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vendredi 7 mai 2010

Politique - Au bonheur des crises miraculeuses

Il y en a qui pensent que "la vie est un long fleuve tranquille", d'autres semblent au contraire croire furieusement à l'impérieuse nécessité de toujours s'agiter pour exister. Et quoi de mieux que le mouvement pour susciter et justifier le mouvement ?
C'est ainsi que je comprenais la montée en puissance politique de Sarkozy en l'adossant au phénomène médiatique. Pour attirer les médias, faire la une, cannibaliser l'actualité, il se démultipliait, érigeait les thèmes, les sujets, éructait, promettait et ... passait vite à autre chose. L'opinion suivait, sans mémoire, séduite presque avide de connaître le prochain épisode. Fort de cette stratégie implacable, il gravit toutes les marches du pouvoir. Jusqu'à plafonner, forcément tout là-haut, à manquer de carburant pour alimenter le moteur de son quotidien politique, pire jusqu'à lasser de trop de similitudes associées, de scènes répétitives et par trop calculées.
Alors j'en concluais volontiers que les médias de masse n'étaient guère maitrisables à long terme, que l'opinion publique avait certes accepté la peopolisation des politiques mais pour mieux leur appliquer les règles en vigueur dans ce milieu qui glorifie autant qu'il oublie.
J'avais tort.
Je croyais les évènements, les crises au service du politique pour mieux l'ériger en recours et sauveur. Mais si le politique se nourrit des crises avec tant d'avidité ce n'est pas tant pour sa gloire personnelle que pour accomplir son dessein.
Libéral dans l'âme, amoureux de l'argent et de ses atours, dédaigneux de la France d'en bas paresseuse et râleuse, les crises lui servent en fait à démanteler la structure même du pays, remettre en cause ses fondements, faire s'affronter des catégories entre elles.
Il ne souhaite pas régler les crises, apaiser les esprits, ou protéger le citoyen. Il veut imposer ses principes, entériner ses idées et refouler les critiques comme il semble vouloir faire sa fête à tout ce qui est né du programme du Conseil National de la Résistance ou de Mai 68.
J'ai compris tout cela au moment où je m'y attendais le moins. Lorsque de premiers bilans de l'action présidentielle se sont fait jour.
Car comment expliquer autrement un si médiocre bilan sécuritaire par exemple ? Lui, déjà Ministre de l'Intérieur il y a 8 ans, n'a rien amélioré. A stigmatiser à tort et à travers, à kaercheriser tout ce qui bouge, à envisager un policier derrière chaque platane... il n'a de fait rien réglé. Parce qu'il ne le veut pas. L'état de crise lui va si bien. C'est à ce moment là qu'il peut engager ses véritables réformes, celles qui radicalisent sans discussion. L'environnement illustre encore ce comportement consumériste : adepte parce que c'est politiquement porteur, il le jète bientôt car "cela commence à bien faire". Comme une confession pour signifier plus globalement que les simagrées, les faux changements, la retenue ne peut avoir qu'un temps. Qu'après moi, le chaos, Sarkozy invente la crise d'Etat permanente.
Nous voici à l'heure de la rigueur et toujours sous la menace. Si on ne l'accepte pas on finira comme la Grèce. Si vous ne voulez pas reculer votre âge de départ à le retraîte, vous n'en aurez plus du tout. Si vous enlevez le bouclier fiscal le pays va s'appauvrir. Si vous n'êtes pas pour l'ordre et la sécurité, vous êtes un mauvais français....
La rhétorique est simple mais bien huilée, exclusive et explosive.
A le voir récemment faire s'esclaffer des expatriés de Chine en ralliant le manque d'énergie et de vigueur au travail de leurs compatriotes restés au pays, je me suis tout de même demandé pourquoi je devais subir cela. Etre des millions ainsi rabaissés, presqu' humiliés par un petit homme venu de Neuilly aussi donneur de leçon que son exemplarité est risible.
Lui qui s'augmenta dés sa prise de pouvoir et fêta joyeusement sa victoire sur des yatchs dorés nous parle rigueur et stabilité des dépenses publiques. Lui qui est entré en politique en 1974 découvre aujourd'hui en 2010 qu'il faut sauver le système de retraite ! Lui qui prônait la rupture dirige un pays dans lequel les inégalités n'ont jamais été aussi criantes.
On pourrait presque à l'infini enfiler les contradictions de celui qui n'en a cure. Mais au-delà de la démonstration, il y a lieu de s'inquiéter d'une dérive non pas monarchique mais totalitaire de celui qui se verrait bien doté de pouvoirs exceptionnels que lui confèrerait une crise un peu plus grave que les autres. Ce n'est qu'un mauvais rêve mais objectivement, que reste t'il de démocratique dans notre pays qui peut vraiment s'y opposer ?

vendredi 9 avril 2010

Un con plot au pouvoir

C'est vrai qu'à la base, un plot ce n'est pas trés malin. En général, il passe son temps à s'aligner sur son prédécesseur sans se poser trop de question avec pour seule hantise de finir renversé par quelqu'imprudent ou maladroit. Mais le con plot lui est particulier : il se distingue, il fait tâche, parfois il se répand, toujours il sort du rang. Et il éclabousse ceux qui l'entourent ou le propagent avec égal bonheur. C'est ainsi qu'un con plot rode autour de l'Elysée.

On savait déjà qu'y circulaient de nombreux cons seillers, qu'à sa table défilaient de joyeux cons vives et que l'hôte des lieux ne manquait pas de con viction ou de con nivence. Les ministres favoris s'y perdent parait-il en con descendance, les autres suscitant souvent même dans leur camp la con sternation.
Mais un con plot c'est du jamais vu. Vous me direz un président bling bling monté sur talonnette non plus, encore moins embarqué dans une romance de carton pâte née à Euro Disney.
Il faut croire que la peoplisation du pouvoir a révolté notre plot, ou l'a inspiré. Dans une saga de roman-photo bon marché, il y a des intrigues, des crises, des trahisons. Avec Rachida, la Bourse et Besson, le scénario suivait pourtant son cours. Trop doucement certainement au goût des producteurs échaudés par les chiffres d'audimat recueillis lors des dernières régionales.
Il fallait donc lancer du lourd, du con sistant. Ce fut du con plot. Un bon moyen de fragiliser un président hautain et agité, détestant être con trarié, le rendre plus humain quand, acculé par la presse à scandale, il n'aurait plus eu que son honneur à présenter aux français, soudain attendris et con patissant. Imparable pensait-on d'autant qu'entrait en scène la femme bafouée et enrouée, la chanteuse et top model con binée. Après le con plot, la con plainte, le couple était presque parfait.
Seulement il faut croire que les français eux ont d'autres préoccupations et interrogations que ces cons bines à 3 sous et qu'ils s'en trouvent même pas mal à y détecter comme la déliquescence affirmée d'une certaine façon de gouverner. L'hyperprésident cocufié, ça fait loin du con te de fée tout de même ! Lui l'adepte de Disney se retrouve plutôt sous les traits de Roger Rabbit, les toons en moins le con plot en plus...
A cette allure, la suite du mandat alimente tous les cons spirateurs attirés par la chute attendue du Kennedy de Neuilly. On aurait juste aimé un peu de con pétence, un zeste de con préhension, une pincée de con vivialité... vous voyez, il y avait de quoi faire des cons heureux. Mais en échange nous voilà cons traints de subir rumeurs et enfantillages de ceux qui nous gouvernent. Pendant ce temps là, l'échec électoral est enterré, la hausse du gaz délaissé et le bouclier fiscal préservé; Car Audiard l'avait annoncé, les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnait. Alors un con plot, vous imaginez ???

mardi 5 janvier 2010

France - vive l'Union pour un Mouvement des Privilègiés

J'ai toujours eu du mal avec l'UMP, le sigle hein, ça fait plutôt onomatopée d'après déjeuner, ça éructe un peu la gorge et même le reste en terminant par un pet, heu un P. Alors que le PS fait joliment référence à ces petits mots sans importance que l'on ajoute à la suite de l'essentiel d'un courrier, ce qui est trés représentatif de son activité. Les verts eux, rappellent de folles épopées, les frêres Revelli, Osvaldo Piazza, Ivan Kurkovic... , même le PC est furieusement high tech sauf pour les amoureux des Mac mais c'est tout de même mieux que le désuet modem à l'heure du haut débit. Le NPA laisse bien entendre qu'il ne propose rien alors que d'autres comme le Nouveau Centre ou la Gauche moderne se rassure dans leur titre. Il n'y a guère que le Mouvement Républicain et Citoyen, MRC beaucoup-de rien ou le Mouvement pour la France, MPF-à vos souhaits pour se rapprocher des sons du parti présidentiel. Alors qu'un Debout la République, dont je ne sais pas bien ce qu'il propose, ça dégage de l'énergie, une union pour un mouvement cela fait un peu mollasson limite lourdaud.
Et puis alors le rajout du terme populaire à la fin pour faire peuple, ça ne collait pas du tout avec les membres du parti et leurs objectifs. People aurait été tellement plus pertinent ! Tout est heureusement réparé puisque, sans changer ni le sigle ni le logo je peux proposer gracieusement une évolution terminologique appropriée : l'Union pour un Mouvement des Privilégiés est née !
Ne me remerciez pas Monsieur le Président, ne dépensez pas non plus des sommes folles en sondage pour évaluer ce nouveau positionnement, faites moi confiance et laissez faire le bon sens...
Depuis la première nuit de l'élection présidentielle, l'épisode du Fouquet's aurait du nous mettre la puce à l'oreille. Il n'y avait rien de populaire là-dedans ! Par contre des privilégiés qu'est ce qu'il y en avait !! idem sous le bouclier fiscal. Entre deux vacances luxueuses est venu le temps des premières réformes comme celle de la justice qui condamne les habitants ruraux, ou celle des collectivités qui sacrifiera les élus locaux non étiquetés et non professionnels. Et que dire de la baisse de la TVA qui offre aux restaurateurs des revenus supplémentaires sans contrepartie à l'Etat et à ses clients-contribuables. Car on ne demande pas de contreparties dans le monde des privilèges. Ca fait cheap voyez-vous et le sieur Madoff l'avait d'ailleurs bien compris. Les banques, les constructeurs automobiles ont beaucoup reçu d'argent public, le public n'a guère reçu des banques ou des constructeurs automobiles. La prime à la casse a fait du bien aux constructeurs français mais pas à l'industrie française. Elle les conforte dans leur choix de délocalisation puisque ce sont ces usines là qui tournent à plein régime.
Pour contrer cette image que le soutien à son fils n'a pas arrangé, toute la panoplie de l'anti bling bling a été laborieusement déployée. Menaces aux évadés fiscaux, taxation des bonus ont été agités pour des résultats gouttes d'eau dans un océan de bénéfices. La Bourse de Paris redépasse les 4000 points comme si de rien n'était car, de fait, rien n'a changé car personne ne voulait perdre son plus gros privilège, l'argent. Le monde obscur des finances garde la main sachant qu'au prochain dérapage, il pourra de nouveau compter sur les bonnes grâces et les aides rapides des gouvernants.
Se racheter une virginité en se la jouant écolo a aussi été tenté mais Copenhague a montré ses limites. Quant à cette superbe Taxe carbone, elle devait taxer les pollueurs sauf... 93% des plus gros.

Ultime et si révélateur symbôle de ce pouvoir aux multiples agissements décomplexés mais à l'unique stratégie. Uni, en mouvement, au service des privilègiés. Peut être le nouveau fondement à prévoir de notre identité nationale ? Liberté, égalité, privilégiés.... et les autres ? payez !

vendredi 25 janvier 2008

Avec Christophe Barbier, leçon d'idolâtrie "Express"

Né en 1967, ce jeune ancien élève de l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm est aujourd'hui un journaliste politique qui compte et c'est tout de même ce qui fait un peu peur tant l'homme brilant est terriblement suffisant, limite méprisant et parfaitement partisan.

Formé au Point puis Europe 1, il rejoint ensuite le service politique de l'Express (en 1996) pour prendre le poste de directeur adjoint de la rédaction (en 2001). Parcours météorique dans les traces de Denis Jeambar, son mentor. L'apothéose survient en 2006 lorqu'il lui succéde.
La rupture est alors de mise puisque pour s’assurer du renouvellement des équipes et de leur discipline, il demande aux rédacteurs en chef de l'hebdo de... tous démissionner !
Côté ligne éditoriale, le journal trés anti-chiraquien/Villepin finalement ne bouge guère basculant juste peu à peu ouvertement en pro-Sarkozy. Difficile de l'affirmer cependant puisque l'intéressé clame haut et fort que le journalisme doit être engagé mais non partisan. Bon je veux bien même si en lecteur régulier (comme de l'ensemble des hebdos français, d'une partie de la presse quotidienne nationale et la PQR de l'Est) je ne peux que relever qu'un numéro sur deux de l'Express est consacré au nouveau Président, son ex-femme, sa future. S'il avait des animaux de compagnie, nul doute que nous aurions eu droit à une jolie couverture dans les jardins de l'Elysée...
Ces derniers mois outre cette idolâtrie croissante, il s'est distingué en soutenant la réforme des tribunaux d'instance mise en oeuvre par Rachida Dati (tout en éreintant cette dernière sur ses vrai-faux diplômes) selon un motif original : ce sont les tribunaux qui créent la demande judiciaire. Moins il y a de tribunaux, moins les français seront tentés d'engager une procédure. Pour la Patrie des Droits de l'homme que nous fûmes, c'est une nouvelle révolution qui fera bien des émules dans les dictatures du monde entier...
"Mais il faut éviter de tomber dans le travers inverse, c'est-à-dire de surdoter le pays en institutions judiciaires, qui incitent tout un chacun à judiciariser son comportement, à entraîner notre collectivité vers la pratique systématique du conflit judiciaire pour juger tel ou tel différend."
Il faut dire que l'ami Barbier n'a pas une trés haute considération du bas peuple que nous sommes. Ce passionné de théâtre a fondé une troupe, certes, mais uniquement composée de normalien comme lui. On ne va pas se mélanger non plus car le gailllard a une certaine opinion de sa petite personne, il n'hésite d'ailleurs pas quelques comparaisons hardies : "La marque, c’est L’Express. Moi je suis l’ambassadeur de la marque, un peu comme Claudia Schiffer a pu l’être avec Loréal !".
Elitiste, parisien, il ne peut que dresser un portrait particulier et catégorique de notre pays en 2007 : "Enfin les gens ne se réjouissent pas parce que travailler ne plait plus. Pour une part croissante de la population, le travail est un mal nécessaire, et la passion du boulot ne touche plus qu’une minorité. Fierté de l’ouvrier, dévouement du fonctionnaire, zèle de l’artisan : ces vertus sont rares, et l’on adore plutôt, au magasin, à l’échoppe ou au bureau, la déesse des RTT et ses vestales : pause-cigarette, arrêt-maladie, récup, etc.
Les Français ne sont pas aussi contents qu'ils devraient l'être de voir que le chômage baisse parce que les Français n’aiment pas beaucoup travailler. "
La population active française composée de quelques 28 millions de personnes appréciera... avec une productivité par heure travaillée en France parmi les plus élevées au monde.
Peu importe après tout puisqu'il nous éclaire indépendamment, lui et pas les autres : "Le Point est de droite, l’Obs de gauche, c’est leur droit. Nous, nous sommes indépendants. Ni à gauche, ni à droite, on ne roule pour personne."
C'est vrai qu'il multiplia cet automne les accrochages avec Frantz Olivier Giesbert (Le Point) notamment au sujet de Rachida Dati, accusant FOG de se soumettre alors que lui résistait aux pressions.
Le même directeur de la rédaction de L’Express déclarait un beau dimanche sur LCI que Carla Bruni, « une amie », lui avait confirmé en personne sa relation avec le président de la République. Drôle de conception de la résistance et bascule du journal "Tous les jours, toute l'info" dans un people digne de Voici, Gala et autres Paris-Match. L'annonce du divorce ? dans l'Express. L'annonce de la nouvelle relation présidentielle ? dans l'Express. Le portrait de la nouvelle favorite ? dans l'Express bien sûr mais pas seulement car Barbier est partout, sur le net (blog Sarkozy an I, ça positionne...) I-télé, LCI...
Mais là honnêtement, trop c'est trop. Le dernier numéro de l'Express est une aberration basée sur une couverture "Carla Bruni - Enquête sur une femme qui dérange" avec en tout petit en haut à droite, un encart de 3cm2 intitulé "Bourse les raisons du Krach". La répartition révèle le choix éditorial, celui d'une peopolisation inventée. Inventée car l'annonce d'une enquête est pour le moins racoleur, et présenter Carla Bruni comme une femme qui dérange reste pour moi un mystère.
Mais que dire du contenu... ça commence comme ça (accrochez-vous parce que ça arrache un peu) : "Telle une étoile dans le microcosme, elle a surgi au cœur de l'actualité un dimanche de décembre. Les Français avaient la tête aux cadeaux et aux festins, mais soudain ils se sont mis à ne plus parler que d'elle, que d'eux: le couple Carla-Nicolas a chassé des commentaires de table, pour la Noël 2007, le sempiternel duo dinde- foie gras. Disneyland, Louxor, Charm-el-Cheikh, Pétra... Le tourisme élyséo-amoureux a focalisé l'attention, comme si Lapin voyeur avait supplanté Bison futé pour les retours de vacances."
Pauvres de nous, nous voilà réduits à ne penser que futilités (car bien sûr dans la société théâtralisée de Monsieur Barbier tous les français ont les moyens de faire des cadeaux et des festins...) et à ne plus parler que d'elle. Curieux je dois faire partie de l'élite barbierriste pour n'avoir pas été frappé par le phénomène ? à être taxé de Lapin Voyeur quand 93% des français estiment que la vie du président est surmédiatisée !
Mais n'est ce pas vous Monsieur Barbier qui vous enfermez dans un épiphénomène qui n'intéresse que vous ? pire ne créez-vous pas vous-même ce phénomène à des fins peu éthiques ? ami de Carla Bruni, vous êtes surtout le rédacteur en chef d'un journal racheté par le groupe belge Roularta, dont l'unique ambition est de ... doubler la rentabilité du titre. Alors il faut vendre plutôt que penser, céder au marketing politique. Mais comment une telle conversion est elle possible vous qui en 2006 preniez un recul nécessaire : « Il est un moment où le silence est le seul témoignage possible de la lassitude et du scepticisme. Or, au lendemain de l'affaire Clearstream et en pleine Ségomania, tels sont les deux sentiments qui dominaient mon esprit. Toute explication, brève ou bavarde, m'aurait semblé une caution pour cette phase d'intense marketing politicien. » confessiez-vous alors.
Et aujourd'hui ? comment interpréter une de vos affirmations profondes comme "L'Express se doit d'analyser la «révolution carliste»" ?
Le meilleur de l'idolâtrie Express est pour la fin : "Dans une époque qui craque de mille changements, Carla Bruni est la femme too much qui bouscule la France trop sage, la femme qui dérange parce qu'elle est différente. Ange ou démon, Carla est la nouvelle icône de la modernité."
N'en jetez plus la dérive frise le naufrage !
"Quand on a la chance d’être à la tête d’un grand journal, il faut savoir garder ses nerfs", écrit le chef de la rédaction du Point à celui de L'Express".
Je dirais plutôt que quand on a la chance d'être à la tête d'un grand journal on a le devoir d'assurer un traitement de l'information digne et juste, l'obligation d'oeuvrer à l'expresion des vrais sujets de notre temps, l'interdiction de dilapider plus de 50 ans d'histoire.
Sartre, Camus, Malraux, Mauriac, Aron ont écrit dans le journal de Françoise Giroud et Jean-Jacques Servan-Schreiber !
Anticolonial, opposé à la torture en Algérie, ce journal fut un témoin des années 60 à il n'y a pas longtemps, tantôt à droite, tantôt à gauche mais toujours avec conviction.
"Carla Bruni - Enquête sur une femme qui dérange", voilà où il en est aujourd'hui...
Un espoir subsiste, le bon sens, le bon sens proverbial qui dit qu'"un barbier rase l'autre"...