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vendredi 2 avril 2010

Politique - Plus belle ma vie sur wiki

Elle est à la fois drôle et pathétique cette controverse autour de la page wikipedia d'Yves Jego. La page est en tout cas désormais figée. La raison, trop de mouvements suspects, de corrections, de suppressions. Leur auteur, un anonyme qui sous un pseudo variable, YvesJego, JegoYves, et JegoY se charge d'élaguer les condamnations gênantes ou d'ajouter quelques superlatifs bien sentis...


Le voilà bien avancé désormais...
L'homme n'en est pas à son coup d'essai viruel puisque durant la dernière campagne il avait bravé quelques interdits et lois pour diffuser l'adresse IP d'un de ses opposants avant de s'en excuser en plaidant l'erreur informatique.
D'erreur informatique il n'en fut cependant pas question sur Twitter qui somme toute assez basique d'utilisation. Yves Jego s'en donne à coeur joie et post régulièrement des petites phrases assassines. Jusqu'à ce que Lionel Jospin en personne ne le remette en place, l'accusant d'avoir plagié un article sur son blog. Le sang du bon Yves ne fait qu'un tour et le voilà qui rentre en polémique avec l'ancien premier ministre socialiste. Enfin, l'ancien premier ministre socialiste de Twitter, c'est à dire un quidam moyen qui avait pris son identité pour ferrailler avec Yves Jego qui n'y avait vu que du feu...
Pour se remettre de ses émotions sans doute, et se rassurer un peu aussi, le même Yves Jego , sur son désormais fameux blog, profite de son statut de tête de liste en Seine-et-Marne. Il place ainsi astucieusement sur son site un sondage sur la gestion de la région par le président PS sortant. Problème, le buzz se met en marche autour de cette démarche bien naïve et les votes favorables affluent en faveur de... Jean-Paul Huchon jusqu'à ce que le sondage soit discrètement retiré...
Des mésaventures à répétition pour le conseiller internet de notre Président lors de sa brillante élection qui jette un voile sur ses compétences réelles en la matière et le niveau d'éthique qu'il confère à l'outil internet.
Et il n'est pas le seul si l'on veut bien se souvenir quand Rue89 révéla que la fille du secrétaire d'Etat Alain Marleix allait bénéficier d'un piston pour décrocher un poste à la Sorbonne. La polémique avait enflé jusqu'à empêcher cette nomination. A charge de revanche, la page Wikipedia de Marleix a été ensuite visitée et modifiée. Pas de Amarleix dans le coup ni de marleixa. Pour autant il fut tout de même enfantin de retrouver que l'adresse IP de l'ordinateur provenait de... la place Beauvau.
Décidemment internet et ses multiples possibilités reste difficile d'accès pour toute une génération de politique : usage tendancieux, malvenu ou mal écrit de twitter, sites internet opportunistes à durée déterminée et tentatives désordonnées et maladroites de maîtriser son image publique sur la toile témoignent du malaise.
Un malaise qui s'amplifie tant il semble que ce nouveau média reste finalement le seul à résister à leurs exigences. Il n'est qu'à voir les charges régulières contre les humoristes pour mesurer le degré d'asservissement de tout un monde médiatique soumis ou complice. Chroniqueurs ou journalistes traditionnels ne génèrent aucune polémique, où, s'ils le font, c'est quand ils officient sur France Télévision et le Figaro, et pour aller dans le sens du vent gouvernemental.
Un internet sous contrôle et des humoristes interdits d'antenne, il ne manque finalement plus grand chose pour que la Sarkozie se retrouve en ordre de bataille pour faire basculer l'opinion. Et si cela n'est pas suffisant, quitte à avoir déjà modifié les modes de scrutin, nos élites tenteront peut être à distance de modifier le résultat des urnes. Virtuellement bien sûr.

lundi 16 juin 2008

Information - un avenir pas toujours ROZ

En plein psychodrame sur le départ imposé de PPDA et l'arrivée programmée d'une grosse cylindrée, la France de l'information joue sur le même registre que notre monde politique : du people, rien que du people. Elle rogne aussi un peu sur le monde du football puisqu'il n'est plus question que du prochain "mercato".
Pendant ce temps, le contenu de l'information importe peu finalement, il est du reste plutôt homogène au sein de la plupart des rédactions.
Bien sûr ces interventions notables du pouvoir dans les organigrammes des médias sont choquantes et condamnables. Nul doute que les projets de réforme en cours notamment sur l'audiovisuel et l'internet ne sont pas dénués d'arrières-pensées. Les journaux payants comme les grandes chaînes généralistes meurent à petits feux si rien n'est fait pour les aider et entraver le développement de leurs concurrents. L'extrême avantage de ces organes traditionnels, c'est leur audience potentielle et la concentration de leur direction. Alors que les nouveaux médias sont multiples et volatiles.
Dont l'internet, ce média particulièrement antipathique car guère maitrisable. Et susceptible de générer des audiences et des focalisations records que l'on n'apprécie guère du côté de l'Elysée.
Pour autant, il reste de la place dans notre beau pays pour s'exprimer si on le veut bien et c'est surtout là que le bat blesse. Je ne suis pourtant pas trop inquiet car à y regarder de plus près, l'impopularité présidentielle est tout de même un sacré pied de nez à cette masse de médias conciliants, arrangeants voire protecteurs dont les tonnes de bienveillance n'auront pas suffit.
Ce qui manque en fait c'est surtout une culture de l'indépendance, de l'autonomie, de la libre expression chez nos amis possesseurs de la carte de journaliste. Ce souci de savoir par soit-même, de se faire sa propre opinion. Plutôt que de reprendre le courant majoritaire et de ne parler qu'à la première personne du pluriel. Sur les dernières catastrophes humanitaires comme lors du plus singulier faits divers, on ne sait finalement jamais ce qui relève du reportage-montage d'images officielles du travail journalistique original.
Au-delà, reste l'argent c'est sûr, les moyens d'exister dans un contexte marqué comme par hasard par l'omnipotence de grands groupes financiers juste là pour occuper le terrain et empêcher l'accès. Pour un temps seulement. Car il leur faut trouver rapidement le chemin de la rentabilité. Et ce n'est pas gagné.
Dans ce tumulte très parisien et bien futile, la venue récente de Massoda Khazan, la rédactrice en chef du journal afghan « Roz », nous rappelle que d'autres contrées vivent des problématiques un peu plus complexes que la moumoute de PPD ou le joint de culasse de Ferrari.
Dans un pays en guerre, dans un pays musulman, un journal pour les femmes écrit surtout par des femmes cherche à s'en sortir. Le Magazine Elle s'en fait le défenseur et c'est heureux. Chacun du reste peut y aller de son soutien. Né en 2002, ROZ atteint ce mois son 70° numéro, une performance, un symbole, un exemple.

mardi 16 octobre 2007

Société - cherche modérateur désespérément


Tout s'accélère dans notre société embarquée dans une succession de mouvements incontrôlées. Un peu comme un site internet qui rencontrerait d'un coup une fréquentation inattendue et non maîtrisée.
En même temps que notre Président veut dépénaliser l'entrepreneuriat, des perquisitions se succédent au siège d'un membre de l'exécutif du Medef. Alors que les syndicats préparent une journée d'action nationale jeudi, ils ne sont pas exonérés d'avoir touché de l'argent dans l'affaire... Pendant qu'on lance pompeusement l'A380, l'enquête sur le délit d'initiés de ses dirigeants prend des proportions politiques insoupçonnées.
Berceau de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et du Citoyen, la France trouve dans des pays voisins des raisons d'instaurer un contrôle ADN pour le rapprochement parental. Alors que le petit commerce se porte mal et que le portefeuille des français se vide inexorablement les grandes surfaces omnipotentes pourront rafler la mise et vendre à perte. Les heures supplémentaires sont défiscalisées pour des entreprises au carnet de commande ou à la situation financière trop faible pour y recourir...
Grâce au paquet fiscal, 4000 ménages ont touché en moyenne 50 000 euros pour relancer la croissance de tout un pays.
La liste est longue de ces décisions prises à l'emporte pièce dont l'efficacité est bien peu probable. Les effets d'annonces et de manche se succèdent mais dans quel but ? la croissance ? mais qu'est ce que la croissance ? à regarder les résultats de la Bourse elle est là depuis longtemps la croissance. L'équilibre budgétaire ? mais lequel, de qui, pourquoi ? Le bonheur ? non là je rigole il y a longtemps que les politiques ont abandonné toute idée positive.
Toujours est il que de ce fouillis, ce marasme d'idées jetées en pâture de l'opinion et des sondages, il n'émerge rien. Pas même un pouvoir. Pas même le pouvoir. Notre président est étrangement absent car pas en mesure de se placer au-dessus de la mélée. Il se sent obligé de prendre partie. D'ailleurs il est lui-même au coeur d'une de ces aberrations qui montent : conserver la v° République mais en renforçant le pouvoir du Président. L'article 20, un des fondements de notre système actuel, serait ainsi transformé "Le président de la République définit la politique de la nation, le gouvernement la met en oeuvre" au lieu de "Le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation" une dérive majeure, un changement complet de signification qui est en train de passer au milieu de mille autre choses.
Oui décidemment un modérateur est de rigueur sinon les dérapages ne seront bientôt plus contrôlés et le site devra fermé.