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lundi 5 janvier 2009

Réforme - l'auto-entrepreneur tiendra t'il la route ?

"Le monde bouge, la France doit prendre des initiatives" nous répète à l'envie notre petit père du peuple français. Et il montre l'exemple le bougre par un activisme de tous les instants que le monde nous envie, enfin surtout Paris.

Et pourtant le marché automobile français vient de reculer de plus de 15% en décembre 2008. Un état alarmant qui tranche avec les déclarations récentes de type "La prime à la casse a clairement atténué la chute des ventes et nous a permis de diminuer ainsi le poids des stocks dans les concessions", du directeur de Peugeot France, Christophe Bergerand par exemple.
Enfin on ne va pas épiloguer puisque de toute façon la solution est déjà arrivée en provenance directe de l'Elysée.
Vous n'êtes pas au courant ? C'est l'avènement de l'auto-entrepreneur bien sûr !
Il fallait y penser : combiner deux secteurs en difficulté, l'automobile et l'emploi, il fallait oser, quelle rupture !
Le dispositif de l'auto-entrepreneur permet aux salariés, chômeurs, retraités ou étudiants de développer une activité complémentaire pour augmenter leurs revenus. Dans leur voiture donc.
On connaissait l'automobile seule, l'auto-motivation voire l'auto-mutilation. On entend souvent parler de l'auto de la Française des Jeux voire de l'auto-Von Bismark qui était dit-on déjà de fer. Mais de l'auto-entrepreneur point. Et bien cette lacune de l'économie française est désormais comblée, la première vitesse, oserais-je, est enclenchée.
Le Secrétaire d'Etat aux PME peut jubiler"Pour devenir auto-entrepreneur, il suffira de se rendre sur le site www.lautoentrepreneur.fr et de remplir en ligne une déclaration unique d'activité".
Attention les distraits, on ne parle pas de www.autoplus.fr ou www.autojournal.fr, il s'agit uniquement de www.lautoentrepreneur.fr. Ce détail mis à part, tout est fait pour faciliter ces audacieux travailleurs véhiculés.
Doit-on y voir un lien inquiétant avec la crise de l'immobilier? plus de 40 000 volontaires se seraient déjà manifestés pour tenter l'aventure. Le Dakar avec ses deux semaines de compétition parait bien pâle comparé à toute une année d'activité professionnelle. Dans sa voiture.
Selon l'activité, évidemment, des ajustements sont à prévoir étant entendu que l'auto-entrepreneur ne peut exercer dans un camion ou autre utilitaire mais uniquement dans son auto. Astucieusement, il y a fort à parier que cette mesure aura pour première utilité de relancer la vente de véhicules plutôt spacieux au détriment des citadines peu pratiques si vous recevez des clients notamment. Mais attention au départ de ne pas vous laisser griser par quelques excés de grandeur, le malus veille malgré les exonérations, pour trois ans, en tous genres.
Evitez aussi les décapotables qui fragiliseront votre couverture, même sociale, ou les coupés trop exigus. Et pour les plus démunis, Carlos Ghosn a déjà pensé à tout avec ses voitures low-cost !
On saluera cependant, en cette période particulièrement glaciale, que le gouvernement n'ait pas opté pour le vélo-entrepreneur malgré l'insistance de Decaux.
Petit bémol toutefois, ce statut n'est accessible qu'aux entreprises ayant un chiffre d'affaires maximum de 80 000 euros HT pour une activité de vente de marchandises, d'objets, de fournitures, de denrées à emporter ou à consommer sur place ou une activité de fourniture de logement. Mais enfin générer 80 000 euros depuis sa voiture je ne sais pas vous mais moi je trouve cela déjà pas mal. Enfin évidemment, et malgré leurs qualités, à ce tarif là, Sébastien Loeb ou Sébastien Bourdais ne peuvent prétendre au statut mais on ne peut pas satisfaire tout le monde !
Là où je m'interroge, c'est que ce statut s'assimile fiscalement à la micro-entreprise, ce qui laisse à penser qu'il faille s'équiper en informatique, le GPS ou l'ordinateur de bord ne semblant pas suffisant...
Et puis, faut-il le permis pour être auto-entrepreneur ? si oui que se passe t'il en cas de perte de points ?
On peut, me dit-on, cumuler cette activité avec une autre, très bien, mais comment expliquer à mon employeur actuel que je ne peux quitter mon véhicule sous peine d'être radié ? et comment feront les routiers ? les taxis ? les ambulanciers ?
Autre point sombre, "l'auto-entrepreneur n'aura pas à demander son immatriculation au registre du commerce et des sociétés (RCS) ou au répertoire des métiers (RM) s'il exerce une activité commerciale ou artisanale" ce qui est tout de même curieux dans la mesure où, jusqu'à présent pour toute immatriculation j'allais plutôt à la Préfecture.
Les professions libérales sont exclues ce qui parait logique dans la mesure où le code de la route ne peut tolérer trop de liberté.
Le point noir reste finalement sans conteste le stationnement de tous ces auto-entrepreneurs. Mais voilà qui ne devrait pas de manquer de relancer les VINCI et consorts, un vrai système pyramidal à la Madoff mais vertueux celui-là. Enfin une réforme bien conduite et qui ne risque pas de rester au point mort. En voiture les auto-entrepreneurs !

mardi 30 septembre 2008

Complainte - Nationalisez moi !

J'ai beau retourner le problème dans tous les sens, seul, je sombre. Hausse des matières premières, stagnation des salaires, montée des taux de crédit, durcissement du marché de l'emploi... les menaces s'accumulent sur mon modeste quotidien.


Au départ, j'ai cru qu'il me suffirait de faire des économies en attendant le retour de la croissance tant annoncée depuis 20 ans. Ensuite, je me suis forcé à être raisonnable dans un monde qui ne l'est pas, voire qui m'incite à ne pas l'être. Après je me suis mis à rêver, ça ne coûte rien les rêves. Notez que ça ne rapporte pas grand chose non plus. Finalement je me suis trouvé le goût du risque. Ce risque qui par chance, presque magie, peut vous faire changer de condition, de vie. Tout en vous évitant de mettre en cause un système, de dénoncer toute inégalité puisque le gain miracle peut tout changer. Loto, loto sportif, unibet ou betclic, j'ai beaucoup investi sur des marchés porteurs mais incertains. Inversement de tendances, déprimes, crac boum J'ai beaucoup perdu aussi. C'est la loi du marché non ?
Mais aujourd'hui, ma situation empire sans que je ne puisse y apporter seul une solution viable. Moults errements plus tard, ma décision est prise. Je vais me faire nationaliser. J'ai besoin, oh de pas grand chose, une petite recapitalisation de rien du tout histoire de passer le cap. La chance va revenir je le sens c'est juste une question de confiance. Faites moi confiance ! je ferai le reste, surtout si je gagne, vous n'entendrez plus jamais de moi...
Sur ces entrefaits me voilà en route pour la Préfecture. A part la Préfecture la plus proche je ne vois guère où je pourrais me faire nationaliser. D'autant que je n'avais aucune envie de me départementaliser maintenant et de devoir bientôt me régionaliser ou me communautariser demain. J'arrive donc à la Préfecture. Et là, surprise, d'une facilité déconcertante me voilà orienté vers le guichet qui va bien. Trop confiant je me retrouve rapidement en passe d'être... naturalisé mais vu que je possédais déjà la nationalité française...
Les esprits s'échauffent un peu. Mon dossier sous le bras je réclame un responsable. Tout juste daigne t'on m'indiquer qu'il ne reçoit pas les petits porteurs... ce devrait être une obligation ! En mal d'action, je me décide à provoquer la rencontre d'avec le Préfet. A l'approche de son Cabinet, j'entend une voix forte, je manque de défaillir. C'est lui ! Alors je balance tout. Les paiements qui s'accumulent, les ressources qui viennent à manquer, et le recours, ultime mais sublime, l'Etat , lui quoi. Nationaliser plus pour perdre moins m'écriais je à bout d'arguments. Enfin quoi Fortis ou Dexia plaident l'accident de parcours et l'argent public vole à son secours, pourquoi pas moi.
Mais l'homme passe son chemin sans un regard, peut être est il d'ailleurs perdu ce regard. Pour un serviteur de l'Etat, jouer au pompier passe encore, mais se substituer aux conseillers financiers, cela fait beaucoup. Son désarroi ne fait que renforcer mon intime conviction. En attendant que l'on restaure prestemment des banquozes, version moderne et monétaire de feu les sovkhozes, je rentre chez moi en attendant sereinement ma prochaine expulsion.
Le loto n'a décidemment plus le monopole des slogans racoleurs, désormais l'Etat sauveur, plus que providence, peut aussi s'écrier : à qui le tour ?