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mercredi 25 novembre 2009

Economie - le triomphe du moins pire

C'est pour tout dire assez inquiétant que d'écouter les discours politiques sur l'économie. Déjà il y a cette récurrente attente des chiffres qui me fait toujours un peu bizarre. Des gouvernants qui attendent que des chiffres tombent, qui les commentent avantageusement ou les subissent, cela donne finalement une idée assez juste de leur totale inutilité et efficacité en la matière.



Fort heureusement pour eux la presse n'est pas particulièrement encline à systématiquement chiffrer les résultats des politiques engagées. Tout juste de temps à autres sort on quelques perles d'idées mort-nées quand elles ont tenté d'être appliquées.
Ca n'est pas loin d'être la situation rencontrée par le pompeux Grand Emprunt dont la finalité n'est autre que de creuser un peu plus les finances de l'Etat sur le compte de marchés financiers que l'Etat a soutenu sans les sanctionner.
Mais c'est toujours mieux que rien. Une phrase souvent entendue qui va avec les "Moi, j'agis" ou le magnifique "ce pourrait être pire" ou "on a évité le pire". Il y a comme un air de déconfiture dans ce qui ressemble à un bel aveu d'impuissance ragaillardi par la perspective du pire.
C'est ce que Machiavel décrivait, oui parce que vous ne pensiez tout de même pas que nos gouvernants actuels avaient inventé quelque chose ?, c'est Machiavel, disais-je, qui affirmait "En politique le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal."
A petite dose c'est sûrement vrai mais au quotidien cela interpelle. Notons que Machiavel explique, ne s'en félicite pas.
Quand on entend le Secrétaire d'Etat à l'Emploi puis le Président de la République himself se féliciter du chômage partiel, le dénommer comme une arme anti-crise, le remercier d'avoir sauvé des emplois .... ne franchit-on pas allégrement quelques étapes ?
Je peine ainsi à imaginer le satisfecit qui gagnera nos élites le jour où la France créera des emplois plutôt que de moins en perdre. Encore faut-il s'entendre sur le niveau de perte possible car alors que l'Insee recense 319 000 salariés touchés par la grâce du chomage partiel, Laurent Wauquiez avance «L’activité partielle, qui permet d’éviter de licencier les gens, a permis de préserver 300 000 emplois.» Ce qui signifie que dans son esprit, tout bénéficiaire est un chomeur qui s'ignore ou sommeille. Un étrange calcul économique et social qui tranche dans le vif : soit l'entreprise a recours au chômage partiel soit elle ferme ses portes intégralement. Ce qui du coup rend la mesure bien moins rassurante.
Voilà qui peut donner des idées sur les avantages et mérites de l'action partielle : aux étudiants qui suivront partiellement leurs études, on vantera avoir évité l'écueil des non diplômés ; sachant que pour avoir son diplôme il faut passer par les... partiels. Compliqué. Aux retraités titulaires d'une retraite partielle, comme aux salariés ayant la chance de posséder un revenu partiel, on saluera l'avancée significative de la lutte contre la pauvreté ; cela marche à tous les coups c'est vrai, un nouvel oeil pour oeil, dent pour dent ou quand la raison est la cause sont de mèche, partiellement.
On se moquait d'un Bayrou moyennenment positionné au milieu, nous avons en plus un gouvernement partiellement au pouvoir qui prend des mesures partielles pour subvenir partiellement à nos besoins. Avec une menace suggérée genre "Moi ou le chaos".
Pourquoi pas mais ce que je ne comprend pas c'est la nécessité de prendre un ton convaincu et le souci de ne pas être contredit pour annoncer des lapallissades pareilles ? Christine Lagarde qui a inventé la croissance négative fourbit certainement déjà ses belles annonces de demain tant il est déjà certain qu'un quart d'heure avant sa mort, elle vivra encore.
Peut-on dés lors se satisfaire de ce moindre mal ? certainement. Faut-il le louer comme stratégie politique ou modèle de société ? cela parait bien présomptueux, fade et inutile. Le Grand soir a vécu je sais mais faut-il pour autant vivre de peurs en désenchantements ?
Sauf pour les intéressés évidemment qui durent ainsi tout au long d'une carrière faste, régulière, entière, le contraire de partielle quoi.
"Le cochon dit à la poule : "Les oeufs, pour toi, c'est un engagement partiel ; le bacon pour moi, c'est un engagement total"" racontait justement Philippe Meyer...

dimanche 22 février 2009

Pouvoir - La bougeotte ou la tremblotte ?

L'année 2008 ne se sera pas terminée comme pouvait l'espérer les vainqueurs du printemps 2007. Comme d'un frémissement d'été à un vigoureux hiver, il y a parfois peu. De quoi alimenter toutes les interrogations, tous les mouvements aussi. Syndicaux, sociaux certes mais également parmi les plus hautes sphères du pouvoir. Ce qui est plus étonnant tout de même.



Déjà on avait pu noter le départ très politique du Ministre du travail alors que le chômage battait tous les records, les intéressés apprécieront...
Puis bientôt une ministre-mère plus médiatique que populaire se prenait de passion pour de prochaines noces européennes.
Entre temps, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, symbole de l'ouverture, baissait le rideau gouvernemental pour investir l'Autorité des marchés financiers. Une autorité à redéfinir car elle n'avait pour l'heure guère produit de résultats positifs, à l'attention de marchés financiers bien mal en point, vaste programme. L'ami Jouyet ne partit cependant pas au combat les mains vides, le ministre du Budget lui remontant l’indemnité «de fonction» du président de l’AMF, afin d’aligner, nous explique t'on, sa rémunération globale sur celle de son prédécesseur. Pour un montant annuel brut de 220.000 euros hors indexation (sic), il y a de quoi retrouver son autorité...
Plus discrète et moins définitive l'évolution de Nathalie Kosciusko-Morizet qui profite d'un remaniement léger pour quitter l'Environnement et son Grenelle bien embarrassant pour la Prospective et l'Economie numérique. De prospective il n'est pourtant pas trop question si l'on veut déterminer la politique de la damoiselle : «Elle est très armée pour l’économie numérique», ose t'on vers l'Elysée. Normal me direz-vous puisque son frère Pierre est le créateur et directeur d’un important site de vente en ligne, PriceMinister. Il est également depuis peu ( juillet 2008) le président de l’Association française pour le commerce et les services en ligne (Acsel), un interlocuteur majeur du... gouvernement.
Entre carrièrisme et peur de l'avenir, ces mouvements me traduisent certainement enfin l'hyperactivité présidentielle que l'on s'échigne à me rabacher les oreilles sans que j'en comprenne bien la signification. Les rats quittent-ils le navire ou le capitaine est il d'humeur badine, difficile de trancher même si une chose est sûre, le bateau tangue. Penche. En tout cas il a du penchant. Du penchant pour les copinages et les bons plans entre amis .
Et ce n'est pas la "nomination annoncée" du secrétaire général adjoint de l'Élysée, François Pérol, à la tête de la banque issue de la fusion entre la Caisse d'Epargne et les Banques Populaires qui va me contredire. C'est cela dit d'une logique implacable pour le pouvoir communiste qui nous gouverne : l'argent public est au service du secteur privé qui a force d'être renfloué devient public. Quoi de plus normal dés lors qu'un administratif du Président en devienne le gérant pour nous tous en quelque sorte ? Pour le reste nommer à la tête de ce nouveau mastodonte celui-là même qui a participé aux négociations comme représentant de l'Etat laisse augurer quelques arrangements bien sentis.
Notez que quand l'on rend service, c'est tout de même bien la moindre d'être chose que d'être rémunéré, en numéraire ou en nature c'est selon.
C'est sûrement ce raisonnement qui explique que Nissan, bénéficiaire du plan de relance gouvernemental, ait été conatcté par l'Elysée pour prêter au couple présidentiel et sa cour 5 4x4 flambant neufs afin d'assurer dans un confort minimal le douillet séjour à Val d'Isère. Ils n'allaient tout de même pas arriver dans l'hôtel le plus chic et cher de Megeve en smart non plus. D'autant qu'une poignée de gardes du corps, 19 pour ne pas les nommer, les accompagner. Pas d'images ou de contacts durant ce week end de la Saint Valentin que l'on a annoncé pourtant studieux et à l'Elysée du côté du Figaro, ou, plus souvent dans la PQR, comme un déplacement éclair de Sarkozy... Au passage on constatera qu'il y avait presqu'autant de gardes du corps que de membres de l'équipe de France de ski, ce qui aurait pu nous permettre, si on les avait équipé convenablement, de doubler le nombre de médailles... d'argent, et l'argent il faut dire que notre Président en dépense des médailles, 30 000 euros la semaine de madame, 20 000 le prêt forcé de véhicules et... tout le reste, on comprend mieux que la France n'ait osé décrocher sportivement l'or, c'est la crise tout de même !

jeudi 7 juin 2007

Société - Chômage, les chiffres de l'impuissance

Alors voilà que tous les mois nous entendons frénétiquement s'égréner les chiffres du chômage... il est monté, est descendu, mais jamais il ne disparait. Il est de ces indicateurs, comme celui du nombre de morts sur les routes, sans lesquels visiblement nous ne saurions vivre.
Qu'importe que d'éminents économistes nous expliquent qu'un chiffre mensuel n'est pas significatif, qu'importe que les profesionnels du chômage (ou de l'emploi) nous expliquent que son mode de calcul est bien réducteur, qu'importe que l'influence de la démographie soit négligée, il faut ce chiffre. Comme une dose de drogue à se procurer, comme un voile de non-réflexion qu'il faut chaque fois tirer. Car finalement, la leçon de ce chiffre récurrent c'est qu'il n'est accompagné d'aucune analyse, d'aucune réflexion, il est utilisé comme un argument, une preuve, mais il est subi, attendu passivement. Comme si nos hommes politiques, et nous avec, avions abandonné toute idée de maîtrise de ce chiffre. Au point d'en accepter toutes les mascarades pour ne pas reconnaître notre impuissance