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lundi 3 mai 2010

Ligue 1 - Lille dans le sprint final

Avec 65 points au soir de la 35° journée et une place de troisième certes contestée par l'OL, le LOSC participe à l'emballage final du championnat.
Qui l'aurait cru au coeur d'un été 2009 marqué par la vraie fausse arrivée de Le Guen et le vrai-faux départ de Garcia ? Quelques semaines plus tard, les lillois peinant à s'extirper du bas de tableau révisaient leurs ambitions à la baisse. Mais restaient en vie en Europa league dont je ne suis pas loin de penser qu'elle a constitué la bouée de sauvetage de la saison. Pompeuse d'énergie, elle a cependant permis au groupe de retrouver ses marques hors la pression devenue vite pesante du championnat.
Et l'hiver balaya les doutes au fil de performances de haut vol ou Hazard s'imposait déjà tandis que Gervinho et Frau plantaient avec application. La trêve passée, janvier a malheureusement rimé avec blessés. Gervinho-De Melo-Debuchy out, les dogues ont tiré la langue, et n'ont pu, de peu, rivaliser avec un Liverpool disposant de Fernando Torres pour ces quasi seules occasions. Plus dure serait la chute ? pas du tout, les éclopés revenus, Lille repartait de plus belle pour se présenter aujourd'hui sur le podium et l'intention d'y demeurer. Montpellier, Le Mans, Monaco et Nancy viennent de joliment trépasser de sorte que ne se dressent plus que trois étapes : Toulouse mercredi, puis l'Om avant de finir à Lorient.
Bon, il faut reconnaitre que traditionnellement, Toulouse et Lorient ne nous réussissent pas trop, il n'ait qu'à se souvenir de l'ouverture de ce même championnat face aux merlus...
mais enfin, disposer de 4 points d'avance sur Bordeaux et Montpellier tout en lorgnant sur le surprenant Auxerre, c'est tout de même quelque chose ; D'autant qu'avec ses 66 buts marqués la meilleure attaque du pays assure un goal average positif de ... +30, soit un point de plus à couvrir par ses adversaires directs...
Et puis si cela veut un peu rigoler, l'OM sera sacré mercredi et pourrait avoir la tête ailleurs au moment de venir au Stadium... et ses guichets déjà fermés.
En tout état de cause, l'objectif initial d'être européen est vraiment proche d'être atteint mais pourrait se voir embellit d'une participation en Champions League. L'OM revenant fort c'est peut être du coté de l'AJA que le Losc doit espérer un faux pas. Pas évident tant les hommes de Jean Fernandez, sacré entraîneur au demeurant qu'il est dommage de ne pas citer dans les potentiels sélectionneurs, alignent les victoires sans ciller.
Qu'importe la fête est belle, le jeu pratiqué de haute volée et le suspense garanti. Que demander de plus ? franchement cette année, supporter cette équipe est un authentique régal partagé par mal d'observateurs extérieurs. Alors que les travaux du grand stade débutent enfin, c'est certainement la meilleure nouvelle de l'année. Car c'est bien le jeu pratiqué et ses acteurs qui font une équipe et des résultats. Les errements du PSG et Monaco, deux gros budgets assez pathétiques en finale de Coupe de France peuvent en attester.
Alors place au jeu, aux buts, aux points qui manquent encore...

lundi 14 décembre 2009

Rachida Dati - Moins maline, tu meurs

Plutôt discrète ces derniers mois, l'ex Ministre de la Justice réapparaissait sur le devant de la scène médiatique en même temps que sa réforme se traduisait par les premières fermetures de tribunaux. Dans des médias choisis et variés, elle distillait humilité, charme et décontraction pour mieux dévoiler de futures ambitions. Du "Elle a changé" jusqu'à la prédiction d'un "destin" politique Capitale, ces Unes collaboratrices n'ont cependant pas résisté à sa désinvolture et à sa légèreté. La faute à un petit micro qu'elle portait dans le cadre d'un reportage mais qu'elle n'a pas pensé à enlever au moment d'engager une conversation téléphonique particulièrement profonde et inspirée. Docteur Jekyll Rachida et Miss Hyde Dati...
Comme dans l'épisode de l'auvergnat d'Hortefeux, les proches s'indignent des images "volées" un terme toutefois assez inapproprié tout de même étant entendu que Rachida Dati portait volontairement cet ustensile destiné à la promouvoir dans son rôle de député européen. Piégée par les médias la plus médiatique des sarkozy girl ? toujours sur l'Europe en tout cas comme jadis lors d'un quizz UMP assez goguenard...
L'impression générale, c'est finalement d'assister à un nouvel épisode de Voyage en terre inconnue. Quand Rachida part à la rencontre des euro-députés, loin du bling bling, du luxe parisien et du confort professionnel qui fait son quotidien. Si cette émission peut être diversement appréciée dans son concept, on peut regretter qu'il ne s'agisse pas là d'un montage mais de la triste réalité de notre France politique. Qu'une politicienne professionnelle se sente aussi peu à l'aise dans son environnement interpelle forcément sur le coût de son inutilité pour le contribuable européen, le poids de son absence de conviction et l'abyssale désintérêt de tout ce qui ne concerne pas sa petite personne. Malgré un plan de com bien rôdé destiné à lui fabriquer une étoffe de héros, son impatience et sa suffisance ravive son image hautaine, calculatrice limite imposteur. Si l'on ne manqua pas de rappeler qu'il manquait quelques lignes à son CV, notamment l'obtention d'un MBA salvateur pour intégrer sur titre l'Ecole Nationale de la Magistrature, il est avéré aujourd'hui que Rachida Dati n'est pas diplômée d'un quelconque media-training...
Une conception on dira trés personnelle de la numéro 2 de la liste UMP en Ile de France de la représentation politque qu'elle qualifie volontiers dans sa conversation privée de "faire la maline", les intéressés apprécieront, d'ailleurs ils apprécient peut-être, sûrement même au regard de sa carrière plutôt fulgurante. Bien sûr, les oiseaux de mauvaise augure ont tout de même qualifié son départ du gouvernement de désaveu et son engagement pour les Européennes plus opportunistes qu'autre chose. Mais elle s'est forgée de fait une identité politique peut être insuffisante pour briguer le sommet mais bien suffisant pour durer. Le malaise est cependant palpable à l'entendre se justifer en surfant allégrement sur son statut de minorité visible :
"Je trouve qu'on n'aurait pas fait ça à un homme" parait ainsi bien énigmatique comme si des hommes politiques avant elle n'avaient pas été pris par des micros ouverts à commencer par le plus illustre du moment sur un plateau de France 3 ou lors d'un salon de l'agriculture agité. Quand à évoquer "C'est aussi une organisation pour une femme d'avoir son activité familiale et son activité professionnelle" pour une habituée des soirées parisiennes et des escapades à l'étranger, c'est assez cocasse.
Reste le traditionnel "On ne me pardonnera rien, on ne m'a jamais rien pardonné, ce n'est pas aujourd'hui que ça va commencer" qui peut renvoyer à ses origines ethniques comme à son parcours professionnel.
Mais là encore, l'ancienne chargée d’étude stagiaire auprès de la direction comptabilité-finance du groupe Elf Aquitaine (grâce à Albin Chalandon), entrée ensuite à la direction de l'audit de Matra communication (après une rencontre avec Jean-Luc Lagardère), a passé ensuite un an à Londres (auprès de Jacques Attali) à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. On fait pire dans la difficulté non ? Plutôt que le Grand Pardon, on a l'impression de revoir le Parrain... En 1992, avec un financement de ... Matra, elle suit les cours du MBA d'HEC sans en obtenir le diplôme. Recalée quelques temps plus tard du Conseil d'Etat malgré d'influents soutiens, elle devient directrice générale adjointe au conseil général des Hauts-de-Seine, sous la présidence de Nicolas S. Et ainsi de suite.
Aussi dois-je mieux comprendre ses propos s'ils signifient qu'on ne lui pardonne pas ce parcours particulièrement protégé et peu justifié par ses qualités exprimées dans l'exercice de ces fonctions obtenues par la grâce.
Alors que Rama Yade avait au moins eu le courage de refuser, Rachida Dati semble s'empêtrer dans ses incohérences d'avoir accèpté ce qui ne lui plaît pas. Déjà épinglée pour avoir omis de déclarer au Parlement européen ses indemnités d'élus parisiens comme l'existence de sa récente société de conseils, elle annonce un drame prochain dans l'hémicycle. On peut la rassurer, le drame se déroule déjà, là, sous nos yeux, l'indécent spectacle d'une représentation politique de pacotille déconnectée de tout et ne devant répondre de rien.
A l'heure de la réforme des collectivités locales qui annoncent fièrement une division franche du nombre d'élus, il est à craindre que ceux là-même qui foulent du pied toute éthique et fondement démocratique seront mieux protégés que les obscurs serviteurs de la République. Pas rassurant.






samedi 14 février 2009

Rupture - Otan on emporte le vent

Faisant fi de plus de quarante ans de vie politique française, Nicolas Sarkozy a unanimement décidé seul de faire réintégrer l'Otan à la France. Prenant ainsi le contre-pied d'un acte fort mené par le Général De Gaulle. Le Général De Gaulle, pour les ignorants ou ceux qui ne disposeraient comme manuel d'histoire que de Gala ou Paris Match , était un militaire puis homme politique français qui fut même président du temps d'avant que Nicolas Sarkozy le soit. Car en effet il faut se souvenir qu'il y eut une vie, des hommes, des idées, la croissance même avant notre suprême Président. De Gaulle disais-je, celui qui s'est toujours "fait une certaine idée de la France", avait quitté avec fracas l'organisation politico-militaire au nom de l'indépendance de notre pays. Sa position fut confirmée par les présidents suivants car il y eut d'autres présidents avant Nico 1er, sisi, enfin des sous-présidents, des chauffeurs de salle si on peut dire. Pour le coup, la salle est désormais chauffée et cette nouvelle décision unilatérale ne manque pas de faire réagir à gauche comme à droite.
Car au-delà du bien-fondé, c'est d'abord la méthode qui interpelle, un homme seul annonce sa volonté début avril de réintégrer un pays. Tout chef des armées qu'il soit, quand on dit vouloir revaloriser le rôle du parlement, c'est tout de même bien cavalier de l'écarter de tout débat voire d'un vote. Un homme seul qui s'est, en un début de mandat, déjà beaucoup trompé et qui, s'il met volontiers en avant son volontarisme ou son hyperactivité, ne brille pas par sa vision politique, son intuition ou sa clarté. Et avec un tel record d'impopularité, peut il s'autoriser à encore décider seul ?
Dans un contexte de crise économique mondiale larvée, nul doute que les tensions internationales vont se démultiplier, signe que cet engagement n'est pas anodin. En Occident déjà, puis sur bien d'autres théâtres d'opérations existants tels l'Irak ou l'Afghanistan, et sur de nouveaux territoires tout aussi sûrement.
En Occident, l'Otan version 2008 ne peut dissimuler ce penchant qui leva tant de critiques : l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Bulgarie, la Slovénie et la Slovaquie sont les membres les plus récents. La Géorgie, l'Ukraine et la Macédoine les prétendants. Un fort accent de l'Est pour l'organisme jadis opposé au Pacte de Varsovie, comme un air de victoire que de rallier des ennemis d'hier, mais sans que cela ne remette en cause une obsession : la Russie. Une obsession américaine peut être mais pas pour nous. Super Président de l'Europe il y a peu, pourquoi le Président français ne pousse t'il pas au renforcement d'une Europe de la Défense qui ne soit pas contrôlée par l'Otan ? Alors ?
Faut-il justifier notre retour par notre nécessité-obligation d'être présent sur les conflits du moment ? En Afghanistan, nous nous renforçons régulièrement tout en sachant que cette guerre d'occupation n'a pas d'issue. Et en Irak, Nicolas Sarkozy vient de s'y rendre pour une de ses visites éclair dont il a le secret et dont même l'utilité et les résultats restent secrèts...
Otan en emporte le vent de nos convictions et de nos idéaux, une seule remarque doit prévaloir dans ce débat : si Nicolas Sarkozy avait été Président en 2003, nous serions depuis, aux côtés de nos frères américains, en guerre à Bagdad. Et c'est bien ce qui peut nous inquiéter au plus haut point. Car si l'on peut se moquer des rois fainéants du temps jadis, l'Histoire se souvient de l'autorité de Jacques Chirac à ne pas engager la France en Irak, du discours de De Villepin devant l'ONU comme auparavant d'un Mitterand à Sarajevo ou main dans la mains avec son homologue allemand. Elle se souviendra que NS à bafoué notre pays en matière militaire comme dans d'autres...
Sans aucune contrepartie, nous voilà aux services de plus puissants et peut être plus malins que nous. L'arrivée d'Obama à ce titre devrait accroitre ce souci de l'Otan d'impliquer le plus grand nombre dans ces conflits hasardeux dont les Etats-Unis ont l'habitude. Sans compter que les adversaires, ainsi démultipliés, pourront ajouter la France à leurs nouveaux ennemis...
Mais que va t'on donc faire dans cette galère ? s'afficher aux côtés des plus forts ? pas si sûr. Rouler des mécaniques, c'est bien aventureux. Par ambition économique ? coûteux. Par mimétisme politique ? dangereux.
On peut s'attendre dans les prochaines semaines à une stratégie de communication plus massive de l'Elysée, un débat nous est promis, ce qui en sarkozien veut dire que je vais vous expliquer pourquoi j'ai raison et si vous n'êtes pas d'accord c'est que vous êtes un adversaire de la France, vos positions sont archaiques et votre démarche étriquée.
Mais au-delà on comprendra que ce rattachement est celui de tous les opportunismes et donc fatalement de tous les dangers. D'Otan qu'il intervient alors que notre pays s'enlise, s'appauvrit, s'affaiblit y compris sur le plan militaire'.
Une question nous taraudera cependant bientôt : qui voudra mourir pour l'Otan ?
Finalement alors que sa dernière intervention télévisée fut baptisée par ses médias de tournant social, on notera qu'en quelques jours le Président de tous les français annonce la suppression de la taxe professionnelle au bénéfice des seules entreprises, l'alignement atlantiste de notre politique extérieure ou une refonte du trop long congé maternité sans omettre de distribuer allègrement les deniers publics au secteur privé. Comme si la crise lui permettait d' accélérer ses orientations, à l'instar des mesures radicales prises par certains grands groupes au profit de leurs seuls actionnaires. Et comme la récession ne srait encore qu'à venir, on peut craindre le pire !

dimanche 20 avril 2008

Renault - Carlos Ghosn, leader à bas coups ?

C'est au moment où une grève de grande ampleur se termine dans les usines Renault-Dacia en quête de substantielles revendications salariales que les émoluments du patron fétiche Carlos Ghosn sèment le trouble : entre rigueur budgétaire et largesse personnelle, entre marque au losange et ersatz à bas coûts, entre quête de productivité et suicides... la liste est longue des avatars qui jalonnent le parcours de la marque française depuis qu'une star du management international en a pris le contrôle...

Racheté en 1999 par Renault, Dacia a commercialisé plus de 230 000 unités en 2007 en Roumanie et à l'étranger, une hausse de 17,4 % par rapport à 2006. Un ouvrier, parmi les... 13 000, y gagne environ 1 900 lei brut (530 euros) par mois. Après près de trois semaines de conflit, 100 euros supplémentaires environ viennent agrémenter le maigre pécule.
Un conflit qui s'enlise dans un contexte difficile pour l'ensemble du groupe après une année 2007 plutôt morose. Un groupe qui possède à sa tête un golden boy habitué des magazines principalement des unes plutôt sélect tel Fortune. Si Renault souffre face à la concurrence, Carlos lui ne laisse que des miettes à ses adversaires : sur le podium (3°) des salaires les plus élevés du CAC 40, il prend même la deuxième place des patrons de l'industrie automobile derrière Porsche... tandis qu'il l'emporte au classement des patrons européens les mieux payés avec la bagatelle de plus de 45 millions de dollars. Par la grâce des stocks options.
On pourra ainsi retenir que si la grève roumaine est estimée à «13 millions d'euros » de manque à gagner comme s'est dépêché de le préciser le "constructeur" franco-roumain, elle ne risquait pas encore d'envoyer notre star brésilienne sur la paille...
Au-delà de l'aspect cocasse, ce conflit d'ampleur marque la fin d'une époque, celle où l'Europe de l'Est faisait figure d'eldorado proche, facile et... rentable.
Bien sûr les bénéfices actuels ne doivent pas faire oublier les lourds investissements matériels et humains nécessaires au tout début de ce millénaire. Mais la croissance est au rendez-vous et avec elle un cercle vicieux que la marque française ne contrôle plus : en 2007, le revenu d'un opérateur était déjà plus du double de celui dispensé en 2003.
Hors Europe de l'Est d'où viendra le salut ? pas forcément de Russie où le salaire moyen atteint déjà 700 euros. Alors l'on parle plutôt du Maroc, du Brésil, de l’Inde, de l'Argentine ou de... l'Iran d'où viennent de sortir 15 000 véhicules mais dont Renault attend, espère, 250 000 unités bientôt !Depuis son arrivée à la tête de Renault, Carlos Ghosn a boosté le programme Logan pour parvenir à ce qu'une voiture sur cinq produite par Renault soit une low-cost.
Aujourd'hui les investissements dans les pays à bas coûts sont de moins en moins rentables et les zones de progression pas si évidentes : la production des divisions Euromed, Amériques, et Afrique-Asie a progressé de 20, 50 et 32%. Dépassant la barre du million de véhicules. Et demain ? deux écueils se dressent :
D'abord le fait qu'aujourd'hui la croissance du groupe dépend de ses modèles low-cost : au premier trimestre 2008, Renault affiche +6,5% par rapport à 2007 mais en considérant que les ventes de Renault proprement dit sont à + 4,7%, celles de sa marque roumaine Dacia à ...+ 37%. Pire sur son historique marché européen Renault est en recul de 2% malgré... le succès sans précédent des Dacia ! En janvier 2008, en Europe, les ventes de Dacia bondissaient de... 118,1%. Pour 2008, l'objectif est de vendre 750 000 Logan en s'appuyant sur une nouveauté, le pick up. Une situation quelque peu paradoxale, un emballement suspect et pas forcément maîtrisé. Peut il vraiment s'agir d'une manoeuvre délibéré, ou désespérée ? Renault peut-il vraiment jouer sur les deux tableaux sur un même marché ? j'en doute.
Deuxième écueil, les deux monstres de l'économie de demain, la Chine et l'Inde n'attendent rien de l'ambitieux Carlos Ghosn qui reconnait du reste ne pas disposer de produits adaptés à ces nouveaux marchés. Au-delà, ce sont ces nouveaux marchés qui proposent des produits plus adaptés : Tata motors a lancé en janvier une voiture à 100 000 roupies soit environ 1700 euros.
De nouveaux investissements en perspective...

A la croisée des chemins, l'ex Régie se lance dans un drôle de baroud avec le lancement annoncé de pas moins de 9 nouveaux modèles cette année. Une obligation si CG veut réussir son plan "Renault contrat 2009"
« Avec une vision stratégique claire et des objectifs priorisés, précis et mesurables, j’ai la conviction que Renault deviendra, dans le cadre de l’Alliance, une grande entreprise automobile mondiale, performante dans la durée" dixit le grand manitou. Un positionnement et une stratégie pour l'heure aussi enfantins que de changer le phare avant droit d'un Scenic (et j'ai un Scenic). Un programme qui se résume peut être finalement à une réduction des coûts et une optimisation des investissements. Pas sans casse, l'homme n'est pas connu pour sa préoccupation sociale. Mais les réguliers suicides reconnus à caractère professionnel ternissent un peu plus l'image d'un manager peut être un peu vite encensé et pas très porté sur l'humilité...

"Il en est des défauts comme des phares des automobiles : seuls ceux des autres nous aveuglent"
Maurice Druon

dimanche 16 mars 2008

Rugby - la France de l'Ovalie tourne t'elle rond ?

Après la piteuse Coupe du monde agrémentée d'un exploit face aux Blacks sans lendemain, je suis entré en hibernation. Il s'agissait d'oublier l'ère Laporte par bien des aspects indigestes et de laisser du temps à la nouvelle organisation. Un Tournoi qui se termine donne l'occasion de faire un premier point.
Le résultat brut, 3°, et la conclusion, une défaite logique face au Gallois, nous laisse mesurer le chemin à parcourir pour tutoyer de nouveau les sommets.

Sur la scène européenne nous voilà définitivement 3° derrière gallois et anglais.
Dans la manière, on retiendra le retour à un jeu à la française où les arrières retrouvent un rôle d'attaquant en même temps qu'une certaine liberté de mouvement. De fait, le spectacle est somme toute plaisant d'autant qu'il s'accompagne d'une bonne dose de fraîcheur venu de joueurs débutants à ce niveau et prometteur.
Il faut saluer cette démarche des sélectionneurs d'ouvrir le XV de France au plus grand nombre quelque soit leur âge, leur référence ou leur club d'origine. A l'instar d'un Top 14 plus homogène, il est rassurant pour notre élite qu'évoluer à Montauban ou Montpellier permette tous les espoirs.
Cette démarche a cependant une limite toute simple, le nombre de joueurs potentiellement sélectionables et le jeûnisme à outrance pas forcément salutaire. Au gré des matchs écoulés, il semble que nous ayons déjà quasi fait le tour. C'est à la fois prometteur car il y a du talent mais aussi inquiétant car toutes les lignes ne sont pas logées à la même enseigne.
Nul souci aux postes d'ailiers, de 3° ligne et de demi de mélée où il y a du monde et parmi les meilleurs du monde à commencer par l'ancien grenoblois Vincent Clerc, étincellant, la confirmation de Dussautoir ou le retour du complet Yachvili.
Contrairement à ce que pensait Bernard Laporte nous avons aussi de bons arrières. La génération en action en deuxième ligne assure également.
Mention plus mitigée au poste stratégique d'ouvreur, poste nécessitant de l'expérience. Là, la valse de ces derniers mois ne facilite pas un ancrage peut être plus nécessaire qu'ailleurs. Notons tout de même que nous perdons le match à Cardiff sur une passe perdue de Skrela.
Même constat et c'est certainement plus contraignant au centre où il n'y a pas pléthore. Surtout oserai-je si l'on parle talent. Pour la défense pas de problème, Traille-Jauzion notamment c'est du costaud. Au pied c'est bien aussi avec Traille. Mais en attaque, et le dernier match en est la parfaite illustration, ça ne passe guère. Or avec une tactique générale plus ouverte, des ballons plus facilement libérés, si nous n'avons pas de détonateur capable de franchir l'adversaire, et bien on joue 80 minutes à courir sans marquer ni avancer. En prévision de matchs plus physiques avec les équipes de l'autre hémisphère, ce n'est pas très engageant.
Reste un talon d'achille cruellement révélé sur le Tournoi : la première ligne. Une surprise puisque le pilier made in France est depuis des lustres une référence. Là, même face à des équipes assez modestes, nous avons souvent soufferts. Hier nous avons encore perdu des ballons sur introduction, un, notamment à 10 mètres de la ligne rouge. Le rugby professionnel a t'il oublié en route ce poste trop obscur, trop ingrat, trop rude de pilard dur au mal ? ou la stratégie de nombreux clubs français de s'équiper à ce poste spécifique de joueurs étrangers pèse t'elle dans la compétitivité de la nouvelle génération ? Le vivier pour l'heure me semble mince et tend à creuser le déficit entre ballons travaillés devant et ballons joués derrière. Se sentant dominé, on ouvre pour se faire contrer et s'épuiser.
Le mérite des nouveaux sélectionneurs est important, ils redonnent l'accès au club France et élargissent ainsi le groupe. Leurs orientations de jeu recueillent notre soutien mais la tâche est âpre.
Le rugby moderne se joue des déséquilibres comme autant de failles où s'engouffrer. Le rugby français est aujourd'hui déséquilibré, pas assez puissant au combat, pas assez brillant derrière en perforation.
C'est, dans les prochains mois, les chantiers qu'il faudra creuser pour redevenir un grand d'Europe.

jeudi 14 juin 2007

Economie - Etats-Unis et Chine, marché de dupes


Les USA viennent de refuser de sanctionner la Chine pourtant renomée pour sous-évaluer sa monnaie. Nos amis américains ne souhaitent pas forcément que le dollard reprenne du poil de la bête tandis que les chinois en phase de surchaufe économique ne peuvent se permettre un ralentissement sous peine de krach possible. Chacun trouve donc son compte à l'heure où le véritable combat des deux grandes puissances mondiales se joue sur le terrain de l'énergie. On sait la faiblesse de ce grand pays qu'est la Chine : son manque de matière première. Alors ils investissent dans le monde entier pour acquérir ces richesses. S'il devait à manquer d'énergie le coût d'acheminement de leurs produits sur les marchés du monde entier ne les rendrait plus compétitif. Nous n'en sommes pas là. Dans ce nouveau Yalta, nos deux compères se partagent le monde et ses richesses, la vieille europe regarde distraitement en attendant les jeux olympiques, trop soucieuse de ses problèmes intérieurs. Même pas capable de s'affirmer sur le plan des valeurs et des droits de l'Homme (n'est-ce pas la France ?) nous croyons encore être en mesure d'apparaître comme un concurrent à ces deux mastodontes. Mais l'évolution semble inéluctable dés lors que la croissance chinoise s'appuie sur une évolution technologique constante. Le nucléaire pourrait ainsi régler une bonne part de leur problématique énergétique. Si l'on se souvient du geste courageux d'Anne Lauvergeon, patrone d'Areva, qui avait refusé le gain d'un appel d'offres au motif que les chinois imposaient de participer au processus de fabrication des centrales et donc se préparaient à copier et acquérir la connaissance suprême... il faut se souvenir que, sans états d'âmes, une firme américaine reprenait le marché et toutes les clauses qui allaient avec...