goulard (UMP) : "Johnny Hallyday qui annonce son intention de rester Français et Bernard Laporte qui entre au gouvernement, c’est une période faste pour l’intelligence française"...

jeudi 29 janvier 2009

Préfectures - La nuit la plus longue

Ah quelle va être bien longue cette nuit du 29 janvier dans toutes les Préfectures de France et de Navarre. Le temps va s'égrener presqu'aussi lentement qu'au guichet des cartes grises, c'est dire. Et le moral, le moral de nos chers, très chers hauts fonctionnaires (62 000 euros en moyenne) est au plus bas.

Pourtant on pouvait penser le plus dur derrière eux après cette journée de mobilisation sociale de tous les dangers. Mais foin de soulagement, encore moins de petit sursaut d'adrénaline à l'approche du week end à venir sur les greens du golf voisin, non, la peur paralyse les plus audacieux. La crise économique qui a pourtant bon dos n'est même que trés indirèctement mise en cause tandis que la réforme des collectivités territoriales n'est pas encore suffisament avancée pour justifier quelqu'inquiétudes. Non cette nuit est devenue la plus longue de la Préfectorale depuis que Jean a tiré le gros lot, enfin surtout le mauvais, en tout cas il va le quitter, le lot, Saint Lô plus exactement. Préfet depuis peu de cette charmante et supposée paisible bourgade de 20 000 âmes, Jean Charbionnaud vient d'être prié de quitter la ville et le département avec pour n'avoir pas assez préservé notre présidentissime des quolibets de la plèbe. Mais qu'a t'il donc fait Jeannot pour mériter une telle punition, 6 mois après la première ? est-il donc récidiviste ? Bah oui parce que tout de même, être nommé Préfêt de la Manche, voilà qui vous habille pour l'hiver. Quand vous apprenez que votre Préfecture est basée à Saint Lo, dîte "capitale des ruines", vous ne me ferez pas croire qu'on le vit bien... La ville fut totalement détruite pendant la seconde guerre mondiale au point que même la préfecture ne retrouva la commune qu'en... 1953. Et il a traversé tout ça le Jean, le poids de l'histoire, le crachin local pour tomber par la faute d'un incroyable concours de circonstances qui a voulu que Nicolas 1er de Sarkozy choisisse Saint Lo pour présenter ses voeux. Déjà un sacré coup du sort. Mais en plus au monde enseignant ! alors qu'il aurait présenté ses voeux au monde des sourds et muets par exemple cela aurait été plus tranquille. Et bien non il a fallu que cela tombe sur le Charbionnaud ! alors on ne doute pas qu'il ait fait de son mieux le gaillard comme tous ses collègues finalement occupés un bon tiers de leur temps à préparer la venue de ces illustres élus, avec la hantise du couac qui change tout, même la carrière. Et puis il a fait avec ses moyens le gars, peut être même avec les moyens qu'il jugeait utile à la situation. Parce que voyez-vous, ce Préfet avait peut être un peu de respect pour le droit à s'exprimer dans ce qui s'appelle encore une République. Il aurait pu faire comme son confrère de Meutrhe-et-Moselle et distribuer aux manifestants qui demandaient l'autorisation de le faire de... faux parcours présidentiel. Non, il les a tenu à bonne distance, celle qu'il a jugé bonne mais qui n'était pas celle voulue par le visiteur funeste. Comme le relate Ouest France, "Furieux, le locataire de l'Élysée a marqué à plusieurs reprises son énervement hors caméra", une phrase bien curieuse qui signifie si je comprends bien que notre Chef de l'Etat n'était furieux que quand les caméras ne filmaient pas, content quand elles filmaient, pas content quand elles ne filmaient pas, content... bon j'arrête je commence moi aussi à prendre des tics.
Et puis dans la charette, le directeur départemental de la Sécurité Publique peut aussi faire ses bagages. Espérons que du département il ne soit bientôt pas amené à la faire, la manche, aux abords de quelques bouches de métro.
Alors comprenez l'ambiance quand l'info s'est propagée dans toutes les préfectures : un Préfet viré pour des dizaines de manifestants alors que le lendemain se déroule un mouvement social national de grande ampleur. Mais c'est presque un complot contre les grands corps de l'Etat, une nouvelle nuit des longs couteaux, un carnage annoncé.
C'est dire que la nuit est veillée avec apreté chacun cherchant à minimiser l'impact et le nombre de manifestants dans ses chefs-lieu.
Mais reconnaissons aussi quelques envies. "Les moments de crise produisent un redoublement de vie chez les hommes" disait Chateaubriand. Pour certain le redoublement frise la relégation, Jean Charbonneaud devient préfet hors cadre pour siéger comme "membre du Conseil supérieur de l'administration territoriale de l'État", merci Chateaubriand !
Pour d'autres cependant cette nuit sera tout de même la nuit de toutes les espérances, de toutes les folies même car ceux-là n'ont rien à perdre. Les préfets d'Arras, de Charleville-Mézières, de Bar-le-Duc, Melun, de Nevers, de Gueret ou de Mende vous croyez qu'ils en ont peur de la mutation, qu'ils la perçoivent comme un possible sanction ? qu'ils ne sont pas prés à manifester eux-même ? Non cette nuit sera pour eux parsemée de rêves enflammés où résonnent comme un parfum d'André Malraux, un souffle de reconnaissance pareil à celui d'un illustre préfet résistant : « Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique et les combats d'Alsace, entre ici, préfet d'Arras, de Charleville-Mézières, de Bar-le-Duc, Melun, de Nevers, de Gueret ou de Mende, avec ton terrible cortège...".
La nuit sera longue mais dans tous les cas, c'est surtout le matin qui sera le plus douloureux !

lundi 26 janvier 2009

Médias - Les états généreux de la presse

De vous à moi, il ne fallait pas en attendre de miracles, ni même de scoop pour faire pro. Les états généraux souffraient par avance des maux de la presse elle-même : un titre insipide et pas de contenu.
Allons donc, de modiques états généraux après un Grenelle de l'Environnement ou un G20, ça ne le fait pas. Un Bretton Woods de l'édition, un Yalta des médias, un Pearl Harbour du journalisme, enfin je ne sais pas moi, il y avait tout de même suffisament de belles plumes dans la salle pour trouver plus vendeur non ?
Partant d'une analyse pertinente "Baisse tendancielle de la diffusion, déficit chronique d’un certain nombre de titres, menaces de disparition de journaux, vieillissement du lectorat, contraction des rédactions, les signes d’une crise profonde de la presse écrite se multiplient et s’aggravent." les professionnels de la presse écrite essentiellement ont planché depuis octobre pour aboutir à l'édition de
recommandations au sein d'un livre remis à la ministre Albanel. Un livre c'est un peu curieux quand on veut sauver la presse, et puis le livre est vert sans que l'on sache bien s'il est frappé lui-même d'effroi ou s'il se veut porteur de vertus écologiques. Il rendait compte des réflexions de quatre groupes :

1. Quel avenir pour les métiers du journalisme ? (Présidé par Bruno Frappat, il aborde : Rôle et avenir de l’écrit - Formation – Responsabilité, droits et devoirs des rédactions – Déontologie – Statut des journalistes – Rémunération et droits d’auteur)
2. Imprimer, transporter, distribuer, financer : comment régénérer le processus industriel de la presse écrite ?
(Présidé par Arnaud de Puyfontaine, sur : Imprimeries – Messageries de presse - Réseaux de distribution - Postage – Portage – Financement – Tendances et réglementation du marché publicitaire – Rentabilité)
3. Le choc d’Internet : quels modèles pour la presse écrite ?
(Présidé par M. Bruno Patino, il aborde : Evolution des usages, des offres et des métiers – Avenir du papier – Culture de la gratuité, des blogs, de l’interactivité – Mutation de la publicité – Complémentarité des supports – Internet et aides à la presse)
4. Presse et société : comment répondre aux attentes des lecteurs et des citoyens ?
(Présidé par M. François Dufour, il travaille sur : Baisse du lectorat – Attente des publics – Lecture par les jeunes – Pluralisme et diversité – Emergence et développement de groupes de presse français, en France et à l’international.)
Une fois ces menues agitations abouties, le Président de tous les français a édicté à l'assemblée sagement à l'écoute ce qu'il retenait de ces travaux. Au coeur de ce foisonnement d'idées, il faut regretter, sans surprise, que le chef de l'Etat ne répond que par des mesures financières. Mesures que les grands patrons de presse et amis ne manquent pas de saluer mais qui au regard des enjeux exposés, paraissent bien fades. Sur les quatre groupes de travail pompeusent structurés, un seul, le second trouve voix au chapitre. Et deux mesures phares en surgissent : un moratoire d'un an sur l'application des nouveaux tarifs postaux ce qui équivaut pour l'Etat à se tirer une belle balle dans le pieds tout en prenant les citoyens pour de joyeux gogols puisque par contre ces nouveaux tarifs nous seront appliqués illico... Au passage, on conviendra que répondre par les timbres à une crise majeure, c'est s'affranchir des problèmes à peu de frais...

Deuxième mesure particulièrement truculente, l'Etat s'engage à aider la presse en difficulté en ... doublant ses achats d'espaces de promotion de son action. Surfer sur la crise, accroitre sa main mise sur les médias et faire sa pub aux frais du contribuable, tel est le plan de modernisation ainsi proposé qui aurait pu donc clôturer la Pravda de la presse.
Il serait cependant réducteur de ne parler que de ces 600 millions d'euros que nous contribuables donnons donc aux riches groupes de presse. Le syndicat du livre n'a qu'à bien se tenir, il peut s'attendre à des lendemains qui déchantent par la faute du petit livre vert de Sarko. Qui entend mutualiser les imprimeries, une belle façon d'en appeler à la pensée unique. Ben tant qu'à mutualiser, je trouve que l'on devrait aller au bout du raisonnement et mutualiser également les journaux. Par contre nous avons peut être une belle opportunité de carrière qui va s'offrir aux dizaines de milliers de français qui perdent chaque mois leur emploi en ce moment : par la grâce des états généraux, ils pourront se transformer en porteurs de journaux. Les anciens aux petites retraites ne sont pas oubliés qui pourront aussi participer. Si ce n'est pas porteur ça comme mesure. Et puis on parle de la presse mais demain ce seront peut être les notables que l'on aura la chance de porter. Un vrai fillon, euh filon.
Enfin, vous l'aurez tout de même compris, ça ne servira pas à grand chose de maitriser la presse si personne ne la lit, c'est pourquoi les jeunes de 18 ans se verront désormais offrir un abonnement au quotidien de leur choix. Qu'ils pourront eux-même porter. Et qui sait, s'ils ont bien lu on verra renaître le concept du défunt pif gadget : un Figaro acheté, la carte de l'UMP offerte, un express-un expresso gratuit au bar de son choix, Le Monde-10% de remise sur le permis de conduire... ça marcherait plutôt bien non ? sauf pour Le Point bien entendu parce qu'un Point, c'est tout...
Et sur l'émergence des nouveaux médias, la déontologie, la concentration des titres et bien là pas grand chose parce que le but voyez vous c'était avant tout de débloquer 600 millions en toute discrétion à des proches. Le Monde Diplomatique de septembre 2006 rassemblait à cet égard quelques précieux éléments :

"M. Martin Bouygues, héritier et patron du groupe Bouygues (fortune estimée à 1,7 milliards d’euros) et par conséquent de sa filiale le groupe TF1 (TF1, LCI, TPS...). Il est parrain du fils de Nicolas Sarkozy, et était témoin à son mariage. Ils peuvent donc être considérés comme proches... LCI, filiale de TF1, a retransmis en direct les vœux de Nicolas Sarkozy à la presse.
M. Bernard Arnault possède le groupe LVMH (fortune estimée à 14,3 milliards d’euros), incluant des titres comme La Tribune, Investir ou Radio Classique. Nicolas Sarkozy était invité au mariage de la fille de M. Arnault, tandis que M. Arnault était témoin du mariage de M. Sarkozy.
M. Serge Dassault, héritier du groupe Dassault (fortune estimée à 5,7 milliards d’euros), possédant la Socpresse, 1er groupe de presse français, publiant notamment Le Figaro. Nicolas Sarkozy a démêlé, en tant qu’avocat cette fois-ci, la succession de son père Marcel. Nicolas Sarkozy est devenu un familier de son fils aîné Olivier, par ailleurs député UMP. Serge Dassault, également sénateur UMP, a expliqué sur France Inter le vendredi 10 décembre 2004, et le Monde daté du 13 décembre, que les journaux doivent diffuser des « idées saines », car « nous sommes en train de crever à cause des idées de gauche ». Selon lui, la presse doit modérer les propos de gauche.
M. Arnaud Lagardère, héritier du Groupe Lagardère (fortune estimée à 0,7 milliards d’euros), premier groupe de media français qui contrôle notamment des grandes radios (Europe 1, Europe 2, RFM...) et des magazines d’actualités (Paris Match...). En avril 2005, le président de l’UMP fut l’invité d’honneur d’un séminaire du groupe Lagardère à Deauville. L’héritier Arnaud le présenta « non pas comme un ami, mais comme un frère ». "
On comprend mieux la générosité de ses états, presqu'une réunion de famille où l'on se partagerait quelques dividendes.
Mais finalement la plus éclatante conclusion de cette opération médiatique n'est elle pas intervenue avec les récentes nominations au CSA par le Président d'une journaliste de France 2, Christine Laborde, et par le Président de l'Asssemblée UMP, de Christine Kelly. L'une est au ban de France 2 et de son actuel Président, l'autre a notamment rédigé la biographie de ... François Fillon.
Comme le président de France Télévisions sera à l'avenir "nommé par l'exécutif après avis conforme du Conseil supérieur de l'audiovisuel, et sous réserve qu'une majorité qualifiée de parlementaires n'y fasse pas obstacle", on voit dans ces deux nominations un souci évident de crédibilité et d'équité.
Alors que seulement un français sur deux croient en cette crédibilité et cette équité (52% des sondés jugent que les choses se sont passées «vraiment» ou «à peu près» telles qu'elles y sont rapportées dans le journal) je ne doute pas que l'impulsion donnée propulsera nos médias au firmament de la notoriété.

"La presse est le réceptacle de tous les ferments nauséabonds. Elle fomente les révolutions, elle reste le foyer toujours ardent où s’allument les incendies. Elle deviendra seulement utile le jour où l’on aura pu la dompter et employer sa puissance comme un instrument gouvernemental... " Son Excellence Eugène Rougon - Emile Zola.
Si c'est un ancien Ministre de l'Intérieur (en 1858) qui le dit...

vendredi 19 décembre 2008

Rama Dati - Le crépuscules des idoles

Ou la politique à coups de marteau...
En cette période de fêtes, elles n'y sont plus vraiment, à la fête. Elles, ce sont les deux classes biberons de l'équipe Sarkozy, les éminentes réussites du défunt black blanc beur. Rama Yade et Rachida Dati subissent des foudres copieuses sans que l'opposition y soit vraiment pour quelque chose.
La contestation est née dans leur domaine de compétence mais peinait jusqu'alors à se faire entendre même si les magistrats n'ont pas ménagé leur peine. On se souvient ainsi du spectaculaire et silencieux boycott du Tribunal de Metz laissant la Garde des Sceaux se garder elle-même.
Puis les médias ont emboité le pas lui donnant d'un coup un tout autre écho. Adieu couvertures bienveillantes, gravures de mode et interviews conciliantes bonjour les articles plus critiques et acides, flairant ici ou là les prémices de quelques dysfonctionnements. Jusqu'à l'annonce de scandales à venir.
A trop avoir voulu gommer la distance entre le people et la politique, les deux compères ne peuvent pas trop s'étonner de ce retour de flamme. A trop paraître sans convaincre, les voilà qui lassent voire fatiguent même les rédactions les plus soumises. Qu'on se le dise, ce lynchage médiatique en règle n'est pas plus approprié que la vénération de l'année écoulée.
"Celui qui porte l'idôle ne l'adore pas" se vérifie pour le moins si l'on veut bien considérer aujourd'hui que c'est du parti présidentiel que s'élèvent les plus virulentes critiques. Trop longtemps tues, trop souvent dédaignées, elles explosent aujourd'hui que la récession s'impose, que la crise se vit difficilement. Surtout pour les députés dont les circonscriptions sont autant de pétaudières où il ne fait pas bon se clamer de l'UMP. Et autrement moins protégées et préservées que les visites ministérielles ou présidentielles. Surtout quand l'UMP, aux yeux du grand public, prend les traits voire les formes des deux donzelles pré-citées. Annoncées proches du président, chouchous, protégées, pour la première fois cette position de choix les dessert, ces mêmes députés appréciant modérément les initiatives présidentielles sur le travail du dimanche et autres réformes incongrues. Alors que les français voient leurs entreprises souffrir, le marché de l'emploi plonger, l'avenir s'obscurcir... le fossé se creuse entre les hommes de terrain, l'Elysée et sa cour. A défaut de toucher au roitelet, crime de lèse-majesté, les députés se payent les symboles. Avec d'autant plus d'agressivité qu'ils sont malmenés jusque dans les travées de l'Assemblée par une opposition rassemblée alors qu'ils évoluent plutot en ordre dispersé.
Dans ce contexte délétère, certains prétendants y voient aussi l'occasion jadis inespérée d'enterrer deux géneuses de politiser en rond. Pas étonnant de retrouver parmi ces courageux les noms du surcoté Kouchner et des sous-doués Estrosi et Morano. Cette dernière que l'on dit trés trés proche du député maire de Nice (c'est une autre façon vieille comme le monde d'éviter les élections, le... copinage) s'est même fendue d'une déclaration nauséabonde. Pour les lorrains, ce n'est pas une surprise, sa gouaille étant tristement célèbre, en France cela peut dénoter, la candidate malheureuse à la Mairie de Toul s'évertuant à donner une toute autre image... « On n’est pas protégé parce qu’on est d’origine maghrébine ou africaine. On doit (faire) comme les autres, et je dois dire même, plus que les autres ». Avouons qu'on se rapproche là plutôt d'une discrimination... négative.
Au final, il est tout de même plus rassurant que les élus locaux, terreau de notre démocratie retrouvent de la voix et de l'ambition face à la politique Bling-Bling et copain-copain des sphères parisiennes.
En refusant de s'engager dans la campagne des Européennes Rama Yade s'est mise hors jeu aux yeux de son mentor, une faille dans laquelle se sont engouffrés les habitués des dures joutes locales. Elle ne s'attendait pas à de telles conséquences, l'exercice du pouvoir fait perdre asurément quelqu'humilité et une bonne dose de clairvoyance. Pourtant, en déclarant jadis "J'incarne tout ce que les hommes politiques ne sont pas : une femme, jeune, noire et musulmane", la plus jolie de nos secrétaires d'Etat, convenons en, ne devait s'attendre qu'à des embrassades... d'autant qu'en matière de Droits de l'Homme, elle n'aura guère brillé en une année olympique chinoise et des visites libiennes ou syriennes plus que discutables.
Rachida pendant ce temps se fait toute petite, ce qui, encecinte est en soit une performancec. Elle qui n'a pas toujours brillé non plus par son engagement. Mais quand l'on rentre à l'Ecole nationale de la Magistrature sans concours puis que l'on devient Directrice Général adjointe d'un Conseil général sur titre on n'acquiert pas les bases du jeu démocratique, il en va des concours comme des élections... Aujourd'hui maire d'un 7° arrondissement de Paris pas inaccessible, elle s'enlise dans des affirmations maladroites et son passé sarkosyte.
Le plus drôle reste cependant à venir. Que deviendront elles ? les répudier signifierait dénoncer ses propres choix, les conserver attiserait les mécontements partisans alors que se profilent doucettement les élections régionales et que l'année 2009 s'annonce socialement houleuse.
Rachida serait bien inspirée de prendre son congé maternité, quand à Rama, on ne sait pas.
Rachida et Rama sont dans un bateau, Rachida tombe à l'eau. Que reste t'il ? Rama, oui, il ne lui reste plus qu'à ramer, ramer, ramer...

vendredi 26 septembre 2008

Raffarin - un train de sénateur peut en cacher un autre

Ah c'est qu'il s'y voyait quand même bien tout là-haut, à la présidence du Sénat. L'inventeur de la France d'en bas briguait la haute assemblée, raté. Malgré une carrière débutée chez Jacques Vabre, il n'a pas su lire dans le marc sa cruelle destinée. Jean-Pierre Raffarin, jadis jeune giscardien est aujourd'hui un vieil homme politique à la dérive dont les engagements sont un à un remis en cause.
Le voilà même à s'interroger sur la suite de sa carrière lui qui pourtant fut jadis un joyeux cumulard. N'était il pas (frauduleusement) salarié de l'ANPE et chef de la cellule communication du cabinet du Ministre Stoleru ?

L'homme fort de la région Poitou-Charentes dont il fut le président du Conseil régional ne pouvait plus que fulminer, cette zone géographique constituant désormais le fief d'une ex candidate socialiste à la présidentielle...
Auteur d'une loi RAFFARIN, consécration d'un parlementaire, il avait abaissé de 1000 à 300 mètres carrés la surface au-delà de laquelle il est obligatoire d’obtenir une autorisation administrative pour ouvrir un supermarché. La loi de Modernisation de l'Economie vient exactement de réinstaurer l'inverse...
Le créateur de la journée nationale de solidarité avec les personnes dépendantes, le lundi de Pentecôte, sait depuis que ce jour est redevenu férié...
De désaveu en désillusion, l'élection sénatoriale paraissait une ultime chance de rebond.
Pourquoi le bonhomme ne s'est il donc méfié de ses "amis" tout autant que de ses ennemis politiques ?
Et si tout ça ne datait déjà de 2002 quand le Premier Ministre Alain Juppé le désigna
ministre des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce et de l’Artisanat ? Emporté dans une carrière nationale peut être trop large pour lui, il obtint même la consécration en devenant plus tard Premier Ministre oui, mais au détriment d'un certain... Sarkozy.
Depuis pourtant, après le retrait de son mentor Jacques Chirac il avait fait amende honorable ne manquant pas de voler même au secours du nouveau Président. Depuis les élections présidentielles et législatives de 2007, il sévissait même comme porte-parole de l'UMP dans de nombreux "meeting" et interventions télévisées. Car l'homme des raffarinades est aimé des médias qui espèrent toujours le voir sortir un bon mot. Mais la source s'est tarie et les formules ont lassé.
"Nicolas Sarkozy est un homme d'État qui assume ses choix" ; en devenant sérieux, Raffarin a perdu sa crédibilité.
Il avait certes savamment manoeuvré dés 2004 quand, depuis Matignon, il avait fait en sorte que le président sortant du Sénat, Christian Poncelet, soit prolongé dans ses fonctions un mandat supplémentaire, un voeu à exaucer, comme une promesse de succession prochaine.
Mais sur 152 votants, seuls 56 se sont rangés aux côtés de JPR... un rêve qui s'éloigne pour celui qui pensait avoir toutes les cordes a son arc, mais il est battu par... Larcher. Coup du sort !
C'est également et surtout ? un confort exceptionnel qui s'envole : faut il rappeler que l’indemnité parlementaire s’élève à 11 540 euros net par mois plus une “prime informatique” de 1 000 euros. Sans compter l' enveloppe d’un peu moins de 7 000 euros brut mensuel, pour rémunérer trois ou quatre “collaborateurs” personnels ; (30 % des sénateurs en profitent pour employer leur ­famille). Ou la voiture et appartement de fonction, la gratuité de La Poste, de la RATP et de la SNCF, la cinquantaine d’allers-­retours par an sur Air France. Coiffeur, courts de tennis, salle de sport, médecin, kiné sont à disposition comme la buvette où le verre de whisky est à 50 centimes ! Et la retraite commence bien à 60 ans. Pour vingt-cinq ans de mandat, ils touchent 6 000 euros, et pour quinze ans, le temps moyen des mandats, 4 000 euros.
Alors oui tout cela Jean-Pierre le voulait avec beaucoup d'ardeur, peut être trop. Soutenu, disait il, par l'ancien et le nouveau Président de la République, il paye ses amitiés impopulaires autant que sa décentralisation décriée par les élus locaux, ceux-là même qui sont majortitaires au Sénat...
L'heure est à la solitude, le début d'une longue marche en quelque sorte qui pourrait le mener en Chine, civilisation qu'il admire tant. A moins qu'il ne préfère les vastes étendues canadiennes.
Ou qu'un mandat de Commissaire européen délicatement offert ne le conduise à Bruxelles.
Dans tous les cas, il mesurera sans doute combien il lui est arrivé quand même d'être clairvoyant : "L’eau trouble en amont a peu de chances d’être claire en aval" disait-il, au regard de son parcours politique ce n'est guère encourageant pour la suite...

mercredi 20 août 2008

Afghanistan - drame à la vitesse de l'éclair

10 soldats tués en Afghanistan dans des circonstances troublantes, c'est une hypothèse que nous avions ici déjà évoqué récemment. En attendant de pouvoir connaître exactement ce qui s'est passé, d'éventuels tirs amis meurtriers et/ou un retard conséquent des renforts et/ou l'absence d'appui aérien opportun des forces de l'Otan, je ne vais pas trop épiloguer.


Juste qu'après l'incident de Carcassonne où des civils furent blessés par erreur à balle réelle, il est bon de rappeler que le militaire français est engagé un peu partout dans le monde avec son cortège de risques et de drames. Tous les militaires français, y compris de Guyane ou des antilles.
Les leçons données par les politiques alors sur le manque de professionnalisme tombent un peu aux oubliettes et c'est tant mieux. D'autant que je suis loin d'être persuadé que l'armée française a aujourd'hui les moyens des ambitions politiques de notre Président. Moyens financiers mais aussi moyens de s'adapter à des discours changeants : assurer le maintien de l'ordre, sécuriser une zone à pied et être en guerre sont des choses bien différentes. Surtout en Afghanistan ou les combattants locaux ont une expérience incomparable des lieux comme du climat, anglais puis russes peuvent en attester...
Car oui, c'est une découverte dans le monde médiatique aseptisé qui nous entoure, là où il y a la guerre, il y a aussi la mort. Autre vérité pas bonne à entendre : la guerre, cela coûte très cher car cela nécessite une énorme logistique et des armements opérationnels. Dernier principe pas encourageant : là où les américains s'engagent, l'enlisement menace.
C'est dire si les orientations stratégiques prises ne sont peut être pas marquées d'une grande clairvoyance.
Le prix finalement à payer de la realpolitik existe donc, certes nous vendons quelques airbus ou TGV, mais nous perdons des hommes sur des théâtres d'opérations incertains où la légitimité et l'intérêt de notre présence se pose. Il n'est en effet pas interdit de penser, et la presse afghane commence à s'en faire l'écho, que les USA ne cherchent pas particulièrement à trouver Ben Laden, mais plutôt à occuper tout simplement ce territoire stratégique...
Au-delà de toutes ces considérations, j'ai été particulièrement choqué par deux petites phrases relatées largement dans nos médias :
A propos de François Fillon "Venu à l'hôpital de Clamart, il a brièvement rencontré quatre des 21 soldats blessés..."
A propos de Nicolas Sarkozy : "Nicolas Sarkozy a effectué une visite-éclair à Kaboul pour rendre hommage, au nom de Français "tristes" et "bouleversés", aux dix soldats tués lundi..."
Alors que ces deux personnages de l'Etat sont en vacances et que ce fait domine l'actualité, l'un ne se rend que brièvement à l'hôpital et n'a même pas la décence de saluer chacun des blessés, l'autre assure un aller-retour éclair à Kaboul là où lui-même le dit, une partie de l'avenir du monde se joue. Visiblement il ne se considère pas dans cette partie !
Doit on comprendre que leur action si limitée dans le temps mais si médiatisée n'avait pas d'autres buts que de les mettre en scène ? à cet égard le discours présidentiel dans l'enceinte militaire française a paru bien calculé, détaché voire inconvenant lorsque Nicolas Sarkozy après avoir affirmé ""Je vous dis en conscience que si c'était à refaire, je le referais", il ajoute esquissant un drôle de sourire, "pas la patrouille et l'enchaînement des événements...".
Un discours truffé de "moi je", lui qui se planque au Cap Negre après s'être déjà planqué ne serait-ce que pour son service militaire, à Paris... cela ne l'empêche pas de se mettre en avant incitant même les soldats actuellement en opération là-bas à .... "relever la tête" comme si ces professionnels aguerris avaient besoin de son avis d'expert !
Même en de telle circonstance, il est bien incapable de s'effacer, de faire preuve d'humilité et de respect, voire, soyons fou, de discrétion...
Bon alors moi je veux bien qu'il y ait un hommage de la Nation, mais si ceux qui nous gouvernent pouvait montrer l'exemple plutôt que de traiter l'évènement comme une vulgaire inauguration de centre commercial, la portée en serait tout autre.
Notons qu'il n'a pas lu aux soldats du 8° RPIMA la lettre de Guy Mocquet, c'est déjà ça !

lundi 18 août 2008

Territoire - La Lorraine pas assez bling bling

En ces temps d'éloge du paraître et de recherche des plaisirs faciles, la lorraine n'est pas à la fête, mirabelle ou pas mirabelle. Fermetures de grandes industries, exclusion du top universitaire et délocalisations militaires s'enchainent inexorablement. Comme s'il était écrit que cette terre marquée par l'histoire devait payer encore et toujours au prix fort ses années noires.
Kleber et ses 800 salariés disparaissent de Toul sans même que la député locale, Nadine Morano, ne fasse le moindre acte notable. Battue aux municipales pour son immobilisme elle a été depuis récompensée de son inaction politique par un poste de Secrétaire d'Etat...
Mittal liquide son site de Gandrange, pourtant remis aux normes par des finances publiques puis racheté généreusement un euro symbolique. 850 salariés n'attendent plus le retour promis de notre médiatique Président un lendemain de nuit de noces. Mais ils ont revu le fils Mittal, aux côtés de Nicolas Sarkozy, dans une autre usine Mittal, celle du Creusot. C'était la fête, l'annonce de futurs EPR.... «l'Etat est prêt à prendre en charge tout ou partie des investissements nécessaires» disait il à Gandrange, rappelant, se croyant drôle, "Gandrange comme voyage de noces, y a pas mieux".
Au-delà de la plaisanterie c'est peut être une confidence parfaitement réfléchie qu'il lâchait là. La Lorraine n'a pas d'intérêt pour l'Etat français aujourd'hui.
Le plan Campus en atteste qui désigne les 10 grands pôles universitaires français qui seront soutenus financièrement par l'Etat. Aix-Marseille ou Toulouse s'y retrouvent, pas Nancy-Metz relégué au rang de campus prometteur (au même titre que Lille d'ailleurs)...
Cerise sur le gâteau pour la seule région française à payer de sa poche l'implantation tardive du TGV, les restructurations militaires imposées plus durement en lorraine que nul part ailleurs. Prés de 9000 emplois directs sont ainsi purement et simplement liquidés sans compter les emplois induits, la sous-traitance ou les services publics ni le manque à gagner économique et le traumatisme immobilier à prévoir.


Cocasserie de l'histoire c'est au moment ou cette réforme française est engagée sur le principe que le monde a changé et que, de puis le 11 septembre, la vraie menace est terroriste et ne justifie donc plus de troupes stationnées aux frontières, c'est à ce moment même donc, que les chars soviétiques envahissent la Géorgie comme aux plus beaux jours de la guerre froide...

Voilà qui fait beaucoup dans une région dévastée déjà par son passé sidérurgique et qui ne bénéficie pas d'un capital touristique suffisant pour développer une activité réelle.
Alors bien sûr Bitche ou Dieuze ça n'est pas Versailles, pas même la Lanterne, ni le fort de Brégançon ou, mieux, le Cap Nègre. Il y a bien plus d'intérêt à fêter une union pour la méditerranée qu'à regarder vers l'Est. Il y a plus Bling Bling de faire un saut à Saint Trop qu'à Saint Avold mais enfin, prudence Monsieur le Président, le lorrain est besogneux, volontaire, silencieux mais il saura vous garder en mémoire.
Cette mémoire que vous bafouez aujourd'hui au nom de principes erronés et de calculs politiciens, cette mémoire exprimée par le 2° Régiment du Génie de Metz présent en Moselle depuis... 184 ans et que vous allez dissoudre sans autre forme de procès : "Lorraine me garde". Plus qu'un avertissement.

lundi 23 juin 2008

Economie - Airbus et la raison d'Etats-Unis

Ah qu'il était prometteur et revigorant ce contrat décroché par l'avionneur européen auprès de l'US Air Force ! un coup d'éclat inattendu et bienvenu qui nous rapprochait encore un peu plus de nos nouveaux amis. Oui mais il y avait un mais, un gros mais puisque la Cour des Comptes en personne soutient le recours de Boeing... ambiance.
L'heure est à une certaine désillusion dans le camps français tant il apparaît clairement que l'Etat américain en ces temps difficiles a repris la main sur ce sujet sensible.
On ne badine pas avec la défense aux USA et la proximité légendaire du pouvoir avec les vendeurs d'armes trouvent aujourd'hui un nouvel écho. La période des élections présidentielles pourtant propice à l'inaction n'aura pas suffit. 35 milliards d'euros que voulez vous ma bonne dame en ces ans de dollar faible ça ne se refuse pas même au nom de l'objectivité et de la performance. Car le ravitailleur Airbus est un produit meilleur, personne ne le conteste pas même les cousins de l'Oncle Sam. L'enjeu est ailleurs. C'est ce que Nicolas Sarkozy appelle chez nous la realpolitik même si à l'époque il ne manquait pas de saluer "un succés historique", la belle histoire n'aura donc pas duré...
C'est aussi le même protectionnisme dont bénéficie Airbus en Europe et dont il profitera encore goulument à travers le récent livre blanc des armées qui fait la part belle à de nécessaires équipements.
Etait-il donc si raisonnable d'espérer tant ? L'appel d'offres risque d'être remis en cause, le partenaire américain d'Airbus pourrait même se rallier à la bannière étoilée de son concurrent, c'est dire l'ambiguité du moment...
Contexte amusant vu d'ici, ce sont les libéraux conservateurs qui ont oeuvré à la défaite de Boeing et les démocrates éclairés qui hissent haut les couleurs.
Pourtant Airbus n'avait pas lésiné sur l'arme fatale de la séduction en promettant l'assemblage made in US. Une délocalisation qu'il fallait saluer sans bien comprendre pourquoi...
Mais la revanche du géant Boeing est à la hauteur du scandale subit, des collusions dénoncées, des démissions volontaires, des amendes records (615 millions !) qu'il a affronté.
Cerise sur la gâteau EADS avait bien besoin d'un chantier outre-atlantique pour détourner l'attention d'une actualité locale plutôt lourde, les mises en examen se succédant à un rythme plus soutenu que la fabrication de ravitailleurs...
Evidemment pour justifier notre retour dans l'OTAN c'est un peu rapé mais comme dit Georges W, "La France a été la première amie des États-Unis et au cours des siècles nos nations sont restées unies lors des moments clef. L’histoire récente a prouvé qu’aucun désaccord ne peut entamer les liens profonds qui existent entre nos nations".
Il n'y a donc pas à s'inquiéter.... faut juste accepter sa vraie taille, jouer dans notre division, un peu comme à l'Euro, être qualifié c'était finalement déjà pas mal.

mercredi 18 juin 2008

Un pouvoir sans peur et sans complexe

Alain disait que "Tout pouvoir sans contrôle rend fou", c'est sûrement vrai même si une étape intermédiaire consiste pour celui qui domine à abuser de sa domination. Quelques exemples de notre actualité montrent qu'en Italie comme en France, la tendance est certaine...
A tout seigneur tout honneur, Sylvio Berlusconi vient de s'illustrer superbement en faisant voter par sa majorité un amendement suspendant pas moins de... 100 000 procès. Tout part d'un beau sentiment, remettre la justice sur les rails en reportant d'un an tous les procès concernant des faits perpétrés avant le 30 juin 2002 afin de privilégier les affaires plus récentes, dont les peines encourues sont supérieures à 10 ans ou qui sont liées à la mafia.
Sacrée mesure qui, au passage, conduit à la suspension du procès du Président du conseil italien lui-même...
Adieu corruption et faux témoignages au profit d'une justice plus efficace, quel argument !
Les dictatures sud américaines comme les Etats de l'autre côté du rideau de fer nous avaient habitué à de tels agissements. Mais aujourd'hui ce sont les démocraties qui se distinguent, désarticulées autour de leur quatre pouvoir :
- un exécutif tout puissant
- un législatif soumis au premier
- un judiciaire qu'il faut mettre au pas
- un médiatique qu'il faut posséder
Berlusconi a su consciencieusement conquérir une à une ces quatre étapes et a fait des envieux puis des émules dans notre fière République.
Avec la prise de pouvoir de Jean Sarkozy au Conseil général des Hauts de Seine, on mesure la servilité des élus de la Majorité à favoriser jusqu'au fiston.
Avec les réformes à l'emporte pièce de Rachida Dati, c'est toute la carte judiciaire qui a été redessinée copie conforme des amitiés politiques...
Avec l'arrivée imposée de Laurence Ferrari, ex égérie présidentielle, au journal télévisé le plus vu, et après bien d'autres nominations, l'Elysée a saisi d'une main ferme les médias.
Ainsi vont nos démocraties dans une ambiance feutrée un brin désabusée. Les syndicats ne mobilisent pas et la contestation ne prend pas de forme collective. C'est peut être pire car la colère est sourde, profonde et individuelle. Ces libertés prises avec les valeurs essentielles de liberté, d'égalité et de fraternité n'augurent rien de bon tant elles décrédibilisent l'action collective et, au-delà, toute engagement collectif.
Là est peut être le but ultime du libéralisme, désosser tout ce qui fait du lien social, deshumaniser la société pour ne plus valoriser que l'individu, c'est à dire celui qui gagne.
En attendant, ces individus qui nous gouvernent gagnent petitement. Et oui tout cela manque de grandeur Monsieur le Président.
Dernier exemple ce soir, l'annonce programmée du départ du mythique 13° RDP, régiment d'élite basée à Dieuze en Meurthe-et-Moselle. Economie, économie nous dit on tout drapé de blanc. C'est donc pour cela que les dragons s'en iront à Bayonne, Bayonne, le fief politique de Michelle Alliot-Marie, ex ministre de la défense. Dingue.

mardi 27 mai 2008

Libéralisme - Le PS au supplice

Alors que Pedro Miguel Pauleta, le renard des surfaces du PSG tire sa révérence, c'est un autre parisien qui, dans son domaine, marque les esprits comme autant de but : Bertrand Delanoe.
Le Maire de Paris profite de l'occasion d'une opposition molassone et dispersée pour avancer ses pions. "De l'audace" certes il n'en manque pas, mais après ?



Finalement la question restera posée encore un moment car de ce recueil préparatoire à d'autres desseins nait une polémique aussi vive que symptomatique du malaise du parti socialiste. L'acceptation ou non du libéralisme est en effet le thème central d'une étonnante polémique que l'on croyait reléguée aux années 70. Devant cette politique d'ouverture du maire de Paris vers sa droite, Ségolène Royal réplique en se positionnant plus à gauche, plus à gauche même qu'elle n'a jamais été. Le tout sur fond de futur Congrès censé remettre de l'ordre dans un foutoir toujours plus dense. On l'aura compris, pas la peine de chercher plus loin les raisons de la machine à perdre qu'est ce parti tant leurs sujets de discussions et de préoccupations sont aux antipodes de la vie quotidienne des français.
Reste que cette aversion d'un libéralisme ultra dominant sur la planète et accepté par la grande majorité des citoyens ne peut qu'accentuer le fossé de politiques en mal d'idéologie quand nous sommes en mal de solutions et de sens.
Pourtant l'arrogance et le simplisme de la droite au pouvoir laisse de la place à une autre pratique. Pour l'anecdote, un député UMP me confiait cet après-midi "Pendant que les socialistes se déchirent, nous nous travaillons pour les français". Avec mon sens de la mesure mais aussi de la répartie qui me caractérise parfois, je me suis permis de lui faire remarquer qu'effectivement pendant ce temps là je travaillais mais que je n'avais pas pleinement conscience que son activité du moment, la visite d'un chantier, une réunion à sa permanence et une assemblée générale de commerçants ne constituait à proprement parlé un travail...
Enfin bref revenons à nos moutons socialistes effrayés par le loup libéral et bientôt prêts à se jeter du haut de la falaise. Tout se passe comme si Ségolène Royal, en politicienne avertie, souhaitait avant tout maîtriser la gauche, toute la gauche, même celle de l'extrême facteur. Histoire de l'incarner cette gauche. Quitte à se radicaliser. Un calcul, un de plus, un de ceux qui font et défont les carrières, mais ne font pas les politiques, encore moins les gouvernements.
Delanoe fait de même tout au bonheur revigorant de sa réélection parisienne. Le voilà qui sachant piloter Paris se verrait bien piloter la France à l'instar du grand Jacques. Et intégrant la mouvance centriste apparue aux dernières présidentielles, se verrait bien pourquoi pas l'incarner. Son côté people-bcbg-bourgeois bohème... n'en jetez plus colle bien au personnage. Pas sûr qu'il suffise à l'échelon national pour attirer un électorat plus populaire dont une bonne partie a récemment basculé vers Sarkozy. Bon stratège, on saluera donc son audace effective de mettre notamment les pieds dans le plat du libéralisme avec une ambition singulière de priver même la droite de sa paternité en la matière, puisque plutôt assimilable selon lui à un "bonapartisme modéré par la désinvolture, est profondément antilibéral". La démarche est intéressante et a le mérite de bousculer de vieux ancrages inutiles. Mieux, elle permet enfin d'entr'apercevoir une alternative crédible au tout libéral un brin fataliste de ceux qui nous gouvernent. Maîtriser l'économie libérale, l'encadrer, l'ajuster aux besoins et non pas la subir ou la combattre c'est tout de même plus séduisant.
Reste à mesurer si tout cela n'est qu'un coup de pub de plus d'un homme qui n'en est pas avare ou si l'appareil partisan ne broiera pas cet empêcheur de polémiquer en rond. A 58 ans, le voilà presque dans le rôle d'un rénovateur ce qui en dit long sur la pesanteur des éléphants et sur l'incapacité des socialistes à se projeter et à incarner l'avenir. Ce qui laisse certainement de la place au Centre mais Bayrou a le même âge alors...
Alors quand va t'on imposer un âge de retraite politique...