Affichage des articles dont le libellé est micro. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est micro. Afficher tous les articles

lundi 14 décembre 2009

Rachida Dati - Moins maline, tu meurs

Plutôt discrète ces derniers mois, l'ex Ministre de la Justice réapparaissait sur le devant de la scène médiatique en même temps que sa réforme se traduisait par les premières fermetures de tribunaux. Dans des médias choisis et variés, elle distillait humilité, charme et décontraction pour mieux dévoiler de futures ambitions. Du "Elle a changé" jusqu'à la prédiction d'un "destin" politique Capitale, ces Unes collaboratrices n'ont cependant pas résisté à sa désinvolture et à sa légèreté. La faute à un petit micro qu'elle portait dans le cadre d'un reportage mais qu'elle n'a pas pensé à enlever au moment d'engager une conversation téléphonique particulièrement profonde et inspirée. Docteur Jekyll Rachida et Miss Hyde Dati...
Comme dans l'épisode de l'auvergnat d'Hortefeux, les proches s'indignent des images "volées" un terme toutefois assez inapproprié tout de même étant entendu que Rachida Dati portait volontairement cet ustensile destiné à la promouvoir dans son rôle de député européen. Piégée par les médias la plus médiatique des sarkozy girl ? toujours sur l'Europe en tout cas comme jadis lors d'un quizz UMP assez goguenard...
L'impression générale, c'est finalement d'assister à un nouvel épisode de Voyage en terre inconnue. Quand Rachida part à la rencontre des euro-députés, loin du bling bling, du luxe parisien et du confort professionnel qui fait son quotidien. Si cette émission peut être diversement appréciée dans son concept, on peut regretter qu'il ne s'agisse pas là d'un montage mais de la triste réalité de notre France politique. Qu'une politicienne professionnelle se sente aussi peu à l'aise dans son environnement interpelle forcément sur le coût de son inutilité pour le contribuable européen, le poids de son absence de conviction et l'abyssale désintérêt de tout ce qui ne concerne pas sa petite personne. Malgré un plan de com bien rôdé destiné à lui fabriquer une étoffe de héros, son impatience et sa suffisance ravive son image hautaine, calculatrice limite imposteur. Si l'on ne manqua pas de rappeler qu'il manquait quelques lignes à son CV, notamment l'obtention d'un MBA salvateur pour intégrer sur titre l'Ecole Nationale de la Magistrature, il est avéré aujourd'hui que Rachida Dati n'est pas diplômée d'un quelconque media-training...
Une conception on dira trés personnelle de la numéro 2 de la liste UMP en Ile de France de la représentation politque qu'elle qualifie volontiers dans sa conversation privée de "faire la maline", les intéressés apprécieront, d'ailleurs ils apprécient peut-être, sûrement même au regard de sa carrière plutôt fulgurante. Bien sûr, les oiseaux de mauvaise augure ont tout de même qualifié son départ du gouvernement de désaveu et son engagement pour les Européennes plus opportunistes qu'autre chose. Mais elle s'est forgée de fait une identité politique peut être insuffisante pour briguer le sommet mais bien suffisant pour durer. Le malaise est cependant palpable à l'entendre se justifer en surfant allégrement sur son statut de minorité visible :
"Je trouve qu'on n'aurait pas fait ça à un homme" parait ainsi bien énigmatique comme si des hommes politiques avant elle n'avaient pas été pris par des micros ouverts à commencer par le plus illustre du moment sur un plateau de France 3 ou lors d'un salon de l'agriculture agité. Quand à évoquer "C'est aussi une organisation pour une femme d'avoir son activité familiale et son activité professionnelle" pour une habituée des soirées parisiennes et des escapades à l'étranger, c'est assez cocasse.
Reste le traditionnel "On ne me pardonnera rien, on ne m'a jamais rien pardonné, ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer" qui peut renvoyer à ses origines ethniques comme à son parcours professionnel.
Mais là encore, l'ancienne chargée d’étude stagiaire auprès de la direction comptabilité-finance du groupe Elf Aquitaine (grâce à Albin Chalandon), entrée ensuite à la direction de l'audit de Matra communication (après une rencontre avec Jean-Luc Lagardère), a passé ensuite un an à Londres (auprès de Jacques Attali) à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. On fait pire dans la difficulté non ? Plutôt que le Grand Pardon, on a l'impression de revoir le Parrain... En 1992, avec un financement de ... Matra, elle suit les cours du MBA d'HEC sans en obtenir le diplôme. Recalée quelques temps plus tard du Conseil d'Etat malgré d'influents soutiens, elle devient directrice générale adjointe au conseil général des Hauts-de-Seine, sous la présidence de Nicolas S. Et ainsi de suite.
Aussi dois-je mieux comprendre ses propos s'ils signifient qu'on ne lui pardonne pas ce parcours particulièrement protégé et peu justifié par ses qualités exprimées dans l'exercice de ces fonctions obtenues par la grâce.
Alors que Rama Yade avait au moins eu le courage de refuser, Rachida Dati semble s'empêtrer dans ses incohérences d'avoir accèpté ce qui ne lui plaît pas. Déjà épinglée pour avoir omis de déclarer au Parlement européen ses indemnités d'élus parisiens comme l'existence de sa récente société de conseils, elle annonce un drame prochain dans l'hémicycle. On peut la rassurer, le drame se déroule déjà, là, sous nos yeux, l'indécent spectacle d'une représentation politique de pacotille déconnectée de tout et ne devant répondre de rien.
A l'heure de la réforme des collectivités locales qui annoncent fièrement une division franche du nombre d'élus, il est à craindre que ceux là-même qui foulent du pied toute éthique et fondement démocratique seront mieux protégés que les obscurs serviteurs de la République. Pas rassurant.






lundi 5 janvier 2009

Réforme - l'auto-entrepreneur tiendra t'il la route ?

"Le monde bouge, la France doit prendre des initiatives" nous répète à l'envie notre petit père du peuple français. Et il montre l'exemple le bougre par un activisme de tous les instants que le monde nous envie, enfin surtout Paris.

Et pourtant le marché automobile français vient de reculer de plus de 15% en décembre 2008. Un état alarmant qui tranche avec les déclarations récentes de type "La prime à la casse a clairement atténué la chute des ventes et nous a permis de diminuer ainsi le poids des stocks dans les concessions", du directeur de Peugeot France, Christophe Bergerand par exemple.
Enfin on ne va pas épiloguer puisque de toute façon la solution est déjà arrivée en provenance directe de l'Elysée.
Vous n'êtes pas au courant ? C'est l'avènement de l'auto-entrepreneur bien sûr !
Il fallait y penser : combiner deux secteurs en difficulté, l'automobile et l'emploi, il fallait oser, quelle rupture !
Le dispositif de l'auto-entrepreneur permet aux salariés, chômeurs, retraités ou étudiants de développer une activité complémentaire pour augmenter leurs revenus. Dans leur voiture donc.
On connaissait l'automobile seule, l'auto-motivation voire l'auto-mutilation. On entend souvent parler de l'auto de la Française des Jeux voire de l'auto-Von Bismark qui était dit-on déjà de fer. Mais de l'auto-entrepreneur point. Et bien cette lacune de l'économie française est désormais comblée, la première vitesse, oserais-je, est enclenchée.
Le Secrétaire d'Etat aux PME peut jubiler"Pour devenir auto-entrepreneur, il suffira de se rendre sur le site www.lautoentrepreneur.fr et de remplir en ligne une déclaration unique d'activité".
Attention les distraits, on ne parle pas de www.autoplus.fr ou www.autojournal.fr, il s'agit uniquement de www.lautoentrepreneur.fr. Ce détail mis à part, tout est fait pour faciliter ces audacieux travailleurs véhiculés.
Doit-on y voir un lien inquiétant avec la crise de l'immobilier? plus de 40 000 volontaires se seraient déjà manifestés pour tenter l'aventure. Le Dakar avec ses deux semaines de compétition parait bien pâle comparé à toute une année d'activité professionnelle. Dans sa voiture.
Selon l'activité, évidemment, des ajustements sont à prévoir étant entendu que l'auto-entrepreneur ne peut exercer dans un camion ou autre utilitaire mais uniquement dans son auto. Astucieusement, il y a fort à parier que cette mesure aura pour première utilité de relancer la vente de véhicules plutôt spacieux au détriment des citadines peu pratiques si vous recevez des clients notamment. Mais attention au départ de ne pas vous laisser griser par quelques excés de grandeur, le malus veille malgré les exonérations, pour trois ans, en tous genres.
Evitez aussi les décapotables qui fragiliseront votre couverture, même sociale, ou les coupés trop exigus. Et pour les plus démunis, Carlos Ghosn a déjà pensé à tout avec ses voitures low-cost !
On saluera cependant, en cette période particulièrement glaciale, que le gouvernement n'ait pas opté pour le vélo-entrepreneur malgré l'insistance de Decaux.
Petit bémol toutefois, ce statut n'est accessible qu'aux entreprises ayant un chiffre d'affaires maximum de 80 000 euros HT pour une activité de vente de marchandises, d'objets, de fournitures, de denrées à emporter ou à consommer sur place ou une activité de fourniture de logement. Mais enfin générer 80 000 euros depuis sa voiture je ne sais pas vous mais moi je trouve cela déjà pas mal. Enfin évidemment, et malgré leurs qualités, à ce tarif là, Sébastien Loeb ou Sébastien Bourdais ne peuvent prétendre au statut mais on ne peut pas satisfaire tout le monde !
Là où je m'interroge, c'est que ce statut s'assimile fiscalement à la micro-entreprise, ce qui laisse à penser qu'il faille s'équiper en informatique, le GPS ou l'ordinateur de bord ne semblant pas suffisant...
Et puis, faut-il le permis pour être auto-entrepreneur ? si oui que se passe t'il en cas de perte de points ?
On peut, me dit-on, cumuler cette activité avec une autre, très bien, mais comment expliquer à mon employeur actuel que je ne peux quitter mon véhicule sous peine d'être radié ? et comment feront les routiers ? les taxis ? les ambulanciers ?
Autre point sombre, "l'auto-entrepreneur n'aura pas à demander son immatriculation au registre du commerce et des sociétés (RCS) ou au répertoire des métiers (RM) s'il exerce une activité commerciale ou artisanale" ce qui est tout de même curieux dans la mesure où, jusqu'à présent pour toute immatriculation j'allais plutôt à la Préfecture.
Les professions libérales sont exclues ce qui parait logique dans la mesure où le code de la route ne peut tolérer trop de liberté.
Le point noir reste finalement sans conteste le stationnement de tous ces auto-entrepreneurs. Mais voilà qui ne devrait pas de manquer de relancer les VINCI et consorts, un vrai système pyramidal à la Madoff mais vertueux celui-là. Enfin une réforme bien conduite et qui ne risque pas de rester au point mort. En voiture les auto-entrepreneurs !