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jeudi 20 novembre 2008

Rachida Dati - Cachez cette bague que je ne saurais voir

Ma chère Elvire, vous n'êtes plus seule, Rachida, un peu aidée par le Figaro, pas le marié, le journal, cache également ses atours. Plus riches et plus coûteux. Mais tout aussi bien dissimulés...
On savait la préférée du Président plus très tendance depuis quelques mois déjà à tel point qu'un émissaire présidentiel fut dépêché d'urgence cet été pour recadrer sa communication. Ses interrogatoires nocturnes commandités à l'encontre d'une magistrate messin n'ont cependant pas particulièrement servi son image. Quelques semaines plus tard, sa visite surprise en Lorraine ne devait recueillir que le silence et le boycott impressionnant du tribunal. On ne peut pas ainsi gommer des années de pratiques du pouvoir oscillant entre arrogance, assurance et ambition. Une bague par contre si. On peut la gommer. Le Figaro ne s'est en tout cas pas privé de retoucher sa Une aux fins de faire disparaître du portrait de la Ministre de la justice une bague des plus bling bling. Une initiative digne de la Pravda du temps jadis que le Figaro n'a jamais cessé de combattre, comme quoi, comme disait Pierre Desproges, 'L'ennemi est bête : il croit que c'est nous l'ennemi alors que c'est lui".
Comme dans tout crime dérangeant, l'auteur certifie avoir agit seul mais il est troublant de constater à quel point cette décision personnelle du journal épouse le souhait présidentiel.Pour une publication qui revendique identitairement "Sans la liberté de blâmer, il n'y a point d'éloge flatteur", il semblerait que la devise ait pris un petit coup de vieux. Ou de jeune pour finalement se réduire à un langage sms ne conservant que les deux derniers mots. Car voilà un éloge bien flatteur que de s'autoriser à gommer un signe extérieur de richesse d'une ministre de la justice subissant la grogne de magistrats exigeant plus de moyens dans une France entrée en crise économique....
Pour le symbôle de l'intégration à la française qui tente de se refaire une virginité en parcourant les quartiers sensibles, il y avait comme un hic, un détail, une faute de goût.
C'est vrai qu'il y avait comme un décalage mais n'était-il pas finalement de votre devoir que de rendre compte de ce décalage plutôt que de travestir la réalité au service de vos idées ?
Amis journalistes professionnels, vous êtes souvent bien prompts à dénoncer l'amateurisme des blogueurs et leur absence d'éthique. Vous m'indiquerez volontiers ce qui éthiquement a motivé cette retouche flagrante et quel professionnalisme anime vos comités de censure, euh je voulais dire de rédaction bien sûr. Paris Match avait déjà masqué quelques bourrelets débordants de notre Davy Crockett de président en Amérique, mais on pouvait pardonner à ce journal people des débordements de sa catégorie. Mais au Figaro tout de même, l'inquiétude m'assaille. Vos favoris au pouvoir, c'est une autoroute de l'information unique qui vous est offerte, les confidences des ministres garanties en avant-première, des pages et des pages de publicité assurées par les copains industriels. Tout, vous aviez tout pour être heureux, prédominant, exemplaire même. Et patatras, la peur de gagner sans doute, vous fautez bêtement sur une pécadille, un ridicule petit bijou de rien du tout qui vous reclasse au rang de vulgaire feuille de choux à Nico. Enfin je vous l'accorde, la bague est estimée à 16 000 euros ce qui, pour les salariés de l'automobile ou de la sidérurgie condamnés au chomage technique pendant des semaines peut paraître excessif. Mais quand même, parmi les centaines de planches à votre disposition, il n'y avait donc pas moyen de dégoter une autre photo plus neutre. Peut être ne le vouliez-vous pas et cela s'appelle un lynchage. Peut être le vouliez-vous et cela s'appelle une manipulation, ou vous lui avez peut être prise et cela s'appelle un vol... et il vous faut la lui rendre.
Notez qu'il aurait été plus rigolo de lui ajouter une moustache, plus protecteur de lui retoucher le ventre, plus ambitieux de lui refaire la coiffure, plus raisonnable de ne pas trop la faire parler. L'ancienne stagiaire d'Albin Chalandon a certes été à bonne école avec ce chantre de la corruption et puis elle n'est pas non plus Ministre de la justice sociale. Elle aime le luxe, les robes de grands couturiers qu'Yves St Laurent a parfois du mal à récupérer, elle est plutôt directe voire autoritaire. C'est son droit. Mais alors qu'elle l'assume mieux que son MBA non obtenu. Visiblement ses amitiés du CAC 40 ne peinent pas trop malgré la crise financière. Qu'elle en profite donc.
Qu'elle prenne toutefois garde de ne pas se faire offrir un collier, le Figaro, et d'autres, pourraient bien vouloir lui couper la tête...

jeudi 3 juillet 2008

Ingrid Betancourt - Retour vers l'enfer

Ma mère voici le temps venu d'aller prier pour mon salut, Ingrid est revenue.
Annoncée mourante il y a peu par le Président français lui-même, elle apparait douée d'une capacité de résurrection hors du commun...
Blague à part teintée tout de même d'une pointe d'incompréhension, il faut reconnaître le courage et l'abnégation de cette femme capable de résister ainsi 6 années durant. Dire que pour nous pauvre peuple de France, la durée de notre calvaire est d'au moins 5 ans...
Elle a donc survécu à la jungle, aux privations, aux brimades, survivra t'elle à son retour dans le monde merveilleux qui nous entoure ?
Ca ne s'annonce pas de tout repos tant son image, son combat ont été utilisés à toutes les sauces. Alors que dire de sa libération ? Nous échappons somme toute au pire qui aurait voulu que nous soyons pour quelque chose dans sa libération spectaculaire. Comme l'a reconnu Bernard Kouchner qui n'a pourtant pas ménagé ses allers-retours vers la Colombie, espérant sans doute tomber au bon moment, l'Elysée a été prévenue de la libération... 15 minutes avant les rédactions du monde entier. Cela situe notre niveau d'influence. Pour autant nul doute que cette distance perturbe les hautes sphères de notre pouvoir qui se verraient bien récupérer ce qu'il est possible de gloire et de popularité.
Le site internet du Figaro ne s'y est pas trompé qui a diffusé une vidéo de la déclaration d'Ingrid Bérancourt dés l'arrivée sur un tarmac ami. Problème par rapport à sa déclaration officielle, le passage de remerciements à Jacques Chirac et Dominique de Villepin est purement et simplement coupé au montage ! Vidéo reprise ensuite chez France Info et quelques autres...
La Voix de son Maître n'hésite donc pas à s'inspirer des pires méthodes de la propagande pour redorer le blason d'un président à la dérive qui jour après jour multiplie agressivité déplacée, phrases assassines et nervosité non maitrisée. Pas sûr que cela serve tout de même à grand chose même si devant déjà tant de désespérance on peut s'inquiéter du prochain excès, une seule année de pouvoir venant de s'écouler !
Ingrid Betancourt ne souhaitera pas retourner chez les Farc c'est sûr mais pour autant acceptera t'elle manipulations et récupérations ? ne mérite t'elle pas un peu plus de considération et de respect ? oui je sais considération et respect ne sont pas véritablement les axes forts de notre discours politique actuel.
Mais enfin force est de reconnaître que derrière toute cette émotion déballée dans les médias, tout est surtout affaire de subjectivité et de mauvaise foi. Dommage, l'occasion était sûrement belle d'en faire autre chose...
La vraie vidéo :

vendredi 16 mai 2008

Journalisme - vers une nuit des longs couteaux ?

Notre excité Président passe ses nerfs sur les journalistes à l'envie, une désormais habitude qui limite d'autant le champ d'expression. A moins de claquer sans cesse des talons, il n'y a guère d'avenir pour la profession.
A l'heure d'un premier bilan ennuyeux, il lui fallait trouver un bouc émissaire. La Gauche ? ce n'était pas crédible. Le centre ? c'était limite risible. La conjoncture internationale ? déjà fait. Fillon ? quotidien.
La lumière est finalement venue d'où on l'attendait le moins. Les médias ! et notamment l'AFP, et le Journal du Dimanche, Marianne, le Parisien, l'Express .
Leur crime ? "s'attribuer la fonction d'opposition" et nuire donc à l'image du mètre 68 qui nous gouverne.
Vous noterez comme moi que considérer les trois derniers nommés comme d'opposition relève quand même plutôt de la paranoia qu'autre chose. Du reste certaines analyses ardues tentent de m'expliquer que l'Express par exemple est visé car trop proche de... Carla Bruni ! fichtre.
Au fil des jours, les incidents cependant se multiplient qui marquent bien une rupture, celle du droit à l'information.
Vendredi 9 Mai, Sarko 1er se rend au Grand Palais pour y découvrir une exposition. Et oui, entre deux longs week-ends à Marrakech, il n'arrête pas. Au passage, il renvoie vertement un photographe de l'AFP qui eut l'outrecuidance d'être présent... à la demande du service presse de l'Elysée !Deux jours plus tôt, c'est à l'Assemblée Nationale qu'une journaliste se voyait renvoyée et retirée son accréditation pour cause de question tendancieuse à l'égard de la Comtesse de Lagarde. "Quelle serait la politique du gouvernement vis à vis des niches fiscales des entreprises ?" faut reconnaître que c'est limite diffamatoire. Ni une, ni deux, la garde rapprochée ministérielle représentée par la présidente de l’association des journalistes parlementaires réglait le problème. Qui n'en est plus un.
Evidemment si là aussi l'inspiration est américaine cela promet d'autres jours heureux ou d'autres nuits des longs couteaux, c'est selon.
Il est d'ailleurs symptomatique que l'affaire des pseudo spécialistes de la guerre en Irak révélé par le New York Times récemment passe chez nous comme une lettre à la Poste. 75 analystes formatés par le Pentagone, manipulés par les fabricants d'armes et infiltrés depuis le début du conflit irakien dans tous les grands médias US pour distiller tous la même bonne parole... ça peut faire rêver hein ? Avec leurs trombines de vétérans au teint halé, ils ont raconté ce que l'Etat a voulu qu'ils racontent sans que personne n'ose les contredire. Et pendant ce temps là de jeunes soldats US souvent blacks et latinos certes, se sont fait descendre au nom d'une cause perdue et viciée...
Oubliées les images retouchées des plis graisseux présidentiels, la censure complaisante de l'ami Lagardère sur les infos dérangeantes, la nomination de proches dans les conseils d'administration de tous poils, les menaces à peine voilées exprimées (ou appliquées, voir le départ soudain du directeur de la rédaction du JDD, Jacques Espérandieu) aux infidèles... l'heure est à la complainte du mal aimé et à une volonté de reprise en main.
Le statut des sources et de leur protection est à l'ordre du jour via un projet de loi qui, nous dit-on, va protéger le secret en y incluant des ... restrictions ! C'est toute la rhétorique sarkozienne ainsi résumée... Ne nous y trompons pas, bientôt les cartes de presse seront à retirer à la Kommandatur la plus proche.
Tout ceci ne sont bien sûr que vilaines supputations car comme nous le précise le très objectif Figaro, "Les médias s'intéressent trop à l'accessoire au détriment de l'essentiel quand il s'agit du pré­sident de la République".
Et oui il suffisait d'y penser ! Des médias Bling Bling insouciants ne rendent pas compte du sérieux du travail présidentiel.
L'homme au plus de 250 couvertures de magazine en 2007 est donc la victime de médias négligents et superficiels.
Moi je ne vois qu'une seule solution pour donner une bonne leçon à ses requins sans coeur. Que notre Président bien aimé boycotte les médias jusqu'à nouvel ordre et qu'il se consacre à l'essentiel dans la plus stricte intimité !