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mardi 25 août 2009

Politique - L'ouverture version low-cost

C'est peut être un effet indirect de la crise économique, ou un signe d'essoufflement façon malaise vagal, voire encore une provocation destinée à faire bouger le mammouth politique... toujours est-il que le remaniement ministériel amorcé cet été comme les tractations de partis qui s'en sont suivies ont débouché sur des ralliements plus discount que bling-bling.
Déjà, le prestigieux portefeuille du ministère de la Culture attribué à Frédéric Mitterrand n'avait finalement de valeur politique que pour le clin d'oeil patronymique.

Pour le reste, même les vieilles gloires de la Culture comme Jack Lang ou le député André Vallini n'ont pas donné suite aux appels du pied présidentiel. Généreusement présentée comme une volonté de rassembler mais régulièrement vendue comme une stratégie politique pour affaiblir l'adversaire, l'ouverture pâtit aujourd'hui de l'orgueil trop affirmé de son instigateur. Alors bien sûr il parait qu'un corse, le député radical de gauche Paul Giaccobi, va être de la partie, la belle affaire médiatique que voilà. Au-delà, tout prêt de l'au-delà même puisqu'il fut victime il n'y a pas si longtemps d'un grave souci de santé, Michel Rocard se retrouve à la tête d'une "commission de réflexion sur les priorités de l'emprunt national" en co-présidence avec Alain Juppé. En ces temps difficiles pour l'emploi des jeunes, il y a matière à ne pas s'inquiéter au moins pour l'emploi des vieux. Deux co-présidents pour une commission de réflexion sans s, cela fait cher le neurone certes mais en même temps l'objectif reste atteignable. Et comme il ne s'agit que de définir des priorités, nos deux ex premiers ministres respecteront à n'en pas douter leur écrasante feuille de route...
Et puis au coeur de l'été la mise en place d'un comité de liaison de l'UMP incluant Philippe de Villiers et l'inénarrable parti Chasse Pêche Nature et Tradition (CPNT) a joyeusement asticoté le landernau politique.
On notera que quelques semaines seulement après le scrutin des Européennes, rallier à la majorité présidentielle un anti-européen convaincu interpelle sur la sincérité des engagements pris lors de ce scrutin remporté, m'a t'on dit, haut la main par notre Président. On peut aussi en conclure, à la connaissance de cette tartufferie, que les abstentionnistes n'ont pas eu tort...
En même temps, le mouvement pour la France même enrichi du CPNT a récolté un bien médiocre 4.8% aux dernières européennes, pas de quoi booster véritablement la majorité si l'on tient compte des dommages collatéraux que peut engendrer ce rapprochement chez les souverainistes comme à l'UMP et au FN où l'on ne goûte guère ces acoquinements.
Si électoraliste soit-elle, cette main tendue provoque des remous et états d'âme. Mais devenue bien palichonne à gauche, l'ouverture se devait de trouver un nouveau terrain de jeu, ce fut la droite quitte à ce que cette ouverture à droite destabilise en premier lieu les acteurs de l'ouverture.... à gauche tout en relançant les extrêmes.
Quoiqu'il en soit le bilan est minime sur le plan politique et comptable mais il garantit une unité de façade redoutable en perspective des futurs échénaces présidentielles. Et c'est certainement le seul but de la manoeuvre, après avoir embourbé la gauche dans la tentation du pouvoir, la droite est élargie pour être sans doute mieux diluée et ne répondre, dans sa diversité, qu'à un seul chef, le Président.
Ce dernier possède en effet un atout redoutable dépassant de sa manche : la réforme des collectivités territoriales et sa menace à peine voilée : la diminution drastique du nombre d'élus. Alors même si l'on a des réticences idéologiques ou morales, ce n'est pas le moment de se faire mal voir quand on est élu territorial, mieux vaut filer droite, heu droit.

mercredi 12 septembre 2007

Automobile - fer de lance ou semelle de plomb ?


L'industrie automobile semble bien continuer à faire la pluie et le beau temps de notre économie et ce n'est guère rassurant. Au ralenti l'an passé, les constructeurs français auraient plombé notre croissance. Ragaillardis depuis quelques mois, ils participeraient à la relance, jusqu'à quand ?
La palme de l'ambiguité revient à PSA dont l'annonce de son plan de compétitivité est un modèle du genre. L'axe de communication est prometteur : vendre 4 millions de véhicules d'ici 2010, tripler sa marge et retrouver une place de choix face à la concurrence. Comment contester de si nobles objectifs ? le problème c'est la méthode puisqu'elle consiste tout simplement à ... réduire les coûts ! il fallait y penser ! résultat, les nombreux sous-traitants français peuvent trembler eux qui sont déjà souvent exangues. Quant aux salariès, c'est encore plus simple, 7 à 8000 d'entre eux en Europe de l'Ouest seront invités à quitter l'entreprise. C'est dire le coût économique à venir pour notre beau pays. Peugeot triplera ses marges mais à quel prix ?
Le prix c'est un des axes forts de stratégies de nos groupes, sans garanties. Si Peugeot envisage de vendre des véhicules d'entrée de gamme dans les pays émergents, on sait que Renault a choisi une voie plus radicale via le véhicule Low cost. Une nouvelle étape vient d'être franchie par la marque au losange avec la réalisation d'un véhicule low cost entièrement fabriqué au... Brésil, la Sandero. C'est déjà la première fois qu'une voiture dite française ne verra jamais Paris, mais si elle était "réservée" à des marchés fermés on pourrait peut être comprendre. Mais tout indique qu'elle sera bientôt proposée aux consommateurs européens, un consommateur européen dont on dit qu'il tend à se paupériser et qui possédera rarement plus de deux véhicules. De là à envisager un marché automobile plein de petites voitures pas fabriquées sur le sol national...
Car finalement cette industrie automobile est venue à point nommée remplacer les grands pans industriels liés à l'extrraction et l'exploitation de matières premières. Une aubaine alors pour recaser la main d'oeuvre et sauvegarder des régions dévastées. Petit à petit ces grands groupes qui, au départ, intégraient toute la chaîne de production se sont séparées des branches les moins rentables et ont ainsi créé une économie paralléle de sous-traitance capable de beaucoup de flexibilité, de baisse des coûts et même d'absorption des personnels des constructeurs. Tout pouvait encore à peu prés fonctionner tant qu'une concurrence asiatique n'apparaisse et que ne venait pas à ces fleurons de notre économie l'idée de passer les frontières pour aller voir une main d'oeuvre meilleure marché...
Car aujourd'hui que peut on faire pour enrayer ce déclin inexorable ? et par quoi le remplacer ? une autre undiustrie de masse ? laquelle ? des services à la personne ? impensables.
Deplus, là où les constructeurs allemands jouent la fiabilité, la puissance, la montée en gamme, le luxe, bref la continuité de ce qui a fait leur force et leur renommée, les français jouent la rupture, les petits prix, l'utilitaire en même temps que le famillial voire le sportif. Mais ils ne peuvent prétendre à l'innovation et à l'environnement, pris par les asiatiques qui ne lésinent pas sur les moyens pour pénétrer les marchés comme en témoigne la société chinoise CMEC qui présentait ni plus ni moins qu'un copier-coller de la Smart.
Bien sûr Renault lance également sa nouvelle Laguna en attendant son, tardif, 4x4. Mais pas sûr que le consommateur européen s'y retrouve voire même que le patriotisme économique proné il n'y a pas si longtemps ait encore une signification. Alors gare au déferlement d'autres marques positionnées sur d'autres critères, d'autres valeurs.
Car si à toutes ces fumeuses stratégies on ajoute de mercantiles positions comme celle-ci "Les patrons de groupes automobiles européens ont décidé de s'unir pour combattre le projet de l'Union européenne de réduire les émissions de CO2 d'ici à 2012, a déclaré le patron de Porsche au Handelsblatt de lundi, à trois jours de l'ouverture du salon auto de Francfort" ça commence à faire beaucoup de raison de se détourner de ces marques omnipotentes. Notez que Porsche a raison de s'émouvoir puisqu'une récente étude scientifique suisse le classe constructeur européen le plus polluant.
Et pendant ce temps là, à Tokyo, 7 constructeurs de diesel (Toyota, Nissan, Nissan Diesel, Hino, Mitsubishi, Isuzu et Mazda) se lançaient dans une inédite indemnisation de victimes de pollution pour plus de 7 millions d'euros !
L'automne est une mutation, l'hiver une lutte, le printemps un épanouissement dit l'adage, ça promet pour cet hiver !