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dimanche 29 mars 2009

Rémunérations - La loi de tous les dangers

Il ne fait pas bon gagner de l'argent en ces temps de crise, la suspicion et la dénonciation sont vite de mises. Pour le coup, il faut reconnaître que je n'ai pas grand chose à craindre, on a les satisfactions que l'on peut...
Voilà les chefs d'entreprises aidés et/ou aidées (?) dans le collimateur de ceux qui les ont aidés. Alors que les prêts ne semblaient pas assortis de contreparties précises, les médias et l'opinion publique se sont chargés d'en déterminer. On regrettera au passage qu'elles n'aient pas été prévues dès le départ, cela aurait évité bien des atermoiements.. gouverner c'est prévoir parait-il...
Et voilà le gouvernement obligé de s'agiter voire de dénoncer les abus et même de menacer les contrevenants ! Le sarkozysme est incontestablement un sport à risque qui oblige aux grands écarts. De l'ultra-libéralisme accepté à l'interventionnisme étatique imposé, c'est un champ bien large de notre pensée politique qui est occupé au gré de l'actualité. C'est certainement trés grisant de paraître décider de tout et s'emparer de chaque problème en affirmant tout et, au besoin, son contraire. C'est aussi plutôt déroutant pour l'opposition comme pour ses partisans. Et pour le simple citoyen comme moi, cela frise l'escroquerie... et ne semble conduire qu' à la banqueroute.
A quelques jours de la réunion du G20 qui réunira les plus grosses puissances économiques, la position française est assez cocasse à moins qu'elle ne soit voulue, histoire de créer un écran de fumée bien fumeux au cas où Londres ne décide de pas grand chose.
Alors c'est sur que le parachute doré de 3,5 millions d’euros du PDG de Valéo n'a pas lieu d'être mais avait-il plus lieu d'être l'an passé et l'année d'avant ? Il y a bien de l'hypocrisie à sembler découvrir une politique de rigueur dans tous les grands groupes monopolistiques français.
Un décret se prépare qui n'évoluerait pas en loi, nous dit on, question de délai et d'efficacité.
Question de jurisprudence aussi peut-être non ? car enfin s'il devient possible de calibrer la rémunération d'un chef d'entreprise au prétexte que son entreprise soit soutenue par de l'argent public, le raisonnement ne sera t'il bientôt élargi à tous les utilisateurs d'argent public ? et pourquoi pas aux politiques qui sont les plus gros consommateurs de cet argent béni sans besoin réél de rendre quelques comptes que ce soit.
A l'heure où, à droite comme à gauche il est de bon ton de s'accorder sur des hausses d'impôts, n'y a t'il pas moyen d'envisager une loi incitant les élus trop gourmands et peu efficaces à renoncer à leurs stock-options, bonus, ou parachutes dorés à eux, c'est à dire leurs rentrées supplémentaires d'argent public ?
Il y a urgence à légiférer car honnêtement cette idée que toute la crise pourra se régler par investissement ultra-massif de l'argent des contribuables inquiète un brin par son simplisme et sa finalité. Avec un doute : la montée du chomage, la baisse du pouvoir d'achat va bien finir par influer aussi sur les rentes de ces collectivités multiples et des barons qui les gouvernement. Ce ne peut être un puits sans fond.
Alors, finalement elle est dangereuse cette loi sur les rémunérations des patrons par les interprétations qu'on pourrait lui donner. Mieux vaut se contenter d'un texte modeste et inexplicable afin de calmer les foules en attendant le sujet suivant d'indignation.
A ce rythme là on peut trés bien imaginer que l'été ne sera pas encore survenu que nos gouvernants marcheront en rangs serrés les jours de manif avant d'aller occuper les bureaux de quelques patrons voyous. Car seuls les patrons sont désormais voyous, les banlieues ont leurs racailles, les métropoles ont leur milieu tandis que les politiques, eux, sont hyperactifs, omniprésents, clairvoyants, volontaires... jusqu'à même avoir la banane. Chacun son style.
Et oui, la crise offre un terrain de jeu étendu à ceux élus en des temps plus apaisé... nul doute que cela monte à la tête de certains et autorise toutes les disgressions sans contrôle particulier. Et encore ne nous plaignons pas trop car l'article 16 n'est pas enclenché, pour le moment, celui qui dit "Lorsque les institutions de la République, l'indépendance de la Nation, l'intégrité de son territoire ou l'exécution de ses engagements internationaux sont menacées d'une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu" Voire...
Au plan local, elle est l'occasion de bien des initiatives coûteuses dans des domaines aussi variés que le soutien aux entreprises, le rayonnement culturel ou la recherche de formations miracles. En toute impunité et sans obligation de résultat autre que de ne pas se planter à l'approche de prochaines et lointaines élections. Il n'y a pas de loi contre cela et c'est certainement plus dommageable que de clouer au piloris quelques dirigeants inconscients. Mais il s'agirait de remettre en cause toute une culture, toute une caste peu encline à se remettre en cause et à renier sa position hégémonique.
Jusqu'à plus ne pouvoir donner des leçons d'économie...

jeudi 22 janvier 2009

Réforme - Le bonus-malus bancaire

Vous en étiez peut être resté au traditionnel bonus-malus de votre sympathique assureur qui avec le temps devient plutôt un malus-malus pour celui qui utilise sa voiture. Ne gagne dans cette histoire que celui à qui il n'arrive jamais rien ce qui peut arriver si l'on reste dans son garage (mais gare tout de même à la porte, de garage).

En début de quinquennat nous découvrions le bonus-malus fiscal qui, selon votre statut vous faisait ou non bénéficier d'avantages. Prime aux bons conducteurs d'un côté, aux riches contribuables de l'autre. Et puis est arrivé le fameux bonus-malus écologique du bon docteur Borloo. Notons que par un curieux hasard ces trois concepts s'appuient tous à un moment ou un autre sur l'automobile décidément au coeur de notre existence : c'est elle que l'on assure, c'est elle que l'on affiche comme signe extérieur de richesse, c'est celle qui pollue plus ou moins. On a craint un instant de voir l'écologie imposer sa taxe sur toute sorte de produits mais la tempête est passée pour l'heure de ce côté-là. Et c'est dans un tout autre domaine que revient ce populaire dispositif avec la reconnaissance d'un authentique bonus-malus bancaire. Votre banque perd de l'argent ? pas bien, alors pas de bonus. C'est cet étrange marchandage qui justifierait que 6 banques de l'hexagone gorgées il n'y a pas si longtemps de bonus en tous genre touchent deux fois dix milliards d'euros. C'est parce que la situation est bonne claironne le Ministère de l'Economie, enfin moins pire qu'ailleurs. Cela étant BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole, peuvent en effet se targuer de confortables bénéfices en 2008, de respectivement 3, 2, et 1 milliards d'euros ce qui interpelle un tantinet le contribuable-client-demandeur de prêt qui ne sent guère les évènements évoluer en sa faveur. Il y a, sans être grand financier comme une différence entre bénéficier d'argent public pour prêter davantage d'argent en période de crise, donc risquer plus, et profiter de l'argent public pour rétablir fonds propres et marges. Plutôt que de s'interroger sur cette tendance qui va nous faire porter le chapeau de la crise en préservant, ouf, notre système financier, un petit vent de populisme est largué dans les médias amis : l'Etat prête, d'accord, 21 milliards, d'accord, mais il y a une contrepartie terrifiante : les dirigeants de ces établissements ne pourront s'octroyer de primes et autres largesses de fin d'année. Outre que l'on ne comprend pas bien comment l'Etat pourra vérifier qu'un dirigeant d'entreprise privée a, d'une manière ou d'une autre reçu de substantielles contributions, le sacrifice est bien minime au regard des années fastes passées. On peut tout de même peiner à comprendre ce marché de dupes qui veut justifier la dispersion de 21 milliards contre la non perception de quelques centaines de millions. Bien entendu, je me porte également volontaire pour percevoir ne serait-ce qu'un milliard d'euros, en échange il va de soi que je m'engage à ne pas me verser la prime de 100 millions prévue pour Pâques, ou la Trinité je ne sais plus.
A l'heure d'évoquer de nécessaires réglementations des marchés financiers l'exigence parait bien mince, discrète, de façade. Elle témoigne peut être également d'une fatigue généralisée qui gagne l'Elysée ces dernières semaines. On se souvient du confondant souhait présidentiel de suspendre le permis de conduire des bruleurs de voitures, ou ses visites compatissantes dans les hôpitaux à expliquer que l'argent public a... déjà été versé. Il aurait du ajouter : aux banques...
Tout content de leurs trouvailles, nos édiles enchainent en volant au secours de l'industrie automobile dont ils semblent découvrir aujourd'hui qu'elle est consciencieusement pillée et démantelée depuis des années. Par ceux-là même qui dirigent aujourd'hui ces grands groupes devenus au moins européens et qui réclament leur part du gateau. Le mien, le vôtre, car c'est tout de même de cet argent qu'il s'agit, et à double titre puisque non content de se servir de l'Etat ils vous demandent également de débourser de rondelettes sommes pour acquérir les précieux engins, précieux n'étant pas un vain mot. A ce propos j'ai profité de ce dimanche ouvré des concessionnaires pour m'enquérir de leur santé voire si possible leur remonter le moral. Malgré les incertitudes qui peuvent également accompagner mon devenir professionnel (mais qui s'en soucie je ne suis pas banquier ou constructeur automobile ?) j'étais prêt à confirmer mon intérêt pour changer de monture. Première surprise, le moral des commerciaux est à ce point sombre, me semble t'il, qu'un acheteur ne les intéresse guère. Une façon de me préserver pensais-je. Alors j'insistais gaillardement en interpellant mes glorieux défenseurs de l'industrie française sur leur stock, oui, je suis prêt à participer à l'effort national en visant des voitures en stock. Réponse embarrassée des intéressés : ben on n'en a pas. Dernier effort pour ne pas me tenter, le modèle proposé dépasse de 35% mon budget de départ sans reprise ni financement en prime, si j'ose dire. Voilà qui est donc bien rassurant, au-delà des divagations de nos dirigeants, il y a une espèce de bon sens populaire, une solidarité n'ayons pas peur des mots qui veut que le commercial acculé, désespéré, ne profite pas de la situation, lui pour m'assassiner.
Au final, ne faudrait-il pas envisager un bonus-malus de la solidarité, un financement des opérations justes et utiles, quelques milliards d'euros par ci, des valeurs positives par là. Mais voilà qui est bien révolutionnaire n'est-il pas ? et sans intérêt en fait car c'est bien connu, ce qu'aime les hommes d'argent, ce sont les intérêts. Dommage.

samedi 8 novembre 2008

Politiques - Leur petite entreprise...

"Donnez tout pouvoir à l'homme le plus vertueux qui soit, vous le verrez bientôt changer d'attitude" prédisait déjà Hérodote. Entre autres dérives, les dérives financières sont donc presque vieilles comme le monde, elles n'en demeurent pas moins révoltantes surtout quand le climat économique vire à la crise.
La France ne manque pas d'exemples éloquents qui se multiplient ces dernières semaines presqu' avec la même vigueur que les fermetures d'entreprises.
Tout avait commencé prestement puisque notre Président s'était auto-proclamé une augmentation de derrière les fagots, 140% s'il vous plait, de celles que vous pouvez toujours rêver même en travaillant jusqu'à 70 ans. Avec le cadeau fiscal fait au copain pas dans le besoin, il y avait comme une orientation qui aurait pu être plus discrète si le contexte économique avait permis quelques menues compensations pour les autres. Pas de bol, ou manque de clairvoyance, pire de vision politique, c'est tout le contraire qui s'est passé rendant bien indélicat et impopulaire ces premières mesures. Pour autant, le fonctionnement quotidien des institutions ne s'en est pas trouvé plus perturbé que cela, l'Assemblée Nationale, très étroitement associée aux travaux présidentiels, s'accorde de similaires largesses.
La Cour des Comptes se devait au moins de le signaler à défaut de pouvoir le sanctionner. +47% d'augmentation budgétaire en à peine 10 ans, c'est une décennie glorieuse d'abus en tous genres entre travaux pharaoniques, prolifération de collaborateurs et frais de réception et de déplacements exponentiels. A l'heure où le gouvernement s'engage à ne pas remplacer les fonctionnaires partant à la retraîte par souci d'économie, il est tout de même surprenant d'apprendre que les 24 hauts fonctionnaires les mieux rémunérés de l'Assemblée preçoivent annuellement quelques 213 000 euros chacun...
Superbes et... pris sur le fait, nos chers voire trés chers députés l'ont promis, ils n'augmenteront pas leur budget l'an prochain. Fichtre !
Et les ministères jouent collectifs puisqu'ils ont embauché pas loin de 400 petits nouveaux affectés aux si secrets cabinets ministériels distribuant au passage de conséquentes primes atteignant les 5 millions d'euros.
Des chiffres contestés comme il se doit mais qui viennent à la suite de l'implantation des bureaux des ministères sociaux par exemple, décidée en... 1992 et qui verra le jour au mieux en 2011 ; ou la restructuration des locaux du Ministère de la Culture qui aura nécessité de ne pas les occuper... 15 ans ! Sans compter les nombreuses suites plus ou moins avouées dans chaque région.
On comprend peut être mieux pourquoi une vaste réforme des départements et régions est aujourd'hui lancée. Car face à ces dénonciations, le politique de droite comme de gauche réagit non pas pour corriger ses erreurs mais surtout pour mieux se protéger.
Déjà le régime spécial des députés faisaient saliver, pourquoi ne pas l'étendre et l'institutionnaliser ? Les futurs conseillers généraux et/ou régionaux comme leurs homologues consulaires devraient être significativement rémunérés quitte à faire des économies tout de même mais via les salaires des anciens salariés. Moins d'emplois publics pour plus de politiques, tel sera demain le slogan porteur de lendemains qui chantent. Libéraliser le service public pour qu'il soit accessible à ceux qui pourront se l'offrir, fonctionnariser les élus pour que ce ne soit accessible qu'à ceux qui pourront se l'offrir. Imparable. Ne cherchez plus Monsieur Balladur !
Leur petite entreprise ne connait pas la crise, au contraire, en temps de crise, la fonction politique devient encore plus attractive C'est pourquoi il conviendra de la préserver de trop de convoitise et d'envies révolutionnaires. L'instabilité, le risque, la peur, des termes barbares qu'ils ne veulent pas entendre et encore moins subir comme le commun des français. Alors place à la continuité, la sécurité, la sérénité dans l'opulence tant qu'à faire.
Herodote voyait Cresus comme l'homme aveuglé par la richesse qui, après l'épreuve, apprend à mépriser les biens, on peut toujours y croire....

samedi 20 septembre 2008

Finances - Le ciel est tombé sur la tête, et après ?

Le ciel s'est assombrit avant de craquer. Abasourdis et un brin hébété, nous suivons sans trop comprendre les mésaventures d'une sphère financière mondiale déboussolée. Même en écoutant les "spécialistes", ou peut être en les écoutant, il est bien difficile de déterminer le mécanisme qui expliquerait pourquoi la Bourse monte un jour et descend le lendemain. Les marchés sont sensibles dit on, mais à quoi donc ? au temps qu'il fait, au cycle de la lune, à l'âge du capitaine ?
Mais les financiers assurent, ce qui pourtant, me semblait deux professions bien distinctes... Tout un système en somme se veut bonhomme et stable, ce qui est tout de même la moindre des choses vu que l'argent est omniprésent dans nos vies quotidiennes.
En fait il n'en est rien. Les crises s'enchaînent, les faillites se déclarent, les choix se révèlent hasardeux voire pifométriques. Au-delà du trader fou, c'est bien un ensemble qui dérive sans but dés lors que l'objectif initial, le profit, n'est plus atteignable. Un ensemble monétaire pourtant largement préservé et érigé même en modèle de société.
Le capitalisme a pourtant la gueule de bois aujourd'hui. Déjà il est bien malmené par de nouveaux acteurs qu'il ne maîtrise plus, comme l'Inde ou la Chine, contrées formées à d'autres cultures et d'autres systémes plus communisants, mais aujourd'hui converties au Dieu dollar avec une facilité déconcertante. Et surtout une domination entérinée sur les fiefs historiques dont les trés libéraux Etats-Unis. Des USA atteints dans leurs fondamentaux : la propriété individuelle qui vacille par les subprimes, la liberté des marchés sauvés par l' Etat.
Et oui, des banques renfloués par le trésor américain, un plan de sauvegarde estimé à ... 700 milliards de dollars cela interpelle quand même le benêt citoyen vertement tancé par son conseiller financier si d'aventure un découvert de 100 euros n'est pas rapidement annulé...
Car à l'heure des profits records, des parachutes dorés et des dividendes sans limites, personne ne se soucie de l'Etat et de ses fonds publics. Par contre quand la crise éclate, on attend du seul recours possible les interventions les plus folles et les plus coûteuses. A l'heure où jamais la notion de service public n'a été autant dénoncée, où les prélèvements obligatoires sont accusés de tous les maux, il est gênant de comprendre que tout cet argent collecté peut finalement être dilapidé pour renflouer les caisses, remettre les comptes à zéro histoire de pouvoir repartir plus tard vers d'autres profits. Mais sans les gentils contribuables laissés au bord de la route. Alors oui le ciel est tombé sur la tête du monde mais finalement rien ne changera pour ceux qui gouvernent et qui peuvent donc librement changer les règles du jeu. Et jouer avec nos valeurs alors que la seule valeur qui vaille, c'est celle de l'argent. La main invisible du marché d'Adam Smith a pris un sacré coup de vieux mais qu'importe si le coup de main est bien réel, l'essentiel est pour le marché de ... garder la main.
Quitte à ce que, nous, restions les mains... vides !

mercredi 28 novembre 2007

Pensées - Attali ou le triomphe de l'égo durable


Jacques Attali est partout, parle beaucoup, sur tout. A croire qu'il s'identifie à certains hommes politiques à succès, lui qui de son propre aveu "vit une seconde jeunesse".
Entre nième ouvrage paru, présidence d'une commission qui, suprême honneur, porte son nom, développement de son concept humble de Planet finance, il n'arrête pas.

Ancien haut fonctionnaire, économiste, écrivain puis homme d'affaires il est parfois comparé à un Pic de la Mirandole" moderne. Faut dire que le cursus du Monsieur plaide en sa faveur : polytechnique, école des Mines de Paris, Science Po Paris, ENA... il peut entrer au Conseil d'Etat à ... 27 ans !
Homme de l'ombre de Mitterrand, il construisit sa légende sur les notes quotidiennes qu'il rédigeait à l'ancien Président. Avant de prendre son envol. Irresistible besoin d'ascension, de reconnaissance, de consécration ?
Son retour sur la scène politique, après des passages parfois scabreux par les affaires, dans le camps d'en face qui plus est, ne peut qu'alimenter un sentiment malsain : le besoin irrépressible de lumière, le souci de laisser quelque chose dans l'histoire, que l'on parle de lui n'aveuglent t'ils pas cet esprit brillant fasciné par son égo ?
Jacques Attali est un homme de principe, sûrement, d'ailleurs il n'évoque pas sa vie privée mais ajoute volontiers qu'il est sorti « avec plusieurs femmes célèbres et que cela ne s'est jamais su »...
Tout Attali en somme. Le sherpa de 1981 s'est mué en ultralibéral éclairé qui veut libérer la croissance d'aujourd'hui tout en prévoyant l'avenir du monde de demain.
Celui qui fit rentrer à l'Elysée les époux Hollande vénère aujourd'hui Nicolas Sarkozy.
Trop heureux de s'être vu donner une seconde chance par un Président de la République coutumier du fait de réveiller les égos endormis, il est prêt à tout justifier.
Le voilà qui vole même au secours de Rachida Dati et de sa réforme de la Justice pour mieux stigmatiser les "prétendues" élites locales, ces "notables de quelques villes" qui osent s'opposer. Et de les rendre responsables des fermetures de tribunaux par leur incapacité à "éviter le déclin de leur ville". A mieux lire Attali, on comprend que ces prétendues élites sont les "élus, avocats et fonctionnaires".
Vu son cursus et son parcours professionnel c'est un jugement tout de même particulier car n'en représente t'il pas la quintessence, lui, de cette technocratie ? N'y a t'il donc pas de responsabilité de l'Etat dans les cataclysmes économiques que certaines régions ont pu connaître ? Faut il donc rendre seuls responsables de la fin de la sidérurgie en lorraine les élus locaux par exemple ? facile monsieur le conseiller.
Un conseiller qui explique que malgré cela, ces élites resteront en place car le peuple ne vaut pas mieux et donc ne les sanctionnera pas. Pourquoi nous ne valons pas mieux ? parce que nous avons "le sentiment que tout est dû" alors nous laissons filer les dépenses publiques en toute conscience...
Mais pas lui bien entendu, notre grand penseur est au-dessus de cela bien sûr, lui sait gérer c'est sûr. Pourquoi ne le laisse t'on pas faire d'ailleurs ? Ah oui, peut-être que parce qu'en tant que président de la Banque Européenne pour la Reconstruction Européenne il a laissé un sacré souvenir et une telle ardoise ! Les anglais en rient encore de ses dépenses fastueuses !
C'est vrai qu'il peut donner des leçons aux élites politiques lui qui n'a jamais affronté le suffrage universel.
C'est vrai qu'il peut imposer une morale lui qui a fondé une association à but non lucratif, Planet finance, ça jete non ? Bon d'accord le scandale de l'Angolagate l'a un tantinet éclaboussé mais moyennant une modeste caution d'un million de francs, le Grand Jacques n'a pas connu la prison, 20 ans après 1981. Recel d'abus de biens sociaux et trafic d'influence... Cela fait quand même tâche pour celui qui a, à plusieurs reprises, connut aussi la honte de l'écrivain dont on doute : plagiat, affirmation sans preuves, déformations de propos ont émaillé certains de ses ouvrages comme le fameux Verbatim. Mitterrand disait joliment de lui qu'il a "le guillemet facile" mais qu'« il est peut-être devenu plus soucieux du nombre de ses lecteurs que de vérité historique ». Tout Attali ça, soif de gloire...
Soif de gloire rime avec soif d'argent, souvent... alors en 2004, il replonge pour financement occulte de la municipalité de ... Saint Petersbourg. Accusé d'avoir perçu sans contrepartie deux millions de dollards il sera inquiété par la justice... russe.
C'est vrai qu'en manipulant tout cet argent c'est plus facile de dénoncer ces petites gens qui "défendent leurs avantages". Celui qui se fit l'apôtre de la fraternité prend ses distances avec le monde d'ici-bas.
Jacques Attali lui se donne un autre destin, supérieur forcément. Plus noble évidemment. Plus intelligent sûrement.
Théorique, assurément. Moins intéressé, faut pas pousser !!! Car finalement cette intelligence exceptionnelle n'aura jamais rien mis en application sans oublier de s'enrichir.
Un peu l'inverse de ces élites locales finalement qu'il dénonce...

Henri Bergson disait, Monsieur Attali, "La seule cure contre la vanité, c'est le rire, et la seule faute qui soit risible, c'est la vanité"...

dimanche 1 juillet 2007

Musique - rap, ordre établi et valeurs


Souvent la musique a joué au sein de l'histoire un double rôle d'agrément et d'aiguillon. Les mouvements nouveaux, le moyen d'expression d'une opposition ou d'une population opprimée se traduisaient aussi par la musique, des sons, des instruments, des inspirations autres.

Les révolutions comme les évolutions s'accompagnaient voire étaient précédées d'artistes aux partitions engagées et volontairement en rupture.

Ainsi en allait-il plus récemment du jazz noir américain en phase avec l'émancipation et la fin de la ségrégation, des zazous chez nous, du rock et de ses mouvements dérivés, punk, heavy metal...

Dans la continuité et dans une société qui se ghettoise, le rap est arrivé donnant un outil d'expression aux banlieues, un langage, un rythme. Un moyen d'exprimer leurs attentes, leurs valeurs.

J'avoue ne pas réussir à écouter un album complet de rap. Pour autant un sentiment étrange m'envahit au contact de cette "culture". La violence des propos et des attitudes n'a souvent d'égale que le peu de profondeur de leurs revendications. N'est pas Woodstock qui veut certes mais là où d'autres voulaient changer le monde que veulent les rappeurs ? à bien les écouter et regarder leurs clips, ils veulent des choses trés simples : de l'argent, des grosses voitures, des filles soumises à profusion, des bijoux comme s'il en pleuvait, des maisons de milliardaires, bref, une vie de star. Savez vous quelle est la marque la plus citée dans le rap américain ? Mercedes.

Hélas rien d'autres. Ce mouvement moderne de protestation revendique d'accéder au plus haut niveau pas pour changer quelque chose non, pour être au-dessus, dominer, s'imposer.

C'est un clin d'oeil étonnant et inquiétant qui veut qu'aujourd'hui la musique dite engagée ait pour ambition de promouvoir notre société actuelle dans ses plus grands excés : l'individualisme, l'ostentatoire, la richesse absolue. Le rap instrument de notre société de consommation ? doux refrain de l'économie de marché ? pâle chansonnette véhiculant nos vieux démons ? je le crois volontiers mais alors qui osera et comment exprimer la voix des plus petits, de ceux que l'on entend pas, de ceux qui souffrent et sont en danger ? plus le rock désormais affublé de la trés commerciale pop. Alors qui ?

lundi 25 juin 2007

Société - délation, initiative populaire et France profonde


Profitant de la varicelle de ma petite dernière, me voilà cloué à la maison en pleine semaine. L'occasion est trop rare et trop belle, à 13h, j'allume la télévision. Je ne suis pas de la France qui se lève tôt, c'est jamais avant 6h30, par contre je fais partie de cette importante France qui bosse le jour, grignote entre midi et 2 et entre 2 dossiers pendant que l'autre France attend les bonnes nouvelles du JPP de l'information, Jean-Pierre Pernaud. Et ce jour-là, c'est jour de chance car il y a eu un accident de bus sur l'autoroute. De quoi bien engager le sempiternel contenu du journal : sécurité routière, securité des biens et des personnes, éducation, politique, artisanat, tradition. Et ça commence fort car le bus, en plus, transportait des enfants. Mais le plus beau est à venir ; Avec son sens aigu de la transition, notre JPP enchaîne sur un village bien franchouillard où des papys-mamys se plaignent devant la route nationale qui a toujours existé devant chez eux. Et là, c'est le drame, ils savent bien que les voitures roulent trop vite alors, ils ont décidé d'agir. Tout ceci est tranquillement dévoilé à visage découvert, plein de bonnes intentions, de bon sens... Ils ont placé un mannequin habillé en gendarme et regardant dans une longue vue comme le ferait un authentique représentant de la maréchaussée avec ses lunettes longue portée. Et ça marche ! on voit les véhicules régulièrement piler. Le journaliste donne enfin la parole aux vrais gendarmes, au courant et qui laissent faire, dépassés par cette incroyable initiative. Tout juste un commerçant ose dire que ce n'est pas aux citoyens de se substituer aux représentants de la loi mais il est vite étouffé par l'allégresse générale et le large sourire de notre JPP visiblement ravi. Je crois qu'il a déjà dans un coin de sa tête un futur "Combien sa coûte" spécial économie dans la Police avec cette question pernicieuse : et si l'on remplaçait les policiers par des mannequins et la police par des milices populaires pleines d'un bon sens près de chez nous ?

ah heureusement qu'il y a des esprits éclairés comme lui toujours prêts à nous montrer le bon chemin, c'est pourtant pas si compliqué. Cela me rappelle une récente invitation assez étonnante : une grande institution publique faisait intervenir un grand conférencier sur le thème porteur du gaspillage des deniers publics. C'est un de ces pourfendeurs émérites, Monsieur de Closets, qui officiait en tribune. Deux heures d'intervention, facturées publiquement 10 000 euros, + l'avion, l'hôtel 4*, le restaurant qui va avec, le buffet de la soirée pour 300 personnes...

Mais cela n'étonne plus personne, notre société a cessé de s'interpeller, elle acquiesce et attend fébrilement demain 13h pour reprendre sa dose de bon sens et de bonnes intentions.